Archives par mot-clé : esclavage

Trump : Les immigrés se classent en 2 catégories, les bons et les mauvais

En enjoignant à 4 députées de « retourner d’où elles viennent », Trump suscite l’indignation des Démocrates : « Nous, les États-Unis, SOMMES une nation d’immigrés ! » Et Trump de répondre : « Il y a les bons et les mauvais. Les bons sont blancs, l’autre racaille peut retourner d’où elle vient ! »

Mme Pelosi, chef de la majorité au Congrès, qui était pourtant en froid avec les 4 députées en question (des « communistes », selon Lindsey Graham, Républicain farouche ennemi de Trump devenu son inconditionnel ami), s’initie désormais à la traduction : « Rendre à l’Amérique sa Grandeur » = « Rendre à l’Amérique sa Blancheur », dit-elle, pour ce suprémaciste blanc dont les valeurs sont, comme pour son père Fred, celles du Ku Klux Klan.

Manque de pot pour M. Trump et ses acolytes, ces « mal-blanchis » qu’ils voudraient bien voir « retourner chez eux », sont soit des personnes que leurs propres aïeux esclavagistes ont fait venir en « Amérique » contre leur gré, soit des personnes qui sont précisément chez elles en Amérique et qui seraient en droit de rétorquer à Trump : « C’est à toi, l’envahisseur, de retourner d’où tu viens ! »

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Les supporters suprémacistes de Trump : plutôt mourir pour nos idées !

Ouvert aux commentaires.

Quand vous lirez à l’automne le premier tome de ma saga en plusieurs volumes, La chute de la météorite Trump, intitulé « Un objet populiste mal identifié », vous aurez l’occasion de vous souvenir que j’appelais Trump en août 2017 : « Le dernier général de l’armée sudiste en déroute », et vous noterez que j’ai été le premier à l’appeler ainsi.

Depuis, et pas plus tard qu’il y a huit jours, je vous ai resitué, pour vous les expliquer, des événements récents aux États-Unis, dans le contexte toujours non-digéré d’une Guerre de Sécession inachevée, et d’un héritage du passé esclavagiste des États-Unis pesant encore toujours de tout son poids sur les événements récents.

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Le général Lee vengé par la Silicon Valley ?, par Roberto Boulant

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Julian Vannerson’s photograph of Robert E. Lee in March 1864

Comment ? Par quelle perversion les mânes d’un vieil esclavagiste sudiste pourraient-elles être réhabilitées par ce parangon de la contre-culture américaine des sixties, par ce nouveau rêve libertaro-californien de réinventer la société au travers du miraculeux pouvoir émancipateur de la révolution numérique ? Le commandant des armées confédérées durant la guerre de sécession – et accessoirement icône de l’extrême-droite américaine -, était un riche propriétaire sudiste possesseur d’esclaves qui combattait entre autres pour maintenir intacts les privilèges de sa caste.

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Nommons l’innommable !, par Roberto Boulant

Billet invité.

On estime à environ 14 millions, le nombre d’êtres humains réduits en esclavage entre la fin du 15ème siècle et le début du 19ème siècle, dans le cadre du commerce triangulaire. Cinq millions sont morts immédiatement, des suites des violences de la capture, des mauvais traitements ou des maladies. Ce qui laisse entre neuf et dix millions d’esclaves livrés vivants aux Amériques (ne pas oublier l’Amérique latine et les Caraïbes). – Cette approche statistique édulcorant la barbarie, il faut bien avoir à l’esprit qu’elle découle directement de l’approche comptable utilisée par les marchands : si elle servait à calculer le tonnage des navires, elle avait également pour but de rendre abstraite, donc acceptable, l’horreur d’un crime contre l’humanité. –

Mais si la violence et la terreur sont présentent d’un bord à l’autre de l’Atlantique pour les esclaves (chats à neuf queues, ‘poucettes’, colliers, menottes,… requins), elles sont également présentes pour les équipages.

Alors, qu’est-ce qui pouvait pousser des marins, des hommes libres, à s’engager sur un négrier ? À prendre leur petite – mais indispensable – part, à la machinerie de l’horreur ?

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