Archives par mot-clé : François Rebsamen

À partir d’une conférence de Kojève, par Nikademus

Billet invité.

Une conférence de Kojève en janvier 1957, publiée en 2 fois dans Commentaire, la première partie en 1980, la seconde – ils ont pris leur temps -, en 1999.

A lire attentivement pour la hauteur de point de vue et parce qu’il y rappelle entre autres qu’« il est avantageux, non seulement du point de vue politique, mais encore de celui de l’économie elle-même, de payer pour le travail non pas le minimum, mais le maximum possible » et que c’est cela et rien d’autre qui a sauvé le capitalisme première manière (Ford).

On sait que les ministres du premier cercle du pouvoir ont choisi une voie contraire puisqu’ils proclament ces jours-ci que l’antithèse exacte de cette proposition les mène certes au suicide politique mais n’en est pas moins la seule envisageable, avec un fatalisme que l’on jugerait digne de l’antique s’il ne rappelait pas plutôt ces idéologues soviétiques qui trouvaient très en-dessous d’eux d’accepter une quelconque validation par la réalité ou l’expérience quand seule une sanctification finale par l’Histoire était à leur mesure. Mais pour ces derniers celle-ci n’est jamais venue, comme on sait ; et pour leurs pâles imitateurs, elle ne viendra pas.

Continuer la lecture de À partir d’une conférence de Kojève, par Nikademus

Partager :

« Vous êtes sans emploi ? C’est de votre faute ! »

Ma série de neuf vidéos sur le travail est très regardée. J’y développe le thème que la disparition du travail est un phénomène de société. À traiter comme tel. Pas en s’efforçant de culpabiliser celui qui est remplacé par la machine parce que devant manger, boire, dormir, nourrir ses enfants, il coûte beaucoup plus cher qu’un robot. Ni en culpabilisant le chef d’entreprise qui ne crée pas d’emplois puisqu’il doit d’abord nourrir ses actionnaires et que les salaires, ça coûte trop cher, comme le lui a enjoint et rappelé M. Milton Friedman, parce que « C’est ça le capitalisme, mon vieux ! », et que les actionnaires sont ses maîtres, et que s’il ne comprend pas ça, il est bon pour la décharge.

Cela n’empêche pas M. François Rebsamen, ministre du Travail, de considérer que le problème de l’emploi, c’est celui des resquilleurs.

J’allais écrire que cela nous ramène à une façon de concevoir le problème comme au XIXe siècle, mais non : le XIXe siècle était celui de l’entreprise triomphante, on ne payait pas grand-chose ceux qui travaillaient mais au moins, durant la révolution industrielle, on n’essayait pas de culpabiliser ceux qui cherchaient du travail. Alors, du XVIIIe siècle ? non, pas non plus : c’est l’époque des Encyclopédistes, d’Adam Smith, le « vrai Adam Smith », l’ami du peuple, pas le pseudo-précurseur de von Hayek, inventé par le monde de la finance à des fins de propagande. Du XIe siècle, peut-être ? pas même, c’est la création de l’Université de Bologne en 1088 : le retour de la connaissance pour la connaissance. M. Rebsamen nous ramène au Xe siècle avec son problème de l’emploi comme étant celui des resquilleurs.

Partager :