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La nature de la crise politique, par Michel Leis

Billet invité.

Ce que nous vivons n’est pas une crise des institutions, c’est une crise des rapports de forces, ce n’est pas une crise politique, c’est une crise de l’absence de politique, ce n’est pas une crise de la démocratie, c’est une crise de la fabrication du consentement.

Les rapports de forces ont atteint un tel degré d’intensité entre le monde de l’argent et les élus qu’ils ont fini par submerger la pensée politique. La dépendance du monde politique au monde économique est totale. Depuis le début de la crise dans les années 70, les partis répètent inlassablement le même refrain sur le retour de la croissance et la bonne santé de l’économie qui serait la seule solution à nos problèmes. Une fois au pouvoir, leur destin politique dépend donc de résultats dont ils n’ont pas la maîtrise, ils sont sujets aux pressions diverses et variées des lobbys patronaux ou celles exercées par les relations de proximité qu’ils entretiennent avec les dirigeants d’entreprises. Le monde économique dicte une large part des programmes politiques. L’exercice de la conquête du pouvoir nécessite des moyens financiers, une visibilité médiatique, des cercles d’influence. Compte tenu de cette nécessité, les partis de pouvoir vont au plus simple, ils demandent encore au monde de l’argent de l’aider dans cette entreprise de conquête. A force de glorifier l’économie et le monde de l’entreprise, de le côtoyer sans arrêt, la proximité devient telle que ce n’est plus seulement de la connivence, c’est du mimétisme. Le parti est une organisation comme une autre, une hiérarchie où les prédateurs ne pensent qu’à conquérir les sommets, où le seul enjeu est de maximiser les bénéfices qu’ils peuvent tirer de cette épuisante conquête.

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Faire dire par Obama ce que l’on n’a pas l’habitude d’entendre en France, par Komensamarchvrèmant

Billet invité.

Hollande et Fabius ne se sont pas mis en tête de demander à Obama de prendre son téléphone pour demander aux Procs comme l’on dit ici, d’arrêter les ennuis faits à ces braves petits dirigeants de la BNP-Paribas. Ils laissent le soin à Sapin et Jouyet de gérer la casse. C’était pour obtenir la réponse officielle donnée par Obama lors du G7 : « Je ne connais pas le N° de tél de l’Attorney General ! »

Pourquoi il fait comme cela Hollande ? Eh bien parce qu’en France jusqu’en 2012, c’était une pratique habituelle des puissants de passer par les Politiques pour que les Procureurs cessent de regarder là où il y a des faits répréhensibles à imputer à tel ou tel VIP. Le summum c’était la Sarkosie et beaucoup n’ont toujours pas compris que c’est fini. La loi est récente, ils n’ont pas encore pris le temps d’en parler dans les dîners en ville mais ils croient encore que les magouilles dans leur monde de connivences entre gens intelligents bien élevés sont encore tout à fait possibles, après tout, aucun d’eux n’a encore été mis au cachot VIP à la Santé.

Les banques en France sont tenues sans doute autant qu’ailleurs par la grande bourgeoisie et cette grande bourgeoisie tient aussi les média. Lesquels média se gardent bien de rapporter les magouilles reprochées (ils ne sont pas abonnés à la presse US). Seul un journaliste de France 2 a lâché 3 secondes d’explications au 20h.

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