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Le général Lee vengé par la Silicon Valley ?, par Roberto Boulant

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Julian Vannerson’s photograph of Robert E. Lee in March 1864

Comment ? Par quelle perversion les mânes d’un vieil esclavagiste sudiste pourraient-elles être réhabilitées par ce parangon de la contre-culture américaine des sixties, par ce nouveau rêve libertaro-californien de réinventer la société au travers du miraculeux pouvoir émancipateur de la révolution numérique ? Le commandant des armées confédérées durant la guerre de sécession – et accessoirement icône de l’extrême-droite américaine -, était un riche propriétaire sudiste possesseur d’esclaves qui combattait entre autres pour maintenir intacts les privilèges de sa caste.

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Nommons l’innommable !, par Roberto Boulant

Billet invité.

On estime à environ 14 millions, le nombre d’êtres humains réduits en esclavage entre la fin du 15ème siècle et le début du 19ème siècle, dans le cadre du commerce triangulaire. Cinq millions sont morts immédiatement, des suites des violences de la capture, des mauvais traitements ou des maladies. Ce qui laisse entre neuf et dix millions d’esclaves livrés vivants aux Amériques (ne pas oublier l’Amérique latine et les Caraïbes). – Cette approche statistique édulcorant la barbarie, il faut bien avoir à l’esprit qu’elle découle directement de l’approche comptable utilisée par les marchands : si elle servait à calculer le tonnage des navires, elle avait également pour but de rendre abstraite, donc acceptable, l’horreur d’un crime contre l’humanité. –

Mais si la violence et la terreur sont présentent d’un bord à l’autre de l’Atlantique pour les esclaves (chats à neuf queues, ‘poucettes’, colliers, menottes,… requins), elles sont également présentes pour les équipages.

Alors, qu’est-ce qui pouvait pousser des marins, des hommes libres, à s’engager sur un négrier ? À prendre leur petite – mais indispensable – part, à la machinerie de l’horreur ?

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