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Turquie : réponse à François Leclerc, par Abel Musard

Billet invité. À une critique que lui a adressé François Leclerc à titre privé, Abel Musard répond ce qui suit.

I stand by my deduction. Elle ne s’appuie pas sur des ragots d’un officiel turc que je ne connais pas mais sur des déclarations officielles de MM. Kerry et Ayrault. Kerry a fait connaître au public un entretien privé qu’il a eu avec le ministre des affaires étrangères turc. Ce dernier n’a pas proféré, que je sache, d’accusations publiques, il a réservé son mécontentement à Kerry qui lui décide de s’en servir pour menacer la Turquie devant tout le monde. Cela même est révélateur. Il y a plus que de la psychanalyse là-dedans, de la logique.

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LES ÉTATS-UNIS ET LA SITUATION EN SYRIE

M. Obama a décidé de frapper la Syrie. Il demande seulement au Congrès de confirmer sa décision dans une dizaine de jours, le lundi 9 septembre, lorsque celui-ci rentrera de vacances. Il sait que seuls 9% des Américains sont, selon les sondages, en faveur d’une telle action et il n’ignore pas non plus que M. Cameron, le premier ministre britannique, a essuyé lui un refus de son propre parlement jeudi dernier : on apprend aujourd’hui que seuls 20 députés sur 304 de son propre parti, le parti conservateur, soutenaient pleinement sa décision d’intervention aux côtés des États-Unis.

La France débattra de la question le mercredi 4 septembre. Pourrait-elle décider de frapper seule la Syrie ? Prérogative de la Ve république, rien n’interdit au président français de prendre la décision avant même la date du débat.

Espérons en tout cas que cette victoire du processus démocratique en Occident n’encouragera pas certains sur le terrain, de part et d’autre du conflit, à mettre en péril une fois de plus, les populations civiles, et tant qu’on y est, militaires également.

N. B. : Petit coup de chapeau au passage à la presse française qui est parvenue aujourd’hui à traduire dans son unanimité « high confidence », l’expression utilisée par John Kerry, l’équivalent d’un ministre des affaires étrangères aux États-Unis, par « forte certitude », alors qu’une explication était offerte sur la signification de l’expression dans la déclaration officielle :

A high-confidence assessment is the strongest position that intelligence analysts can take short of « confirmation ».

Autrement dit : un degré de confiance dans l’information un cran en-dessous de la « confirmation ».

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LE FANTÔME DU RESPECT

On attendait la réaction de M. John Kerry, l’équivalent américain d’un ministre des affaires étrangères, à la découverte que les États-Unis espionnent sur une vaste échelle les gouvernements européens, ainsi que sa réponse aux demandes d’explications formulées aujourd’hui par ceux-ci.

On imaginait bien qu’obtenir des excuses, même molles, serait beaucoup demander, mais quand on s’entend répondre par lui : « M’enfin vous ne saviez pas que tout le monde fait ça ? », les bras vous en tombent.

On a tendance à appeler une telle attitude, de l’arrogance, mais l’arrogance ne va jamais sans un certain degré d’intelligence, et l’arrogant n’ignore pas l’être en son for intérieur. Non, il s’agit beaucoup plus simplement de mépris : « Je vous réponds, et soyez reconnaissant que j’aie la générosité de le faire ! »

Si les bras vous en tombent, c’est que vous espériez beaucoup mieux que ce qui vous est offert. Il y avait au départ, tant que les bras étaient encore levés, l’expression d’un respect. Une fois les bras retombés, du respect, passé de vie à trépas instantanément sous vos yeux, il ne reste plus que le fantôme.

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