Archives par mot-clé : Espìrito Santo

Espirito Santo : ENCORE UN PETIT EFFORT POUR ÊTRE PRÉSENTABLE ! par François Leclerc

Billet invité.

Il reste à faire pour que le sauvetage de la Banque Espirito Santo (BES) soit accompli ! La liste des points à clarifier en suspens s’allonge, et la concrétisation d’une vente rapide de la good bank Novo Banco s’éloigne, celle-ci restant dans les mains de ceux qui voulaient s’en débarrasser comme une patate brûlante.

Un jour, le premier ministre confirme qu’elle doit intervenir dans l’urgence, appuyé un peu vite par Bruxelles, et le lendemain que ce n’est finalement pas si pressé ! Un autre jour, son tout nouveau patron nommé par la Banque du Portugal démissionne – arguant que son mandat initial était de faire vivre la banque et non pas de la brader – le lendemain son remplaçant dont c’est devenu la mission explique qu’il faut arrêter de parler de calendrier et de modèle de vente (par appartement ou non), mais retrousser ses manches pour créer de la valeur, récupérer des dépôts et amasser de bons crédits. Une chatte n’y retrouverait pas ses jeunes.

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AMICALE CONVERSATION AVEC UN BANQUIER SUIVIE DE REBONDISSEMENTS DIVERS ET DE CONSIDÉRATIONS AMÈRES, par François Leclerc

Billet invité.

Dans une Lisbonne baignée de soleil, la salle du conseil d’administration de la banque est plongée dans la pénombre, une grande table de conférence en occupe le centre, et des fauteuils solennels entourent celle-ci sous le regard sévères des fondateurs cloués au mur dans leurs cadres dorés. Devant l’argent, on s’incline ! La description du lieu est convenue, les propos qui seront tenus ne le seront pas nécessairement.

En me recevant dans ce lieu cossu, mon interlocuteur que je n’identifierai pas, fait assaut de sincère cordialité, de vieux amis communs n’y étant pas pour rien. Depuis le début, il est dans le chaudron de la crise du groupe Espirito Santo, bonne occasion pour moi de lui demander comment il en voit la suite et pour une fois de bénéficier d’une source directe, de l’avis d’un banquier bien informé.

Hélas, il ne voit pas clairement du tout ce qui va suivre, comme nous allons en juger! La valorisation financière de Novo Banco, la good bank issue de la Banco Espirito Santo (BES) reste à venir, la Banque du Portugal qui la commandite risquant même d’en garder pour elle les résultats. Immanquablement, ceux-ci fuiteront prédit-il, connaissant son monde. Ce qui permet de savoir si la mise initiale de 4,9 milliards d’euros apportée pour capitaliser Novo Banco sera suffisante, ou s’il faudra remettre au pot (de loin le plus probable).

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Espirito Santo : LE SAUVETAGE ÉTAIT PRESQUE PARFAIT, par François Leclerc

Billet invité.

Le gouvernement portugais pourra-t-il maintenir la fiction d’un sauvetage de la BES ne faisant pas appel à des fonds publics et ne trahissant pas trop ouvertement la directive communautaire qui préfigure la réglementation de l’Union bancaire ? Rien n’est moins certain, à considérer ses discrets ajustements des périmètres respectifs de la BES et Novo Banco – la mauvaise et la bonne banque – les incertitudes qui pèsent sur la valorisation de cette dernière et les aléas de sa vente future.

À ce dernier égard, les interrogations s’accumulent. Novo Banco sera-t-elle remboursée de sa créance de 700 millions d’euros sur l’actionnaire de la BES, Espirito Santo Financial Group (ESFG), depuis que la garantie que représentait Tranquilidade a été annulée ? Car cela a été indispensable afin de vendre la compagnie d’assurances Tranquilidade, filiale de ESFG, au fonds de capital-risque américain Apollo Global Market. On a incidemment appris à cette occasion que Tranquilidade avait été ponctionnée in extremis par le groupe Espirito Santo de 15 millions d’euros au titre du versement de dividendes… La vente des bijoux de famille réserve quelques surprises.

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Espirito Santo : UN ADMINISTRATEUR BIEN MAL INFORMÉ ? par François Leclerc

Billet invité.

Contrairement à ce qui était avancé par le journal portugais « i » et répercuté par nos soins, c’était bien avec sa casquette de représentant de l’actionnaire Crédit Agricole que Xavier Musca a opéré entre le 21 et le 26 mai les quatre ventes de titres successives de la BES, dont il est administrateur, avant qu’il ne soit décidé de ne pas suivre son augmentation de capital de juin dernier. Plus de six longues semaines auront toutefois été nécessaires pour venir à bout d’une « panne technique de transmission », selon les termes du démenti qui nous été opposé, au terme desquelles la BES (et non le Crédit Agricole comme affirmé par le démenti) aura pu remplir avec un grand retard ses obligations d’information du marché via la CMVM portugaise, l’autorité des marchés. Pour mémoire, le dimanche 3 août avant l’ouverture de ceux-ci, la Banque du Portugal informait de la restructuration de la BES (et de son effondrement), après avoir auparavant assuré de sa solidité. La providentielle panne technique a pu éviter de perturber l’augmentation de capital de la BES de juin, car les transactions auraient dû être rendues publiques lorsqu’elle est intervenue, conduisant des investisseurs à y participer pour perdre leur mise depuis. C’est en tout cas ce que la séquence des évènements pourrait suggérer.

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Espirito Santo : UN ADMINISTRATEUR DU CRÉDIT AGRICOLE S’EST-IL COINCÉ LES DOIGTS DANS LA PORTE ? par François Leclerc

Billet invité.

Se souvient-on de Xavier Musca et de son pedigree prestigieux dans la fonction publique ? Sa brillante carrière de haut fonctionnaire spécialisé dans les questions économiques et financières culmina en 2011 au poste de secrétaire général de la Présidence, sous Nicolas Sarkozy, après avoir été nommé à la direction générale du Trésor en 2007, et avoir auparavant présidé le Club de Paris et représenté la France dans les négociations avec le FMI et la Banque Mondiale. Après la victoire de François Hollande, il a rejoint en juillet 2012 le Crédit agricole, où il est nommé directeur général délégué, non sans remous pour cause de pantouflage. À l’Élysée, il a été étroitement impliqué dans la coordination du sauvetage des banques avec ses collègues européens.

L’histoire ne s’arrête bien entendu pas là. Dans le cadre de ses nouvelles responsabilités, Xavier Musca a été nommé administrateur de la BES et de la Bespa, la société détenant la majorité des parts de la BES et associant ses deux principaux actionnaires, Espirito Santo Financial Group (27,36%) et le Crédit agricole (20,12%).

Jusque là, tout va bien. Mais il s’avère, d’après la presse portugaise qui se réfère aux informations de la Commission du Marché des Valeurs Mobilières (CMVM), qu’une infraction au Code des Valeurs Mobilières aurait pu être commise par ses soins. Ce n’est que le 15 juillet dernier qu’il aurait en effet communiqué la vente en son nom de 35,8 millions d’actions de la BES, pour une valeur totale de 32,6 millions d’euros, en quatre opérations successives échelonnées entre les 21 et 26 mai.

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Espirito Santo : CONFLIT D’INTÉRÊT POUR LA BCE, par François Leclerc

Billet invité.

En matière financière, suffit-il de s’en tenir aux pires intentions, de suspecter des abominations cachées et ne pas soulever les coins de tapis pour le cas échéant le démontrer ? En d’autres termes, le pire est-il toujours sûr ? Il n’est pas discutable que le plus intéressant est souvent dissimulé et vient souvent à être découvert tardivement, comme l’illustre la suite du feuilleton Espirito Santo (suivi avec un certain acharnement, il est vrai !): le filon continue de se révéler bon et mérite de continuer à être exploité.

Cela ne va pas toutefois sans mal : « La Banque du Portugal ne commente pas les opérations de financement des banques » a été la seule réponse obtenue par les journaux portugais qui cherchaient à connaître le destin du prêt de 3,5 milliards d’euros de celle-ci à la BES, juste avant sa déconfiture. Question : si ce prêt devait avoir été transféré à Novo Banco, comme cela est vraisemblable, que va-t-il en advenir ? La réponse va sans doute être trouvée du côté de la BCE, qui a rapidement accordé le statut de contrepartie à Novo Banco, lui permettant de financer cette dernière, qui pourra ensuite rembourser la BdP… Comme toujours, il suffit de suivre la piste de l’argent !

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Espirito Santo : DES DESSOUS PAS AFFRIOLANTS, par François Leclerc

Billet invité.

Où sont passés les 3,5 milliards d’euros prêtés en catastrophe à la BES avant son sauvetage par la Banque du Portugal (BdP) ? Tous les mystères relatifs à cet engagement de fonds publics soigneusement masqué et qui vient d’être révélé ne sont pas encore éclaircis.

Non sans imprécisions, faute d’une information officielle, les journaux économiques portugais dévoilent aujourd’hui de nouveaux épisodes du sauvetage de la BES. On a ainsi appris que la BCE avait le 1er août dernier cessé d’accepter la BES au titre de contrepartie, la coupant de tout financement et l’obligeant à rembourser à l’Eurosystème 10 milliards d’euros le 4 août au plus tard. Puis que la BdP avait auparavant utilisé la procédure des aides d’urgence (ELA) pour prêter à la BES – après accord obligatoire de la BCE – 3,5 milliards d’euros à échéance du 1er août, afin de lui permettre de faire face à une crise aiguë de liquidités, en raison de retraits massifs des dépôts soigneusement tus. À noter que nous étions alors à quelque jours de l’effondrement de la BES et de sa restructuration, décidée le 3 août mais en préparation depuis plusieurs jours, et que cette procédure réclame formellement que la banque bénéficiaire soit solvable…

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Espirito Santo : CAS PARTICULIER D’UN CAS GÉNÉRAL, par François Leclerc

Billet invité.

Ce n’est pas sans mal que le sauvetage de la BES continue d’être mené sous la férule de la Banque du Portugal, la bourse de Lisbonne ayant chuté de 16% en deux semaines, entrainée à la baisse par les valeurs bancaires, notamment celles de la BCP. Celle-ci avait auparavant essayé en pure perte de calmer le jeu en procédant à une levée réussie de capitaux lui permettant de partiellement rembourser l’État de son aide.

D’autres grandes entreprises portugaises ont également souffert, notamment Mota-Engil dans le BTP, et Texeira Duarte, issue du même secteur et depuis diversifiée. Mais la palme est revenue à Portugal Telecom, qui a vu sa valeur boursière chuter de plus de 48% depuis la fin juin, en raison d’un prêt de près d’un milliards d’euros à Rioforte (groupe Espirito Santo) qui n’a pas été remboursé à l’échéance. Son président a depuis démissionné.

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Espirito Santo : LA CONFIANCE NE RÈGNE TOUJOURS PAS, par François Leclerc

Billet invité.

Ce n’est pas sans d’impérieuses raisons que le gouvernement portugais continue de prétendre que les contribuables ne seront pas mis à contribution à l’occasion du sauvetage de la BES et de la création de Novo Banco. La réglementation communautaire a pu être contournée avec l’assentiment des autorités de Bruxelles, et Mario Draghi a donné aujourd’hui son blanc-seing à l’opération au nom de la BCE, mais la réaction de l’opinion publique portugaise – qui en a déjà vu de toutes les couleurs – est une toute autre affaire.

Le fantôme du scandale politico-financier de la banque BPN, qui a été renflouée par l’État, hante en effet toutes les mémoires portugaises. Personne n’a oublié que des actions – qui traînent un peu trop en longueur, vu les délais de prescription – ont été intentées par la Banque du Portugal contre deux autres banques également : la BPP et la BCP. Trop, c’est trop ! Revendiquer l’utilisation des fonds publics pour sauver ce symbole qu’est la banque de la famille Espirito Santo était impossible pour une coalition gouvernementale qui va affronter le suffrage universel l’année prochaine, déjà dans de mauvaises conditions. Monter un simulacre s’imposait, ce qui a été fait, car le Fonds de résolution est sous tutelle du ministère des finances et fait partie du périmètre pris en considération pour déterminer l’endettement public. Il est financé par les banques, mais l’État a dû se substituer à elles.

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Espirito Santo : LE FEUILLETON N’EST PAS TERMINÉ, par François Leclerc

Billet invité

Les banques portugaises n’ont pas tardé à chercher à revenir sur leur participation à la création de Novo Banco qui leur a été prescrite par la Banque du Portugal. Au lieu d’injecter dans le Fonds de résolution 133 millions d’euros à fonds perdus en plus des 367 millions qui, finalement, avaient déjà été récoltés auprès d’elles pour alimenter progressivement le Fonds, elles ont dans un grand moment d’altruisme proposé que leur contribution prenne la forme d’un prêt destiné à être remboursé, dont le montant serait augmenté à 635 millions d’euros en contrepartie, permettant de diminuer de 4,5 milliards d’euros à 3,9 milliards la contribution de l’État au Fonds de résolution.

La ministre des finances a depuis bien précisé que si cet emprunt de l’État Portugais sur la ligne de crédit accordée par la Troïka pouvait « statistiquement » augmenter le déficit public (sous-entendu, sans prêter à conséquence), il n’entrerait pas dans le calcul du déficit en accord avec la Commission européenne. Comme quoi le modèle de résolution bancaire admet bien des accommodements, quand il s’agit d’utiliser les fonds publics dans l’urgence tout en affirmant que la réglementation communautaire l’excluant est malgré les apparences bafouée. L’État est resté en première ligne et ne sera remboursé par la vente de participations dans Novo Banco que si le montant des transactions futures égale ou dépasse sa mise. Les banques, elles, pourront toujours demander le remboursement de leur prêt au Fonds de résolution qui n’en aura pas les moyens et pourra toujours emprunter… à l’État (si cette formule de prêt est acceptée). Suivez l’argent ! est toujours une excellente manière de décortiquer les montages financiers, surtout lorsqu’ils sont alambiqués.

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Espirito Santo, … et la Commission européenne n’a rien vu venir …, par Jean-Luce Morlie

Billet invité. Également publié ici.

Les phases de crises financières ne sont-elles pas l’occasion, pour les plus malins des plus doués des banquiers, de sauver, en douce, les billes de leurs meilleurs clients ? Visiblement, l’opacité bancaire est entretenue avec un soin lucide. N’est-ce pas, comme au jeu des chaises musicales; lorsque la ronde des joueurs s’arrête, pour trouver la chaise où s’asseoir, il faut bien qu’il s’en retrouve par terre ? Et ceci amène une autre réflexion.

En effet, la dynamique propre de la concentration du capital par l’intérêt composé, n’est-elle pas, et dans un même ordre de nécessité, dans l’obligation d’organiser le jeu de telle façon que les moins bons joueurs perdent la partie, puisque, à parier sur des reconnaissances de dette (Paul Jorion), il y aura toujours des perdants ? Ne croyons-nous pas que les mieux placés pour faire tourner le manège, savent très bien quand s’arrêtera le moulin, puisqu’ils le font tourner ?

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Espirito Santo : PREMIERS DESSOUS D’UN SAUVETAGE par François Leclerc

Billet invité.

Ravi de ce qu’il présente comme un heureux dénouement protégeant les contribuables et les déposants de la banque BES, le gouvernement portugais voudrait bien vite revenir à ses affaires courantes : l’adoption de nouvelles mesures d’austérité. Les autorités bruxelloises ont de leur côté donné officiellement leur imprimatur à un sauvetage à l’orthodoxie douteuse mais dont elles avaient négocié la teneur. Mais en ont-ils fini ?

La mariée pourrait être moins belle que prévue. Que se passera-t-il, en effet, si la good bank intitulée Novo Banco ne pouvait être vendue au-dessus des 4,4 milliards d’euros prêtés par l’État pour la capitaliser ? Ces fonds proviennent en effet d’une dette de l’État qui ne sera pas couverte tant qu’ils ne seront pas totalement remboursés par des capitaux privés. Qu’interviendra-t-il par ailleurs si l’addition du capital et des créances subordonnées ne couvrait pas les pertes de la « bad bank », dont l’étendue n’est pas à l’abri des surprises ? Dans les deux cas, les contribuables pourraient être mis à contribution, dérangeant la belle histoire qui est contée.

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Sauvetage de Banco Espirito Santo : quelques enseignements pour la zone euro, par Jean-Michel Naulot

Billet invité. Paraît simultanément sur sur son blog sur Mediapart.

L’annonce du plan de sauvetage de Banco Espirito Santo (BES) démontre à quel point les discours tenus par les dirigeants de la zone euro sont parfois éloignés des réalités financières. Le projet d’Union bancaire adopté par les gouvernements et les parlementaires européens en mars dernier vient ainsi de confirmer certains de ses dangers, alors même qu’il n’est que très partiellement en place.

En cas de défaillance d’un établissement bancaire systémique, ce projet prévoit de mettre à contribution non seulement les actionnaires et les créanciers subordonnés mais aussi les créanciers ordinaires et les déposants. Comme cela a été souligné lors de son adoption, ce projet qui s’inspire du modèle chypriote fait  craindre qu’en cas de rumeur sur un établissement tout le monde s’en aille dès le premier jour. C’est exactement ce qui vient de se passer avec la défaillance de BES où l’on a assisté à une vraie panique des créanciers ordinaires et des déposants qui ont anticipé sur les nouvelles règles en ne voulant pas prendre le risque de se faire piéger. Ils ont ainsi bien involontairement accéléré la chute de l’établissement et les risques de contagion, même si en définitive les autorités ont décidé de les protéger.

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Espirito Santo : UNE NATIONALISATION QUI N’AVOUE PAS SON NOM, par François Leclerc

Billet invité.

Comme prévu, la Banque du Portugal a annoncé dimanche soir le plan de restructuration de la Banque BES, avant l’ouverture de la Bourse et de ses guichets lundi. Le risque était qu’à la débandade des actionnaires, qui ont vendu leurs titres dans l’affolement pour limiter leurs pertes, succèdent des retraits massifs des déposants, l’érosion des dépôts ayant certainement commencé, mais il a été fait silence sur ce délicat sujet.

La banque va être scindée en deux entités, une bad et une good bank. Dans la première, les actionnaires actuels (dont le Crédit agricole avec 14,6% du capital) ainsi que les créanciers subordonnés vont rester en tête à tête avec les actifs et structures à problème – dont la filiale angolaise de la BES – et se diriger vers une liquidation, tandis que la seconde où seront transférés les dépôts, les crédits sans risque et les activités rentables va être confiée au Fonds de résolution des banques crée par le gouvernement portugais à la demande de la Troïka. La good bank, qui va adopter un nouveau nom, Novo Banco, laissant celui de BES qui fait référence à Espirito Santo à la bad bank, aura vocation a accueillir ultérieurement de nouveaux actionnaires achetant les parts détenues par le Fonds.

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Espirito Santo : SAUVER LES APPARENCES ! par François Leclerc

Billet invité.

Une hypothèse de sauvetage de la Banque BES prend corps, qui pourrait être annoncée dimanche soir, in extremis avant l’ouverture de la bourse du lendemain. Selon TVI et SIC, deux chaînes de télévision commerciale, l’État se préparerait à rentrer au capital de la banque malgré les affirmations réitérées du premier ministre qui l’excluait.

Afin d’éviter à tout prix une nationalisation ne cadrant pas avec le credo libéral de l’équipe au pouvoir, une formule combinant l’apport de fonds et la souscription à une émission d’obligations contingentes par la banque tiendrait la corde. Elle permettrait de recapitaliser convenablement la banque, afin que ses fonds propres atteignent à nouveau le niveau requis par la Banque du Portugal de 7%, sans donner a l’État la majorité et en favorisant la constitution d’un pôle privé d’actionnaires.

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