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L’HUMANITÉ DIMANCHE, « Partage de la richesse : on a besoin de radicaliser Marx ! », LE 17 JUIN 2011

L’Humanité Dimanche m’a demandé un petit texte sur l’actualité de Karl Marx. Au cas où vous n’auriez pas acheté l’hebdomadaire, voici ce que j’ai écrit.

Dans Le capitalisme à l’agonie, je parle de Karl Marx, en l’appelant : « celui dont on a effacé le nom ». Bien sûr, on sait encore qui il est mais je parle là essentiellement de lui dans le cadre de la « science » économique et il est vrai qu’on y a effacé son nom pour une raison bien simple : parce qu’il avait eu le mauvais goût de compléter sa réflexion économique d’un projet révolutionnaire. Il avait dit, comme on sait : « Les philosophes n’ont jusqu’ici qu’interprété le monde, il s’agit maintenant de le transformer ». Cela a déplu énormément : un  besoin se faisait sentir à la fin du XIXe siècle, celui de justifier ce que faisaient les financiers dans leur pratique, et plus particulièrement l’inflexion qu’ils étaient en train de donner à leurs activités en les centrant de plus en plus sur de la spéculation pure et simple, sur ce que je distingue dans ce qu’on appelle de manière un peu vague « la spéculation », comme étant des paris sur les fluctuations de prix.

Le capitalisme, c’est le partage biaisé de la richesse que l’on peut créer quand on rassemble des ressources naturelles, du minerai, le soleil, la pluie, et du travail, humain ou machinique. Partage biaisé parce qu’une part disproportionnée de la richesse va au capitaliste, le détenteur du capital, qui est simplement l’ensemble des ressources qui manquent là où elles sont nécessaires pour produire ou pour consommer, en raison d’une définition particulière de la propriété privée.

Marx dit du capitalisme qu’il est mortel, et de cela, on n’a absolument pas voulu entendre parler dans les endroits qui comptent : dans les banques, à la tête des industries. Alors, on a encouragé des économistes – et certains se sont montrés particulièrement enthousiastes à la tâche – à produire un discours qui aurait deux finalités : premièrement que l’on n’évoque plus jamais la fin du capitalisme, et deuxièmement, qui ferait en sorte que cette fin n’advienne jamais. Comme on a pu le constater en 2008, les économistes se sont beaucoup mieux acquittés de la première tâche que de la seconde.

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