L’actualité de la crise : LA VALSE DES MILLIARDS, par François Leclerc

Billet invité.

Faut-il s’atteler à l’écriture du scénario de la crise européenne en 2011 ? C’est bien entendu illusoire, car on ne sait jamais à l’avance comment un château de cartes va s’écrouler. Par contre, mettre en place pour 2013 un échafaudage permanent, afin de remplacer le provisoire, c’est faire un calcul qui a toutes les chances de se révéler faux.

Si l’expression n’était pas usée, on dirait que 2011 va être une nouvelle année de tous les dangers.

Car d’autres calculs plus prévisibles risquent en effet d’imposer leurs effets, une fois considéré dans son ensemble le marché obligataire, sur lequel viennent se financer à la fois les Etats, les banques et les grandes entreprises. L’addition cumulée des besoins de tous est chargée et l’on va se bousculer au portillon.

Dans les prévisions d’émissions 2011 des pays les plus sensibles, aujourd’hui le Portugal et l’Espagne, les milliards d’euros valsent déjà : environ 20 pour les premiers et presque 95 rien que pour les seconds, mais c‘est l’Italie qui devrait ouvrir le bal dès le premier trimestre, en émettant de la dette à concurrence dans un premier temps de près de 50 milliards d’euros. On sait aussi que les émissions européennes vont se concentrer dans les six premiers mois de l’année et que les risques de contagion d’un pays à l’autre vont rester très élevés. Selon la mégabanque JP Morgan, la zone euro devrait au total lever 760 milliards d’euros en 2011, un montant à rapprocher des besoins de ses banques.

Dans son dernier rapport semestriel, publié début décembre dernier, la BCE les chiffrait à plus de 1.000 milliards d’euros tout confondu, une enveloppe équivalent à celle des banques américaines. Voilà qui situe le problème du financement de la dette souveraine dans son contexte.

Il est temps de se rappeler ce que la BCE écrivait à cette occasion : « La principale source d’inquiétude vient de l’interférence entre les problèmes de dette souveraine et la vulnérabilité de certains segments du secteur bancaire de la zone euro ». Une phrase que son vice-président, Vitor Constancio, commentait en évoquant le risque que cela aboutisse à « une concurrence pour l’épargne sur le marché des capitaux » entre les Etats et les banques.

Un autre aspect des difficultés que pourraient rencontrer les banques a été souligné par l’agence Standard & Poor’s. On sait qu’on attend beaucoup du capital contingent – les obligations nommées CoCos – qui permettent de lever des fonds éligibles au rang de fonds propres sans avoir besoin d’augmenter le capital. Or ce marché est balbutiant et la réaction des investisseurs face à l’énorme demande qui se profile est une inconnue, en particulier en ce qui concerne les taux qui devront être proposés pour que l’offre soit suffisante. Seules les banques les plus solides et importantes pourraient être servies dans ces conditions, mettant les autres dans l’obligation d’augmenter leur capital ou de revoir leur modèle économique. Deux nouveaux ferments se précisent du processus de concentration bancaire qui se prépare.

Pour que ce panorama soit complet, les grandes entreprises doivent être également prises en compte. Car elles ont accès à ce même marché, contrairement aux plus petites qui se financent auprès des banques. Une certaine inquiétude se fait jour de leur côté, vu la tendance à la hausse générale des taux. Tous les analystes recommandent d’ailleurs aux investisseurs de déserter le marché obligataire – quand les taux montent, la valeur des obligations baisse – un avis dont l’on constate déjà les effets.

Pour les grandes entreprises, qui ne peuvent emprunter à 20 et 30 ans que sur le marché, une fenêtre est en train de se refermer. Les banques en ont tiré profit en bénéficiant de leur position d’intermédiaires, sans avoir besoin de mobiliser des fonds propres devenus précieux dans la perspective de l’accroissement obligatoire de ceux-ci. Mais ces opportunités vont pour les uns et les autres se restreindre. Quant aux moyennes entreprises, qui n’ont que les banques comme source de financement, l’avenir s’annonce tendu, car ces dernières ont déjà annoncé qu’elles vont devoir limiter leurs prêts.

Signe annonciateur des tensions qui se profilent, plusieurs projets de création de banques par les soins de grandes entreprises ont vu le jour ces derniers mois. Le dernier en date est intitulé Corporate Funding Association et regroupe une vingtaine de grands noms. L’idée étant de ne pas avoir à dépendre des banques et de pouvoir se présenter directement sur le marché, offrant aussi au passage une alternative intéressante aux moyennes entreprises.

Si le marché obligataire va globalement se tendre – on ne sait jusqu’à quel point – les bourses vont se retrouver par contre toutes ragaillardies, alimentées par les liquidités fournies par les banques centrales, quand elles ne créent pas de la monnaie par wagons entiers. Pour le plus grand bonheur des banques qui vont pouvoir renforcer leur réserves avec les bénéfices qu’elles en attendent, afin de renforcer leurs fonds propres.

Les jeux en cours sur les marchés des capitaux visent à renforcer le système financier, mais vont se faire au détriment des Etats et des entreprises, pesant dans les deux cas sur la croissance et accentuant les tendances récessionnistes. Cette spirale là n’est pas contrôlée et ne peut que s’accentuer.

Mais là n’est sans doute pas l’inconnue la plus forte. 2011 s’annonce comme l’année de la montée en puissance de la crise sociale en Europe. Car si les plans de rigueur se sont succédés, ils ne sont encore entrés en application que dans un nombre réduit de pays : la Grèce, l’Irlande et l’Espagne en premier lieu. De nouvelles mesures sont attendues dans ces pays, car il en faut toujours plus pour tenter d’équilibrer des comptes qui ne pourront jamais l’être. Elles vont par contre entrer en vigueur avec leur plein effet en Grande-Bretagne et au Portugal.

Les autres pays, dont la France, tentant de reculer le moment où il faudra faire de même, si possible après les élections. Seuls des signes avant-coureurs de cette crise pour l’instant rampante se sont encore manifestés dans cette partie de l’Europe qui apparaissait comme privilégiée, mais où l’on pressent que l’on ne perd rien pour attendre.

La liste des mesures d’austérité, pays par pays, met en évidence leur ampleur et la charge qui va peser sur les classes moyennes et ceux d’en-bas. La presse britannique a, tous titres confondus, dressé en guise de Nouvel An un tableau apocalyptique de ce qui les attend les uns et les autres. Le Telegraph estimait que la perte de revenu pour une famille de la classe moyenne allait être de 3.000 livres en moyenne en 2011, si l’on additionne hausse de la TVA, inflation et gel des allocations familiales et des salaires, hausse du prix des transports, de la nourriture et de l’énergie, ainsi que la hausse des taux d’intérêt. Dans le Times, le représentant des associations caritatives se contente de prédire pour les ONG et les plus pauvres qui en dépendent un « tsunami ».

Il faut un invraisemblable génie créatif à Richard Lambert, le président de la Confederation of British Industry, pour trouver à l’économie une « élasticité naturelle » lui permettant donc de rebondir ; même s’il ne se fait pas trop d’illusion sur la hauteur de ce rebond, pronostiquant sur la BBC des mois à venir « agités et cahoteux « .

A un autre bout de l’Europe, la même liste peut être dressée : augmentations de deux points de la TVA, du prix des transports, de l’électricité et de l’essence, baisse des salaires et des retraites des fonctionnaires, hausse des impôts et des cotisations, diminution des prestations sociales et des remboursements de santé… C’est au Portugal, dont la mémoire des années de misère est ravivée après avoir été enfouie grâce à son entrée dans l’Europe. Une misère qui revient et dont on tente autant que possible de dissimuler les premières manifestations, pour en avoir honte.

D’autres rêves sont brisés en Espagne, chez le cousin à qui on a longtemps tourné le dos. Un million et demi d’émigrés latino-américains, attirés par l’envol économique espagnol et l’embauche dans le secteur du bâtiment se retrouve sur le carreau. Sans compter tous les saisonniers venant du Maghreb et d’Europe de l’Est, qui assuraient les récoltes (5,7 millions d’émigrés officiels en tout). Un programme de retour volontaire a été mis sur pied pour les premiers par le gouvernement, mais les Latinos s’accrochent comme ils peuvent, car ils savent ce qui les attend dans leurs pays, où les bienfaits de la croissance ne sont pas pour eux.

C’est bête à dire, mais derrière les chiffres, il y a des gens.

Deux signaux viennent d’être donnés, qui ne devraient pas être davantage ignorés. Selon un quotidien grec, l’ex vice-Président de la BCE, Lucas Papademos, devenu conseiller du premier ministre, négocierait avec les banques détentrices de la dette souveraine grecque un rééchelonnement de remboursement, parallèlement aux discussions déjà en cours avec l’Union européenne et le FMI pour en faire autant avec les 110 milliards d’euros de leurs prêts.

D’importants reports de remboursement des obligations venant à échéance de 2013 à 2015 seraient recherchés, en sortie du plan de sauvetage européen. L’idée serait non seulement de soulager en l’étalant la charge de remboursement mais surtout d’écarter l’idée qu’un défaut de remboursement est inévitable et de contribuer ainsi à une baisse des taux obligataires, qui continuent de monter.

Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, vient par ailleurs de déclarer que « la réforme du fonctionnement de la zone euro doit aboutir aussi vite que possible, en particulier afin de rendre effectif le pacte de stabilité et de croissance, et le Mécanisme Européen de Stabilité doit se concrétiser avant 2013, si possible ». Il dit tout haut ce que tout le monde ou presque pense tout bas.

Le compromis politique franco-allemand qui a abouti à la mise sur pied du fonds de stabilité européen (EFSF), ainsi qu’à un assouplissement des sanctions pour les pays ne respectant pas à l’avenir le pacte de stabilité, est un vilain petit canard boiteux. Ces négociations grecques d’un côté – qui demandent à être confirmés – la déclaration du gouverneur de la BCE de l’autre, concourent pour le confirmer.

Dans le secret des antichambres, des discussions se poursuivent entre les Allemands et les Français, afin d’essayer de crédibiliser une volonté commune. Mais faute de se traduire par la définition d’une stratégie économique européenne et de prendre en compte l’insolvabilité publique et privée qui affecte l’Europe, le nouveau compromis politique qui se prépare ne résoudra toujours rien.

Les tensions accrues sur le marché obligataire et la crise sociale montante vont exacerber la situation, et les seuils de rupture, pour n’être pas prévisibles, n’en sont pas moins vraisemblables.

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141 réflexions sur « L’actualité de la crise : LA VALSE DES MILLIARDS, par François Leclerc »

  1. Pour les spécialistes, un article intéressant sur les prévisions pour 2010 des « gros » du marché, un an après. Ou qui a été le meilleur prophète.

    – Predicciones 2010 de RBC.
    – Comstock Partners
    – Predicciones 2010 de Boech Investments.
    – Recomendaciones operativas 2010 SG.
    – Predicciones 2010 Goldman Sachs
    – Deutsche Bank
    – Credit Suisse
    – Morgan Stanley
    – UBS
    – Saxo Bank
    – Northern Trust
    – Bank of America/Merrill Lynch
    – Prudential
    – Pimco

    http://www.capitalbolsa.com/articulo/57989/que-ha-pasado-con-las-predicciones-del-2010-.html

  2. Concernant les Etats européens :

    Le Portugal est en faillite.

    L’Irlande est en faillite.

    L’Italie est en faillite.

    La Grèce est en faillite.

    L’Espagne est en faillite.

    La Chine prête à aider l’Espagne à s’extraire de la crise économique.

    Les discussions de M. Li avec le Premier ministre José Luis Rodriguez Zapatero et le ministre des Finances Elena Salgado vont « jouer un rôle-clé » dans la stabilisation financière, a assuré l’ambassadeur de Chine en Espagne, Zhu Bangzao, cité par l’agence Chine nouvelle.

    Les entretiens devraient porter sur l’expansion des relations économiques et commerciales bilatérales et permettre de « restaurer la confiance des marchés », a dit M. Zhu, sans fournir de précision.

    L’économie espagnole, la 5e de l’Union européenne, est tombée dans la récession au second semestre 2008, au moment de la crise financière internationale, et peine à redémarrer.

    Récemment, la Chine, devenue la 2e économie mondiale et assise sur le plus gros matelas de réserves au monde, s’est dite prête à aider les économies européennes les plus exposées à une crise de la dette, après le sauvetage international de la Grèce puis de l’Irlande.

    Fin décembre, se disant « très inquiète » de la capacité des Européens à venir à bout de la crise des dettes souveraines, la Chine a annoncé être prête à « investir ses réserves de change » dans l’Union européenne.

    La Chine s’est engagée à souscrire des d’obligations d’Etat de la Grèce et du Portugal, mais sans préciser la taille de ses investissements.

    Boursorama

    La Chine évitera-t-elle à ces Etats européens le défaut de paiement ?

    Ou alors est-il déjà trop tard ?

    Vous le saurez dans le prochain épisode.

    (Quel suspens ! Mais quel suspens !)

    1. La Chine, prochain épicentre de la crise ?

      http://www.guardian.co.uk/business/2011/jan/03/albert-edwards-socgen-bear?INTCMP=SRCH

      Albert Edwards, SocGen bear, takes a bite out of ChinaAnalyst famous for his Ice Age thesis sees a new economic crisis on the way ….

      Albert Edwards, the best known and longest-standing bear in the City. He has seen nothing to dent his Ice Age thesis – the term he coined as long ago as 1996 to describe the relative decline of equities versus bonds. He thinks there may still be another Japanese-style economic « lost decade » to endure. « Big structural bear markets take 19 years on average and have four recessions, » he says. « We’ve had two. »

      Edwards is thus sticking to two eye-catching predictions. Stock markets will revisit their March 2009 lows (3512 for the FTSE 100). And, despite the hints in recent months of a return of inflation, gilt yields will fall below 2% (from 3.5% today) as deflationary forces reassert themselves. Oh, and for good measure, prepare for the hard landing in China and the crash in commodity prices.

      Ridiculous? Well, remember that Edwards’ Ice Age call in 1996 has proved to be a winner: even if you include the stock market’s dotcom bubble years at the end of the 1990s, equities are still a long way behind bonds since 1996.

  3. En 2011 en Espagne, et sous un gouvernement soi-disant socialiste, les prix de l’électricité (+ 9,8 %), du gaz (entre 3,13 % et 4,4 %), des billets de train (entre 3,1 % et 2,3 %), des bus interurbains (+1,7 %), des péages d’autoroute (+ 1,44%) et du tabac (entre + 35 et 40 centimes le paquet) augmentent.

    En même temps disparaissent l’aide de 426 € aux 800 000 chômeurs de longue durée (à qui ne restera donc que la mendicité, en attendant qu’elle soit interdite), les 2 500 € du « chèque bébé » pour chaque naissance et les aides fiscales pour acheter un appartement si on gagne plus de 24 000 € par an (et elles baissent pour les plus petit revenus – ceux qui gagnent moins de 17 000 par an n’auront que 9 000 € d’aide).

    Ça doit être ça qu’on appelle une relance par la consommation…

    http://www.cotizalia.com/en-exclusiva/medidas-economicas-enero-231-63153.html

    1. Dommage, Pablo, que je n’ai pas à ma disposition les chiffres des augmentations françaises.

      Mais à vue de nez, c’était bien supérieur.

    2. @ Yvan

      Il faudrait que tu trouves aussi ceux des disparitions des aides aux chômeurs en fin de durée, des allocs pour les nouveaux nés et des baisses des aides pour l’achat d’un appart. Et que tu compares le niveau de vie des Français et des Espagnols 😉

    3. @ Yvan

      Et il ne faut pas oublier qu’en Espagge en 2010 les salaires ont baissé de 5 % chez les fonctionnaires, l’essence a connu une augmentation de 10,73%, l’électricité de 16 %, la TVA de 2 %… (voir plus bas l’IPC réel de l’Espagne)

    4. Bonjour Pablo,
      Le pire c’est que je n’ai entendu aucune voix syndicale d’aucune sorte pour s’indigner de la disparition de l’aide en fin de droit…
      Je m’étais rapproché des antennes UGT, CCOO et CGT de Zaragoza, où je vis, pour apprendre qu’une éventuelle action dépendrait uniquement de leurs centrales à Madrid…
      Et aucune action n’est encore en vue aujourd’hui…
      Maintenant, souligner que c’est un gouvernement socialiste qui prend ces mesures renforce dans l’idée que les classes dirigeantes, tous partis confondus, on ben décidé l’éradication par la misère et la pauvreté.
      Ce qui me déçoit de plus en plus dans l’Espagne, c’est d’avoir pensé que les fiers Ibères seraient assez sanguinaires, au vu de leur barbarie tauromachique, pour empêcher quiconque de les ramener à la dictature… Ben non !!! Même pas !!!
      Passent leur temps a idolâtrer ou arbitrer la rivalité Messi / Ronaldo alors que la moitié d’entre eux crèvent déjà la dalle… Effarant, non ?
      @ +, Pablo – Philippe

    5. @ Philippe MEONI

      Maintenant, souligner que c’est un gouvernement socialiste qui prend ces mesures renforce dans l’idée que les classes dirigeantes, tous partis confondus, on ben décidé l’éradication par la misère et la pauvreté.

      Oui, mais en en croire le PSOE « recortar derechos y ayudas, y ampliar la edad de jubilación « es progresista ».
      http://www.larepublica.es/spip.php?article22690

    6. Oui, argeles, c’est justement ce qui est effrayant, de voir que les socialistes trouvent les idées de droites progressistes !!!
      Tous à foutre dans le même panier, quoi qu’il en soit…
      Bien à vous

    7. @ argeles, de nouveau,

      Dire que les idées de droites seraient toutes les pires n’est même pas exact, à la réflexion :
      Dans le cadre de la nouvelle loi interdisant de fumer dans tous les lieux publics, le PP (Partido Popular, droite) avait quant à lui suggéré une exception concernant les lieux de loisirs, bars, restos etc…
      Eh bien, le PSOE (Partido Socialista Obrero Español, « gauche ») a fait pire, n’autorisant même pas ces exceptions… Amende pour le fumeur surpris en infraction (considérée comme légère) : 30 € la première fois, et de 600 à 100.000 € en cs de récidive. Amende pour le patron de bar en infraction (considérée comme lourde) : 10.000 € par clope allumée dans son établissement… elle est pas belle la vie socialiste en Espagne ???
      Comme quoi, la vocation socialiste de zapatero… a la mierda, comme ils disent chez nous !!

    8. Sauf erreur (et entre autres) :
      En France, les prix du gaz ont bondi de 15 % environ depuis le début de l’année 2010.
      Hausse des tarifs de l’électricité de 3,4 % le 15 août 2010. EDF envisage une hausse des prix de l’ordre de 24 % entre 2010 et 2015 pour financer ses investissements.
      Les tarifs d’assurance vont augmenter en 2011 entre 3,5 % et 8 % pour les habitations, et entre 2,5 % et 4,5 % pour les automobiles.
      Les cotisations mutuelles vont augmenter de 5 à 10 % en 2011. Le gouvernement a fait voter une taxe de 3,5 % sur les contrats « solidaires et responsables », détenus par 95 % des Français..
      Fin des forfaits triple play à 30 € sur les abonnements Internet, après la hausse de la TVA (5,5 % aujourd’hui) à 19,6 % au 1er janvier 2011.

    9. En effet, Pablo.
      Pour avoir fait quelques incursions en Espagne, notamment axe Figueres – Costa Brava, il n’est pas difficile pour un oeil exercé de constater que le niveau de vie n’est pas le même.
      De même que lorsque je fais « découvrir » que la viande est 30% moins chère en Allemagne ou que tous les frontaliers français font leurs courses des produits de base hors France, je me rends compte que peu de gens voyagent.
      Mais d’ici qu’une étude sérieuse soit faite pour comparer des familles types dans les pays européens, on peut toujours rêver…
      Cela « gênerait » les politiques qui préfèrent jouer des différences pour faire passer leurs décisions anti-démocratiques.

      Philippe : juste réaction.
      Mais il faut regarder les choses en face.
      Quelque soit le « bord » politique, soit un pays est DANS le capitalisme et doit faire avec lui, soit il est hors et là, bonjour les dégâts tels qu’en Corée du Nord où les gens crèvent de faim.

      Chose amusante : ils ne seront bientôt plus les seuls à crever de faim.

  4. Rappel : le pétrole (Brent) a pris 42% en 2010, de 67$ à 95$.

    A ce train-là, on retrouvera les insupportables 150$ de mi-2008 au printemps 2012, en plein dans notre campagne présidentielle.

    Un seul programme pour l’heureux élu : se coltiner la rechute de l’économie !

    1. L’or s’est réévalué en 2010 d’un peu plus de 25% par rapport au $. C’est autant qu’il faut enlever à mon avis de la hausse du pétrole. Ceci dit, je ne sais pas si cela change quelque chose pour l’effet sur l’économie américaine d’un prix du pétrole aussi haut.

    2. @Moi

      L’or s’est réévalué en 2010 d’un peu plus de 25% par rapport au $. C’est autant qu’il faut enlever à mon avis de la hausse du pétrole.

      Ah ok ! C’est vrai que tout le monde fait son plein contre 2g d’or, soit 90$ ou 70 euros… Et puis c’est bien connu, l’or c’est juste une valeur de référence, un fringant étalon, pas du tout spéculatif comme camelote…

  5. @ Johannes Finckh etc…

    une bonne nouvelle :

    Déclaration Universelle des Droits Monétaires

    samedi 1er janvier 2011

    Préambule

    Ce sont les peuples, par leur travail, qui produisent tous les biens et services mis sur le marché : sans ces biens et services, la monnaie, signe d’échange, n’aurait aucune raison d’être, donc aucune valeur. Par conséquent, le droit à la création de la monnaie appartient aux peuples puisqu’ils en font son existence et sa valeur………

    http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article15535

  6. 03.01.2011
    Comment les banques augmentent discrètement leurs tarifs (3)
    Des prestations difficilement comparables

    Si elles peuvent le faire, c’est qu’aucune prestation n’est comparable d’une banque à l’autre. Les frais de «tenue de compte»? Ils sont trimestriels chez BNP Paribas Fortis, annuels chez DEXIA mais progressifs en fonction du chiffre d’affaires des clients. Les «incidents de fonctionnement» ? Quand HSBC facture 7 euros par opération «nécessitant un traitement particulier» à la condition qu’il y en ait moins de trois par jour, Dexia facture un «minimum de 7,40»… à la condition que l’incident s’inscrive «dans le cadre de la signature d’une convention de Trésorerie courante et dans la limite de six opérations par jour».

    Quant à BNP Paribas Fortis, l’orfèvre en la matière, elle a procédé à un découpage subtil et extrêmement fructueux entre les incidents sur «opérations de versements et d’encaissements», ceux sur «opérations de paiements et règlements impayés» en distinguant les chèques, les effets les avis de prélèvement, et les incidents sur compte… Inutile de dire que personne ne peut les comparer entre eux bien qu’ils coûtent fort chers aux entreprises, et ce à leur insu. Tout est fait pour qu’elles ne puissent pas négocier leurs tarifs. L’opération est si fructueuse pour les banques qu’elles mènent un lobbying intense pour que le projet SEPA, censé harmoniser leurs pratiques pour favoriser la concurrence, ne puisse être appliqué.

    à suivre…

    http://www.nouslesgens.be via lalibre.be

  7. Tout d’abord bonjour à tous pour cette nouvelle année 2011 !

    J’ai une question qui me turlupine (si j’ose dire) : pour la Grèçe, le Portugal et maintenant pour l’Espagne, je lis que la Chine serait prête à acheter de la dette. Quels sont les montants de ces achats ? Donnent-ils réellement de l’oxygène (temporairement certes) aux pays concernés ou ne sont-ce que des effets médiatiques dont l’objectif est de calmer les marchés ?

    Merci à ceux qui auraient des éléments de réponses… et bonne rentrée pour ceux qui ont repris les chemins de la fac / la boîte / l’atelier / etc. !

    1. a ma connaissance, il n’y a jamais eu que des promesses de pret de la part de la chine. Par contre, il y a eu en réel des commandes de l’état chinois de bien contre paiement dans les pays ou ils se sont rendus. Beaucoup de confirmation de commandes en fait. Selon le « gentillet » principe des entreprises font les emplois, les emplois font la croissance, qui elle permet de « compenser » la hausse des taux d’intérêt payés par les états sur leur dette.

      Notez bien les guillemets, je ne voudrais pas que l’on croit que je crois ce que je viens d’expliquer.

    2. Les chiffres ne sont pas connus, au moins en ce qui concerne l’Espagne. Aujourd’hui il y a pas mal d’articles sur ce thème dans la presse espagnole et personne donne de chiffres.

    3. Si la Chine achète la dette de certains États européens, elle ne le fera certainement pas par pure sympathie. Ca s’apelle vendre les bijoux de famille.

    1. Il existe un site qui synthétise et confronte les données officielles contre les données officieuses (avec démonstration) ?

    1. Gracias Pabo, mais je ne parle pas l’espingouin.

      Tu pourrais nous faire une chitite synthèse en trois phrases…

  8. C’est bête à dire, mais derrière les chiffres, il y a des gens.

    en effet, et c’est cela le plus important à retenir (foie de vigneron).

  9. Vous dites: »…L’addition cumulée des besoins de tous est chargée et l’on va se bousculer au portillon…. »
    Donc une crise des liquidités ne va -t-elle pas s’ajouter à la crise de solvabilité??

    1. Liquidités, solvabilité…Au fond tout ce que mérite cette europe (sans capital) pourri, c’est bien de s’écraser et ce n’est que justice…Que tout s’écroule dans cette europe d’égoïste étriqué et sans avenir…Qu’on en finisse…Et tous ces prétendants au trône qu’ils crèvent et vite.
      Si mon opinion est top juste, ne le passez pas, effacez le, et ensuite effacez vous vous même. Allez bonne année.

  10. Nous connaissons la dette des états européens
    Question:
    La solution du défaut sélectif est-elle envisageable ?
    ou
    Certains créanciers méritent-ils de ne pas être payés (en tout ou partie), fussent des banques européennes ?
    Les clients de ces banques, victimes collatérales du défaut, mais détenteurs de portefeuilles d’actions restitueraient ainsi les plus-values exhorbitantes et dividendes perçus (cause partielle de la dette)
    .
    Au début du XXème siècle les titulaires d’emprunts Russes n’ont pas été payés. « Spoliés », ils n’en sont pas morts pour autant.

  11. Lundi 3 janvier 2011 :

    La Grèce vient de pulvériser son record.

    Grèce : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 12,521 %.

    Vous avez bien lu : 12,521 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

    Grèce : les dépôts baissent toujours.

    Les dépôts en banque des entreprises et des ménages grecs ont continué de diminuer en novembre, baissant de 1,04 % par rapport au mois précédent, montrent les chiffres publiés lundi par la banque centrale.

    Les dépôts à vue s’inscrivaient à 208,9 milliards d’euros fin novembre, contre 211,1 milliards d’euros fin octobre.

    Depuis décembre 2009, la baisse est de 12,2 %, ou 29,12 milliards d’euros.

    Cette diminution du montant des dépôts a contribué aux difficultés des banques grecques qui doivent s’en remettre à la Banque centrale européenne pour trouver des liquidités, l’accès aux marchés classiques leur étant quasiment impossible.

    Le Figaro

    1. Par simple curiosité, j’ai voulu voir ce que cela donnait avec des chiffres.
      Emprunter 1 000 000 à 12,521% rembourser mensuellement (même si je me doute que cela ne fonctionne pas comme ça).
      Cela donne 757 985,99 € d’intérêts. A rajouter les 1 million à rembourser.
      C’est effrayant, presque le double du montant sur un emprunt à 10 ans…

  12. Le drame de cette nouvelle année c’est qu’il faut sourire. Alors bonne année à tous, le nouvel an chinois n’est pas très loin… Les dragons paradent en attendant l’hypothétique phœnix européen (MDFaim).

  13. Prenons les neuf Etats européens les plus importants.

    En 2011, ces neuf Etats européens les plus importants vont emprunter 828 milliards d’euros sur les marchés internationaux.

    En 2011, l’Italie va emprunter 220 milliards d’euros.

    L’Allemagne va emprunter 195 milliards d’euros.

    La France va emprunter 184 milliards d’euros.

    L’Espagne va emprunter 94 milliards d’euros.

    Les Pays-Bas vont emprunter 50 milliards d’euros.

    La Belgique va emprunter 34 milliards d’euros.

    Le Portugal va emprunter 19 milliards d’euros.

    L’Autriche va emprunter 17 milliards d’euros.

    La Finlande va emprunter 15 milliards d’euros.

    Comme si ça ne suffisait pas, la Commission Européenne va emprunter 17,6 milliards d’euros.

    Comme si ça ne suffisait pas, le Fonds Européen de Stabilité Financière (EFSF) va emprunter 16,5 milliards d’euros.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0201044903928.htm

    Conclusion : en cas de surendettement, nous empruntons encore plus.

    Quand nous sommes surendettés, nous empruntons encore plus.

    C’est magnifique.

  14. Je suis étonné, sur ce blog où je découvre depuis plusieurs mois de nombreuses et solides informations et analyses sur la crise contemporaine, de n’y avoir jamais lu le nom de Serge HALIMI (de son ouvrage « Le Grand Bond en Arrière » par exemple) dont l’ampleur des vues est assez rare pour mériter le qualificatif de remarquable. Il me semble qu’une synthèse va rapidement apparaitre comme indispensable entre les quelques esprits indépendants et pointus ( Jorion, Lordon, Friot, Généreux, Halimi…) qui à ce que je crois comprendre convergent de plus en plus- malgré eux ?- vers des solutions qui seront tout sauf libérales ou néolibérales. A quel niveau cette synthèse ? C’est la question.
    JESSE

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