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COMMENT FURENT AUTORISES LES PARIS SUR LES FLUCTUATIONS DE PRIX (IV) LA « COULISSE » ET LE MARCHE A TERME

Voilà le contexte historique et pratique dans lequel la problématique des marchés à terme se situe au XIXe siècle : paris illicites à la hausse ou à la baisse, donnant lieu à ventes à découvert et à règlements par paiement des différences. Ces marchés sont en place cependant, mais en-dehors du secteur financier réglementé : dans ce qu’on appelle la Coulisse. Relève, comme nous le verrons de la Coulisse, le « marché gris » (Gallais-Hamonno 1996 : 2), une expression qui n’est pas sans en rappeler une autre, celle-ci contemporaine : le « shadow banking », la « banque de l’ombre » dont parlent aujourd’hui les Américains, où règnent en maître les hedge funds, les fonds d’investissement spéculatifs ainsi que les SPV, les Special Purpose Vehicles : véhicules en vue d’un objectif spécial, mis en place pour permettre la titrisation sous forme d’une obligation unique de quelques milliers de crédits individuels. Comme dans le cas de la « banque de l’ombre » aujourd’hui, la Coulisse n’est pas l’apanage de personnages interlopes : les banques ayant pignon sur rue s’adonnent elles aussi à ses activités mais bien entendu… en coulisse.

Gallais-Hammono écrit à propos de la Coulisse :

« Le point le plus ahurissant de tout le XIXe siècle est l’épanouissement d’une Bourse complètement illégale, parfaitement parallèle à la Bourse officielle, qui est la coulisse. Deux raisons de fond expliquent l’apparition de ce deuxième marché : d’abord, le coût du retour de Napoléon. Les Cent Jours du point de vue financier ont été une catastrophe. En moins de cinq ans, la dette publique est multipliée par deux. Deuxième raison de fond : l’industrialisation qui démarre sous la monarchie de Juillet aux alentours de 1840, et qui prend la forme de sociétés privées qui émettent des titres évidemment privés, et les agents officiels « ratent le coche ». Au lieu d’essayer de négocier ces deux types de titres, ils se spécialisent dans la dette publique, ce qui laisse évidemment un vide. La coulisse se développe à cause de ce vide. Elle tire son nom de l’architecture du bâtiment de la Bourse. Une coulisse de bois servait à maintenir les visiteurs à l’écart du « parquet » où s’effectuaient les transactions « officielles » des agents de change. Derrière cette barrière de bois des individus vont, eux aussi, négocier.

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