Archives par mot-clé : Jackson Hole

Jackson Hole : AVERTISSEMENTS SANS FRAIS A DONALD TRUMP, par François Leclerc

Billet invité.

Janet Yellen de la Fed et Mario Draghi de la BCE se seraient donné le mot que cela ne serait pas surprenant ! Lors de leurs interventions d’hier à la conférence annuelle de Jackson Hole, les deux compères ont soigneusement évité le sujet de la politique monétaire où ils étaient pourtant très attendus, signe qu’ils continuent de s’interroger sur la marche à suivre.

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LES BANQUES CENTRALES MARCHENT SUR DES ŒUFS, par François Leclerc

Billet invité.

Ayant joué un rôle déterminant et innové sans compter afin de stabiliser la crise financière et ses conséquences, les banques centrales sont à nouveau placées devant leurs responsabilités à l’occasion de leur rencontre annuelle de Jackson Hole : quand et comment vont-elles revenir sur leurs mesures non conventionnelles qui semblent ne plus pouvoir rester inchangées ?

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Jackson Hole : ATTENTION, CHAUSSÉE GLISSANTE ! par François Leclerc

Billet invité.

Le rendez-vous d’été des dirigeants des banques centrales dans la station de sport d’hiver de Jackson Hole n’est plus ce qu’il était. D’enceinte dévolue à des débats académiques, il est devenu le lieu d’enjeux politiques ; rencontre instituée entre banquiers centraux et représentants des mégabanques, il a renoué avec sa liste d’invités d’origine en excluant ces derniers.

Il s’y manifeste cette année comme un soupçon de nostalgie vis à vis de ces temps heureux, pas si anciens, où munis de la seule arme de leurs taux, les banques centrales faisaient la pluie et le beau temps. Suscitant la tentation de revenir dès que possible sur leurs mesures accommodantes pour retrouver la normalité, exprimant ainsi un conformisme avec lequel il serait bon de renouer, et dont il serait injuste que seuls les dirigeants politiques en bénéficient.

Hélas, il ne semble pas y avoir de marche arrière de disponible, impliquant de se résoudre à l’évidence : piloter un système financier de plus en plus complexe réclame des instruments de plus en plus sophistiqués pour le mesurer, et des leviers de plus en plus introuvables pour le diriger. Mettre tout en équations mathématiques n’est plus la panacée, après qu’il se soit avéré que cela ne permettait même pas d’évaluer sérieusement le risque !

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Le symposium de Jackson Hole : LES BANQUIERS CENTRAUX AUX CHAMPS, par François Leclerc

Billet invité.

Demain va s’ouvrir le symposium annuel des banques centrales de Jackson Hole (Wyoming), permettant de faire le point sur leurs visions de la situation, la diversité de leurs approches et l’évolution de leurs politiques. Car ce qui ressort en premier lieu des compte-rendus de leurs dernières réunions, ce sont les interrogations persistantes de leurs dirigeants, les banquiers centraux, et des divisions quand elles sont reconnues.

Toutes sont confrontées, de manière plus ou moins prononcée, au même phénomène déflationniste généralisé. Le Japon ne parvient toujours pas à sortir de deux décennies de déflation, la zone euro subit sa forte pression et pourrait prendre le même chemin, tandis que les États-Unis et le Royaume-Uni ne retrouvent pas un taux d’inflation considéré comme normal. Le retour à la normalité, c’est la grande question posée, sans qu’il puisse y être apporté une réponse.

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L’actualité de la crise : QUAND LES BANQUIERS CENTRAUX SONT AUX CHAMPS…, par François Leclerc

Billet invité.

La conférence annuelle des banquiers centraux du début du mois de Jackson Hole, dans le paysage montagneux du Wyoming, n’a pas eu toute la publicité qu’elle mérite. En Europe, la faute en a été à l’absence de Mario Draghi, occupé par ailleurs. Elle a eu plus de retentissement aux Etats-Unis, où l’on s’attend à nouveau à un geste de la Fed en faveur de l’économie et du chômage, lors de sa prochaine réunion des 12 et 13 septembre prochains. Sans savoir lequel, entre la reprise des achats de titres (qui pourraient être immobiliers, vu l’état sinistré persistant du marché) et l’annonce du maintien de taux très accommodants pour une plus longue période que prévu, car il n’est plus possible de les baisser : ils sont quasiment à zéro. L’efficacité et l’usage de ces deux principaux instruments des banques centrales a fait question à Jackson Hole.

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L’actualité de la crise : COMPLAISANCES BANCAIRES, par François Leclerc

Billet invité.

Les volets du nouveau processus d’intégration européenne se suivent et ne se ressemblent pas. Tandis qu’Angela Merkel manifeste à nouveau son intention d’obtenir un durcissement des règles budgétaires communes et l’intervention punitive de la Cour européenne de justice, le projet d’union bancaire de la Commission européenne est en voie d’assouplissement sous la pression du même gouvernement allemand. Celui-ci voit dans le projet de large périmètre de surveillance des banques confié à la BCE comme une atteinte à son modèle économique et ne veut pas qu’il englobe ses banques régionales, ses mutuelles et ses caisses d’épargne, qui financent son tissu industriel de PME et dont on ne sait trop de quoi leur bilan est fait. On s’oriente donc vers un dispositif de type passoire qui a déjà fait ses preuves lorsqu’a été créée l’Autorité bancaire européenne (EBA). Celle-ci repose sur une savante articulation entre l’échelon national et européen de la régulation des banques et peut se prévaloir de stress-tests particulièrement peu probants.

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BFM Radio, lundi 30 août 2010 à 10h46 – Les banquiers centraux : « Il n’y a jamais eu, et il n’y aura jamais de raisons de s’inquiéter »

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Les banquiers centraux : « Il n’y a jamais eu, et il n’y aura jamais de raisons de s’inquiéter »

La réunion annuelle des banquiers centraux à Jackson Hole dans le Wyoming a eu lieu le weekend dernier. J’en ai personnellement retenu deux choses : la discussion générale sur les bulles financières et le discours de Jean-Claude Trichet, le patron de la Banque Centrale Européenne.

Les bulles financières

La discussion sur les bulles financières a été l’occasion d’une belle cacophonie : aucun consensus sur le fait qu’il faudrait intervenir à titre préventif : avant qu’elles ne se créent, ou bien pendant : au moment où on constate leur existence, voire encore même après : la politique actuelle en la matière.

Randall Kroszner, un ancien gouverneur de la Fed, a rappelé le rôle crucial joué par l’immobilier résidentiel dans la naissance des bulles, qu’il s’agisse aussi bien de la Chine aujourd’hui, que des États-Unis il y a trois ans. Fait peut-être encore plus inquiétant : avec un beau cynisme, les États comptent généralement sur les bulles immobilières pour faire sortir les nations des récessions qui les affectent.

Les êtres humains aiment les maisons, et se concurrencent entre eux pour les acquérir. Les « marchés » n’observent pas cela d’un œil neutre. Résultat : un marché constamment en proie à la spéculation, et des logements hors de prix. Je pose la question suivante : les gouvernements ne devraient-ils pas penser à isoler l’immobilier résidentiel de la spéculation ? Le logement ne devrait-il pas être envisagé comme « une chose nécessaire », et les politiques d’accès à la propriété calquées plutôt sur celle, disons, de la santé ? Ou bien a-t-on encore trop besoin des bulles immobilières pour sortir des récessions ?

Le discours de Jean-Claude Trichet

Passons maintenant au discours de Jean-Claude Trichet qui s’intitulait : « Le rôle des banques centrales dans des temps incertains : conviction et responsabilité. « Conviction », comme vous allez le voir, pour « ce que je pense vraiment », et « responsabilité » pour « ce que je suis malheureusement obligé de faire ».

Notons le, la tâche de Mr. Trichet est une tâche périlleuse : que dire en effet quand le seul discours que l’on puisse tenir serait une autocritique mais qu’il vous est interdit par définition de la prononcer puisque cela affecterait – en mal – la confiance des marchés ? D’où, la suavité des propos qui sont alors tenus. Ce qui situe cependant avec exactitude le problème, c’est l’usage neuf fois du mot « crédible » dans le discours et quatre fois du mot « crédibilité », sans compter même sa présence dans une expression que Mr. Trichet affectionne de « credible alertness ». Le symptôme qui trahit une absence embarrassante.

Très remarquable aussi donc, le recours à la distinction faite autrefois par le sociologue Max Weber entre une « éthique de la conviction », fondée sur les principes (c’est-à-dire sur la théorie) et une « éthique de la responsabilité », l’accent étant mis ici sur les conséquences (le retour de bâton de la réalité). Les concepts de Weber ont été mobilisés pour justifier la navigation à vue quand il s’avère que la théorie est fausse, et le fait d’appliquer des mesures que la théorie rejette, comme les mesures non-standard, autrement dit, le recours à la « planche à billets » dans l’assouplissement quantitatif : l’achat de la dette des États par les banques centrales, autrement dit encore, la création par elles d’argent, non pas parce qu’on a constaté une création de richesse dans l’économie, mais tout au contraire parce que la richesse manque à l’appel là où elle est nécessaire. Une « recette pour un désastre », comme disent alors les anglo-saxons.

Les concepts wébériens se trouvaient donc là à point nommé pour justifier a posteriori le refus initial par Trichet au printemps dernier, durant la crise de l’euro, de l’assouplissement quantitatif : quand il campait fermement sur ses principes, suivi ensuite de son rapide revirement : quand la réalité lui imposa la politique inverse. Un passage en douce de l’« éthique de la conviction » à l’« éthique de la responsabilité », en raison, pour reprendre ses termes, du « fonctionnement anormal de certains marchés », d’une « période de tensions aigües sur les marchés financiers ».

2008 : la confiance des financiers est ébranlée, celle des économistes ne l’est pas moins. 2010 : retour en force du ronron. À Jackson Hole, les banquiers centraux nous ont expliqué qu’il n’y a jamais eu, et qu’il n’y aura jamais de craintes à avoir. Poussons donc le ouf de soulagement qui nous est si gentiment demandé.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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