Archives par mot-clé : Personne morale

DES PARADIS FISCAUX ET DE CHYPRE EN PARTICULIER, par Zébu

Billet invité

« Car, on ne cessera jamais assez de dire que, dans la lutte contre les « paradis fiscaux », les dirigeants européens font d’abord de la communication en étrillant quelques boucs émissaires bien choisis. Ce fut la Suisse, c’est aujourd’hui Chypre. Mais le fond du problème n’est réellement jamais traité. Le fond du problème, c’est le manque de transparence des trusts basés dans les dépendances de la couronne britannique comme les îles Caïmans ou Jersey, sans compter ceux basés à Londres même. Sans ces systèmes, Chypre n’est qu’un tuyau qui, si on le casse, sera aussitôt remplacé par un autre. » (Source : La Tribune)

On en revient ainsi à la question, au demeurant centrale, de l’opacité de la personne morale anonyme et du véritable bénéficiaire. C’est particulièrement le cas des trusts. À Chypre, ou ailleurs. C’est l’opacité qui permet d’échapper à l’impôt. Cette même opacité permet à la richesse déjà constituée de converger pour coïncider avec ces espaces et de prospérer grâce à l’intérêt ou la spéculation, sans que la fiscalité ne vienne corriger cette concentration toujours croissante. Toujours cette opacité qui bénéficie aussi au crime et à l’exploitation.

La question de la fiscalité vient en second rang, comme on le voit avec l’alignement progressif au sein d’une même zone économique et financière comme l’UE de la TVA, mais aussi avec le taux d’imposition des sociétés. Il faut donc pouvoir défendre un principe simple  que l’on pourrait énoncer ainsi :

« Tout échange avec une personne morale qui ne permet pas d’identifier ses propriétaires et/ou ses bénéficiaires est interdit. Le non respect de cette interdiction est passible de sanctions civiles et pénales, allant d’une amende de XXX € à des peines de prison ferme, accompagnées d’une interdiction d’exercer l’activité jusqu’à X années pour les dirigeants et la suppression de l’autorisation d’activité pour la personne morale. »

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Manifeste pour une refonte de la législation sur les sociétés, par Valérie Bugault

Billet invité

Manifeste pour une refonte de la législation sur les sociétés : vers la codification Napoléonienne du droit de l’entreprise.

« Il est des temps où l’on est condamné à l’ignorance parce qu’on manque de livres ; il en est d’autres où il est difficile de s’instruire parce qu’on en a trop ». Portalis

La notion juridique de société, en particulier de capitaux, fait l’objet d’un nombre conséquent de textes, diversement situés dans la hiérarchie des normes et d’un nombre non moins conséquent de jurisprudence. Cette réalité cache une carence de fond : ni la nature juridique, ni l’identification claire des différentes composantes de la société de capitaux, ni les relations fondamentales entretenues entre elles par ces différentes entités ne sont définitivement et clairement tranchées. Nous ne manquons pas de textes techniques, mais nous manquons de textes structurant les notions de personne morale et d’entreprise. De quoi est composée une entreprise, qu’est-ce qui fait son existence, à partir de quel moment peut-on considérer qu’elle n’existe plus en tant qu’entité autonome ? Les réponses existent mais elles sont disparates et ne sont pas considérées de façon globale comme formant un ensemble cohérent.

D’une façon générale, la notion légale de société en tant que personne morale, dont les formes se sont considérablement diversifiées et complexifiées depuis la société civile du code de 1804, ne traite pas de façon claire la question fondamentale de la place respective de l’activité, des employés, des détenteurs du patrimoine professionnel ainsi que de la nature et de l’étendue des liens qui unissent, différencient et individualisent ces différents éléments.

Une personne morale peut-elle exister indépendamment des éléments qui la font vivre, c’est-à-dire qui lui permettent de remplir son objet social ? D’ailleurs, est-on légalement bien sûr de ce qu’est « la vie d’une personne morale » ? En bonne logique, la notion de vie et de mort d’une personne morale ne devrait pas varier en fonction des questions posées ou des impôts applicables. Quelles sont les limites légales des droits et devoirs de chaque entité composant l’entreprise ? quels sont les recours de chaque entité entre elles ?

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