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Le G20 de Sydney : HEUREUSEMENT QUE NOUS LES AVONS ! par François Leclerc

Billet invité.

On ne pouvait mieux engager le G20 finances de Sydney : Joe Hockey, le ministre australien du gouvernement conservateur, a exprimé le fond de sa pensée en déclarant la veille de son ouverture qu’il fallait dissiper toutes les régulations, car elles font obstacle à une allocation des ressources efficientes !

Sur un sujet qui suscite des réactions – les conséquences du tapering de la Fed sur les pays émergents – Pierre Moscovici a reconnu du bout des lèvres que cela « mérite d’être suivi avec attention, mais ce n’est pas une situation de crise ». Les États-Unis, le Royaume-Uni et le FMI ne les ont-ils pas appelés ces derniers jours à « mettre de l’ordre » chez eux ?

Une fois le temps de l’admonestation des victimes passé, le G20 va se pencher sur son principal sujet de préoccupation : faut-il ou non inscrire dans le communiqué final des objectifs de croissance précis ? Une prochaine réunion pourra peut-être donner le mode d’emploi, mais sans attendre Pierre Moscovici a fait part d’une solution limpide : « une coordination des politiques peut apporter un gain de croissance de 2% en 5 ans » …

Afin de prévenir la critique de faire cavalier seul, Jacob Lew, le secrétaire d’État au Trésor, avait adressé mardi dernier une lettre à ses collègues. Estimant que la croissance mondiale était « inégale et bien inférieure à son potentiel », il y exprimait sa certitude que « le renforcement de la croissance aux États-Unis bénéficie à l’économie mondiale dans son ensemble (…) et qu’une graduelle normalisation des politiques (monétaires) sera accompagnée par la croissance ».

Les banquiers centraux, qui assistent au G20 et dont les politiques vont dans tous les sens, ne se sont pas encore fait entendre.

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L’actualité de la crise: de conciliabules en bricolages et en tâtonnements, par François Leclerc

Billet invité.

DE CONCILIABULES EN BRICOLAGES ET EN TÂTONNEMENTS

Une nouvelle série de réunions internationales au plus haut niveau format G20 est en préparation dans les antichambres. Des ministres des finances et des présidents des banques centrales, en Corée du sud les 4 et 5 juin, puis des chefs d’Etat, à Toronto les 26 et 27 juin. A croire que la tenue de ces rencontres obéit à une loi étrange : moins elles aboutissent à des décisions pratiques, plus elles se multiplient. Comme si toute une énergie devait leur être dépensée, consacrée à la difficile rédaction d’un communiqué final aussitôt classé que publié.

De quoi sera faite l’unité de circonstance qui va être affichée ? Deux grands sujets vont former la trame publique de ces réunions : la quadrature du cercle d’une réduction des déficits publics n’affectant pas la croissance, toutes deux présentés comme salvatrices, et l’ajustement international des mesures de régulation financière, dont les chefs d’Etat ont besoin de se prévaloir, puisque les marchés sont par ailleurs les maîtres incontestés, voire même revendiqués. Un troisième sujet sera certainement évoqué, mais pas nécessairement depuis les tribunes : la fragilité toujours très grande du système financier et bancaire, comme la crise européenne vient de l’illustrer.

De toutes les voix qui commencent à s’exprimer à propos du danger que représenterait un arrêt brutal des aides publiques à la relance de l’économie, en raison de réductions budgétaires trop précoces au nom de la lutte contre les déficits, une mérite d’être mise en exergue. Celle de Wen Jiabao, le Premier ministre chinois. « Certains disent que l’économie mondiale est déjà repartie et que nous pourrions arrêter les mesures de soutien, mais je considère ce jugement trop hâtif », a-t-il estimé à Tokyo devant le patronat japonais. « La crise de la dette dans quelques pays européens pourrait entraver la reprise économique de l’Europe (…), le taux de chômage aux Etats-Unis ne baisse pas ». Prédisant que « Nous devons nous préparer à des difficultés », il a assuré que la Chine en tirait sans attendre les conséquences, faisant en sorte « de rester en alerte et de prendre des mesures avec calme (….) afin d’éviter une nouvelle baisse de la croissance ».

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