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L’Afrique et moi VII. Un environnement pas toujours très sûr

Rappel : L’Afrique et moi I. Fonctionnaire des Nations-Unies ; II. Un poste de tout repos ; III. Des pêcheurs ne sachant pas pêcher : IV. La vérité : vraiment pas bonne à dire ; V. « Jorion se fâche » ; VI. Pêcherie et sorcellerie.

L’année suivante, en 1986, la FAO m’offrit cette fois une mission de trois mois : au Bénin, le siège du projet des pêches, où j’avais déjà passé un an, mais aussi dans deux autres pays que je ne connaissais pas encore : au Ghana et au Libéria. 

Quand, en passant par le siège de la FAO à Rome, j’ai signalé que j’avais eu l’occasion de rencontrer des Béninois à Pointe-Noire au Congo l’année précédente, certains m’ont dit : « Allons bon ! ».

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LIBÉRIA : PAYS ABANDONNÉ DES DIEUX

La presse : Virus Ebola : les médecins du Libéria se préparent à soigner les malades

Libéria 1986 :

L’année suivante, en 1986, la FAO m’offrit cette fois une mission de trois mois : au Bénin, le siège du projet des pêches, où j’avais déjà passé un an, mais aussi dans deux autres pays que je ne connaissais pas encore : au Ghana et au Libéria. La guerre civile au Libéria n’éclaterait officiellement que trois ans plus tard : en 1989. La situation n’en était pas moins déjà très tendue dans le pays.

Dans l’hôtel aux murs dégoulinant de crasse où j’étais descendu à Monrovia, on m’expliqua que la réputation d’insécurité de la ville était surfaite et que je pouvais me promener sans courir aucun risque, non seulement en remontant la rue d’un pâté de maisons, mais aussi de deux en la descendant.

Un jour, une fanfare militaire défila dans la rue. Ma chambre disposait d’un balcon, et je me mis à photographier la parade. À peine avais-je pris quelques clichés que la porte de ma chambre s’ouvrit violemment, c’était le patron de l’hôtel, qui s’élança vers moi en s’écriant : « Mon pauvre ami ! ». Il m’agrippa par le bras et me tira brutalement hors de la chambre. « Suivez-moi et n’ouvrez pas la bouche ! », me dit-il en courant. Quelques volées d’escaliers plus bas, il ouvrit la porte d’un débarras et m’y poussa sans ménagement : « Restez là et ne bougez surtout pas jusqu’à ce que je vienne vous chercher ! N’essayez surtout pas de sortir ! ».

Le temps me parut très long. M’ayant délivré, il m’expliqua qu’il était absolument interdit dans le pays de photographier des militaires. Aux soldats qui s’étaient précipités dans l’hôtel aussitôt qu’ils m’avaient aperçu, il avait expliqué que je n’étais pas l’un de ses clients et que je m’étais enfui par les toits.

Paul Jorion : Mémoires – manuscrit en chantier perpétuel

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