Archives par mot-clé : Hedge funds

LA MAIN ÉLECTRONIQUE DES MARCHÉS, par François Leclerc

Billet invité.

Dans ce monde financier de plus en plus complexe et impénétrable, rien que dénicher le volume des ordres et des transactions effectives dont le trading à haute fréquence (THF) est à la source, est un exploit tellement les estimations rendues publiques sont variables – et le plus souvent datées. Il n’en reste pas moins certain que le THF a connu ces dernières années un essor fulgurant et irrésistible sur toutes les places financières.

Continuer la lecture de LA MAIN ÉLECTRONIQUE DES MARCHÉS, par François Leclerc

Partager :
Email This Post Email This Post

SUR LE MARCHÉ OBLIGATAIRE AUSSI, FAITES VOS JEUX… par François Leclerc

Billet invité.

À leur tour atteintes par un mal indéfini, les obligations souveraines ne sont plus le placement de père de famille qu’elles ont si longtemps été. Cela a pu être tout dernièrement observé in vivo en Europe, où après avoir connu des taux négatifs inédits, le marché obligataire a effectué un brutal virement de bord, qui a en premier affecté les titres allemands avant de toucher par contagion tous les actifs défensifs, dont les titres américains, prenant les investisseurs à revers. Coup de torchon, onde de choc, vent de panique et même krach… toute la palette des grands mots a été utilisée dans les milieux financiers, où on s’est souvenu de l’épisode précédent de juin 2013 sur les titres américains et interrogé sur les chocs à venir.

Continuer la lecture de SUR LE MARCHÉ OBLIGATAIRE AUSSI, FAITES VOS JEUX… par François Leclerc

Partager :
Email This Post Email This Post

L’actualité de la crise : JEAN QUI RIT ET JEAN QUI PLEURE, par François Leclerc

Billet invité

Tous les paris ne sont pas gagnants et tous les hedge funds florissants. L’un d’entre eux, Third Point, vient toutefois de décrocher le gros lot en pariant sur la dette grecque, puis en participant à l’opération de rachat par l’État grec. L’opération lui a permis d’acheter pour 500 millions de dollars de titres au prix de 17 cents (soit 17 % de la valeur nominale) et les revendre à 34 cents, c’est à dire le double.

Mais cette success story pourrait ne pas s’arrêter là, si l’on en croit des sources familières avec le hedge fund rapportées par le Financial Times. Tous les titres n’auraient pas été vendus, dans l’attente d’une nouvelle opération plus profitable encore qui ne saurait être évitée (Third Point gère 10 milliards d’euros et a assuré cette année un retour de 20 % à ses investisseurs).

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : JEAN QUI RIT ET JEAN QUI PLEURE, par François Leclerc

Partager :
Email This Post Email This Post

L’actualité de la crise : DANSES AUTOUR DE LA DETTE, par François Leclerc

Billet invité

De curieuses danses sont actuellement observées autour des dettes souveraines grecque et argentine. Dans le premier cas, une opération de rachat de la dette vient d’être lancée sous les auspices de l’Union européenne et du FMI, dans le cadre d’un nouveau plan de sauvetage qui ne dit pas son nom. Dans l’autre un fonds vautour poursuit via les tribunaux le gouvernement argentin de ses assiduités pour être remboursé à leur valeur faciale (à 100 %) des obligations qu’il détient.

Ce qui est dans les deux cas en cause, c’est la possibilité pour un État de négocier sur le marché un remboursement partiel de sa dette (de faire partiellement défaut). Et les conditions dans lesquelles il peut affronter les hedge funds qui se sont placés en embuscade après avoir acheté à bas prix de la dette sur le second marché, dans l’espoir de réaliser de copieux bénéfices. Les deux histoires méritent d’être regardées de plus près.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : DANSES AUTOUR DE LA DETTE, par François Leclerc

Partager :
Email This Post Email This Post

L’actualité de la crise : LE PROCHAIN ÉPISODE CRITIQUE, par François Leclerc

Billet invité

L’argument est ces temps-ci fréquemment invoqué. A Davos, les représentants des mégabanques n’ont pas manqué de s’appuyer sur l’idée qu’une nouvelle crise était de toute façon inévitable, afin de faire pièce à toute velléité de régulation supplémentaire.

On pourrait assurément les suivre, mais pour en tirer des conclusions diamétralement opposées. A ceci près qu’il ne s’agira pas d’une nouvelle crise, mais d’un nouvel épisode de l’actuelle, loin d’être terminée. Si son calendrier n’est pas établi, ses ferments peuvent être identifiés et ses contours discernés…

Plus l’on s’approche de la conclusion des travaux du Comité de Bâle et du FSB (Financial Stability Board), plus les conciliabules avec les mégabanques se tendent. Ils portent sur ce qui pourrait parfois apparaître comme des détails, dans un monde financier qui joue de leur complexité. Il s’agit de l’ajustement des ratios de fonds propres et des normes de liquidité, dont l’augmentation ou le durcissement visent à accroître la résistance des banques. Ou bien encore, plus subtilement, de la définition détaillée des actifs admis au rang de ces fonds propres, dits core tier one – pardon d’entrer dans les entrailles bancaires ! Car les régulateurs ont pour toute stratégie de constituer une sorte de ligne Maginot, qu’ils cherchent à renforcer, ce que précisément les mégabanques veulent éviter.

Tout ce manège n’en finit pas, les régulateurs essayant de mieux ériger des obstacles à la prochaine crise, les financiers cherchant les failles permettant de se faufiler. En raison de sa sophistication, la machinerie financière réclame des réglementations qui ne la lui cèdent en rien. Elles se complexifient mais laissent encore et toujours des trous qu’il faudrait boucher. A ce jeu du chat et de la souris, la finance l’emporte toujours avec un coup d’avance !

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : LE PROCHAIN ÉPISODE CRITIQUE, par François Leclerc

Partager :
Email This Post Email This Post

L’actualité de la crise : LA ROUTE EST LONGUE, TRÈS LONGUE…, par François Leclerc

Billet invité.

Quelqu’un a-t-il une idée du temps que tout cela va encore durer ?

Il semble que non, puisque plus personne ne se hasarde à dire « je vois les jeunes et tendres pousses vertes de la croissance revenue » et que le meilleur discours sur la crise consiste dorénavant à ne plus en avoir. En l’escamotant, ou en la présentant sous le nouveau jour de l’apocalyptique dette publique. En montant en épingle d’autres catastrophes imprévues, comme de redoutables épisodes neigeux en plein hiver, à moins qu’un médicament et un laboratoire ne fassent scandale parce qu’ils tuent, sans qu’aucune responsabilité ne soit – prenons en les paris – jamais établie.

Il fallait fureter dans les pages intérieures du Wall Street Journal, en bas de colonne, pour trouver ce matin « une intéressante information » apportant un début de réponse à cette question. La mégabanque Crédit Suisse vient de vendre un paquet d’actifs pourris à un hedge-fund dénommé Apollo, dans des conditions et un contexte qui méritent d’aller y voir de plus près. Car elle va sortir de son bilan 2,8 milliards de dollars d’actifs hypothécaires pour les vendre 1,2 milliards de dollars, soit après une décote de tout de même 58%.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : LA ROUTE EST LONGUE, TRÈS LONGUE…, par François Leclerc

Partager :
Email This Post Email This Post

LA LIGNE FLOUE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Il y a trois jours, dans un commentaire à propos de ma série récente sur l’exception de jeu, zébu écrivait ceci :

… je m’aperçois que c’est justement le droit qui a servi de cheval de Troie à la spéculation. Créer un précédent, en faire une jurisprudence. Puis de cette jurisprudence, en faire, par sa récurrence et sa constance, un ‘fait social’. Puis de ce ‘fait social’, en tirer un rapport de force social favorable pour ‘imposer’ au législateur la législation qui ‘correspond’ au fait social (sorte de ‘mise à niveau’, en quelque sorte, entre la réalité sociale et le politique, au travers de la loi et du droit).

Un article dans le Wall Street Journal d’hier (1) m’a rappelé cette remarque. L’article s’appelle « Hedge Funds Raided in Probe », perquisitions au siège de fonds d’investissement spéculatifs. L’enquête porte sur des délits d’initié. L’article dit entre autre ceci :

La question est floue du fait que le délit d’initié n’est pas défini légalement. La ligne qui sépare un comportement criminel d’un comportement légitime a évolué dans la jurisprudence depuis des dizaines d’années, alors que les tribunaux se sont efforcés d’interpréter les articles portant sur la fraude dans les lois financières qui furent votées à la suite du krach boursier de 1929.

Suspense : le droit servira-t-il, une fois encore, de cheval de Troie à des pratiques réprouvées, non pas la spéculation cette fois, mais la fraude ? Selon le même article du Wall Street Journal, certains s’y activent :

Certains juristes disent que les autorités tentent de criminaliser un comportement typique des marchés, comme lorsque les fonds d’investissement spéculatifs rivalisent à obtenir l’avantage en rassemblant de l’information provenant d’un grand nombre de sources sur une compagnie.

Un autre article du Wall Street Journal rapporte l’opinion que le délit d’initié est devenu « endémique » aux États-Unis (2). Personnellement, je trouve « obtenir l’avantage en rassemblant de l’information provenant d’un grand nombre de sources sur une compagnie » très long et je préférerai toujours « délit d’initié ».

Cela me rappelle encore autre chose : le jour où j’avais remis en question le fait que l’établissement financier pour lequel je travaillais utilisait des modèles financiers que nous savions faux et où un représentant d’une des quatre grandes firmes comptables internationales m’avait répondu que tout le monde le faisait et qu’il s’agissait donc d’un « industry standard », de la norme dans le secteur d’activité. Pas de quoi fouetter un chat.

===========

(1) Susan Pulliam, Michael Rothfeld, Jenny Strasburgh, Hedge Funds Raided in Probe. FBI Agents Seize Documents in 3 Cities as Insider-Trading Investigation Widens, Wall Street Journal, le 22 novembre 2010

(2) Dennis K. Berman, Insider Trading: The Next Frontier. Big Lots Suit Targets Stock-Research Firm’s Methods in Digging Up Information, Wall Street Journal, le 23 novembre 2010

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Partager :
Email This Post Email This Post

L’actualité de la crise: la facilité pour les uns, les efforts pour les autres, par François Leclerc

Billet invité.

LA FACILITE POUR LES UNS, LES EFFORTS POUR LES AUTRES

La BCE devrait annoncer en fanfare, jeudi prochain à l’occasion de la réunion de ses gouverneurs, que sa prochaine adjudication à un an sera la dernière. Des spéculations font par ailleurs état dans la presse spécialisée d’une modification des conditions dans lesquelles certaines de ses autres adjudications, à plus courtes échéances, pourraient à nouveau être soumises à appel d’offres (et non plus, comme c’est actuellement le cas, être illimitées en volume selon un taux annoncé à l’avance). Ces ajustements signifient que la banque centrale s’efforce, en entamant un processus de modification des mesures de soutien financier aux banques, de sortir celles-ci de l’addiction dans laquelle elles semblent être tombées, dont Jean-Claude Trichet (le président de la BCE) s’était inquiété, et les engager à revenir sur le droit chemin. Tout en cherchant à contenir la croissance de la bulle financière qui continue de prospérer, ce qui pourrait être sa véritable intention.

La suite dira si ces objectifs ont des chances d’être atteints, au moins partiellement, alors que les autres grandes banques centrales ne s’engagent pas sur le même chemin, ni aux Etats-Unis, ni au Japon, ni au Royaume-Uni. Le problème de la synchronisation des politiques financières reste entier. Dans ces conditions, on peut se demander (façon de parler) s’il n’est pas illusoire de chercher ainsi à relancer le crédit, le système bancaire européen, à commencer par les banques allemandes, restant pour sa part très fragilisé. Pour considérer que les banques européennes risquent de s’adapter à cette nouvelle politique de la BCE, un peu plus restrictive, en réactivant des marchés qui étaient délaissés, pour avoir trop contribué à la crise, et qu’elles vont ainsi accroître leurs prises de risques afin de continuer à renforcer leurs marges pour de se renflouer…

Continuer la lecture de L’actualité de la crise: la facilité pour les uns, les efforts pour les autres, par François Leclerc

Partager :
Email This Post Email This Post