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LA DÉHISCENCE DE L’AVOIR, par Martin Chanaud

Billet invité. J’ai interrompu, pour des raisons de logistique, la publication de Principes des systèmes intelligents (1989 ; réédité par Le Croquant le 23 novembre). Ceci n’empêche pas certains d’entre vous de cogiter dans la ligne qu’ouvrait il y a vingt-trois ans mon ouvrage.

Dans Principes des systèmes intelligents (1989 ; rééd. 2012), Jorion fait remarquer le fait suivant : si Tonnerre est un cheval et si le cheval est mammifère, alors Tonnerre est mammifère, tandis que de ce que Coco a des ailes et de ce que ses ailes ont des rémiges, on ne conclut pas que Coco a des rémiges. Ses ailes seules en possèdent, pas lui. Il y a donc une non-transitivité de l’avoir, une sorte d’excès ou de débord qui détache la propriété de son support au fur et à mesure qu’elle s’en éloigne logiquement.

On peut accepter cela comme un fait, utile et même nécessaire à la théorie de l’intelligence artificielle, on peut aussi s’en étonner et soupçonner une raison philosophique profonde qui se déploierait à la manière de ce que Desanti nomme un horizon mathématique. Faisons deux remarques avant d’aller plus loin.

D’abord celle-ci. Dans Principes des systèmes intelligents, la relation d’être et la relation d’avoir assurent la liaison des mots entre eux, qui forment ainsi connectés des chemins, qu’on peut nommer phrases, énoncés, ou parcours sémantiques. Telle est le socle des Principes des systèmes intelligents.

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Les décroissantistes contre la société d’abondance, par Pierre-Yves D.

Billet invité.

L’abaissement de l’âge du départ à la retraite et plus généralement la diminution du temps de travail n’ont rien à voir avec le gaspillage des ressources naturelles.

Les décroissantistes se trompent de combat lorsque, au prétexte de sauver la planète et ses humains, ils font passer au second plan, voire éludent, le problème des inégalités, alors que ce sont bien elles qui sont à la source des gaspillages et destructions de nos milieux de vie.

J’appelle décroissantistes ceux qui parmi les décroissants se font forts de tout faire décroître indistinctement : d’abord bien entendu le niveau de consommation des matières premières et sources d’énergies non renouvelables. Sur ce point, rien à redire, tous ceux que préoccupent l’avenir immédiat et à plus long terme de l’humanité pensent depuis longtemps déjà que l’on ne peut faire croître cette consommation indéfiniment car plusieurs terres n’y suffiraient pas. Et d’ailleurs, quand bien même pourrions-nous coloniser des planètes lointaines, cela devrait-il nous dispenser de pendre soin de notre petite planète bleue et d’en dilapider les ressources parce que nous aurions des planètes de rechange ? Sans parler bien sûr du caractère fortement connoté de l’idée de colonisation elle-même.

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