Archives par mot-clé : partis politiques

Un fléau qui ne nous affligerait que depuis vingt ans ?, par Zébu

Billet invité.

La démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement un bulletin dans une urne, à déléguer les pouvoirs à un ou plusieurs élus, puis à se désintéresser, s’abstenir, se taire, pendant cinq ans. Elle est action continuelle du citoyen, non seulement sur les affaires de l’État, mais sur celles de la région, de la commune, de la coopérative, de l’association, de la profession. Si cette présence vigilante ne se fait pas sentir, les gouvernants (quels que soient les principes dont ils se recommandent), les corps organisés, les fonctionnaires, les élus, en butte aux pressions de toutes sortes de groupes, sont abandonnés à leurs propres faiblesses et cèdent bientôt soit aux tentations de l’arbitraire, soit aux routines et aux droits dits acquis. Le mouvement, le progrès ne sont possibles que si une démocratie généralisée dans tout le corps social imprime à la vie collective une jeunesse constamment renouvelée. La démocratie n’est efficace que si elle existe partout et en tout temps. Pierre Mendès France, La République moderne, 1962

Un fléau qui ne nous affligerait que depuis vingt ans ?

Plutôt depuis des centaines, des milliers d’années sans doute …

Ceux-ci ? Ils ont le même visage que ceux qui soutiennent telle autre faction dans la « lutte pour le pouvoir ».

J’ai eu la chance (je pense que c’est une chance) de voir ce phénomène à l’œuvre de l’intérieur, d’assister par erreur à des réunions auxquelles je n’aurais pas dû assister. Et si l’on saisit bien la chose, de comprendre que c’est ainsi partout et depuis toujours.

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Limites de la démocratie représentative, par Michel Leis

Billet invité. Paul Jorion : Je lis le billet de Michel Leis comme une contribution au débat qui a lieu ici sur le rôle que jouent et que pourraient jouer aujourd’hui les partis politiques ; il n’exprime pas ma position sur un parti en particulier. Pour ce qui est de mes rapports avec Nouvelle donne, on peut revoir ici les entretiens que j’ai eus avec Bruno Gaccio, membre fondateur de ce parti. Je participe par ailleurs mardi 18 mars à Paris à un débat organisé par le Collectif Roosevelt Sorbonne ; si je ne l’ai pas encore signalé ici, c’est que j’attends que l’on me communique le nom de l’élu ou élue qui sera mon interlocuteur ou interlocutrice.

Cela fait plusieurs mois qu’au travers de diverses discussions qui ont agité ce blog, je sens l’urgence de l’engagement politique. Le climat de déliquescence, la montée de l’extrême droite, tout me pousse dans cette voie. Dans le paysage politique français, le choix pour quelqu’un qui espère un monde un peu plus juste et un peu plus ouvert se résume entre un “Front de Gauche” dominé par la personnalité omniprésente (et parfois contestable) d’un Jean-Luc Mélenchon et la création de “Nouvelle donne” qui pourrait rejoindre par bien des aspects mon positionnement de social-démocrate de combat. C’est dans ce contexte que j’ai assisté mardi 4 mars à une réunion organisée à Bruxelles par le comité local de “Nouvelle donne”. Dans la réalité, j’ai assisté à deux réunions bien différentes.

La première avec Susan George, tout à fait passionnante, montre que des personnalités au sein de ce parti ont une conscience claire des enjeux et des risques. Centrée sur les implications du traité de libre-échange transatlantique, elle montrait très clairement comment des décisions impliquant l’ensemble des citoyens sont progressivement inscrites à l’agenda du pouvoir politique dans une absence de transparence totale. Un exercice minutieux de déconstruction des rapports de force plutôt effrayants quand on en évoque les détails.

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L’ÉTOUFFEMENT ET L’OUVERTURE, par Hubert Chaperon

Billet invité.

Oui un système de représentation neuf est en train de se tisser sur internet, entre autres. Pour moi cela a commencé avec le blog de Paul Jorion. Il donnait les clés de compréhension du dérèglement d’un système dont, jusque là, je ne sentais que confusément qu’il était invalide. Ces éclaircissements il y a quatre ans étaient tout à fait absents des médias officiels. Le point de vue était neuf, d’un recul salutaire et très crédible. Cette compréhension m’a ensuite fait voir directement l’écran de fumée que diffusent sans arrêt les médias, ce qui a eu pour conséquence d’accroître mon malaise et le sentiment d’étouffer. J’ai continué à chercher ailleurs des raisons de croire encore à un avenir inventif.

L’indépendance et la compétence de Médiapart m’ont réjoui, même si la guerre au cœur de laquelle ils sont leur donne une froideur que n’a pas, le blog de Paul Jorion. Annie le Brun, que je découvre par le blog, partage aussi cet étouffement chronique et on comprend qu’il ne date pas d’hier, qu’il est une lutte perpétuelle. Keny Arkana et son cri chargé et nourri par une longue expérience du combat, en quête d’une paix qu’elle approche. (Changer le monde commence par se changer soi-même.) Aussi les lignes magnifiques de la fin de « L’homme révolté » de Camus (*) citées par Francis Arness…

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FAUT-IL CRÉER UN NOUVEAU PARTI ? Le bilan

Quand un « chat » de deux heures sur la page Les débats du blog de Paul Jorion dépasse les 100 commentaires, j’ai le sentiment que le débat est une réussite parce que cela veut dire qu’on n’est pas dans un simple échange avec moi d’un côté et les commentateurs de l’autre mais qu’il y a véritable ping-pong également entre eux.

Ce fut le cas aujourd’hui. J’ai toujours marqué ma méfiance envers les partis politiques (je n’ai jamais fait partie d’aucun) mais je n’avais confronté mon opinion à celle d’autres à ce sujet et le message hier de Didius m’a donné envie de voir ce que les autres en pensent.

Le débat ne m’a pas fait changer d’avis : même un Parti du vote blanc dont le programme serait quelques propositions phares parmi celles qui me tiennent à cœur ne me semble pas convaincant.

Faut-il pour autant continuer simplement de faire comme avant ? Peut-être pas : nombreux ont été ceux qui ont mentionné l’intérêt que présenterait un think-tank et là, nous ne sommes en fait pas très loin d’en avoir un.

À la fin de l’année dernière, nous avons dû nous rendre à l’évidence : un blog où le nombre des commentaires dépasse parfois les 500 atteint, et dépasse, les limites de la formule blog. Il n’est plus possible ni pour les lecteurs de s’y retrouver, ni pour nous de modérer les commentaires : le temps qu’il faut pour les lire dans leur entièreté sur une journée dépasse les 24 heures.

Nous avons tiré les conclusions qui s’imposaient en fermant les commentaires. Il aurait été dommage de jeter le cerveau collectif avec l’eau du bain et un groupe de discussion intitulé Les amis du blog de Paul Jorion (ABPJ) fut créé, regroupant les auteurs de billets invités et les commentateurs les plus dynamiques. Ce groupe reste ouvert et intègre de nouveaux participants lorsque ceux-ci se présentent.

L’activité de ABPJ consiste en des discussions sur les thèmes d’actualité qui génère des projets de billets dont une bonne partie, mais pas tous, se retrouvent ensuite sur le blog. Les billets de « L’encyclopédie au XXIe siècle » ont ainsi été générés dans leur quasi totalité au sein de ABPJ.

Pour le reste, ABPJ est un trou noir : des discussions y ont lieu par exemple sur de nombreux sujets sur lesquels le blog reste muet. Aucune autre initiative que la rédaction de billets n’a cependant encore émergé de ABPJ et c’est peut-être là que les choses pourraient changer : le groupe pourrait s’ériger en authentique think-tank sans grand effort. C’est aux modalités d’une telle transformation que nous allons réfléchir dans les jours qui viennent.

P.S. : De nombreux participants au débat d’aujourd’hui ont mentionné les « cafés-discussion » comme une voie à développer. En ce qui nous concerne, le Vicomte à Bruxelles joue déjà ce rôle. Un quart des lecteurs du blog sont Parisiens et Paris est une ville où je me retrouve très souvent en raison du fait qu’une proportion également importante de mes interventions se fait dans la Ville-lumière. J’avais un jour vainement lancé un appel aux bistrotiers parisiens pour voir si nous pourrions y trouver l’équivalent du Vicomte, mais cela ne coûte rien de réessayer, et c’est ce que je n’hésite pas à faire à l’instant.

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