Archives par mot-clé : hyperdiffusionnisme

Cambridge University II. Le spectre d’Elsie R. Masson

Leach était tout particulièrement enthousiasmé par notre projet d’histoire de l’anthropologie. Quand j’allais le voir pour lui faire part de mes progrès dans l’écriture, il m’attendait souvent avec impatience, ayant glané de nouvelles anecdotes dont il voulait me faire part, ayant découvert, en étant allé fouiner de son côté dans les archives, de nouveaux documents qu’il voulait me montrer. Il m’arriva aussi de l’épater un jour. Pour comprendre comment, il faut en dire davantage sur Malinowski, qui il était, et quel était son but dans la vie.

Elsie R. Masson, rédactrice des ouvrages les plus fameux de Bronislaw Malinowski.

Bronislaw Malinowski (1884-1942) était issu de la petite noblesse polonaise. Il avait pour ami intime celui qui deviendrait le fameux dramaturge et peintre talentueux Stanislaw Wietkiewicz (1885-1939). Wietkiewicz accompagna d’ailleurs Malinowski comme photographe lors de sa première enquête de terrain en Australie, avant que les deux amis – et on a aussi entendu dire, amants – ne se brouillent. Arrogant, Malinowski ne concevait sa présence en anthropologie qu’au titre de figure qui dominerait un jour la discipline. Or, à cette époque, et comme j’ai déjà eu l’occasion de le signaler, la figure de proue de l’anthropologie britannique n’était autre que W.H.R. Rivers

D’une certaine manière contraint et forcé car ayant, du fait de sa nationalité, le statut d’ennemi en Australie au moment où éclata la Première guerre mondiale, Malinowski fit un très long terrain dans les Îles Trobriand au large de la Nouvelle-Guinée, d’abord de 1915 à 1916, puis de 1917 à 1918. À la question que je lui posai, si elle pensait que les circonstances ayant été différentes, son père aurait quand même entrepris le type d’expérience-limite solitaire que fut son séjour en Mélanésie, Helena Wayne-Malinowska, sa fille cadette, me répondit qu’elle ne le pensait pas : selon elle, il n’y avait pas dans la jeunesse polonaise à cette époque d’idéal comparable à celui qui existait en Grande-Bretagne sous l’impulsion de figures tutélaires telles que Baden-Powell, l’inventeur du scoutisme, l’explorateur prodige Sir Richard Burton, ou d’auteurs tels Rudyard Kipling, à l’imitation de qui les jeunes Britanniques se lançaient dans des équipées exotiques que leurs aînés cautionnaient et à qui l’anthropologie de terrain allait offrir un cadre et une reconnaissance académiques.

Continuer la lecture de Cambridge University II. Le spectre d’Elsie R. Masson

Partager :

W.H.R. Rivers (1979)

W.H.R. Rivers (1864-1922) A paru dans les notes de mon cours Encyclopédie de l’ethnologie et histoire des doctrines ethnologiques publiées…

Vous devez être connecté pour lire le contenu complet de l'article. Vous pouvez vous abonner ici

Partager :

Les grands courants en anthropologie (cours en préparation)

L’anthropologie comme science de l’homme apparaît dans le sillage de

1° ces relations dont les Grecs et les Romains ensuite étaient friands sur les peuples « barbares » à leurs portes ;

2° les récits de voyageurs, du temps de Marco Polo en Chine (XIIIe -XIVe siècles), au XVIIIe siècle.

Linné au XVIIIe siècle avait situé l’homme parmi les autres espèces, ouvrant ainsi la voie à une classification des humains selon leurs « variétés », lesquelles étaient appelées « races ». Blumenbach en fit le premier inventaire à la toute fin du XVIIIe siècle.

Continuer la lecture de Les grands courants en anthropologie (cours en préparation)

Partager :

VentsContraires.net, Paul Jorion : L’argent est-il notre Dieu et le marché sa religion ?

Sur le site VentsContraires.net, c’est ici.

L’hyperdiffusionnisme britannnique : Grafton Elliot Smith.

Comment faire pour oublier qu’on va mourir ? Sigmund Freud : L’avenir d’une illusion (1927), Malaise dans la civilisation (1930).

Je mentionne que dans un de mes livres j’ai voulu expliquer ce qu’était “la confiance des marchés” en la programmant. C’est dans La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire (Fayard 2008). Cela avait d’abord paru ici comme billet : La crise des subprimes et la « confiance des marchés ».

La retranscription se trouve ici (merci à Olivier Brouwer !) :

Continuer la lecture de VentsContraires.net, Paul Jorion : L’argent est-il notre Dieu et le marché sa religion ?

Partager :