Archives par mot-clé : entrepreneur

Ne dites plus jamais « entrepreneur », par Stéphane-Samuel Pourtalès

Billet invité.

« La vie d’un entrepreneur est bien souvent plus dure que celle d’un salarié »

Selon un sondage BVA pour BBC, 61% des français sont d’accord avec cette phrase d’Emmanuel Macron, prononcée lors d’une interview avec Jean-Jacques Bourdin le 20 janvier dernier.

90% de la population active est salariée.

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La rémunération de l’esprit d’entreprise

Je publie cet extrait du manuscrit du livre que je consacrerai à la pensée de Keynes comme un élément au débat ouvert par la publication du « billet invité » d’Édouard intitulé Réflexion sur la taxation des dividendes et plus-values.

On dit que le surplus est la différence entre le prix de vente et les coûts de production. C’est une bonne approximation, si ce n’est que l’on est alors immédiatement confronté à la difficulté de définir ce que l’on inclut dans les coûts de production. Il est classique aujourd’hui d’y inclure les salaires, et c’est ce que les règles comptables enjoignent de faire, mais est-ce légitime : les salaires ne sont-ils pas la récompense des avances faites en travail dans le processus de production, au même titre que les avances faites en terre par le propriétaire foncier, en fonds par le capitaliste et les avances en supervision/coordination de l’entrepreneur ? Et le paiement des intérêts ? Les intérêts ne sont-ils pas une part du surplus au même titre que le profit de l’entrepreneur ?

Si l’on repart de la structure prototypique du capitalisme qu’est le contrat de métayage tel que pratiqué aujourd’hui encore dans l’agriculture et dans la petite pêche, plutôt que de s’intéresser aux coûts de production, il vaut mieux concentrer son attention sur les coûts de la perpétuation de l’unité de production : du renouvellement du dispositif de production, et considérer que le surplus est la différence entre le prix de vente et les coûts de renouvellement. Sur le prix de vente il y aurait aussi beaucoup à dire mais je le traiterai séparément.

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L’économie pour les neuneus. « Nous sommes tous des capitalistes ! », par Jean-Baptiste Auxiètre

Billet invité.

Chapitre 1 : « Nous sommes tous capitalistes ! »

Nous sommes tous des capitalistes : eh bien non c’est une blague ! Nous sommes presque tous des emprunteurs ! Il y a une chose que nous payons tous en effet, ce sont des intérêts, et nous les payons ceux là au capitaliste.

L’entreprise : Le capitaliste, l’actionnaire et l’entrepreneur

Quand vous créez une entreprise, vous êtes donc l’entrepreneur et vous allez à la banque emprunter de l’argent. La banque ne prête pas son argent malgré ce que pense l’imbécile en voyant la devanture, l’argent prêté est celui des déposants : ah oui l’argent des petites économies en compte-épargne ceci ou en assurance-vie cela, non là aussi c’est une blague ! Entre le besoin d’argent des entreprises et vos petites économies on n’est pas du tout dans le bon rapport ! C’est donc l’argent du capitaliste (c’est là qu’il intervient) que l’on vous prête. Cet argent est prêté avec intérêt bien sûr et en gros entre 20 et 30 ans vous rembourserez le double et en plus vous lui paierez une assurance contre le risque que vous ne remboursiez pas (attention le capitaliste n’est pas un fou : il prend une assurance pour être sûr que si vous ne remboursez pas, lui sera bien payé !). Ensuite vient l’actionnaire il apporte lui aussi de l’argent, pas autant que la banque mais il prend le risque avec l’entrepreneur, il prend tant de pourcents des parts au capital (en capital mais 0 en travail [tiens c’est curieux ?]), ensuite il reste vous, l’entrepreneur, qui apportez l’idée ; l’idée on la connaît (!!!) : en gros, vendre le produit fabriqué par d’autres que vous (oui ! le super nouveau, innovant produit compétitif !), mais bon, vous restez bon an mal an un boutiquier et par contre vous prendrez tous les risques, vous devrez payer le travail, les produits, les fournisseurs, les charges, etc.

Qui sont les gagnants de cette histoire. D’abord le capitaliste : les risques, aucun, et il double son capital en 20 ou 30 ans, l’actionnaire, là c’est déjà plus risqué mais il gagne si vous gagnez et il n’a pas à proprement parler de charges et vous, l’entrepreneur, vous, vous avez toutes les charges, tous les salaires et tout le travail à trouver quelque part.

Soyez donc tous entrepreneurs ! Vous n’êtes que des employés du capital et si vous gagnez quand même, vous gagnerez moins que le capitaliste proprement dit ou l’actionnaire ! (et vous aurez apporté tout le « travail », pour autant que tout cela présente vraiment un intérêt).

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