Archives par mot-clé : Ecofin

Europe : ENCORE UNE PELLETÉE ? par François Leclerc

Billet invité

Mario Draghi persiste et signe, mais il ne parvient pas à faire adopter son point de vue : pas d’autre issue à la situation actuelle, martèle-t-il, qu’une action conjointe de la BCE et des gouvernements ! Et de voir grand, contrairement au plan limité mis au point par ces derniers sur le même sujet de la dynamisation du marché des ABS, afin de relancer le crédit bancaire aux entreprises. Ils ont tous les mains dans le cambouis.

« Nous sommes face à une configuration – croissance faible, inflation faible, dette et chômage élevés – qui ne peut être résolue que par une action concertée sur la demande et sur l’offre », a-t-il hier encore expliqué. Mettant les pieds dans le plat, il a abordé un autre sujet, celui de la relance de l’investissement en prenant le contre-pied des projets préparés par les autorités allemandes et françaises afin de conforter leur stratégie de communication. Celles-ci privilégient l’investissement privé, et le président de la BCE ne l’entend pas comme cela ! : « il pourrait être utile d’avoir une discussion sur une ligne budgétaire globale de la zone euro, avec pour objectif d’augmenter l’investissement public, là où il existe des marges budgétaires pour le faire ».

La BCE s’oppose ouvertement à la politique défendue par le moteur franco-allemand, qui marche sur trois pattes comme disent les mécanos quand une bougie est défaillante ! Heureusement, la réunion à venir samedi de l’Ecofin est informelle, c’est-à-dire qu’elle n’est pas appelée à trancher pour prendre des décisions…

Continuer la lecture de Europe : ENCORE UNE PELLETÉE ? par François Leclerc

Partager :
Email This Post Email This Post

Europe : QUI C’EST QUI COMMANDE ICI ? par François Leclerc

Billet invité.

Tandis que les spéculations vont bon train à propos de la composition de la nouvelle Commission de Bruxelles, ainsi que son passage prochain devant le Parlement européen, un affrontement se déroule entre la BCE et les gouvernements allemand et français, vis à vis duquel le gouvernement italien tente de prendre ses distances. Remarquons simplement, pour y sacrifier à notre tour, que les contre-emplois vont pulluler à Bruxelles. Le Français Pierre Moscovici est en charge des procédures pour déficit excessif ; proche de la City, le Britannique Jonathan Hill a la responsabilité des services financiers ; le Néerlandais Frans Timermans qui va couvrir les relations inter-institutionnelles est connu pour minorer le rôle du Parlement européen ; enfin l’Espagnol Miguel Arias Cañete, en charge de l’énergie, est impliqué dans une affaire de conflit d’intérêt avec une compagnie pétrolière…

Revenons aux affaires sérieuses, avec l’enquête de l’agence Bloomberg, ainsi que l’article du Financial Times rédigé avec le concours de ses correspondants à Berlin, Paris, Rome et Londres. Selon ces sources journalistiques, il se confirmerait que Berlin et Paris s’opposent au projet de la BCE de faire acquérir par le Banque européenne d’investissement (BEI) et les fonds d’investissement nationaux les tranches dites mezzanine dans le jargon financier : à mi-hauteur entre les tranches junior et senior – d’ABS émis par les banques et que la BCE n’en achète que les tranches senior à faible risque.

Continuer la lecture de Europe : QUI C’EST QUI COMMANDE ICI ? par François Leclerc

Partager :
Email This Post Email This Post

Europe : LE JEU DEVIENT SERRÉ ! par François Leclerc

Billet invité.

Cela ne se passera pas comme ça ! Il ne sera pas donné à la BCE toute liberté pour calibrer à sa guise son programme d’achat d’Asset-Backed Securities (ABS), ces produits financiers de titrisation. D’après le Suddeutsche Zeitung, les ministres des finances allemand et français ont rédigé un « non paper » (selon la terminologie officielle française, une « note libre » qui ne peut être attribuée). Destinée à être discutée lors du prochain Ecofin informel de samedi – la réunion des ministres des finances de l’Union européenne – elle porte sur la revitalisation régulée… du marché des ABS. Une vraie pierre dans le jardin de la BCE !

L’objectif revendiqué respire l’innocence, puisqu’il s’agit de dynamiser ce marché anémique en incitant les banques à titriser leurs actifs, tout en les dissuadant de le faire avec des actifs de mauvaise qualité (des prêts douteux), afin de produire des ABS de bonne qualité. Il est explicitement fait référence à l’émergence de « phénomènes de pré-crise aux États-Unis », allusion à la bulle financière qui s’est développée.

Continuer la lecture de Europe : LE JEU DEVIENT SERRÉ ! par François Leclerc

Partager :
Email This Post Email This Post

L’actualité de demain : BRAVO, ILS TRAVAILLENT DÉJÀ À LA CRISE SUIVANTE ! par François Leclerc

Billet invité.

Pour y revenir, que penser du dispositif de renflouement des banques adopté par les 27 ministres des finances de l’Ecofin, qui doit encore être adopté par le Parlement européen ?

Ce dispositif n’est pas fait pour la crise financière actuelle des banques, mais au mieux pour la suivante ! Il est prévu qu’il n’entrera en service qu’en 2018 et il suppose que soit entre temps réglé le délicat problème de l’autorité de résolution (à ne pas confondre avec l’échafaudage de la supervision chapeauté par la BCE). Recul après recul, aux dernières nouvelles, celle-ci devrait être mise en place fin 2014, mais ce calendrier peut encore changer.

Il est ensuite abusif d’en faire stricto sensu un élément de l’union bancaire, ce deuxième pilier présumé avec le programme OMT de la BCE de la stabilisation de la crise, car les sauvetages qu’il décrit s’inscriront dans un cadre national, comme le gouvernement allemand le souhaitait. L’éventualité même d’une intervention du Mécanise européen de stabilité (MES) n’est même pas mentionnée dans le communiqué final. Les désaccords entre ministres portaient sur le degré de flexibilité national des règles qui allaient être adoptées, et ce dernier maintient un grand flou à cet égard : le mécanisme qui en ressort est largement à la carte.

Continuer la lecture de L’actualité de demain : BRAVO, ILS TRAVAILLENT DÉJÀ À LA CRISE SUIVANTE ! par François Leclerc

Partager :
Email This Post Email This Post

L’actualité de la crise : TOUT VA BIEN, RIEN NE VA PLUS ! par François Leclerc

Billet invité

Des accords entre banques centrales afin d’approvisionner en urgence les banques commerciales européennes en dollars, ainsi qu’une téléconférence entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy – dont on ne saura que leur conviction martelée dans un communiqué que la Grèce doit rester dans l’euro – suffiraient-ils pour que les choses rentrent dans l’ordre, après ces jours derniers d’intenses frayeurs ? Après la pluie vient si soudainement le beau temps que cela incite à penser que le baromètre est décidément détraqué.

Ces subites sautes d’humeur boursières sont la plus explicite expression de la crise, car nul ne sait trop ce qu’elles ce qu’elles recouvrent, ni les rebondissements qui peuvent être attendus.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : TOUT VA BIEN, RIEN NE VA PLUS ! par François Leclerc

Partager :
Email This Post Email This Post

Un grand bravo !

C’était le 3 février, sur France 24, « Le Débat / The Debate », je résumais ma contribution à ce débat en anglais de la manière suivante :

Je dis qu’il y a à nouveau un petit jeu sur les Credit-default swaps (CDS). Cette fois, ce n’est plus 1) Bear Stearns, 2) Lehman Brothers, 3) Merrill Lynch, c’est 1) Grèce, 2) Portugal, 3) Espagne.

Ce que font en ce moment les marchés financiers n’est pas sans rappeler l’opération de George Soros qui coula la livre britannique en 1992 (quand on pense que le renouveau de la « science » économique est entre ses mains !)

On est un peu moins de trois mois plus tard.

Mon Feu en la demeure, daté du 25 février, commençait lui ainsi :

Messieurs, Dames, des instances européennes, je m’adresse à vous : il y a feu en la demeure !

Vous ne sauverez pas la Grèce en lui enjoignant de baisser le salaire de ses fonctionnaires. Vous ne sauverez pas la Grèce en l’encourageant à combattre la fraude fiscale. Vous ne la sauverez pas non plus en créant une… cagnotte (on tombe ici dans le dérisoire !). Il est beaucoup trop tard pour tout cela. Et de toute manière, le problème n’est pas là. […]

Votre cagnotte pour la Grèce, si péniblement rassemblée, sera emportée par la bourrasque en quelques heures, et il vous en faudra immédiatement quatre autres : une autre pour le Portugal, une pour l’Irlande, une pour Chypre et une beaucoup plus grosse que les quatre autres mises ensemble, pour l’Espagne…

Il a fallu attendre la réunion d’Ecofin du 15 mars pour avoir une première déclaration d’intentions des pays membres de la zone euro. Vous suivez ici en direct la manière brillante dont la crise a été gérée depuis.

Les dettes souveraines de la Grèce et du Portugal ont été décotées avant-hier mardi, celle de l’Espagne, hier mercredi. Merci à l’agence Bloomberg pour les graphiques suivants.

Taux grec 2 ans

© Bloomberg

Taux portugais 2 ans

© Bloomberg

Taux espagnol 2 ans

© Bloomberg

Un grand bravo aux instances européennes pour leur sens de l’initiative, leur temps de réponse et leur savoir-faire en général !

=================
Réponse à une question :

La notation (la « cote ») de risque de crédit d’un pays mesure (en principe) le risque qu’il ne rembourse pas les emprunts qu’il émet (l’argent qu’il emprunte). Plus le risque est élevé, plus la prime de risque comprise dans le taux d’intérêt dont il doit s’acquitter sur sa dette (doit payer sur les emprunts qu’il fait) est élevé. Donc quand la notation (la « cote ») d’un pays est « dégradée » (« décotée »), les taux sur sa dette souveraine (dette de la nation) augmentent.

Partager :
Email This Post Email This Post