Archives par mot-clé : Pimco

UN PILOTAGE FINANCIER À VUE, par François Leclerc

Billet invité

On n’en finirait pas d’énumérer les facteurs de déstabilisation du système financier qui sont à l’œuvre ! Voulant bien faire, les banques centrales portent à ce sujet une grande responsabilité, leurs injections massives de liquidités et leurs taux proches de zéro ayant des effets qu’elles ne maîtrisent pas. Les régulateurs ne sont pas en reste, à l’origine d’une pénurie de collatéral résultant de leurs tentatives de renforcer le système et conduisant à de nouvelles acrobaties pour y remédier.

Il y a déjà l’embarras du choix, mais il va aussi falloir compter avec les chambres de compensation qui fleurissent dans le but d’accueillir le commerce des produits dérivés, avec pour mission réglementaire de garantir contre d’éventuels défauts occasionnés lors des transactions. À l’épisode précédent, le risque inhérent à ses produits financiers était censé être dilué par les bienfaits de la titrisation, il est maintenant concentré dans des structures ad hoc ! La question se pose uniment : est-ce un progrès ?

Comment désamorcer les bombes en puissance que sont les chambres de compensation ? Les meilleurs experts se penchent sur la question, appartenant à la Banque des règlements internationaux (BRI), à l’Organisation internationale des commissions de valeur (connue sous son acronyme anglais IOSCO) qui regroupe les régulateurs, ou à l’International swaps and derivatives association (ISDA) qui rassemble les acteurs du marché des produits structurés.

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Les marchés sont nerveux… très nerveux !

Je vous avais dit il y a quelques années qu’il serait très difficile pour les États-Unis de sortir du Quantitative Easing, encore appelé « planche à billets ». Pour marquer le coup, j’avais appelé cela : « fin du capitalisme ».

On est en train d’essayer. Effet mécanique : moins d’achats de dette, baisse de la concurrence entre les acheteurs (les prêteurs) qui peuvent du coup faire la fine bouche, obligeant les vendeurs (les emprunteurs) de passer sous leurs fourches caudines et consentir des taux d’intérêts plus élevés. Résultat, de la dette à taux d’intérêt plus élevé se retrouve sur le marché des capitaux, dévalorisant les instruments de dette déjà en circulation parce qu’émis antérieurement à des taux plus bas.

Plutôt que de vous expliquer des choses aussi compliquées (ou « contre-intuitives » comme on dit aujourd’hui), on préférera vous dire que tout ça c’est la faute de M. Bill Gross qui a quitté la firme de placement obligataire Pimco (groupe Allianz) après bien des querelles avec ses petits camarades. Le fait est qu’il avait laissé grossir le fonds obligataire Total Return jusqu’à atteindre à lui tout seul la taille de 293 milliards de dollars.

Mais le fait que ce fonds se déprécie et que les investisseurs se ruent vers la sortie n’a rien à voir avec la personnalité de Bill Gross ni de n’importe qui d’autre : c’est dû au fait qu’on ne pouvait pas continuer à imprimer 85 milliards de dollars par mois indéfiniment (on finirait par manquer de papier 😀 ). Et comme je l’avais expliqué lors de mon annonce de la fin du capitalisme en mars 2009, et rappelé en juin de l’année dernière quand il fut question pour la première fois de ralentir le flot : le marché des capitaux est trop fragilisé pour qu’on puisse cesser l’injection de dollars, sans même parler de retirer tous les dollars en trop qui boursoufflent le système.

La faiblesse aujourd’hui c’était les actions des Small-Caps (compagnies dont les capitaux propres sont entre 250 millions $ et 2 milliards $), c’était aussi les junk bonds (les obligations camelotes), les obligations aux taux d’intérêt élevés parce que ceux-ci sont gonflés par la prime de risque.

C’est la partie faiblarde du marché qui était affectée aujourd’hui. On verra dans les jours qui viennent si la contagion gagne (personnellement je n’en serais pas exagérément surpris).

Mise à jour, jeudi 2 octobre 8h51 : Le Nikkei -2,61% ; ça n’a pas l’air de s’arranger !

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Gros turnover dans la finance : TOUT FOUT LE CAMP OU PRESQUE ! par François Leclerc

Billet invité.

C’est la débandade chez Pimco, le méga fonds d’investissement américain, et l’heure du départ a sonné chez BNP Paribas. Après Mohamed el-Rian, un ancien expert du FMI, Bill Gross prend la poudre d’escampette après 43 années à sa tête, dans le contexte de l’annonce d’une enquête de la Securities and Exchange Commission (SEC) qui a valu à cette figure légendaire de la finance d’être interrogée par ses soins. Baudoin Prot va pour sa part quitter la présidence de BNP Paribas à l’insu de son plein gré.

Un scandale de plus couve dans les milieux financiers, qui cette fois-ci porte sur les Trackers (ou Exchange Traded Funds, ETF), et plus particulièrement sur une espèce de ceux-ci dénommée Trackers actifs, qui ne représente encore que 1% de leur volume total (1,65 milliers de milliards de dollars), mais est en pleine expansion. Comme d’habitude, le nouveau miracle annoncé de cette famille de produits financiers pourrait tourner au vinaigre.

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INQUIÉTUDES SUR LES FONDS OBLIGATAIRES

De même qu’une diatribe contre les journalistes signale immanquablement un homme ou une femme politique en difficulté, l’imposition par le régulateur américain, à la suggestion de la Federal Reserve, d’une pénalité aux investisseurs qui retirent leur argent d’un fonds obligataire, comme il en est question selon le Financial Times, signale que ces fonds, qui avaient grossi depuis 2009 jusqu’à atteindre la taille de 1.000 milliards de dollars, sont aujourd’hui au bord de la panique bancaire.

Il n’était question essentiellement jusqu’ici que de Pimco (groupe Allianz depuis 2000), le plus gros d’entre eux, dont l’hémorragie s’est poursuivie en mai (retraits d’1,9% du fonds phare Total Return) pour le treizième mois consécutif. Les retraits avaient débuté avec l’annonce par Ben Bernanke du « tapering », la baisse à venir du montant des injections mensuelles de dollars fraîchement imprimés, injections auxquelles les marchés boursier et obligataire sont désormais également accros.

La querelle de chiffonniers au sommet de Pimco entre ses dirigeants Bill Gross et Mohamed El-Arian avait culminé dans le départ en janvier du second. Pour tenter de redorer un peu son blason, Pimco avait rappelé fin mai Paul McCulley, figure historique du fonds et inventeur des expressions « shadow banking » et « moment Minsky », pour en faire son nouvel économiste en chef.

Mais c’est l’ensemble de ce secteur qui est aujourd’hui en difficulté. La bulle boursière se poursuit, mais les marchés obligataire et boursier servant mutuellement de marché refuge l’un pour l’autre, il ne ferait pas bon assister à une baisse simultanée des deux, provoquant alors un assèchement total de la liquidité, recette infaillible pour un krach.

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L’actualité de la crise :
NOUS SOMMES BIEN PEU DE CHOSE ! par François Leclerc

Billet invité

Le taux directeur de la Fed est quasiment à zéro depuis trois ans et demi, et Ben Bernanke, le président de la Fed, a promis de le maintenir ainsi « pendant un temps considérable », même « après le renforcement de la reprise ». C’est une manière comme une autre de reconnaître que la crise actuelle est destinée à se poursuivre pendant longtemps.

« La politique monétaire n’est pas une panacée », a-t-il une nouvelle fois réaffirmé, signifiant que si la banque centrale avait la capacité de temporiser la crise, elle n’avait pas les moyens de la régler. Tout au plus pouvait-elle prendre en charge, en les achetant, les titres hypothécaires sinistrés et leurs dérivés, afin d’en soulager les établissements financiers tout en espérant des jours meilleurs ; ainsi que contribuer à la baisse des taux sur la dette américaine pour en favoriser le roulement à moindre coût, et à faire baisser le dollar pour aider l’exportation.

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NOUS SOMMES BIEN PEU DE CHOSE ! par François Leclerc

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