Archives par mot-clé : conchyliculture

« Sous un régime d’empoisonnement interne », une dette écologique sociétale ?, par Jean-François le Bitoux

Billet invité.

Paul Jorion en guise de critique d’un article sur son dernier livre souligne : « Je crains qu’il n’y ait un malentendu quant à mon « revirement » ou « conversion » éventuels : ma position n’a jamais changé sur la question et je continue à dénoncer le gloubi-boulga heideggérien qui inspire le courant ultra-conservateur du mouvement décroissantiste ».

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Diffuser ou résister à la diffusion : Fractales fatales, par Jean-François Le Bitoux

Billet invité.

« Il y a deux types de populations. Il y a ceux où ce type d’information circule, et puis ça ne se diffuse pas à l’intérieur du reste du système. »

Paul Jorion, Le temps qu’il fait le 6 mars 2015

L’anthropologue s’étonne d’un problème qu’il connait et dénonce depuis toujours : ce qui parait simple aux uns est parfois insupportable et irrecevable aux voisins. Bruno Latour enseigne que le « fait scientifique » est peu de choses sans le « fait sociologique » qui le porte. La science pastorienne n’existerait pas sans l’encadrement sociétal et de communication que le savant a su gérer simultanément. Peu avant Pasteur, Semmelweis constatait « scientifiquement » par les statistiques, que se désinfecter les mains faisait baisser les mortalités dans les maternités. Ce constat ne fut pas partagé à l’époque !

Vétérinaire de terrain depuis 40 ans, j’ai reconnu dans la description anthropologique du fonctionnement des sociétés de pêcheurs de l’Ile d’Houat, d’ostréiculteurs, de saliculteurs, une approche « holistique » que le véto pratique au quotidien : on ne soigne pas en étudiant tel ou tel paramètre mais en vérifiant comment les fonctions vitales s’équilibrent entre elles, bien ou mal.

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DE LA CONCHYLICULTURE À LA CRISE DES SUBPRIMES : UN ALLER-RETOUR, par Jean-François Le Bitoux

Billet invité

Mortalités ostréicoles et finances toxiques : mêmes défis ?

L’approche de l’anthropologue a bien des outils en commun avec celle du vétérinaire généraliste de campagne que je suis par formation et par culture. L’un et l’autre se posent avant toute autre considération une question : comment l’écosystème observé fonctionne-t-il quand tout va « bien » ? Ils disposent de différentes grilles de lecture et ils arrivent à croiser des informations dispersées, qualitatives et quantitatives, pour mieux interpréter le passé, le présent et faire quelques hypothèses sur une évolution possible. En cas de pathologie, le vétérinaire utilise ses hypothèses de manière préventive et curative. Le médecin explore le corps du patient à travers les différentes fonctions connues : la respiration, la digestion, les régulations nerveuses et endocrines, etc. Et il se construit souvent une cohérence sans faire appel aux acquis d’une biochimie trop scientifique. L’avantage du généraliste est d’avoir accès à de nombreux détours expérimentaux pour construire une cohérence, chose dont ne dispose pas toujours le « spécialiste » limité par des connaissances trop pointues, trop exclusives qu’il lui est difficile de raccorder à des observations de terrain. Bref, la transmission de savoirs très pointus masque la transmission d’un vaste domaine d’ignorance. Et c’est dans ce vide entre ignorance et savoirs trop exclusifs que des catastrophes sont quasiment inéluctables.

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