Archives par mot-clé : demande

Le ralentissement de la croissance de la productivité, causes et conséquences, par Jean-Paul Vignal

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Un rapport récent de l’OCDE (Compendium des indicateurs de productivité ) constate que le ralentissement de la croissance de la productivité dans les pays industrialisés, amorcé avant la crise, et conjugué à la faiblesse des investissements – résultats financiers à court terme obligent – se poursuit ces dernières années et compromet de plus en plus l’augmentation de la production économique et l’amélioration des niveaux de vie. Il met aussi en évidence un découplage entre la croissance de la productivité et celle des salaires moyens réels dans de nombreux pays, d’où un déclin continu de la part du travail dans le revenu national.

Continuer la lecture de Le ralentissement de la croissance de la productivité, causes et conséquences, par Jean-Paul Vignal

Partager :

LE TEMPS QU’IL FAIT LE 7 FÉVRIER 2014

Sur DailyMotion, c’est ici. Comme la fois dernière : bien meilleur son que sur YouTube, mais… risque de pub !

Le commentaire d’un extrait du 2ème volume de la biographie de Keynes par Robert Skidelsky. On est en 1932.

Ce que Marx avait diagnostiqué comme une lutte relative à la redistribution qui ne pourrait se résoudre que par la force, Keynes l’interprétait comme un problème de demande insuffisante auquel une solution technique pouvait être apportée. Mais si les dirigeants du système capitaliste s’évertuaient à traiter des problèmes de demande comme s’ils étaient des problèmes d’offre, et à pressurer les salaires des travailleurs pour restaurer les profits, alors une guerre entre les classes pourrait très bien éclater, venant confirmer les prophéties de Marx.

Robert Skidelsky, John Maynard Keynes. The Economist as Saviour 1920-1937. London : Macmillan, 1992, p. 439

Partager :

LE PRIX, par David Cayla

Billet invité

J’ai lu avec beaucoup d’attention l’ouvrage de Paul Jorion Le prix, et il m’est alors venu une première question : et si les « marchés », et tout particulièrement les marchés à terme où se négocient les prix des matières premières n’avaient été créés, contrairement à ce qui peut se dire, non pas pour protéger les producteurs des « fluctuations », mais bien plutôt pour supprimer les prix ? Supprimer le prix de l’or, de l’argent, du cuivre, du fer, du blé, du maïs, etc.

Et pourquoi supprimer les prix ? Pour briser les reins de l’URSS (à l’époque), sans doute, mais aussi et surtout pour permettre aux Américains en particulier et aux Occidentaux en général de continuer à mener grand train.

Se posent alors d’autres questions : comment forcer les producteurs à accepter ce marché de dupes ? Les producteurs étaient-ils crédules ? Et comment fonctionnent les « marchés », au delà de ce principe, « supprimer les prix » ? Comment y sont-ils parvenus ?

Prenons l’exemple de l’or et de l’argent, qui sont des métaux précieux et pour lesquels il y a (ou il y avait !) historiquement des stocks colossaux en regard desquels la production annuelle est peu de chose. On peut manipuler les prix à la baisse, mais sur ces marchés, le principe – jusqu’à tout récemment en tout cas – était que les acheteurs peuvent choisir indifféremment de se faire livrer leur or ou de déboucler leurs positions. Aujourd’hui, « on » sait ce qu’il en est : les banques centrales occidentales ont vendu ou « prêté » leur or en toute discrétion pour alimenter le marché… Ce qui fera la fortune de tous ceux qui se sont portés acquéreurs de cet or ou de cet argent une fois qu’il sera devenu impossible de continuer à alimenter le marché.

Le raisonnement peut être aisément transposé au cuivre ou au blé : pour maintenir les prix à un niveau artificiellement bas, il fallait être en mesure d’alimenter le marché en abondance. Et pour ce faire, rien de tel que de placer les producteurs dans une situation de surendettement chronique, que ce soient les agriculteurs pour le blé ou carrément des États tels que le Chili pour le cuivre. Car enfin, quel gouvernement sain d’esprit liquiderait ses ressources minières à un rythme aussi effréné quand il pourrait se contenter de produire moins, donc de sauvegarder ses ressources naturelles, mais en vendant à un prix plus élevé ?

De manière subsidiaire, on pourra ajouter que la tendance « naturelle » des marchés à sous-estimer les prix, telle qu’exposée dans l’ouvrage de Paul Jorion, n’a pas spécialement aidé les producteurs… Les contraignant à produire davantage pour s’assurer un minimum de recettes. Et donc à alimenter les marchés en abondance, permettant ainsi à la fois de satisfaire la demande et de maintenir les prix bas… La boucle ne serait-elle pas bouclée ?

Dernière remarque, un effet pervers particulièrement redoutable pour le monde occidental a été qu’en supprimant le prix des matières premières, le prix de la main d’œuvre est devenu LE facteur discriminant dans la « construction » du prix des produits finis. Dès lors, le mécanisme des délocalisations en masse était forcément inéluctable.

Partager :