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« L’Amour au temps du coronavirus » II

J’avais appelé le premier billet de veille permanente « L’Amour au temps du coronavirus », en hommage à Gabriel García Márquez et son L’Amour au temps du choléra.

On vous aura déjà montré cette vidéo ailleurs, mais elle a bien entendu sa place ici.

P.S. Oui, il y a de la pub, mais rassurez-vous, dans le monde de l’Après-Covid-19 c’est le genre de choses sans intérêt qui auront disparu.

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CENT ANS D’AIR, par Timiota

Billet invité

Pilar Ternera et Macondo, un Colonel sans armée, tout le monde de Cien años de soledad (Cent ans de solitude) nous est laissé pour l’éternité par Gabriel García Márquez, colombien universel dont on regrette évidemment la récente disparition. Å’uvre qui travaille nos imaginaires en leur tréfonds, nous ne saisirons, à chaque lecture, que des bribes piochées aux niveaux de lecture multiples enchevêtrés par l’auteur, des fragments d’images encore présentes de pétrole brut dans une tasse de café. Pique à soi-même, on n’oublie sans doute qu’en dernier, des Cien Años, les épisodes d’oubli et les récits des notules rendues nécessaires pour parer cet oubli.

Cent ans est une durée paradoxale, encore assez accessible à notre projection de mortel, et dont nous savons pourtant – quand nous avons pu exhumer un carton jauni ou du papier journal enfoui par des maçons pressés en retapant telle plinthe – qu’à son issue, les comparaisons terme à terme sonneront faux : des émergences et des submersions auront fait apparaitre ou disparaitre des îles, des gitans auront voyagé pour les conter, les rêver, y dormir, y vivre peut être.

Un romancier de 2114 parlera, qui sait, comme « Gabo ». Il parlera aussi d’une ile d’humanité, un Macondo XXL de 40.000 kilomètres de circonférence, nuageux, volcanique et calme, fait de tant de terre et de tant d’eau.

Et d’air. Mais au juste, non, pas de tant d’air, d’air un peu juste plutôt.

Et il dira dans quelles notules de 2014 on parle de l’air qu’il n’y a pas tant, de comme il fut épatant, comme il risque de ne plus l’être tant.

Cent ans d’air qu’on fatigue, qu’on agace, qu’on turbine, qu’on charbonne, qu’on chagrine, qu’on aspire pour de grands et beaux maelstroms.

Cent ans d’air.

À toi l’autre Gabo qui respire en 2114, que te dire, sinon qu’à cause de notre Gabo à nous, à cause de l’humaine multitude de notre grand Macondo révélée mieux que jamais à nos propres yeux par ses Cents ans de solitude, nous te devons peu et peut être beaucoup, lis nos notules et tu verras : nous te devons au moins l’air d’ici et de maintenant, et vraiment, non vraiment pas moins.

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