L’HUMANITÉ DIMANCHE, « Partage de la richesse : on a besoin de radicaliser Marx ! », LE 17 JUIN 2011

L’Humanité Dimanche m’a demandé un petit texte sur l’actualité de Karl Marx. Au cas où vous n’auriez pas acheté l’hebdomadaire, voici ce que j’ai écrit.

Dans Le capitalisme à l’agonie, je parle de Karl Marx, en l’appelant : « celui dont on a effacé le nom ». Bien sûr, on sait encore qui il est mais je parle là essentiellement de lui dans le cadre de la « science » économique et il est vrai qu’on y a effacé son nom pour une raison bien simple : parce qu’il avait eu le mauvais goût de compléter sa réflexion économique d’un projet révolutionnaire. Il avait dit, comme on sait : « Les philosophes n’ont jusqu’ici qu’interprété le monde, il s’agit maintenant de le transformer ». Cela a déplu énormément : un  besoin se faisait sentir à la fin du XIXe siècle, celui de justifier ce que faisaient les financiers dans leur pratique, et plus particulièrement l’inflexion qu’ils étaient en train de donner à leurs activités en les centrant de plus en plus sur de la spéculation pure et simple, sur ce que je distingue dans ce qu’on appelle de manière un peu vague « la spéculation », comme étant des paris sur les fluctuations de prix.

Le capitalisme, c’est le partage biaisé de la richesse que l’on peut créer quand on rassemble des ressources naturelles, du minerai, le soleil, la pluie, et du travail, humain ou machinique. Partage biaisé parce qu’une part disproportionnée de la richesse va au capitaliste, le détenteur du capital, qui est simplement l’ensemble des ressources qui manquent là où elles sont nécessaires pour produire ou pour consommer, en raison d’une définition particulière de la propriété privée.

Marx dit du capitalisme qu’il est mortel, et de cela, on n’a absolument pas voulu entendre parler dans les endroits qui comptent : dans les banques, à la tête des industries. Alors, on a encouragé des économistes – et certains se sont montrés particulièrement enthousiastes à la tâche – à produire un discours qui aurait deux finalités : premièrement que l’on n’évoque plus jamais la fin du capitalisme, et deuxièmement, qui ferait en sorte que cette fin n’advienne jamais. Comme on a pu le constater en 2008, les économistes se sont beaucoup mieux acquittés de la première tâche que de la seconde.

La réflexion théorique de Marx se situait dans une tradition bien particulière, celle de l’économie politique, dont les représentants les plus éminents furent Adam Smith et David Ricardo, et au sein de laquelle l’attention se portait sur les groupes humains ayant des fonctions économiques spécifiques, ce qu’on appelait alors des « états », des « conditions » ou, comme le fit Marx, des « classes ». Quand on jeta Marx comme un malpropre, on jeta le bébé de l’économie politique avec l’eau du bain. Enfin presque, puisqu’on sauva une phrase de l’œuvre d’Adam Smith, un véritable ami du peuple, un ami de la Révolution Française : celle où il affirmait qu’il existait une « main invisible », qui faisait qu’en dépit du fait que les hommes ont tendance à poursuivre leur intérêt égoïste, ils peuvent néanmoins œuvrer au bien commun.

Je suis partisan bien sûr d’en revenir à une conception de la réflexion économique qui appartienne à part entière à l’économie politique, et qui s’apparente du coup à l’œuvre de Marx en économie. Ceci dit, les théories de Marx m’ont souvent fait faux bond, et j’ai été obligé de fabriquer de mon côté d’autres outils que ceux qu’il avait conçus. Ça a été le cas quand j’ai dû expliquer la formation des prix, telle que je l’avais vue à l’œuvre aussi bien sur les marchés du poisson en Afrique comme en Bretagne, que sur les marchés financiers. Ainsi aussi quand j’ai dû expliquer le partage biaisé de la richesse créée. Et là, le paradoxe a chaque fois été que j’ai dû « radicaliser », comme j’ai eu l’occasion de le dire, l’approche de Marx. Alors que Marx et Engels affirmaient dans la phrase par laquelle débute le Manifeste du parti communiste que « L‘histoire de toutes les sociétés jusqu’ici a été l’histoire de la lutte des classes », dans la théorie de la formation des prix de Marx et dans son explication du partage de la richesse créée, la lutte des classes a paradoxalement été mise entre parenthèses. Je suis persuadé qu’il ne s’agissait, dans un cas comme dans l’autre, que d’une négligence de sa part, et que si on avait attiré son attention sur cette bizarrerie, il se serait écrié : « Ach ! Mais bien sûr ! ». Le problème auquel je me heurte souvent aujourd’hui, ce sont deux dogmatismes symétriques : l’un qui veut qu’il est impossible qu’il y ait quoi que ce soit de vrai dans les analyses de Marx, et l’autre, qui n’est pas moins un obstacle à un progrès dans la pensée économique : qu’il est impossible qu’il y ait quoi que ce soit de faux dans ses analyses.

Partager :

160 réflexions sur « L’HUMANITÉ DIMANCHE, « Partage de la richesse : on a besoin de radicaliser Marx ! », LE 17 JUIN 2011 »

  1. AD,

    Je me suis régalé à vous lire. Intéressante notamment la subsomption. Je vais m’économiser :

    – ça fait plus de deux ans que je guerroie ici, parce qu’il y est quasi-impossible d’avoir un écho si l’on ne se met pas sur la fréquence du lecteur, alors pensez un peu ce qu’on peut bien se dire quand on situe le différend de fond autour de la subsomption !
    – je suis incapable de vous suivre sur votre terrain de la connaissance de la pensée karlésienne.

    Alors voila : je vais radicalement totalitariser Marx (il doit vibrer !) :

    « Le procès de production capitaliste produit et éternise le rapport social entre capitaliste et salarié, c’est un constat : ainsi l’abolition du salariat doit-elle être considérée non pas comme l’exigence d’une classe (je n’y crois pas) mais comme une nécessité administrative, démocratique, sachant que nul individu logiquement bien formé par sa société (pfff…) ne pourrait affirmer le sourire aux lèvres, sa femme – (ou son mari !), son doudou, ses enfants, ses amis, son chien ou son poisson rouge – dans ses bras, qu’il aime soumettre un autre individu. »

    Le capitalisme, qui n’est pas qu’économique et date depuis l’an pèbre (j’ai expliqué) est ainsi l’expression de la soumission volontaire de l’individu au groupe (pareil), ce qui signifie qu’il faut des soumis et des soumetteurs (il existe une école, avec son cadre d’analyse, qui s’est spécialisée dans l’analyse des relations – elle parle de rapport de forces ou de lutte des classes – entre eux). Et si l’on dit : « il y a lutte des classes », que vont se dire les protagonistes ? Ben oui : « Feu ! Allons-y ! ». Et là, tu poses tes deux pieds en canard…

    Alors y a un truc, dites-moi (svp of course) si vous savez l’utilisation indienne de la subsomption. Parce que ces gens-là, ça fait un sacré bout de temps, voire plus, qu’ils se demandent combien de temps encore il va falloir qu’ils se fassent bouffer la vie sur le dos par ceux qui leur volent ce que la Pacha Mama (c’est pas les mêmes indiens mais le cœur y est) propose, sous prétexte qu’ils sont occupés et qu’ils ont autre chose à foutre (sic) que de perdre du temps à dialoguer ?

    Bref, je ne radicalise probablement pas grand chose de la pensée de Karl, mais ça fait du bien. Et je sais encore moins s’il s’est trompé (je m’en fous). Par contre je sais quand quelqu’un ne tient pas compte de la cosmogonie de l’autre. Et ça c’est a-démocratique, capitaliste (j’ai expliqué aussi la synonymie : je vous retrouve tout ça sur demande…ne vous fatiguez à lire mon bouquin de 1857 pages que je n’ai pas (encore) écrit !). Alors peut-être « Paul Jorion se trompe »-t-il à vos yeux (je ne m’en fous pas) : mais j’espère que vous viendrez nous expliquer en quoi votre vision de tout ça pourrait nous aider à sortir de ce merdier à tel point incommensurable que certains ne le voient même pas.

    Merci donc.

  2. Messieurs, Mesdames,

    Vous avez parfaitement raison, en fait je suis stalino-salafiste, et hanté par l’élimination physique de toute la classe ignoble des capitalistes à cigares et de leurs laquais impérialistes.
    De fait , je n’ai absolument rien à proposer ( à qui svp ?), et c’est ça qui est indispensable : proposer, et pourquoi pas ( c’est une idée apparue sur ce blog) fonder un parti politique, ou du moins aller susurrer aux oreilles des dominants quelques propositions bien radicalisées.
    Si j’ai parlé des différentes périodes de l’histoire du mode de production capitaliste (subsomption formelle/réelle) c’est afin de tenter de vous faire comprendre que la lutte des classes a une histoire et qu’il ne s’agit en aucun cas d’un invariant. Le contenu de cette lutte varie suivant la période considérée : par exemple, le mouvement ouvrier du XIXème et début XXème ( subsomption formelle) contient la possibilité d’une dictature du prolétariat et/ou de la social-démocratie. Ces deux tendances, bolchéviks/ socialistes-démocrates ne diffèrent pas quant à l’affirmation de la classe ouvrière comme classe réorganisatrice de la société sur la base de l’affirmation de la classe ouvrière, ce qui diverge c’est le moyen, le mode de cette affirmation. Ainsi, contrairement à ce que Zébu ne cesse de ressasser, il n’existe pas de divergence radicale entre par exemple le socialiste Jaurès (social-traître, aussi), et le spartakisme de Luxembourg par exemple.
    Ceci n’empêche pas, c’est en fait l’inverse, que le spartakisme ait été écrasé par les sociaux démocrates, parti auquel Noske appartenait.
    Pour de nombreux commentateurs de ce blog ce qui est à éviter A TOUT PRIX, c’est bien le communisme, c’est-à-dire l’abolition des classes et de toutes les catégories de la société capitaliste, y compris l’assignation de genre. Là, on se précipite vers la nécessité de respecter la démocratie pour éviter le chaos et le retour de la barbarie socialiste stalinienne, vue comme une invariante, toute prête à sortir de toutes les révolutions à venir. C’est à cela, et à d’autres limitations qui en découlent que je reconnais la haine de la révolution communiste, c’est-à-dire la peur du renversement;
    C’est à cela que l’on pourra reconnaître le caractère populiste et inter-classiste (les deux vont de pair) de nombreux commentateurs-répétiteurs de ce blog, et que l’on subodore aisément ce que ceux-là entendent par « changement social » , « meilleure répartition de la richesse » et autres ronronnement aimables : il s’agit de proposer, de singer l’ancien mouvement social-démocrate, si ce n’est, pouah, pis encore de se croire à la veille d’un autre 1789, dont on se rêve les nouveaux leaders.

    1. le caractère populiste et inter-classiste (les deux vont de pair) de nombreux commentateurs-répétiteurs de ce blog

      Je suis pas loin d’être en communion avec votre qualification de « populisme inter-classiste » concernant de nombreux commentateurs, que populisme soit populaire, jusques et y compris, voire surtout ici, rien de bien extraordinaire… Mais bon, soit.
      Par contre « répétiteurs »… Voyons voir :

      Du latin repetitor (« qui redemande »), composé du préfixe itératif re- et petere (« atteindre, toucher, frapper, tomber sur, chercher à atteindre, demander »).
      Le sens est passé de « celui qui refait une pétition, une demande » à « celui qui fait répéter ».

      Nom commun 1

      Répétiteur :

      1. Personne qui a pour fonction d’expliquer à des élèves la leçon d’un professeur.
      * Répétiteur de mathématiques, de droit, de langue grecque.
      * Répétitrice de piano.
      * Répétiteur à l’école Polytechnique.
      * Cet élève a un répétiteur ; on lui a donné un répétiteur.
      2. Dans les lycées et collèges, maître chargé de la surveillance des élèves en dehors des classes et qui peut aussi leur faire répéter leurs leçons.
      * Maître répétiteur.
      * Répétiteur au lycée Louis-le-Grand.
      * Répétitrice au lycée Fénelon.

      Nom commun 2
      Répétiteur :

      1. (Marine) Vaisseau d’une escadre ou d’une division qui répète les signaux de l’amiral.
      2. (Électronique) Dispositif qui répète un signal afin d’augmenter sa portée ou d’empêcher sa dégradation.

      Bon. Pas terrible répétiteur… Perroqueteur aurait été plus adapté au sens que vous vouliez faire entendre, j’imagine.
      Par contre, pour ce qui vous concerne, la toute dernière acception du terme donnée ci-dessus serait parfaite, amha : « Dispositif électronique qui répète un signal afin d’augmenter sa portée ou d’empêcher sa dégradation. »
      Ouais, absolument ad hoc. Ou répétiteur repéteur. Aussi. Pour l’évocation organoleptique.

      1. @ Vigneron,

        Bonsoir,

        Ce soir, sacré billet, bible et chiffre en forme de conte, envie de raconter la jolie histoire de:

        A.Crampon, souligné en haut à droite, en plus gros au milieux bible des jeunes, souligné, tout est en capitales, la couleur marron foncé, un appel à doigt en grain de tranche.

        La mode est aux chiffres, quelle chance, à 99 près j’avais la bible jésuite 666 toute pleine de pages collées au sang de l’abbé, mais 567 c’est cool, t’as quand même le triple six de moyenne…sous la main.

        Parlez d’un cadeau? Je préférais de loin les trois petits musiciens dogons qu’il avait ramené d’afrique, je crois qu’il sont en spectacle perpétuel autour de la balance de la Justice française et un de ses grands sceaux en pot pourri, z’ont atteint leur paradis eux…alors la bible je me la coltine encore, et en gore, Fab, le vieux tétraplégique qui borborygmait tel un volcan en détresse, il avait de la putain de lumière dans ses yeux tout mirauds derrière ses hublots de sous-marinier, tu vois quand il posait un doigt sur sa ronéotypée, même la trajectoire de l’impression tu pouvais la vivre là, suspendue à ce pépé qui dégageait une densité d’être à convertir un trou noir en crustacé et fier encore, René comme mon premier pépé mort aussi. Bah, alors de temps en temps, je décolle une page, je me dis que le sang est un verrou étrange et que ce livre devient pire qu’un chien intelligent et affectueux, on se gratouille, vive les chats, et la mouette mono-ailée. Son garde du corps c’est moi, son surnom, c’est la mouette timbrée..

    2. Cher « AD »,

      Nous sommes tous pour la société sans classe et la démocratie radicale, mais voyez-vous, le chemin que vous proposez pour y arriver à partir d’un prolétariat occidental mythique est entièrement dépassé, il n’en reste que votre rêve d’en devenir l’avant-garde propriétaire.

      C’est la prise de conscience de la spécificité des rapports sociaux entre groupes qui forment la conscience des classes, voilà l’invariant ; sur ce point vous n’avez plus rien à dire, vous n’avez réfléchi à rien, votre seul espoir est la prolétarisation des classes moyennes, comme voie d’accès à votre communisme. Partant, devant la faillite des états, votre extrémisme de façade servira de vaccine à la montée en force de la gestion des pénuries par les bureaucraties municipalistes « social-démocrates » qui, alliées à l’oligarchie capitaliste, utiliseront nos braves décroissantistes afin de consolider un mode de domination renouvelé !

      Courage camarade et commencez par signer de votre nom !

      1. @jEAN lUCE /
        ////Nous sommes tous pour la société sans classe et la démocratie radicale,////

        Parlez pour vous , je n’en suis pas !

      2. @ Kercoz

        Bonjour,

        Pourriez-vous expliquer ce que vous entendez défendre par une « société avec classe » et une « démocratie qui ne serait pas radicale » ?

        Pour la société sans classe, je vais vous aider à m’attaquer sévèrement. Nous concevons aisément que la différenciation cellulaire soit une nécessité des organismes vivants complexes et, sans biologisme, nous pouvons admettre que l’organisation des sociétés complexes suppose une différentiation fonctionnelle des individus. J’encourage donc la différentiation fonctionnelle et donc, l’existence de classes fonctionnelles. Par contre, je soutiens que les sociétés humaines complexes ne peuvent différentier les individus en classes informationnelles (rassurez-vous, ce n’est pas dangereux, un des gimmicks d’Attali est d’avancer que l’information ne coûte rien, car celle que je vous donne je l’ai toujours). Ca veut dire quoi ce que je vous raconte, ET BIEN QUE chacun de nous, à l’image, d’une cellule vivante, doit non seulement recevoir tout l’oxygène, et le sucre nécessaires à son fonctionnement thermodynamique optimum, mais également être parfaitement informé et en parfait état de comprendre tout ce qui se passe autour de lui, être un parfait récepteur des flux hormonaux, être en parfait état de répondre aux anticorps, etc. Y suffit qu’une seule cellule aille mal et déraille par défaut d’information pour qu’un cancer bousille tout le système. Sur ce point, que vous soyez neurone, endothélium, ou moelle osseuse, vous devez avoir droit à tout et communiquer à niveau égal avec tous le monde! : c’est ça l’objectif d’une société sans classe.

        Maintenant, allez-y de votre côté, expliquez- moi pourquoi vous préféreriez une démocratie relative à une démocratie radicale ?

        a+

      3. Jean-Luce,

        C’est bien ça : « vos classes » ne sont pas en lutte mais coexistent dans la démocratie radicale. L’idée-même qu’une lutte des classes pourrait permettre d’atteindre un équilibre du corps, social ou pas, est saugrenue : « si le corps est malade, c’est qu’il y a une méchante classe qui tyrannise, qui colonise, qui détruit ». Alors qu’on pourrait se dire (mais ça éliminerait de fait l’influence de la classe de ceux qui y voient une logique, et ça, pour quelqu’un qui se considère comme en lutte plutôt qu’en coexistence : ce n’est pas acceptable !) que si le corps est malade c’est qu’il y a au moins une classe qui exprime une difficulté à trouver sa place, et que c’est de notre incapacité à tenir compte de l’information qu’elle(s) nous envoie(nt) que vient le sentiment de lutte qui engendre le mal.

        Alors oui : « il faut TOUT reprendre au départ, dans le monde inversé, la lutte des classes n’est pas du tout là où vous croyez encore qu’elle est ! Le bateau coule tout seul, ahuris que nous sommes tous ! ». Mais qu’est-ce que ça risque d’être long si les zélés lutteurs ne déposent pas leurs armes expertes.

        Bonne journée

      4. @Jean Luce :
        Comme toujours , pour moi , le problème est structurel , et pas idéologique :
        La notion de « Classe » ne peut exister que dans une société dénaturée , c’est a dire dans des groupes trop importants pour qu’une hierarchisation « naturelle » puisse s’effectuer .
        Dans le groupe originel , le nombre d’individu limité par définition , permet une compétition directe , sans « primaire historique » . De plus le vote est inutile , comme ds un atelier de menuiserie ou une cordée d’escalade , chacun connait les compétences de l’autre , qui s’imposent et pretent rarement a discussion.
        La notion de « radicalité » accolée au terme démocratie suppose plus une égalité qu’une équité .
        L’individu dans un groupe non dénaturé va accepter l’équité , mais repoussera l’égalité qui e reconnait pas « SA » valeur , a son juste prix .Quelqu’un a qui on reconnait sa juste valeur n’a pas besoin d’accaparer ou de stocker pour dé-montrer cette valeur , ni de profiter de cette valeur (dans un domaine) pour accabler son voisin .
        Montaigne disait que le juste milieu n’est pas juste au milieu .

        Ces solutions (démocratie et egalité) paraissent « logique » dans nos groupes hypertrophiés, parce que les individus ne peuvent etre « reconnus » …..puisqu’ils ne sont pas « connus » .
        D’ou tous les traumatismes individuels et societaux .
        @+

      5. Jean-Luce : « J’encourage donc la différentiation fonctionnelle »

        Heu, vous ne croyez pas qu’il y a déjà hypertrophie de différentiation fonctionnelle ? (division du travail…) OK, il y a belle lurette qu’on n’est plus polytechnicien, encyclopédiste… et je ne rêve pas d’un paradis perdu où chacun pourrait vivre en autarcie, mais de là a encourager la différentiation fonctionnelle…

        Fab : « ça éliminerait de fait l’influence de la classe de ceux qui y voient une logique, et ça, pour quelqu’un qui se considère comme en lutte plutôt qu’en coexistence : ce n’est pas acceptable ! »

        Voilà bien un problème. Les « redistributeurs » dépendent de la nécessité de redistribuer. Un syndicat dépend du fait qu’il y a des travailleurs exploités à protéger… Pareil pour un parti politique, un lobbie, une ONG… Ils sont incapables de se penser comme inutile, ce serait un suicide. Ceci dit, « L’enfer, c’est quand tout sera parfait. » (Jean Rostand) Qu’est ce qu’on s’emmerderait alors 😉

        Mais il y a aussi la classe des adeptes du darwinisme social (tel Jducac). Qui voient dans les inégalités un moteur nécessaire l’évolution, un mal nécessaire voire un bien.

        « notre incapacité à tenir compte de l’information qu’elle(s) nous envoie(nt) »

        Mais vous voulez nous mettre sous la dépendance d’une classe de spécialistes en diagnostic du corps social malade 😉

        @Kercoz
        Si je vous suis bien, « Small is beautiful ». Soit. Mais, c’est une peu court. Il y a des questions, des enjeux qui relèvent de « groupes trop importants pour qu’une hierarchisation « naturelle » puisse s’effectuer ». Comment on s’orgnise pour vivre ensemble dans des de cette échelle-là ? La question politique par excellence Un principe de subsidiarité ? Pensez par ex. au réseau routier : les rues communales sont du ressort de la commune, les départementales, les nationales, les autoroutes… Ou encore des enjeux mondiaux comme l’énergie, le réchauffement climatique. Du reste, un groupe maffieux par ex. est « un groupe non dénaturé ». En son sein, « chacun connait les compétences de l’autre , qui s’imposent et pretent rarement a discussion », mais vis-à-vis de l’extérieur on fait quoi ?

        « Quelqu’un a qui on reconnait sa juste valeur »

        Les théories de la reconnaissance

        L’autre grand débat théorico-politique mondial, qui se substitue peu à peu aux théories de la justice sans parvenir d’ailleurs à s’en affranchir vraiment, tourne autour des théories de la reconnaissance. Toutes les subaltern, postcolonial, cultural ou gender studies comme les théories du care, bref, tout ce qui se discute et s’élabore dans les départements de philosophie ou de sociologie des universités du monde entier, y renvoie par un biais ou par un autre. Pour elles, la société bonne serait celle dans laquelle personne ne resterait invisible, méconnu ou mal reconnu. Le problème que posent ces théories est qu’elles alimentent tendanciellement une concurrence des victimes qui exacerbe une demande de justice et de réparation potentiellement illimitée et impossible à satisfaire. Elles laissent par ailleurs ouverte la question de savoir qui doit donner la reconnaissance, et laquelle, à qui. Une reconnaissance dont il est clair par ailleurs que n’étant pas une chose, elle ne peut pas être produite et distribuée de la même manière que des revenus monétaires. Enfin, ces théories n’apportent pas réponse à la question de la valeur qui doit être reconnue aux demandeurs de reconnaissance – car c’est bien leur valeur qu’ils veulent voir reconnue – comme à celle des valeurs ultimes au nom desquelles la reconnaissance pourrait être accordée.

        Alain Caillé, Du convilialisme vu comme un socialisme radicalisé… in De la convivialité, La découverte (2011), pp. 80-81

      6. @Fujisan.
        Ma démarche , n’est pas d’essayer d’améliorer ou de réparer un modèle défaillant (c’est un euphémisme) , mais de chercher les raisons de cette défaillabe . Je crois cette raison structurelle , par analogie aux autres systèmes naturels , qui eux sont stables . Une fois ce constat effectué , j’essaie de repèrer la bifurcation (le gain de productivité =perte d’humanité par hypertrophie des groupes) .
        Devant l’émergeance d’une société comme entité dont les interets divergent de ceux des individus (moindre optimisation de l’individu) , il me semble qu’il faille rechercher dans le modèle archaique des outils qui pourraient nous aider a ameliorer l’optimisation des individus .
        TRes bien cet A. Caillé :
        /////Pour elles, la société bonne serait celle dans laquelle personne ne resterait invisible, méconnu ou mal reconnu. Le problème que posent ces théories est qu’elles alimentent tendanciellement une concurrence des victimes qui exacerbe une demande de justice et de réparation potentiellement illimitée et impossible à satisfaire.//////
        Je ne sais s’il avait reconnu que ce besoin de reconnaissance ne peut etre satisfait que ds le modèle ou l’etre humain et son groupe se sont fprmatés si longtemps , a savoir , une tribu , un groupe assez restreint ou les interactions d’affect puissent faire leur effet . On peu penser a des villages ou les gens vivent et travaillent , pas des dortoirs …. Ce besoin de reconnaissance ets le seul besoin important apres les besoins physiques qui ne sont pas trop couteux en énergie
        Ma vision est factuelle et théorique . Je suis conscient qu’il n’ y a pas de mine de cuivre ds chaque village et qu’en marge d’un système parcellisé fractal , pour sauvegarder un minimum de modernité , il faudrait un système linéarisé minimum , …avec la tentation d’étendre cette linéarisation aux carottes apres le cuivre… .
        Pour s’organiser ainsi , il est sur qu’une production opportuniste commerciale doit de mettre en place …et la seule solution pour éviter les dérives ( et réenchanter le monde) serait que le prix de l’energie fasse que le cout des maquereaux soient trois fois moins cher ds un port breton qu’a lyon .

      7. @ « fujisan »

        Cher Fuji

        Pourquoi me supposeriez-vous si stupide ?

        Vous savez très bien que j’ai horreur du travail, surtout salarié ! J’ai repris la distinction entre différentiation fonctionnelle et indifférenciation informationnelle ! Quel est le problème, comme je suis un édoniste, je veux du bon pain et des roulettes de dentistes supersoniques ; en plus je veux discuter l’après-midi avec les copains, donc il faut que le « plombier » -c’est le « spot » du dentiste- , le boulanger et moi puissions discuter l’après-midi de la position de Jorion relative à l’épistémologie du théorème de Goedel ; demain nous cuisinerons pointu le géologue local ( on a de la chance nous avons un gisement de gaz de schiste, facturable sans y injecter des saloperies, ce gaz nous aiderait bien pour notre Amap libertaire, il s’agit de contrer celle de la Mairie qui voudrait qu’on travaille pour eux, non mais ! Nous n’oeuvrons que quatre jours semaines, le matin seulement ; c’est dans cette optique de décroissance heureuse que les compétences informationnelles doivent être supervalorisées de façon à équilibrer la différentiation fonctionnelle. En plus, j’aime les petites rondes sapées façon Alexander McQueen, les minces sont bien aussi .

        En outre Fuji, vous manquez totalement d’imagination sociologique, on redémarre les planches de l’encyclopédie pour tous (Diderot Dalembert..) et vous classer Paul dans la catégorie des polymaths pratiquement pathologiques, il est normal – je l’ai rencontré – ; c’est nous qui le sommes beaucoup moins !

      8. @ Kercoz
        Je pense comprendre. Votre démarche se rapproche des concepts de « monopole radical » et de « contre-productivité » d’Ivan Illich ?

        Voir aussi cet article de Bernard Lietaer sur les monnaies complémentaires où il aborde sous l’aspect monétaire les changements structurels impliqués par la transition de l’ère industrielle (centralisée) vers une ère informationelle (fractale ?) :

        Aussi longtemps que l’hypothèse que nous vivons dans un environnement prévisible et maîtrisable était valable, il était logique de centraliser les informations et de laisser les « experts » décider. En de telles circonstances, la structure de gestion la plus cohérente est la structure traditionnelle de commandement et de contrôle hiérarchique. Cette structure perfectionnée en France par Colbert puis par Napoléon, est maintenant, pour ainsi dire, universelle. En fait cette structure remonte aux légions romaines, il y a plus de deux mille ans. Elle nous est devenue si habituelle que nous n’imaginons plus qu’il puisse exister d’autres manières de s’organiser qui pourraient être plus efficaces. Cependant, si les accidents et les crises touchent de plus en plus de domaines (gouvernement, soins médicaux, environnement, emploi, système monétaire, etc.), si la transition vers une économie de l’information devient effectivement « le temps des incertitudes », alors il est temps de reconsidérer les vieilles hypothèses. En de telles circonstances, s’accrocher aux anciennes solutions hiérarchiques d’experts reposant sur des structures de commandement et de contrôle, étouffera de façon prévisible l’esprit d’innovation que les circonstances exigent.

        @Jean-Luce
        Je me disais bien… En fait, je n’avais pas bien lu. Et j’approuve. Merci pour la clarification.
        PS Jorion écrit des lettres persanes pas l’encyclopédie ;-). C’est d’actualité d’ailleurs : « Les dirigeants politiques sont dépassés ». Et quand je dis qu’on n’est pas polytechnicien, c’est au sens premier du terme : on ne sait pas tout faire.

      9. @Fujisan
        Je ne connais pas bien tous ces gens , ces textes sont tres justes …avec peut etre un manque de lucidité sur l’analogie mathématique avec les systèmes complexes /Chaos .
        L’amelioration de notre condition de vie passe par une sortie partielles (par des sorties devrais je dire) du modèle parcelisé fractale ..mais en sachant que ces gains sont obtenus aux dépens de notre « humanité » , du moins de son optimisation .
        Notre epoque fabuleuse des trentes energies gratuite a été un labo socio économique qu’il faudra etudier de près ….elle ne reviendra pas .
        L’amelioration de l’individu par l’education est un echec cuisant : le must de la démocratie etant l’ audimat .
        Le système parcellisé ne peut qu’etre le meilleur , puisqu’il est utilisé par le reste des systèmes vivants ,
        Tout gain de productivité est une perte d’humanité .(a utiliser avec modération)
        La spécialisation tue et désenchante l’existence ……etc

    3. Je croyais que l’on n’en était plus là….

       » la haine de la révolution communiste, c’est-à-dire la peur du renversement ». Ne serait-ce pas plutôt la peur de la violence, seul moyen efficace à court terme d’opérer ce « renversement » envers et contre la majorité ? (et quoiqu’on pense des raisons de cette majorité de vouloir le statut quo). « Ces deux tendances, bolchéviks/ socialistes-démocrates ne diffèrent pas […] , ce qui diverge c’est le moyen, le mode de cette affirmation ». A ressasser ce vieux débat fin/moyens il semble que vous soyez passé à côté de toute l’histoire du siècle passé. Comme si les moyens employés ne modifiaient pas radicalement la fin recherchée ! Trouvez donc les moyens d’un communisme collectivement et pacifiquement consenti.

  3. C’est bien la première fois que je vous vois tous grillés par Marianne sur une information « majeure »….. ça avance pourtant de ce coté. Les bonnes nouvelles  » concrètes » ne sont pas si nombreuses ……
    Sans commentaires. (?)
    « Glass-steaglle » encore un journaliste fâché avec l’orthographe de ces deux Zuniens…. 🙂

    A généraliser et à radicaliser :
    Un Glass- Steagall act et une mise en faillite organisée du système !

    Régulation des banques: Grande Bretagne 1/2 – France 0
    http://www.marianne2.fr/Regulation-des-banques-Grande-Bretagne-1-France-0_a207632.html

  4. @Vigneron
    Vous êtes bien anti-communiste viscéral, ce que vous appelez « anti-marxolâtre », j’ai déjà eu à faire à votre prose soi-disant populaire, et à vos inflexions d’une gouaille surfaite, mon vieux.
    Egalement à l’inévitable insulte : « stalinien », etc…
    Le texte de ce Monsieur et ces considérations à propos du « matérialisme historique  » ne me concernent à aucun chef, de plus je ne suis, ni ait été marxiste. Je passe sur votre méconnaissance criante de l’histoire des théories du prolétariat dont vous ignorez tout, ressassant comme tant d’autres vos leçons assez bien digérées de philosophie de terminale.
    je réfuterai donc, au hasard, une des « thèses » qu’expose un de vos héros favoris :

    Mais le capitalisme est lui aussi une « révolution permanente » et de la production et des rapports sociaux qui vont avec. Il propose le progrès et parfois même le renversement de toutes les valeurs.

    C’est évident le capital » propose des progrès », de quel type de progrès s’agit-il ? des progrès dans le sens où Le Capital est le progrès lui-même, mais votre philosophe hétérodoxe ou à la noix ne le voit pas, pas plus qu’il ne voit qu’il ne s’agit pas de « proposer », mais bien de la dictature de l’économie, et donc d’imposer; quant au « renversement de toutes les valeurs », il s’agit sûrement du renversement de tous les obstacles qui peuvent se dresser contre lui, renversant toutes les valeurs pour affirmer et imposer LA valeur. C’est-à-dire lui même. Cela ne constitue en aucune façon « le renversement de toutes les valeurs », veuillez vous penchez sur les assignations de genre, au lieu de déblatérer inutilement.
    Autre réfutation :

    Mais le communisme ne s’est réalisé que sous la forme hideuse de la tyrannie totalitaire. Et si on peut parler de dépérissement de l’État, c’est sous le capitalisme qu’il se produit avec l’affaissement des États-Nations au profit de « gouvernance mondiale ». La société d’abondance qui éliminerait toute répartition fondée la rareté des ressources est, à un horizon visible, hors de portée. À la place nous avons le gaspillage capitaliste et la destruction des deux sources principales de richesse, la terre et le travail.

    Le communisme ne s’est réalisé nulle part, contrairement aux gargarismes de tout les tenants de l’éternité du mode de production capitaliste, et rien ne garanti qu’il soit prochainement produit. Les contrées de « régime communiste » ont toutes été des régimes socialistes : le socialisme réel de l’URSS, à la Chine en passant par le Cambodge, et curieusement pour les dirigeants marxistes léninistes de ces partis appelé »Partis communistes »…le matérialisme historique fait figure de science et de table de la loi, aussi curieusement ces partis rejettent le communisme vers un horizon lointain, prêts à taxer de petits-bourgeois et de déviationniste quiconque affirmerai, avec Marx que le communisme est un monde sans argent, ni classe ni état…
    L’auteur qui vous inspire un si bel amour se plante grave lorsqu’il pavoise imprudemment sur l’affaiblissement de l’état-nation. Certainement confondant cet affaiblissement que l’on peut constater empiriquement lorsque s’abattent sur soi toute la brutalité des forces armées de la répression (confusion entre des manifestations et l’essence de l’état qui ne s’est en rien affaibli, bien au contraire).
    Selon votre penseur, enfin, les conditions ne seraient pas réunies pour que chacun puisse vivre « dignement », sous le prétexte que nous avons le « gaspillage capitaliste » et la destruction de « la terre et du travail ». Je ne vois pas que le capitalisme « détruise le travail » de manière unilatérale, c’est-à-dire dans sa totalité, sinon…quant à détruire « la terre », ne s’agit-il pas là d’une vision idéaliste du monde, car enfin pourquoi devrait-elle finir bien cette histoire ? ne faut-il pas se garder, comme lui-même et Vous, d’une vision mystique et positive de l’homme et de son histoire ? Ne faut-il pas se garder de la tentation de la fin heureuse , pourquoi vous agitez-vous donc ?
    Au fond, tout cela ne va pas si mal que cela, et à force de chercher des histoires ne va-t-on pas au contraire déboucher sur une monstrueuse révolution ?

    Sorti du formol, en forme pourtant.
    IN GIRUM IMUS NOCTE ET CONSUMIMUR IGNI.
    la passion du communisme.

    1. Cher AD,

      A reprendre depuis le début (55)

      55. S’opposant aux traditionnelles marques de conclusion, « Fin » ou « à suivre », la phrase doit être comprise à tous les sens du verbe « reprendre ». Elle veut dire d’abord que le film dont le titre était un palindrome eût gagné à être revu à l’instant, pour atteindre plus pleinement son effet désespérant : c’est quand on a connu la fin que l’on peut savoir comment il fallait comprendre le début. Elle veut dire aussi qu’il faudra recommencer, tant l’action évoquée que les commentaires à propos. Elle veut dire enfin qu’il faudra tout reconsidérer depuis le début, corriger blâmer peut-être, pour arriver à des résultats plus dignes d’admiration.

      Note finale de In Girum… édition critique
      Guy Debord, ed. Gerard Lebovici, 1990 ; Gallimard 1999 ;

      Cette citation est pratiquement le testament politique de Debord, si nous voulons la démocratie directe pour tous, avec tous, si nous voulons en finir avec l’horreur du salariat, alors il faut TOUT reprendre au départ, dans le monde inversé, la lutte des classes n’est pas du tout là où vous croyez encore qu’elle est ! Le bateau coule tout seul, ahuris que nous sommes tous !

      Tiens, camarade AD, encore un petite dernière, pour la route avec les décroissants et aussi, remercier François Leclerc.

      Nous voulions tout reconstruire et eux aussi, mais dans des directions diamétralement opposées. Ce qu’il ont fait montre suffisamment, en négatif, notre projet. Leur immense travaux ne les ont donc mené que là, à cette corruption. La haine de la dialectique a conduit leur pas jusqu’à cette fosse à purin (53)

      53. Ce que l’on désigne ici ou là comme les malheur de la pollution ; mais qui sont en fait des nécessités logiques partout obscurément présentes dans le « bonheur » choisi par la société spectaculaire-marchande.

      Elle est devenue ingouvernable, cette « terre gâtée » où les nouvelles souffrances se déguisent sous le nom des anciens plaisirs ; et où les gens ont si peur. Il tournent en rond dans la nuit et ils sont consumés par le feu. Ils se réveillent effarés, et ils cherchent en tâtonnant la vie. Le bruit court que ceux qui l’expropriaient, l’ont pour comble, égarée .

      Voilà donc une civilisation qui brûle, chavire et s’enfonce tout entière. Ah le beau torpillage !

      In Girum … (avant dernière page)

      – Je me suis autorisé à mettre la traduction du palindrome en italique.

    2. @ AD,

      Bonsoir,

      Un bref instant, comme senti un coup de chapeau à la marre l’eau..encore une hallu?

      De quel bord ce spectaculaire mental communiste abordez le çon sept du mur?

      Le rêve est devenu un monstre? Toi l’oubli?

      odi et amo excrucior, ça dépone plus sec-si, c’est comme un joli drapé de marbre..

      amicus certus in re incerta cernitur me semble un compromis orgueilleusement acceptable..

      1. Jérome je vous reçois 5/5, c’est la magie du fil d’Arianne et de ceux qui ont de la suite dans les idées.

    3. @AD
      J’ai dérogé à ma règle de ne pas cliquer sur le pseudo teinté de rouge, qui fait lien publicitaire et je suis tombé entre autre là-dessus.
      http://dndf.org/?p=9829#more-9829
      et d’autres curiosités.
      C’est très bourgeois, mais je ne déménage pas sans savoir où je vais emménager, et je ne quitte pas un boulot sans connaître le suivant. Je vis avec mon temps.
      Bien d’accord sur « Le communisme ne s’est réalisé nulle part » et les tentatives délirantes de saut façon Kampuchéa m’interrogent au sens où qu’est ce qu’a bien pu emporter comme formation marxiste lors de son passage en France le tristement célèbre Pol Pot et sa « monstrueuse révolution ». Deng Tsio Ping a mieux profité de son séjour en France comme Chou Enlai.
      Dans mes souvenirs, le mode de production socialiste vient après le capitalisme puis est remplacé par le mode de production communiste « un monde sans argent, ni classe ni état » comme vous dites. L’ennui c’est que je n’ai jamais eu assez d’imagination pour concevoir ça. Comme Aristote n’a pas imaginé les charmes de notre monde actuel. La science fiction c’est plus imagé que le communisme-vision-de-Marx et de quelques autres.
      N’empêche, il est arrivé de façon contingente en 17 quelque chose qui a duré bon an mal an un bout de temps, comme en 89 il est arrivé quelque chose qui a duré moins longtemps et puis il y a eu des reprises cahin caha jusqu’à aujourd’hui. La fermeture de l’URSS sous forme juridique de dissolution laisse en jachère des tonnes de question sur ce qui s’est passé là, bien et mal. Mais tout de même une fédération de républiques a laissé des traces profondes au 20ème siècle, qui a commencé en 1917 et s’est terminé en 1989 si on veut prendre d’autres lunettes pour mesurer le temps que celle des siècles bien ordonnés. Donc le socialisme avec ses variantes, c’est déjà balisé, d’autres formes sont imaginables mais l’incontournable pour mériter cette appellation reste l’appropriation collective des moyens de production. J’entends dire étatisation, capitalisme d’état, je veux bien. Mais quelle autre forme juridique que celle là pour matérialiser le toutétanou des manifs ?

      Enfin pourquoi devrait-elle finir bien cette histoire ?

      Oui l’histoire pourrait s’arrêter et l’espèce disparaître, mais à l’échelle humaine chacun s’agite pour justifier de durer, et ce qui occupe ce blog c’est comment et pourquoi faire ?

      1. Rosebud1871,

        J’espère également les propositions de AD & Co…

        Mon idée docteur, c’est qu’il faut cesser de raisonner en termes de lutte de classes et cesser de raisonner uniquement en termes économiques. Vous interrogez : « Mais quelle autre forme juridique que celle là pour matérialiser le toutétanou des manifs ? … comment et pourquoi faire ? » : le « toutétanou » ne s’exprime que parce que le « tout » est marchandisé, et « tout ce bouzin » est tenu en place par le salariat et les ponctions. Bien sûr pas le salariat comme classe, mais comme moyen de maintenir la consommation/production. Il suffit donc de désimposer la marchandisation, de la rendre à nouveau libre d’être choisie. La forme juridique associée est par définition, nécessairement, …, la démocratie directe.

        Quant au « pourquoi faire » ou « pour quoi faire », c’est une question que j’avais soulevée ici il y a plus de deux ans en notant sa primordialité : je ne dirais pas que ça occupe le blog !

      2. @égalité et désintégration 23 juin 2011 à 11:27.
        Vous ne semblez pas employer « grossièreté » au sens « d’évidence » et désolé la com c’est déjà pas mon truc mais encore moins pour sauver des âmes.

      3. Bouton de rose
        Moi je fais de la publicité pas de prosélytisme, c’est l’essence de l’homme CA, connaitre et se reconnaitre dans l’échange réelle pas dans l’inter-face qu’est pas net.
        Fab
        Vous avez du jeu, vous ne bluffez pas mais il est vrai aussi que ce dont vous parlez n’intéresse pas grand monde et CE n’est pas un hasard, il S’IMAGINE que c’est un rapport de force et une lutte tous ces Don qui chochotent.
        Un déserteur du virtuel qui erre.

      4. égalité et désintégration,

        Ce que je propose nécessite non seulement d’intégrer le combat des autres (écoles) mais surtout que tous (au sein de sa propre école déjà) parviennent à une conscience suffisante pour ne plus avoir de chef. Dans tous les cas : au moins ne plus tenir les rênes tout seul…attitude capitaliste.

        Quant au prosélytisme, j’ai l’habitude que l’on se cache derrière un mot, une idée, une école, une croyance pour éviter d’avoir à cosmogoniser : c’est une attitude lâche, celle-là même qui autorise le capitalisme depuis des siècles et des siècles.

Les commentaires sont fermés.