Archives par mot-clé : Herman Van Rompuy

L’euro selon Herman Van Rompuy, ou « Berlin ou Moscou ? »

Bruno Colmant publie un nouveau livre : L’euro : une utopie trahie ? (Renaissance du livre 2017). Il a eu l’amabilité de m’en faire parvenir un exemplaire. Comme j’ai reçu le livre samedi, je n’ai pas encore eu le temps de le lire mais j’ai lu l’avant-propos rédigé par Herman Van Rompuy, ancien Premier ministre belge (2008-2010), ancien Président du Conseil européen (2010-2014) qui regroupe chefs d’État ou de gouvernement des vingt-huit pays constituant l’Union européenne.

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L’avenir présumé de l’Europe, GRANDS PRINCIPES ET GROSSE CONFUSION, par François Leclerc

Billet invité.

La cause a été vite entendue par les dirigeants européens réunis hier soir à Bruxelles : le décor ayant été résolument planté et tous – sauf Matteo Renzi – ne voulant voir dans le résultat des élections que l’épouvantail de la montée de l’europhobie, il a été décidé de confier à Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, la tâche de rassembler les avis sur la meilleure manière de contrer celle-ci. La difficulté étant que se sont exprimés durant le dîner autant d’avis que de participants quand il s’est agi de l’avenir présumé de l’Europe. Proclamer que l’Europe doit changer est une chose, lui assigner des priorités claires en est une autre…

Faute de mieux, un médiateur a donc reçu le mandat de « conduire des consultations avec le Parlement européen et les différents groupes parlementaires, dès qu’ils seront constitués », sans naturellement oublier les dirigeants aux-mêmes. Mais le grand sujet reste la composition d’un paquet de nominations composé des futurs présidents de la Commission, du Parlement et du Conseil. On ne se refait pas ! Une liste de grands principes pourra toujours fournir l’habillage requis : croissance, compétitivité, emploi, lutte contre le changement climatique, union énergétique, sans oublier le combat contre l’immigration illégale qui, de l’enclave de Melilla aux côtes de l’Italie du Sud et au camp de Calais, fait la gloire de l’Europe toute entière.

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LE POIDS DE SON INDIGNATION

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Herman van Rompuy, président du Conseil européen, publie à l’instant un « point de vue » dans Le Monde intitulé : « Nous vivons une crise non pas de la zone euro mais de l’endettement public » où il écrit entre autres :

« Jeudi 21 juillet, les dirigeants de la zone euro se sont réunis à Bruxelles. Nous avions deux objectifs en vue : d’une part, garantir le financement du programme pour la Grèce et ramener l’endettement de ce pays à un niveau plus supportable, … nous avons baissé le taux d’intérêt sur les fonds publics que nous prêtons à la Grèce à un niveau proche de nos coûts de financement (c’est-à-dire entre 3,5 % et 4 %)… »

Je n’ignore pas que ce soit le cas, mais quel rapport entre ce geste et le fait que je l’aie réclamé avec une certaine véhémence à une époque où tout le monde s’accommodait très bien du fait que ces taux aient d’abord été fixés à un niveau exorbitant ? J’écrivais en effet dans ma chronique du Monde-Économie du 7 mars, intitulée, « Un mécanisme de stabilité punitif » :

« Comme les autres Etats de la zone euro se portaient garants de la dette grecque, le risque de défaut était en réalité nul, et la composante « prime de risque » du taux exigé de la Grèce aurait donc dû être, elle aussi, nulle ! Le taux élevé exigé signifiait donc que la composante « profit » du taux avait été gonflée de manière extravagante par les Etats prêteurs. Quelle en était la justification ? La seule imaginable – à l’exception d’un opportunisme cynique – est l’ignorance par les instances européennes des composantes d’un taux d’intérêt ».

Le but de ma charge était de faire honte aux puissances européennes prêteuses à la Grèce. A-t-elle été entendue ? Je n’en sais rien (la probabilité se situe quelque part entre 0 et 1) mais on aimerait bien parfois avoir une idée du poids de son indignation. Il n’y a pas de mal à prêcher dans le désert, mais on aimerait parfois savoir quel est le degré de désertification du désert en question.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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L’actualité de la crise: une ornière qui mène dans le décor, par François Leclerc

Billet invité.

UNE ORNIERE QUI MENE DANS LE DECOR

Au petit jeu des citations, il n’y a ce lundi que l’embarras du choix pour établir le palmarès des propos les moins conséquents.

Sans nul doute, le premier prix doit revenir à Christine Lagarde, une habituée de la compétition, qui a déclaré à propos du risque de contagion de la crise grecque en Europe : « je ne veux même pas y penser ». Elle se voulait catégorique et, soyons honnête, c’était vendredi dernier. « Je crois que le plan qui se met en marche, la procédure qui est engagée, c’est de nature à re-stabiliser une monnaie qui en a besoin » a-t-elle poursuivi pour élargir son propos.

A propos de la politique suivie par le gouvernement allemand, elle s’est contentée de faire preuve de sa transparence habituelle et de constater : « C’est un formalisme auquel les Allemands sont attachés, ils ont raison ».

Le président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy, n’a pas été en reste et est monté sur la deuxième marche, depuis l’université de Kobe où il s’exprimait devant les étudiants japonais : « Mon impression est que, malgré le fait que nos problèmes soient loin d’être terminés, je suis convaincu que nous maintiendrons la stabilité de la zone euro ».

Mais si tous les regards sont naturellement tournés vers la Grèce et l’Europe, on aurait tort d’oublier le reste du monde occidental. Naoyuki Shinohara, directeur général adjoint du FMI, a mis en garde le Japon : « Même si les problèmes du Japon ne doivent pas être mis sur le même plan que la crise de la dette en Grèce, sa vulnérabilité budgétaire est en train de croître à des niveaux vraiment élevés ». Les agences de notation multiplient ces derniers temps les avertissements à propos de cette dette la plus importante du monde, que les commentateurs affectent encore de tenir pour négligeable au prétexte qu’elle est détenue à 95 % en interne. Ce qui n’affecte en rien le rythme rapide de sa détérioration et le besoin que commence à exprimer le gouvernement de se tourner vers les marchés extérieurs pour se financer.

A la sortie du G20 Finances de Washington, vendredi dernier, Timothy Geithner, secrétaire d’Etat au Trésor des Etats-Unis, déclarait être convaincu d’une reprise pour 2011, tirée par la demande privée, afin que le pays puisse commencer à réduire son déficit. Il se montrait toutefois plus optimiste que Ben Bernanke, président de la Fed, qui avait déclaré mi-avril devant le Congrès « la hausse de la demande finale [sera] suffisante pour assurer une reprise économique modérée dans les trimestres à venir », sans pronostiquer une date, estimant en réalité que la hausse du PIB serait lente et qu’en conséquence des choix difficiles devraient être faits pour réduire le déficit. Une toute autre hypothèse que celle qui est lancée par Tim Geithner, qui comme l’ont fait au début de la crise de la dette les Européens, pense financer sa réduction par la croissance plus que par des coupes budgétaires. L’histoire a tranché.

En Europe, sans surprise, les taux grecs à 10 ans atteignaient 9,385% à midi ce lundi, tandis que les taux portugais (5,141%), irlandais (4,872%) et espagnol (4,033%) se tendaient. Ce palmarès est en permanence mis à jour et prend de plus en plus l’allure d’une catastrophe annoncée. Elle préfigurera, si elle intervient, ce qui va également ne pas manquer de se passer au Japon et aux Etats-Unis, et va forcer les gouvernements à tenter de sortir de l’ornière dans laquelle ils se trouvent. A produire autre chose que des déclarations du type de celle qu’ils ont adopté dans le cadre de l’Assemblée générale du FMI, samedi dernier, où la plus ferme des résolutions a été adoptée en faveur de la réduction des déficits publics, qui apparaissent de plus en plus comme l’expression d’une situation sans issue.

La crise de la dette publique va dominer tout le reste et imposer de tenter de trouver des solutions inédites, car elle est trop importante pour que les anciennes recettes fonctionnent.

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