Le 18 mars 2009 : fin du capitalisme

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

En portugais.

La date d’aujourd’hui, le 18 mars 2009, sera retenue par l’histoire, tout comme celle du 29 mai 1453 le fut pour la chute de Constantinople ou celle du 9 novembre 1989 pour la chute du mur de Berlin, comme celle qui signa la fin du capitalisme.

Aujourd’hui en effet, la Federal Reserve Bank, la banque centrale américaine, a annoncé son intention de racheter des Bons du Trésor (dette à long terme des États–Unis) en quantités considérables (pour un volant de 300 milliards de dollars), son budget atteignant désormais le chiffre impressionnant de 1,15 mille milliards de dollars. Pareil au serpent ouroboros dévorant sa propre queue, les États–Unis avaleront donc désormais leur propre dette, un processus désigné par l’euphémisme sympathique de « quantitative easing ». Pareille à celui qui tenterait de voler en se soulevant par les pieds, la nation américaine met fin au mythe qui voudrait que l’argent représente de la richesse : dorénavant la devise américaine représentera uniquement le prix du papier et de l’encre nécessaire pour imprimer de nouveaux billets. Elle se coupe aussi, incidemment, de la communauté internationale, mais baste !

Le dollar cessa de valoir de l’or quand, en 1971, le président Nixon mit fin à la parité du dollar avec ce métal. En 2009, le président Obama, en permettant à la Fed d’imprimer autant de dollars qu’elle le jugera bon, a mis fin à la parité du dollar avec quoi que ce soit, faisant de l’arrogance de la nation américaine la seule mesure restante de la valeur de sa devise. « Your Mamma still loves you ! » : le gosse, tout faraud, présente son premier spectacle et sa mère qui n’a pas voulu que son amour-propre courre le moindre risque a acheté tous les tickets !

Si la Chine attendait un signal pour se débarrasser de ses dollars, le voici ! Un article très intéressant dans l’Asia Times d’aujourd’hui, signé par Joseph Stroupe, explique comment la Chine, tentant de se délester en douce de ses dollars, les transfère discrètement à des fonds qui achètent des ressources minières et pétrolières. Stroupe, faisant reposer ses analyses sur des chiffres rassemblés par Rachel Ziemba, une collaboratrice de Nouriel Roubini, calcule que la Chine pourrait atteindre son objectif de réduction massive de son exposition au cours du dollar en un an environ. Nul doute que l’on ne dormira pas beaucoup cette nuit à Pékin et à Shanghai, tout occupé que l’on sera à acheter fébrilement des mines et des puits pétroliers aux quatre coins du monde !

Ah oui, j’oubliais : la bourse de New York, considérant qu’il s’agissait d’une bonne nouvelle, a clôturé en hausse.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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154 réflexions au sujet de « Le 18 mars 2009 : fin du capitalisme »

  1. J avoue que j ai du mal à dormir.
    Savent-ils ce qu’ils font? Je ne peux pas croire que les chinois n’aient pas été prévenus avant… N’est ce pas juste une « menace » pour faire pression sur les européens avant le G20, un jeu de poker menteur?

    Si c’est le cas, et si les chinois se sentent maintenant assez fort pour défier les américains, le dollar ne sera plus très longtemps monnaie de réserve. Le pouvoir financier passe à l’Asie du sud-est. Quant à l’Europe c’est très clair désormais: elle ne peut plus compter que sur elle… Et elle a intérêt à être créative, parce que l’export risque d’être difficile.

  2. Les junkies feraient n’importe quoi pour retourner dans le monde merveilleux de leur premier shoot.
    Paradoxalement cela leur sera peut-être salutaire cette fois-ci…

  3. « Fin du capitalisme » ? Ce ne sera ni la première ni probablement la dernière fois que les États-Unis joueront l’inflation contre la finance. Ces deux derniers siècles cela leur a bien réussi, et même si le dollar devait s’effondrer cela aurait pour principal effet d’instaurer un « super-protectionnisme » où l’industrie américaine trouverait la voie de sa résurrection. Je comprends bien votre crainte d’une crise financière internationale précipitée par le retrait des Chinois et le fanatisme monétariste de la « vieille Europe » décidément vouée au suicide. Mais en attendant le refinancement forcené de l’économie américaine peut – peut-être – relancer la machine et l’inflation résorber in fine mécaniquement les dettes. Ce scénario ne résout aucun des problèmes de fond (finance cancéreuse et blocage des salaires) mais pourrait permet de les repousser une fois de plus aux États-Unis. En revanche je crains le pire en Europe si elle persiste dans sa politique du chien crevé au fil de l’eau…

  4. De toute façon, que la monnaie soit émise par la FED ou les banques commerciales comme cela a été le cas à l’excès ces dernières années, le résultat est exactement le même.
    Non, pas tout à fait cependant: les américains se payeront les intérêts à eux mêmes au lieu de les payer aux Chinois.
    Nous ferions bien de faire pareil en Europe…

  5. – Etes-vous sûr de connaitre toutes les formes de collatéral de la « circuiterie » FedNetwork ?
    Déjà onshore ? …. et, s’il y a lieu offshore ?

    [ Sur une feuille A4 off-record ne peut-on pas prendre des engagements très marrants, inventifs ?]

    – Sait-on, précisément, qui ne voulait plus ces $ 300 milliards sur ses livres ?

    – N’iriez-vous beaucoup trop vite ?

    A mon avis, ne pas s’emballer … il y a de la marge … large, profonde.

  6. La Chine se penche sur les rizières et les mines des autres, on le savait déjà, mais cela va effectivement se confirmer à plus grande échelle.

    L’or avait depuis quelque temps les faveurs renouvelées des investisseurs privés, les obligations d’Etat ne satisfaisant pas leurs appétits. Ils délaissaient largement les autres classes d’actifs, sauf à les assujettir de rendements élevés, comme les obligations d’entreprise. On ne dira jamais assez les soucis que crée un patrimoine, surtout lorsqu’il vient d’être délesté substantiellement par du jamais vu ou des moins que rien, à la bourse ou par des hedge funds.

    Mais toutes ces solutions de fortune, au sens propre, ne sont que des roues de secours. Les investisseurs n’ont pas l’intention de se serrer frileusement dans des valeurs refuges, dont les rendements n’ont plus que de lointains rapports avec ceux auxquels ils ont été habitués ces décennies passées. Qui leur sont dus et qu’ils ne retrouvent pas, selon cette étrange logique comportementale partagée par les fortunés.

    Ayant lu les journaux, dont les journalistes planchent sur le « green business »et écouté les conseils de leurs gestionnaires de fortune penchés sur leurs écrans Bloomberg, ils se dirigent désormais vers d’autres classes d’actifs, beaucoup plus prometteurs. Celles que représentent les matières premières. Après l’or jaune et l’or noir, l’or vert. Ils ne s’excluent pas mais s’additionnent.

    Dans le monde entier, des brokers plus futés jouent les précurseurs et préconisent ces nouveaux achats. Ils considèrent que la reprise, quand elle interviendra, fera flamber les prix des matières premières, car c’est la rareté qui comme chacun sait fait les prix. Tant que ce n’est pas le cas, le refuge sera un peu chahuté mais, avec un peu de patience et d’appétit du gain (et non du risque, dont les commentateurs financiers recommencent à nous chanter d’une voie fausse la chanson)…

    Il va être possible d’abandonner ces ventes à découvert qui font un peu désordre et exposent à des remontrances, d’accepter sans grogner les mesures étudiées en douce par la SEC, qui devraient être évoquées le 8 avril prochain à l’occasion de sa prochaine réunion, après le G20, remarquons-le. Des représentants démocrates , Ted Kauffman et Johnny Isakson, ont déposé un projet de loi, renouant avec une règle datant de la grande dépression, supprimée à total contre temps en 2007 tellement elle était bafouée dans les faits, qui veut qu’un ordre de vente à découvert ne soit exécuté que si celle-ci se fait à un prix supérieur ou égal au dernier cours côté.

    Quelles sont les conséquences possibles de cette flambée des prix simultanée de toutes les matières premières qui en résulterait ? Les brokers n’ont aucune statistique de disponible à ce sujet, c’est donc qu’il n’y a pas de risque, vous pouvez y aller braves gens.

  7. « car c’est la rareté (parce qu’elle conditionne le rapport de force) qui comme chacun sait fait les prix »

    Vous avez oublié la deuxième partie de la phrase, quand celle-ci porte sur les ressources… alors je me permet de compléter:
    « car c’est la rareté qui comme chacun sait fait les prix… ou la guerre »

  8. J’avais oublié, l’amendement Jorion ne passera pas à la Chambre. Pas question d’interdire des transactions sur les matières premières qui n’aient pas de contrepartie physique, les investisseurs n’ont pas les infrastructures nécessaires, et ce n’est pas leur métier d’ailleurs. On ne peut pas rêver au veau d’or et l’abattre en même temps.

  9. A ma connaissance, les capitalistes sont contre la création de monnaie à partir du vide et contre l’abandon de l’or comme étalon de la monnaie.

    La gestion étatiste de la monnaie n’est pas le fait du capitalisme mais d’un état fou, de même que la dette publique et la manipulation des taux d’intérêts à des fins électorales

    Dette publique, taux d’intérêts, hyperinflation, guerre en Irak, tout a été géré par des politiques, pas par des capitalistes – pendules à l’heure svp –

  10. Joseph Stroupe, explique comment la Chine, tentant de se délester en douce de ses dollars, les transfère discrètement à des fonds qui achètent des ressources minières et pétrolières

    N’est-ce pas ce que le Trésor aurait dû faire beaucoup plus substantiellement depuis 1974 ou 1981.
    1978-1981: Je me souviens fort bien des articles de l’Usine Nouvelle, detailles et convaincants,
    qui anticipaient la rarefaction des matières premières notamment des minerais rares
    indispensables à l’industrie.
    En 1981, alors que tout était nationalisé (les banques, Thomson-Brandt, etc.), Chevènement, ministre de la Recherche battit le rappel. Jean-Paul Vignal Rapporteur du groupe Industries Agricoles et Alimentaires des Assises de la Recherche en 1981 (Jean–Pierre Chevènement)
    http://www.pauljorion.com/blog/?page_id=603
    s’en souvient surement.
    Ces Assises se tenaient à Lyon.
    Membre du GEP (Groupe Etudes Prospectives) et délégué de Thomson-Sodeteg, j’y étais également.

    L’or sera surement sans valeur dans qq années.
    La France n’aurait-elle pas des reserves d’or surabondantes ?
    Si c’est le cas, c’est la preuve que les ministeres impliques seraient occupes par des imbeciles depuis 40 ans.
    A Vérifier. Néanmoins, à ce stade, je ne regrette pas ce que j’ai écrit sur ces « enarques du Tresor » occupant les salons royaux. Je serais heureux qu’on me contredise !
    Mais que font les journalistes pour informer le public !
    Les fonctionnaires, nourris-logés, dont le pouvoir d’achat augmente … défilent dans la rue.
    Ce serait la plus grande grève depuis … (je préfère ne pas savoir)
    Cela passionne les medias ! … Ne vivrait t-on pas dans un monde de cinglés ?
    L’ANPE déborde ! … Et mon poste de radio n’a plus de nouvelles … une bande de musique … défile … automatiquement !

  11. Si l’inflation atteint ce qui est annoncé, les fonctionnaires seront parmi les premières victimes, avec leurs grilles de salaires figées.

  12. Ce qui importe aux Chinois c’est de relancer leur croissance au dessus de 8%, ils ont suffisament de moyens pour enfin développer leur marché intérieur.

    Les Chinois ne sont absoluement pas presser de vendre leurs bons du trésor US, il peuvent facilement attendre la fin de cette guerre économique qui va faire de plus en plus de ravage dans le monde.

    Au fait, quels sont les 2 grands Etats les plus nationalistes qui font la pluie et le beau temps actuellement en économie?

    Ne serait ce la Chine et les USA, des jumeaux inséparables?

    Angela Merkel a vraiment fait une grosse boulette en déclarant la guerre économique aux Américains. Et en plus elle a embarqué toute l’Europe dans cette croisade contre la relance alors qu’elle n’avait aucun mandat pour le faire.

  13. Madame Merkel a bien raison de ne pas vouloir détruire la valeur de l’Euro ni d’endetter les générations future pour financer la gabegie d’aujourd’hui. Il est surtout très intéressant de constater qu’aujourdhui l’Europe est moins étatiste que les USA – dont on a pu constater la politique calamiteuse de gestion de leur monnaie – parlez-en aux chinois

  14. Mais c’était évident depuis longtemps qu’ils allaient lancer la planche à billet. Par contre, ça a plutôt tendance à confirmer que la monnaie est bien crée ex-nihilo par le mécanisme de l’endettement. Où plutôt, la « fortune » (composée en partie de « reconnaissances de dettes ») crée par les intérêts cumulés est un jour ou l’autre transformée en « argent » …

    Déflation ou hyper-inflation … les USA ont choisi de laisser couler le dollar.

  15. @ Fançois Leclerc [08:04]

    Pas question d’interdire des transactions sur les matières premières qui n’aient pas de contrepartie physique, les investisseurs n’ont pas les infrastructures nécessaires, ce n’est pas leur métier d’ailleurs

    Faux !
    Vous avez besoin de peu de place,
    pour les minerais les plus rares qui ne seraient pas surcotés:
    antimoine, terres rares, chrome, molybdène, etc.

    En dépit de la baisse des coûts, les prix des légumes de mon supermarché (celui qui « casse-les-prix » et est grand fan de BD, aimé des medias) viennent d’augmenter très notablement : 20% … les vins pareillement !
    Je m’apprêtais à bêcher pour planter des patates.
    Si vous habitez en appartement je vous propose un deal
    (1) Vous recherchez les minerais qui ne sont pas un prix excessif,
    (2) Je réduis ma surface de patates
    Et nous partageons … disons … disons 50-50 … ça va ?

    Je sais que vous ne mettrez pas l’antimoine et le molybdène ensemble dans votre baignoire !
    Ah !
    … Oui ?… Vous avez le bidet ! d’accord … alors 60-40 ? … ça va ?

    Ah ! je n’avais pas fait attention à la fin

    ce n’est pas leur métier d’ailleurs

    Je vais chercher deux ingénieurs des Mines qui étaient aux Assises Chevènement de 1981.
    Il ont toute une carriere d’experience …
    le 60-40 … devient 40-60 … ça va ?

  16. Supra. Un caractere defectueux dans le </blockquote>
    juste avant « Faux ! »
    Je vous pris de m’excuser. Message à supprimer. Vraiment désolé

  17. J’ai lu avec intérêt plusieurs tribunes pressant l’Europe de prendre des mesures keynesiennes beaucoup plus vigoureuses pour contrer la récession. La BoE et maintenant la FED sont maintenant ouvertement passées en mode « planche à billets », et la BCE est désormais priée de faire de même.

    Ce débat me rappelle celui qui a eu lieu au cours des 10 dernières années, lorsque l’on reprochait déjà à la BCE d’avoir une politique de taux d’intérêts trop élevés (souvenez-vous d’une intervention télévisée de Nicolas Sarkozy dans ses premiers mois de présidence, où il vantait la « bonne » politique de la FED aux Etats-Unis, où « on baisse les taux et ça repart ». Or l’histoire récente a démontré que ce sont les taux bas de la FED qui sont en grande partie responsables de l’implosion actuelle, et que les baisses de taux ne sauraient plus relancer une mécanique désormais brisée.

    Si l’Eurozone actionne à son tour la planche à billets, n’allons-nous pas ruiner l’échafaudage européen, au seul profit de la survie artificielle de la finance anglo-saxonne ? Les € imprimés de ce côté-ci de l’Atlantique le seront-ils vraiment à notre profit ? Avec notre marché intérieur d’un demi-milliard de personnes, notre épargne, notre appareil industriel, avons-nous vraiment intérêt à nous lancer dans la dévaluation compétitive comme on nous y invite depuis la tribune du New York Times ? Le sort de l’€ est-il vraiment de se désintégrer à la seule fin de ne pas abandonner le $ et la £ à leur triste sort ?

    Telles sont les questions que je me pose…

  18. @expatbelges:

    C’est sur que si on est un rentier fénéant qui ne veut pas produire et innover le choix de MMe Merkel est le bon.

    L’Europe devient un continent de rentier et de vieux qui mettent leur argent dans des paradis fiscaux (Belgique inclue)

    Les classes moyennes productives auraient donc tort de ne pas se révolter contre ce système archaique et statique.

  19. A suivre:

    – Impact sur le dollar? Si oui, on risque de voir se développer la course à la dévaluation compétitive. Dans ce cas, l’Europe sera mal barrée. Avec sa constitution monétariste qui lui interdit tout « quantitative easing ». Une monnaie forte, dans un océan de monnaies faibles, riante perspective.

    – La réaction Chinoise: c’est une bien curieuse réponse qui vient de lui être faite par la FED. A postériori, on se demande s’ils n’ont pas eu vent de la décision. D’où l’avertissement lancé il y a quelques jours? Le renmibi, prochaine monnaie à suivre le dollar?

    – La réaction… de l’administration Obama: La décision de la FED torpille littéralement leur plan de reprise « public/privé » des actifs pourris. Pourrait impacter fortement le financement extérieur de leur plan de relance. Dans quelle mesure Obama a-t-il été informé/associé à cette décision?

    – Les cours du pétrole & des matières premières. On pourrait assister à un grand « rally » d’anticipation de hausse des cours.

    Quoi d’autre?

  20. @ ExpatBelge [08:04]

    La gestion étatiste (à préciser, par ex FedNetwork: Etatiste ? – BankOfEngland: Etatiste ? – BCE ? ) de la monnaie n’est pas le fait du capitalisme ( à préciser) mais d’un Etat fou, de même que la dette publique et la manipulation des taux d’intérêts à des fins électorales

    Mensonge ? … ou … Erreur de jugement ? …

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=2315
    Auguste, le 16 mars à 18:31

  21. @ Bob
    Ce sont eux qui nous ont déclaré la guerre.

    – Abolir le dollar comme monnaie de réserve
    – Imposer un taux fixe pour les taux de change
    – réformer en profondeur la Finance (entre autre pour accroître la tension entre britanniques et américains)
    – récupérer/rapatrier les capitaux euro « égarés »
    – faire pression sur l’Europe de l’Est (cheval de Troie US)
    – coopérer avec la Russie, l’Asie du S-E (qui craint la Chine), la « Francophonie »(qui ne sert à rien)
    – faire pression sur l’Arabie saoudite (avec l’Iran et le réchauffement climatique en toile de fond ca ne devrait pas être trop difficile)
    – empêcher les américains d’investir plus avant l’Afrique (en commençant par le Senegal)
    – se livrer à un protectionnisme éhonté dès qu’il s’agit de matos US.
    – se préparer à la 3e guerre mondiale

    Nan je déconne. Vous y avez cru? :-p

  22. @ Hervé de Bressy
    questions pertinentes, en effet

    @ tous, sur la FED
    petit tour pressé et donc imparfait de la presse ‘main stream » d’europe online (home page seulement)

    france
    le monde : rien
    le figaro : 17ème titre
    libé : rien

    allemagne
    frankfurter : 1er titre
    süddeutsche : 2ème titre

    italie
    repubblica : rien
    corriere : rien
    stampa: rien

    belgique
    le soir : rien
    la libre belgique : rien

    espagne
    mundo : rien
    pais : rien
    vanguardia : rien

    il doit y avoir des blogs intéressants du côté allemand: quelqu’un peut m’aider?

    bonne journée

  23. Nous sommes arrivés au dernier stade de la guerre monétaire que Greenspan avait déclenchée, prétendument de bonne foi (si l’on en croit ses Mémoires). Il n’empêche que si la Fed a rendue officielle la monétisation de la dette US, il est permis de penser que le processus était déjà en cours, par refinancement systématique des banques commerciales qui ont avalé massivement du T-bond, seule explication crédible au fait que les taux sur la dette américaine ne se soient pas envolés.
    En tout cas, comme préliminaires au G20, ce n’est pas piqué des hannetons…

  24. Petit résumé des politiques des banques centrales, depuis que leurs taux de référence avoisinent par valeur supérieur le zéro (sauf dans le cas de la BCE) :

    La BoE achète des obligations d’Etat et privées. Celle du Japon fait de même avec les obligations d’Etat et accorde des prêts subordonnées aux banques. Les Suisses vendent leurs francs afin d’éviter qu’il monte par rapport àl’Euro.

    La Fed s’est quant à elle résolue à acheter ou à financer tout ce qui est disponible sur le marché, depuis les Bons du Trésor aux prêts hypothécaires, les obligations privées aux prêts à la consommation.

    Question : Y a-t-il une marche arrière au moteur de la lutte contre la déflation ? Il serait temps de sérieusement s’en préoccuper.

  25. @ Leclownblanc
    Evidemment mettre un HEC comme un des rapporteurs des assises de la Recherche, c’est bien une idée d’énarque…..
    Mais il en est sorti quoi de ces Assises à Lyon ?
    « Les fonctionnaires , nourris-logés, dont le pouvoir d’achat augmente… », Haro sur les fonctionnaires!!
    Eh oui, nous sommes dans un monde de cinglés, les medias qui se vautrent dans le people, la pub, la consommation folle, le chacun pour soit et Dieu pour tous etc, etc…..
    Pas de radio ? Lisez en écoutant la musique, il a pléthore de bouquins sur tous les sujets…et internet….

  26. @kerema29:
    à ce propos si on réforme l’enseignement supérieur il faudrait également réformer les grandes écoles qui en font partie.
    Il serait temps d’aligner les budgets et les effectifs des grandes écoles sur celui des université françaises.

  27. Salut, je voulais savoir si les Americains et le Chinois sont des colaborateurs ou si ils se font des coups en douce ou si ils font les deux, par la je veux savoir si les americains se fichent du fait que les chinois revendent leur bon du trésor.

  28. Nous qui lisons ce blog, savions au moins depuis le post du « vase brisé » que la fin était inévitable. Ce 18 est une bonne date pour l’histoire, mais à l’inverse du mur de Berlin, ce ne semble pas bonne date une date pour les médias. La Chine prend le relais et a tout intérêt à faire croire que nous serons encore longtemps sous une forme de capitalisme. Le mouvement d’accaparement des terres et des ressources limitées ( mines, matière premières) a été initié il y a quelques années par les multinationales, il est maintenant repris par la Chine, cette tendance me semble indicative d’un mode de domination basé sur la propriété du sol, avec tout ce que cela comporte de tendances néo-féodales. Les Chinois ont leur population pour « coloniser » et contrôler des zones stratégiques entières. Est ce monde-là qui se dessine ? Je veux juste dire que puisque l’ancien c’est fini, cherchons à critiquer le mal en gestation dans ce qui vient ; entamons, pour une fois, la nouvelle guerre avant de l’avoir perdue, non pas contre les Chinois, mais les corruptions du système qui s’établit.

  29. désolé d’être légèrement hors sujet
    légèrement seulement car l’annonce de shell pourra occuper les insomnies chinoises évoquées ci-dessus par Paul Jorion

    * guardian.co.uk, Tuesday 17 March 2009 19.04 GMT

    Shell will no longer invest in renewable technologies such as wind, solar and hydro power because they are not economic, the Anglo-Dutch oil company said today. It plans to invest more in biofuels which environmental groups blame for driving up food prices and deforestation.

    @kerema29
    d’accord pour la lecture et l’écoute de la musique
    et … voir ses enfants rire et jouer

  30. @Philippe Deltombe: les journaux ont repris la nouvelle un peu partout, mais juste la depêche. Evidemment, ils ne vont pas expliquer ce que cet évènement signifie et ils le placent presque au même rang qu’un fait divers. Donc, en fait, ça ou taire la nouvelle, cela revient au même.
    Je pense que les russes de l’époque pravda étaient mieux informés de ce qu’il se passait réellement chez eux et dans le monde que le pékin de base dans un pays libéral-démocratique.

  31. Bonjour, pour moi avec ce que vient de faire la FED c’est surtout des pays qui ont d’énormes stocks de dollars qui ont du souci à se faire (comme la chine le japon). Peut-être que les américains testent les reins de ses « partenaires économiques » qui mine de rien sont coincés. Car ils ne peuvent pas se débarrasser de leurs dollars, si ceux-là ne valent plus rien. Mais j’ai l’impression d’une fuite en avant d’une panique de la part des US. Peut-être que si ils ont choisi cette solution c’est parce-que justement des pays comme la chine ne veulent plus financer leur dette. Si quelque-un peut éclairer ma lanterne…

  32. Il se peut que cette légère baisse du dollar ne soit que conjoncturelle. Histoire de se refaire une petite santé aprés avoir autant investi grâce aux émission massive de bons du trésor durant les 12 mois qui viennent de s’écouler.
    Pas sur que les Chinois soient perdant en misant sur les Etats Unis d’Amérique sur du moyen terme.

  33. Traiter de FIN du capitalisme une telle opération qui serait simplement « figer dans le marbre » la propriété des richesses extérieures vraies (terres, moyens de production, …) acquises par les différents cartels capitalistes mondiaux, et sans changer aucune des règles du jeu, simplement au détriment des détenteurs des créances pourries (mistigri) dont ils n’ont pu se débarrasser, et qui n’est pour moi qu’une étape (logique et nécessaire) pour repartir de plus belle, est un pur CONTRESENS si on reste sur le terrain de la logique, une TROMPERIE si on se refuse à considérer les responsables comme des gens complètement stupides.

    C’est une simple étape de CONSOLIDATION

  34. Je ne comprend pas se qui est chaquant dans l’attitude US. Il me semble que racheter une vieille dette qui vous coute 5%, pour la remplacer par une nouvelle qui ne vous en coute que 0.5% soit un choix judicieux a vrai dire. Par contre se qui me trouble le plus , c’est comment y arriver.

    Pourquoi les detenteurs de de bon du trésor a 5% vendrait pour ensuite racheter des bonds avec un rendement moindre ? Le seul moyen d’ariver a cela ne serait il pas de faire croire que le dollar va s’effondrer ?

    D’ailleur pour ceux qui suivent le marché US, il se porte bien mieux lorsque le dollar est bas (voir le DJ de 2003 a 2008 et comparer le avec la valeur du dollar).

    En tout cas je ne comprends pas pourquoi vous trouvez que cette decision est dangeureuse. Ok elle l’est pour l’exportation européenne Mais si l’enjeu est l’aquisition des matières premières mondiales avec une monnaie forte ont reste reste trés competitif.

  35. @ Anne.J

    « De toute façon, que la monnaie soit émise par la FED ou les banques commerciales comme cela a été le cas à l’excès ces dernières années, le résultat est exactement le même.
    Non, pas tout à fait cependant: les américains se payeront les intérêts à eux mêmes au lieu de les payer aux Chinois.
    Nous ferions bien de faire pareil en Europe… »

    En effet après avoir défendu à tous prix que la création monétaire par les états était le pire des pêchés, après avoir imposé leur modèle de création monétaire exclusivement par les crédits, ils se mettent à faire exactement le contraire en réponse à la crise.

    Mais ils se trompent de nouveau. Cette pratique de création monétaire par les états est une très bonne solution quand elle sert l’économie, crée de la monnaie en cohérence avec de la création de richesse, mais pas pour faire du crédit à la consommation, ni pour racheter des actifs toxiques.

    amha… 

  36. Y’a pas besoin de la FED ou des banquiers centraux, ni même des banquiers privés pour faire de la création monétaire. l’état devrait fermer la FED et son système de réserve fractionnaire, et donc aussi les banques centrales, et reprendre toute la création monétaire sans intérêt ! Voilà, je l’ai dit…

    Le tout sous le contrôle d’instances démocratiques. Vive la Démocratie !…

  37. @Noviant:
    Laissons faire la loi de l’offre et de la demande, c’est ça l’avenir du capitalisme efficace qui gagne.
    Vive le capitalisme triomphant.
    Un retour au source est inéluctable.

  38. @ Rentacar
    Le Capitalisme que tu souhaites triomphant est justement en totale faillite. C’est intéressant d’imaginer comment notre problème pourrait devenir notre solution. Sincèrement je ne vois pas…

    Mais je vois que tu es spéculateur sur les devises, les marché d’actions, et forcément je comprends mieux ton discours probablement lié aux derniers paris que tu as fait. Bon courage.

    Au fait, que t’apporte se blogue ? Et quel message cherches-tu à faire passer ?

  39. Monsieur,
    Bravo pour vos commentaires pertinants, je les apprécie toujours beaucoup même si parfois j’ai un avis contraire. Le débat d’idées en direct est une merveille apportée par la toile.
    Je suis normalement un anti-américain de base, illogique et raciste à l’égard d’un peuple qui a fait un merdier sans nom sur notre terre. Je dis peuple, même si ce sont leurs élus (on a ceux qu’on mérite).
    Cependant, il ne faut pas oublier que les US sont la première puissance militaire mondiale, quoi qu’on en dise, que ce sont des va-t-en-guerre, et qu’ils sont capables de déstabiliser nombre de pays sur la planète (par leurs services secrets).
    Pour ce qui concerne la Chine, je suspecte qu’ils aient bientôt une révolution intérieure qui pourrait faire le retour du communisme (le vrai, le vieux, celui de la belle époque).
    Donc avant d’enterrer le $ et les US, faudrait avant voir qui peut leur faire face!
    Cordiales salutations,
    Serge

  40. Y a pas de « loi de l’offre et de la demande »… ça n’existe pas (aucun concurrent rationnel ne veut jouer le jeu et je suis bien placé pour le savoir…)
    C’est comme la confiance, ça n’existe pas
    Un marché pur de désutilités non plus (qui sont la règle et non pas l’exception, et dont l’existence même ruine la théorie)
    Des « liquidités » (il y a de la monnaie ou du crédit liquides , mais pas « des liquidités »)
    Une allocation effisciente des ressources
    Tout comme la théorie de la valeur-travail, tout ça ça n’existe pas
    C’est comme un cercle carré
    Et un cercle carré ne peut pas faire une bonne roue… de secours
    Mais vivement le retour aux sources… à la bonne époque où l’on pensait.

  41. @Hervé de Bressy

    « Si l’Eurozone actionne à son tour la planche à billets, n’allons-nous pas ruiner l’échafaudage européen, au seul profit de la survie artificielle de la finance anglo-saxonne ? ‘

    Je suis d’accord il ne faut pas tomber dans el piège tendu par les Américains.
    Ne faisons pas une politique de relance trop dispendieuse.
    D’ailleurs je ne suis pas sur que cela soit un piège mais c’est pour eux une façon naturel d’agir.

  42. @JLS
    Mais quelle différence voyez vous entre « la planche à billet » des banques commerciales (M3 >10%/an depuis 6 ans) et une « planche à billet » de la banque centrale ( si corrélativement les banques commerciales sont plus limitée pour que l’évoution de la quantité de monnaie reste raisonnable)?

    Moi j’en vois une (une grosse différence) : c’est les intérêts…

  43. Est-il possible suite à ce genre d’annonces de voir les capitaux fuirent les US pour venir se réfugier en Europe ?

    Ne sommes nous pas en train de montrer au monde entier que nous sommes capable de rembourser notre dette sans la monétiser, même si c’est douloureux.

    Quand je lis les propos de Trichet, j’ai l’impression qu’il s’accommode d’une certaine déflation (cf cas de l’Irlande ou il se réjouit de la baisse des rémunérations) pour faire gagner en compétitivité notre production. À l’inverse des US qui ne veulent pas entendre parler de déflation. Notre différence est peut être là.

    Certes le poids de la dette va augmenter, mais cela aura une valeur hautement pédagogique pour les générations futures. Le crédit à la consommation est mauvais, le crédit pour investir dans un moyen de production à forte valeur ajoutée est bon.

  44. 18 mars 2009, fin du capitalisme ?
    Pas sûr, début du grand incendie inflationiste ? Certainement…
    à suivre…

  45. Face à la déflation, il faut ranimer la création monétaire. Or les banques n’osent pas prêter ni les entreprises emprunter. Quant aux ménages ils sont déjà lourdement endettés. L’Etat est donc en première ligne pour la reflation. Tout ceci est très classique.
    Comme sont classiques les comportements de passager clandestin comme celui de l’Allemagne qui compte sur la relance des autres tout en faisant l’économie d’une politique de relance. Classiques encore les comportements des entreprises qui chercheront à dans la baisse des salaires l’oxygène qui leur fait défaut du côté du crédit et de celui des ventes. Si la politique allemande et la panique antisalariale font tache d’huile, la déflation étendra ses ravages malgré la politique monétaire américaine. Car il ne suffit pas de monétiser des dettes pour réamorcer le circuit. Encore faut-il renverser les anticipations pour stopper la course à la liquidité. Pour que l’argent se remette à CIRCULER.Je ne suis donc malheureusement pas sûr que l’inflation soit déjà à l’ordre du jour.

    Et si cette politique américaine fonctionne, la situation s’améliorera sans doute aux États-Unis, mais l’Europe subira de plein fouet les effets conjugués du monétarisme de la BCE et de ses gouvernements, d’une part, et de la dévaluation compétitive du dollar, de l’autre. Les états européens ont renoncé à leur politique économique au nom de l’Europe, mais sans être capable de construire une conscience collective et un état européen capable de faire contrepoids au capital financier. D’où la paralysie actuelle et la tentation déflationniste de cette « Union » sans contenu et de ses états qui se sont ligotés eux même. Voilà pourquoi nous serons sans doute les premières victimes de cette crise, même si nous n’en fûmes pas les initiateurs…

  46. La principale raison pour laquelle je ne suis pas trop certain que nous assistions à « la fin du capitalisme » est que j’ai la nette impression que ce qui pourrait lui succéder n’est pas encore prêt à surgir. Problème de timing sans plus, sans savoir si ce n’est que partie remise et n’est pas une occasion manquée de plus, comme l’histoire en est si friande quand on la regarde par dessus son épaule. On peut en voir des traces, de cette alternative, c’est pour l’instant tout.

    Par contre, sans même attendre que la crise actuelle se dénoue d’une manière ou d’une autre, je constate avec étonnement que, pour accrédite r l’affirmation selon laquelle elle ne se répète pas mais bégaye, l’histoire est bel et bien en train de trébucher une seconde fois. L’URSS et avec elle cet avatar de socialisme qu’elle représentait, était un colosse (certains disaient aux pieds d’argile), qui s’est effondré en prenant de court tout le monde. Le capitalisme financier, personnifié par les USA par simplification, vient d’imploser, et on ne sait pas trop bien quels débris nous allons en ramasser. Par deux fois, à si peu de temps d’intervalle, des systèmes présentés comme inébranlables et installés pour l’éternité s’effondrent du fait de leurs propres contradictions. De leur incapacité à évoluer dans le premier cas, de leur dérapage immaîtrisable et dans le second. Dans les deux cas par construction.

    Dans ces deux situations, nous semblons comme un peu hébétés par ce qui nous arrive, comme un prisonnier qui vient d’être libéré et fait ses premiers pas, ne sachant pas quoi faire de sa nouvelle liberté. La confrontation du mythe avec la réalité, de la liberté connue à l’Ouest et interdite à l’Est avec l’impétueuse arrivé en fanfare d’un capitalisme qui triomphait d’autant plus qu’il n’était pour rien dans sa victoire, était le précédent épisode de cette série. Ne sommes-nous pas en passe de vivre sa suite ?

    Si les « topRéseaux » du ClownBlanc , bien barricadés, résistent comme ils en sont convaincus d’y parvenir, que nous sera-t-il réservé ? Que nous sera-t-il consenti, sous forme de lest lâché avec parcimonie, quel prix devront ensuite payer pour ces frayeurs qu’ils se seront fait à eux-mêmes ? En mai 68, on y revient parfois, certains ont voulu brûler la Bourse, et d’autres – dont j’étais – les en ont empêchés. Ayant conscience que ce n’était qu’un symbole, la dématérialisation des marchés étant passée par là. Combien d’autres statues ont été depuis déboulonnées en pure perte ? Leur cimetière est rempli et nous en sommes toujours là.

  47. « La fin du capitalisme » Hum !
    En attendant de trouver moins pire, voici quand même le système qui, avec ses vilains excès, a apporté de la croissance là ou il n’y en avait pas.
    Alors est-ce un plus ou pas ? Certains se demandent d’ailleurs si l’accroissement mondial de la population de ces dernières décennies, qui ravagent au passage notre planète, dans un système autre que celui de la croissance capitaliste aurait pu se produire dans de telles proportions.
    Mais, aujourd’hui, la question ne se pose pas en ces termes puisqu’il faut bien que plusieurs milliards de terriens affamés puissent au vivre décemment. Les émergents se posent-ils des questions métaphysiques sur la fin du capitalisme ? Sans vouloir justifier quoi que ce soit, j’ai été faire un tour en 2008 de 2 mois en Chine, dans plusieurs régions, et je peux vous dire qu’ils ne s’encombrent d’aucun états d’âme sur ce qui est bien ou mal quand il s’agit d’accéder à plus de…
    La fin d’une certaine idée du capitalisme ? A voir, mais en aurons-nous le temps ?

    Qui croyait donc, que depuis plusieurs mois, les autorités US ne faisaient autre chose que de faire « tourner la planche à billet » ?
    L’analyse du bilan de la Fed et celle de l’évolution de la structure de la dette globale US, tout au long de l’année 2008, ne montrent rien d’autre. Maintenant c’est officiel, voila tout.
    A ce rythme de politique quantitative, l’insolvabilité totale du $ va encore attendre un peu, encore quelques mois. La seule partie de la dette publique qui compte vraiment peut encore bien grimper de 4T, décisions d’hier comprises; ceci dit, clairement, on y va tout droit.
    La BCE ne pourra pas faire de la Zone euro un îlot de désinflation voir de déflation trop longtemps alors que ses « partenaires » commerciaux et ses voisins directs voient leurs devises dévaluées volontairement ou non. On devrait y avoir droit aussi.
    J’ai du mal à croire au côté surprise d’hier soir, alors que Me Clinton vient faire un tour en chine. Ce n’est peut être pas innocent si la Chine se désengage depuis peu de ses réserves de change vers les minières ou les énergétiques. Pour l’instant, le manque de retour sur cet événement majeur pour la Chine est trop beau pour être…

    En tout cas si rien de tangible ne sort du G20, ce ne sera peut être pas trop la peine de se poser des questions sur « comment construire un monde meilleur » car les intérêts des participants (US, zone euro, Chine…) divergent de plus en plus et les sombres perspectives d’un éclatement des grands équilibres internationaux deviennent de plus en plus crédibles.
    Et dans ce monde là, capitaliste ou pas, il y aura peut être moins de très riches mais surtout beaucoup plus de très très pauvres.

  48. @Alexandre
    « Quand je lis les propos de Trichet, j’ai l’impression qu’il s’accommode d’une certaine déflation (cf cas de l’Irlande ou il se réjouit de la baisse des rémunérations) pour faire gagner en compétitivité notre production. À l’inverse des US qui ne veulent pas entendre parler de déflation. Notre différence est peut être là.
    Certes le poids de la dette va augmenter, mais cela aura une valeur hautement pédagogique pour les générations futures. Le crédit à la consommation est mauvais, le crédit pour investir dans un moyen de production à forte valeur ajoutée est bon. »

    Je crains que les ignorantins de la BCE, et de nos gouvernements, raisonnent en effet comme cela ! Sacrifions (un peu plus) les salariés du présent en espérant que ce sacrifice nous permettra de tailler quelques croupières aux américains. Sacrée « pédagogie » en effet : ne spéculez pas sinon nous réduirons les salaires. Les traders vont en trembler pendant des générations. Quand au « gains en compétitivité » et tutti quanti, il faudrait montrer comment une politique de déflation peut produire de tels effets en récompensant les rentiers et en massacrant les producteurs !
    En fait ce raisonnement a un précédent : c’était celui de la France et de l’Angleterre des années 30, grâce à quoi la route fut libre pour le petit moustachu, avec les joyeuses conséquences qu’on connait. Mais beaucoup ont oublié cette cruelle pédagogie de l’histoire réelle…

  49. Fin du dollar ne signifie pas fin du capitalisme, mais fin d’un certain capitalisme. Le nouveau serat social, ecologique et vertueu c’est promis juré sur la tête à M. Tricher. De plus, la seule solution à la crise de la dette est l’inflation qui efface l’ardoise. On ne peut que se rejouir de voir cette évidence penetrer même les esprits obtus de la FED. Cela dit, il peut être avantageux pour les EUROpéens de ralentir la chute de leur monnaie lorsque le dollar va entamer sa glissade. Comme ça, on pourra peut être payer notre riz avec du papier pendant quelques temps.

  50. @Jef: « En attendant de trouver moins pire »

    Je ne pense pas que ce soit une question de choix. Le système s’écroule, que l’on aie moins pire ou pas pour le remplacer.

  51. La fin du capitalisme ? pas forcément. La fin du dollar oui.
    N’oublions pas la bulle verte en gestation qui pourrait sauver la capitalisme pour un round de plus.
    Par contre, personnellement, cette nouvelle qui passe quasi inaperçu dans les média, moi elle m’inquiète.
    Beaucoup ici se contente de disserter sur ce qui se passe, mais en réalité, le temps nous est conté avant que les effets de ce choix ne se fassent ressentir, et que la situation deviennent préoccupante.
    Explosion des prix des matières premières ?
    Dévaluation du dollar ? Améro ?
    Bank rush ? Supermaché Rush ?
    aux USA, d’abord, mais ensuite, en Europe, le contre coup risque d’être terrible aussi.
    Vous dissertez, c’est bien. Ca fait passer le temps.
    Mais moi je suis inquiet !

  52. Le danger que représente l’inflation, cette machine à laminer les dettes et le pouvoir d’achat, n’est jamais négligeable, c’est bien vrai. Je voudrais faire remarquer que celui de la déflation est omniprésent actuellement, et qu’un déséquilibre en vaut un autre dans ce système.

    N’allons donc pas trop vite dans nos pronostics, appuyés sur des références historiques traumatisantes, sans vouloir bien entendu justifier cet sorte d’autisme et d’aventurisme financier auquel nous assistons.

    Aussi étonnant que cela puisse paraître, car nous n’y sommes pas intellectuellement habitués, rien n’est encore écrit. Il faut s’y faire, car cela va durer. Se mettre à l’école des faits.

  53. Je vois que beaucoup s’inquiète de l’effet de la dévaluation du dollars sur le commerce de l’UE,à juste titre une monnaie stable dans un univers de monnaie dévalué est dangereux pour notre industrie. Cependant on est pas obliger d’en passé par la dévaluation, le gros mot interdit de débat est toujours là, le PROTECTIONNISME. Douane, quotas, permettraient d’enrailler les tentatives de mercantilisme Chinois, US ou autre sur notre sol sans avoir recours au dangereux concours d’émission monétaire excessif.

    Du reste c’est peut être dure à envisager mais l’on peut toujours répudier une dette que l’on considère comme non remboursable, ou en réduire la valeur par un acte de culot. Tous çà n’est que volonté politique et la fuite vers la monétisation de la dette n’est que l’énième preuve du peu de courage qu’on les hommes politiques moderne. Surtout quand un état est endetté vis à vis de sa propre population (le cas des USA ou de la GB étant plus compliqué les ayant droits étant étrangers). Je crois que finalement la répudiation de dette nous éviterais des tracasserie nettement plus incommodantes que les hurlement des rentiers injustement spolier (de leur point de vue). Bien sure le problème est que pendant quelques années l’état n’aurait plus la confiance des investisseurs pour emprunter mais ils ont la mémoire courte (on l’a vue avec la crise) ce ne serait qu’un problème passager et l’état vie bien plus longtemps que les individus fussent-il milliardaires.

  54. >A tous

    Je recommande la lecture du Monde Diplomatique de Mars: il y a dedans un excellent article de Jacques Sapir, consacré au protectionnisme.
    Son point de vue est assez hétérodoxe, mais me semble-t-il pertinent: il fait assez justement le lien entre le protectionnisme et le maintien d’un système social démocratique.

  55. @J. Halpern
    La pédagogie n’est pas portée sur la spéculation mais sur l’endettement massif sur des actifs non productifs.

    Maintenant déflation ou pas, ça ne se décrète pas par un mouvement de baguette magique. Sinon le japon ne l’aurait pas subit aussi longtemps et les US n’en seraient pas là aujourd’hui.

    Pas besoin de déflation pour massacrer les producteurs, ils suffit d’acheter du made in china pour ça.

    Accepter l’inflation c’est rincer tous les retraités d’aujourd’hui et de demain. Retraités qui ont le droit de votes et qui sont nombreux compte tenu de la structure démographique. Qui sera tenté des jeunes ou des retraités de voter pour un moustachu ?

    Je n’ai que trente ans et je ne suis pas rentier. J’ai plus d’intérêt à l’inflation qu’à la déflation même si je ne suis pas endetté. D’un autre coté il y aurait une grande injustice que de voir la dette de certains s’envoler comme par magie sous l’effet de l’inflation, vous ne trouvez pas ? Est-ce que c’est le message que l’on veut faire passer à la génération suivante. Allez y, endettez vous, pas besoin de vous former où même de produire de la valeur ajoutée, vous allez vous enrichir en rinçant vos créanciers. On va aller loin avec un tel message !

    J’essaie juste d’être pragmatique.

  56. @ Paul

    Ce matin en découvrant votre billet, celui-ci m’a fait l’effet d’un coup de tonnerre !
    Ou comme si vous aviez sifflé la fin de la récréation !

    Alors maintenant si nous reprenons les quatre postures A, B, C, D, caractérisant les types d’évolutions possibles de la crise, établie par Jean Maxence Granier, et considérant que la posture C impliquait une mutation du capitalisme, posture à laquelle il vous identifiait, et dans laquelle vous vous reconnaissiez, pour vous, la « fin du capitalisme » égale-t-elle effectivement la posture D ? Vous rapprocheriez alors des Immanuel Wallerstein, J-C. Michéa ? Ou pas tout à fait ?

    Vous avez bien dit fin DU capitalisme et non d’UN capitalisme. Je vous crois suffisamment attaché au sens des mots pour penser que dans votre esprit il s’agit de la fin DU capitalisme. Même si un doute infime subsiste, car ces derniers temps, votre humour ravageur allait crescendo, ce qui, d’ailleurs, aurait dû nous mettre sur la voie.

    Ceux qui vous connaissent maintenant depuis un certain temps sur ce blog savent que si savez vous montrer pondéré et même bienveillant lorsque les évolutions paraissent, à certain titre, « aller dans le bon sens », à l’inverse, lorsqu’il vous semble que tout ce qui aurait pu être fait n’a pas été fait et que la situation empire manifestement, votre coupez dans le vif, votre jugement devient alors impitoyable ; une formule précise et bien sentie vous suffit alors pour remplir l’office, nul besoin d’excommunier urbi et orbi.

    Le titre de ce billet a eu son parfait répondant dans la remarque de JLM (10:37) qui disait que si nous voulons avancer, il faut avoir un coup d’avance dans la partie qui se joue, dans l’évolution de la crise en cours, pour ainsi confirmer, conforter nos dispositions au changement, penser à des alternatives possibles, des stratégies, de sorte que des pièces cruciales — que l’on ne connaît pas encore, je reprends ici volontiers l’idée de l’auguste « clown », puissent se mettre en place, parce que chacun nous y aura contribué d’une manière ou une autre, chacun avec ses ressources propres.

    @ Bernard

    En signifiant que les principaux acteurs du capitalisme ne sont pas stupides, ne leur prêtez-vous pas des intentions et des visées à long terme qu’ils n’ont sans doute pas ? Ne sont-ils pas tout de même victimes d’un certain aveuglement ?
    Vous pensez peut-être à la stratégie du choc dénoncée par Naomi Klein ? Une sorte de fuite en avant, pour, du chaos ainsi créé, essayer de tirer les marrons du feu, ce que les néo-cons avaient cru pouvoir faire au moyen-orient. Certains des plus cyniques d’entre eux ont sans doute ces intentions, mais cela sera-t-il suffisant pour consolider le capitalisme ?

    Vous oubliez les peuples, les défis climatique et écologique, la raréfaction des ressources naturelles qui vont opposent une contrainte sans précédent sur le capitalisme et son évolution.

    Le capitalisme récent nécessitait une croissance dopée par l' »industrie de la finance », pour étendre et multiplier ses marchés, y compris et surtout en créant constamment des besoins nouveaux et artificiels. Or, le coeur du moteur, le système financier, est en train de se disloquer.
    De nombreux marchés qui ne se sustentaient que de ce développement continu de la finance vont se réduire comme des peaux de chagrin. Même l’industrie du luxe est touchée par la crise. Les habitudes de consommation vont se transformer car les salaires n’augmenteront pas ou alors verront leur valeur se déprécier. Le profit, but et moyen du capitalisme va donc rencontrer une impasse sans demande solvable.
    Comment dégager de nouveaux profits, et surtout des profits en continuellement augmentation, pour investir dans des projets toujours plus juteux, bref, étendre l’extension du domaine des marchés réels et artificiels, cela quand l’économie redécouvre les plus justes proportions du monde physique et humain ?

    Si un capitalisme se maintient c’est qu’il aura résolu la question du maintien et même de l’augmentation des flux (les transactions commerciales) avec des stocks de matières premières, d’énergie, (sans parler des externalités négatives du développement industriel basé sur les normes actuelles) qui demeurent constants ou sont, plus certainement encore, en voie de régression. Cela suppose une nouvelle révolution industrielle, celle de l’utilisation écologiquement optimale des moyens de production. Cela serait imaginable mais il faudrait alors remplir deux conditions :

    1. Réduire considérablement les inégalités car sinon il n’y a pas les marchés solvables pour augmenter le nombre des transactions qui sont nécessaires pour financer les investissement considérables qui assureront la pérennité du capitalisme.

    2. Trouver les moyens technologiques qui permettraient de produire autant, et même plus pour pouvoir réinvestir avec des stocks constants ou en voie de régression.

    Si ces deux conditions ne sont pas remplies, le capitalisme va finir par s’épuiser, moralement, financièrement, et physiquement.

    Certes, nous assistons à grand mouvement de concentration du capital, mais celle-ci ne peut caractériser, à elle seule, le capitalisme. L’appropriation des stocks (sols, ressources naturelles) par quelques uns peut nous acheminer vers une sorte de néo-féodalisme. Il y aura toujours des riches, des très riches mêmes, mais le nombre des serfs sera beaucoup plus grand qu’il ne l’est actuellement, car la richesse globale à partager aura diminuée.

    La seule issue en dehors d’une refondation du capitalisme sur les bases définies plus haut, est donc que
    le cataclysme économique et financier actuel accouche de puissants mouvements sociaux, d’actions individuelles et ou concertées visant à balayer les dogmes anciens, seules façons susceptibles de redéfinir le bien commun de l’humanité.
    AInsi la gestion nécessaire de la rareté ne se ferait pas au bénéfice de quelques uns qui imposeraient de nouveaux codes et usages sociaux, plus tyranniques encore que ceux du marché actuel et qui pourraient s’apparenter en effet à un néo-féodalisme, ce contre quoi il nous faut lutter désormais, comme l’a très bien dit JLM.

    1. @Pierre-Yves D
      Les potentialités de production d’énergie sont infinies, soyez en sûrs. Les ressources minières un peu moins, mais elles sont compensables sur le moyen terme. L’agriculture suivra…Le système financier quand à lui est un tigre de papier.
      Le vrai défi du XXIème siècle est le long chemin vers la maitrise de la démographie. L’éducation, l’élévation du niveau de conscience des masses en est le seul viatique, car rien ne se fait sans le consentement éclairé des peuples, sauf si l’on envisage de multiplier par mille les saignées du siècle passé.
      Ceux qu’ils faut craindre sont aujourd’hui aux commandes. Pour échapper à leur tyrannie il nous reste le conseil du philosophe Emile Chartier dit »ALAIN » qui nous propose trois remèdes; ne pas craindre; ne rien croire; rester sobre.
      Merci à vous tous pour votre attention et pour vos participations riches d’idées et souvent de bon sens.

  57. @ Alexandre

    Il est improbable que les autorités se préoccupent d’un quelconque message à l’attention de « la génération suivante ». Elles sont bien trop occupées de tenter de prévenir ce qui les attend si elles ratent leur coup avec la génération présente.

  58. Déflation en Chine?

    La production d’acier Chinoise s’effondre:
    http://www.shanghaidaily.com/sp/article/2009/200903/20090319/article_394723.htm

    Par ailleurs, la politique de crédit chinoise semble devenir inquiétante:
    http://english.caijing.com.cn/2009-03-18/110123588.html

    Il y a semble-t-il une véritable bulle financière qui vient de démarrer à Shanghai, probablement attisée par le PCC dans le but de s’attacher la petite bourgeoisie chinoise.

    Par ailleurs, il semble que 2/3 des dépenses du plan de relance chinoise ne correspondent pas à de nouveaux investissements mais correspondent à des dépenses déjà prévus et budgétisées dès 2008.

    Enfin, les Chinois ont quand même beaucoup souffert.de la crise financière: le State Administration of Foreign Exchange qui gère les $2,000 milliard de dollars de réserves chinoises aurait fait de très mauvais placement, se traduisant par des milliards de pertes. Certaines rumeurs parlent de pertes portant sur plus de la moitié des 160 milliards de dollars investis en Amérique.
    http://www.ft.com/cms/s/0/11fa4136-119f-11de-87b1-0000779fd2ac.html

    Tout ceci se traduit par un climat assez lourd en Chine: des responsables chinois ont ainsi fait remarqué qu’ils ne toléreraient pas un nouveau Tian’an Men

  59. @ François Leclerc
    Désirez-vous un bon tuyau pour me faire grimper au poteau à (presque) tous les coups ?
    (…) … Oui ?
    [] Dire « L’inflation serait une bonne solution »,
    ou une proposition voisine
    (a) augmenter les taux de référence (ceux hors risque),
    (b) augmenter la Dette avec des projets inadéquats, franchement pas ceux qu’aurait espéré mon petit-fils (6 ans) quand il aura 28 ans (2030).

    [] Dire « La crise prend son origine aux USA »

    – – – – – – – —
    Juste avant de prendre le café,
    à un moment où j’avais l’esprit nulle part ou ailleurs, il me vint une réminiscence
    Le 8 janvier 2009 je n’avais encore jamais participé à un échange sur un blog.
    Qu’est-ce qui me fit plonger ?
    D’abord un excès d’attention (a) sur une technique onshore (accessible à l’expertise comptable patentée par le fisc) et ce (b) avec une « démarche épiscopale » (honnête)
    non geopolitique, non cosmopolite, non politique, non Madoff, non aventureuse (Kerviel), non sensible à « l’urbanisme Façade-Sud et Façade-Nord » d’un même topReseau
    [La définition de topReseau est donnée sur le billet précédent à propos de la Fed-Reserve-of-NY, du FMI et plus
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=2351#comment-19949].
    J’ignorais tout du site de Paul Jorion.
    Entre ma réserve habituelle, d’une part, et mon « sens du devoir », d’autre part, devant une telle voie d’impasse pour les blogueurs, je pris l’option du second terme.
    Il me fallait une petite accroche
    (a) qui appartienne au site, et
    (b) qui me permette de « courber » le sujet.

    En quelques clics je suis tombé sur un bout de contribution qui m’allait :
    c’était
    un extrait du commentaire de François Leclerc le 30 décembre 2008 à 00:53.

    Blog de Paul Jorion 2008m12d29, article 1359 “Le 1er Mai”
    (à 25% de la hauteur du document) Un detail sur le commentaire de François Leclerc
    30 décembre 2008 à 00:53. Il disait alors.

    le bootstrap !

    “Deux autres questions se posent sur le lieu où se déroule la mère de toutes les batailles, c’est à dire les USA

    A partir de cette ligne je pouvais enclencher.
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=1448#comment-13867

    Le mécanisme était identique ce matin sur le billet La Fed sauveur suprême (billet 2351)
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=2351#comment-19921

    J’écris en gras « Les faits sont en complet désaccord » avec le propos « Or cette crise est née aux Usa »
    Le « territoire onshore américain » c’est vraiment l’impasse pour ne rien comprendre à l’essentiel,
    … même si … vous avez raison … vu de l’extérieur … ou pour les medias … ou pour les futurs Livre d’Histoire
    C’est une erreur de ma part de vous contredire sans finesse, mais vous comprenez « l’effet ressort sur moi » de votre propos.

    C’était « bon tuyau pour me faire grimper au poteau (presque) à tous les coups ».

  60. >Pierre-Yves D

    Voici qui va dans le sens de vos réflexions.
    http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/7951838.stm

    Il est assez frappant de constater que depuis presque 8 ans maintenant, des scientifiques britanniques évoquent la possibilité d’un effondrement systèmique mondial, résultant de la collision des contraintes environnementales, sanitaires et économique: la chose a même été évoqué lors d’une conférence au parlement britannique me semble-t-il.

    Le World Watch Institute l’évoque depuis plus de 10 ans.

    Le grand problème est que les mesures à prendre pour empêcher cela repose ntsur des investissements très lourds, entre autre dans le domaine de la recherche fondamentale, qui dureront fort longtemps.
    Il faut 5 ans minimum pour former un jeune thésard à un domaine de recherche neuf, comme ceux qui ne manqueront pas de naître dans le sillage de tels plans de recherche.

    Or, peut être n’avons nous pas devant nous 20 ans de répit, comme le suggère la BBC, mais seulement quelques années…

  61. @Jef

    d’accord avec vous sur les risques grandissants de divergences majeures entre les 3 blocs
    d’accord également avec vos positions pragmatiques s’agissant de la « fin du capitalisme »

    une forme épuisée de capitalisme financier rend l’âme mais semble déjà accoucher sous nos yeux d’une version 2.0 encore informe
    à suivre avec passion et attention, mais dans une perspective plus globale, que vous soulignez très justement

    @ tous

    ce blog de qualité offre des lectures et débats passionnants
    mille mercis à Paul Jorion et à François Leclerc

    je note toutefois l’emploi renouvelé de grands mots et de d’affirmations définitives
    un peu de provocation ne nuit certes pas! stimulation garantie!

    mais les analyses que l’on sent trop dominées par l’idéologie et les rêves de grands soirs perdent tout pouvoir de conviction… à défaut de perdre leur pouvoir de séduction!

    et si on jouait encore plus l’ouverture! les crises en sont aussi l’occasion

    ps. je demandais ce matin des infos sur des blogs similaires en allemand (ou brésilien, italien, etc)
    un tuyau

  62. Faire fonctionner la planche à billets est une fausse solution. A titre personnel j’en profiterai peut-être à travers la liquidation de mon emprunt immobilier, mais je devrai également subir une amputation massive de mon niveau de vie (un division par plusieurs facteurs), car soit on tentera d’ajuster les salaires en conséquence et l’inflation deviendra hyperinflation, soit on les comprimera. Dans les deux cas la classe moyenne sera broyée, et il restera d’un côté les possédant, de l’autre une classe salariale paupérisée.

    De plus, la planche à billets est l’apanage des grandes puissances, capables de jouer du fait accompli pour payer leur dette en monnaie de singe. Les petites nations n’auront pas ce privilège car leur dette est libellée en devises étrangères (regardez le Zimbabwe qui a cru pouvoir jouer de l’inflation monétaire !). Les dévaluations compétitives vont donc déclencher l’écroulement économique des petites nations qui ne pourront suivre le mouvement, qui par effet domino feront tomber les grandes. C’est un cercle infernal.

    Je suis persuadé que l’Union Européenne doit s’appuyer sur son marché intérieur, ses industries, son épargne, pour préserver un ilôt de prospérité en ce monde. Il est inutile d’essayer de relancer une machine du crédit irrémédiablement brisée. N’oublions pas non plus que l’essentiel de la dette publique de l’UE est intérieure, et relève donc de la relation entre les états européens et leurs citoyens.

    Malgré les critiques dont on l’assaille, je suis persuadé que le manque d’empressement de Mme Merkel à se lancer dans de gigantesques plans de relance relève plus de la sagesse que de l’apathie. Faire les titres des journaux pour quelques heures n’est pas son « truc », à la différence de certains (suivez mon regard). Elle réfléchit à long terme, et estime qu’il faut conserver ses munitions pour le moment où l’adversaire, à savoir la crise sociale, sera à portée de tir.

  63. @Philippe Deltombe : « mais les analyses que l’on sent trop dominées par l’idéologie »

    En général, ce genre de remarque signifie « les analyses qui ne relèvent pas de mon idéologie ». 🙂

  64. Heu… mais la Fed pratiquait déjà le QE auparavant mais sans l’annoncer ouvertement.
    La seule différence maintenant, c’est qu’ils le crient haut et fort.

  65. @ kerema29 [10:09]
    Vraiment bonne question !
    d’actualité ! à 100% !

    Evidemment mettre un HEC comme un des rapporteurs des assises de la Recherche, c’est bien une idée d’énarque…..
    Mais il en est sorti quoi de ces Assises à Lyon ?

    Le ministre, Chevènement,
    se retrouvait avec tous les grands industriels nationalisés sous sa tutelle R&D
    Il ne savait naturellement pas quoi en faire
    Et il fallait un « Plan de relance » avec les meilleurs « projets industriels porteurs » qui soit.
    Il écrivit une lettre au Président de tous les groupes nationalisés
    Je dois encore l’avoir dans une de mes boites
    Mon exemplaire était adressé au Président du Groupe Thomson-Brandt
    (17 Branches à l’époque, réduites à trois par les deux hommes qui savaient tout Gomez et le futur pdg de Valeo, un tueur inouï)
    Bref, changeons de sujet, il vaut mieux.
    Le président de Thomson-Brandt redispatcha la lettre, en x exemplaires, à tous les présidents de son Groupe.
    Ensuite, il fallait que ça remonte.
    Je ne me souviens plus délai. Je crois que c’était un mois.
    J’avais un mois pour faire le tour de toutes les Branches et Unités de notre propre groupe et des cinq filiales techniques avancées d’alors [SRTI, SEEEE, Sodeteg-Tai, Sedoc … il manque une]
    Chaque projet d’investissement devait être
    résumé, chiffré à peu près (estimé), soupesé, argumenté, etc. Synthèse sur une page maximum.
    Nous avions des experts top-top de tous les profils (agronomes, électroniciens, mécaniciens, champions du nucléaire, de l’eau, de la Santé, télédétection, etc. etc.)
    Tables-rondes et tout et tout. In fine je remis 80 synthèses à mon président.
    Vraiment du beau boulot. Et ça remonta la hiérarchie jusqu’au ministre.
    On n’en plus jamais entendu parler
    Non, je suis excessif. Il y a une opération entre TAI et la Dieli qui de toute façon ce serait faite
    … Bon, il faudrait que j’y repense.
    Je suis peut-être sévère. Enfin, sûr que je n’ai pas été ébloui.
    Une lourdeur indescriptible; interconnexions ultra-laborieuses au cas par cas … pffooooo !

    Je me demande si je ne pourrais pas ressortir ces 80 fiches de synthèse,
    résultat de cet énorme travail de dizaines et dizaines de personnes sur 3000.
    Un certain % pourrait être encore valable.
    Ne dit-on pas que les vrais bons sujets sont indémodables ?

  66. @moi
    c’est une interprétation que l’on peut faire en général, oui.
    pas dans ce cas-ci, je parlais surtout d’ouverture…
    mais svp ne voyez pas là la trace possible d’une autre option idéologique -)

  67. Je pense que les russes de l’époque pravda étaient mieux informés de ce qu’il se passait réellement chez eux et dans le monde que le pékin de base dans un pays libéral-démocratique.
    J’ai bien ri … vous savez comme quand c’est insoutenable !
    c’est tellement vrai !   Un tel déluge d’insignifiances

  68. Petite digression littéraire sur le pragmatisme:

    « Le pragmatisme est une doctrine selon laquelle n’est vrai que ce qui fonctionne réellement » (source: Wikipédia).

    Dit autrement, le pragmatisme est l’action sans idéologie, allons même un peu plus loin, sans idée. Analyser les causes ou envisager les conséquences (à long terme) dans ce mode de pensée est vain, seul l’action et son résultat immédiatement observable comptent. Porte ouverte au « cataplasme sur une jambe de bois », non?

    Combien de solutions apparemment viables « dans l’instant » (à court terme) se révèlent être désastreuses à moyen ou long terme? Les crises actuelles (environnementale notamment) ne sont-elles pas emblématiques de la faillite de ce mode de pensée?

  69. @Dissonance: « Dit autrement, le pragmatisme est l’action sans idéologie »

    Euh, non, vous veniez de dire « Le pragmatisme est une doctrine ». Dit autrement, le pragmatisme est l’action avec l’idéologie de ne pas avoir d’idéologie dans l’action. L’hypocrisie dans toute sa splendeur quoi…

    @Philippe Deltombe: « pas dans ce cas-ci, je parlais surtout d’ouverture… »

    Si vous vouliez dire qu’il y a des interventions idiotes qui se résument à des slogans, oui c’est vrai. Je ne suis moi-même pas très certain d’en être immunisé.

    « mais svp ne voyez pas là la trace possible d’une autre option idéologique -) »

    Trop tard, l’enquête est déjà en cours. 🙂

  70. @dissonance
    au bout du compte, nous devrions être d’accord

    un problème requiert une analyse méthodique de sa causalité fondée notamment sur une mise en perspective dans le temps de ses causes possibles.
    il en ira de même de la recherche de ses éventuelles solutions pour vérifier ou simuler leur possible efficacité (voir -ou ne pas voir- les trop célèbres stress tests!)

    une telle méthode me paraît pragmatique et ne requiert pas nécessairement le recours à l’idéologie
    elle devrait, comme vous le soulignez justement, être appliquée aux crises actuelles de l’environnement
    quant aux idées, il en fut des actions menées avec beaucoup d’idées… courtesles idées ok mais pas les idées courtes si je vous suis bien
    le pragmatisme non mais

  71. >Argone

    Jamais je ne laisserai un physicien interpréter les courbes d’une expérience à la façon de ce monsieur Chevallier: j’aurai trop honte d’être associé à un travail de ce type.

  72. Si je comprends bien, tous ces État dits « en voie de développement » et qui suffoquent sous leur dette (quelquefois « odieuse ») publique (http://www.cadtm.org/spip.php?article22) depuis les années 60 ruinant toutes leur chances de développement, n’ont plus qu’à racheter leur propre dette en demandant à la FED de leur emettre des dollars ?!? Il n’y a pas de raison que cellec- refuse, si ?

  73. Beaucoup de commentaires et d’excitation qui va avec, non ?

    Racheter la dette en Dollars à l’Asie (Chine et Japon ), et aux saoudiens, signifie éviter la baston inutile ( puisque synonyme de plus de destruction que de construction ) et un repli vers le potentiel interne. C’est plutôt sage. Dans cet intérieur, les américains détenteurs de beaucoup de Dollars vont devoir faire face à autant de modestie.

    Un hic. C’est plus d’un millier de milliards de dollorèse qu’il faut pour la Chine, presque autant pour le Japon, et je ne sais plus combien pour la péninsule arabique ???? Ca sent la négociation hors témoin avec les intéressés qui vont devoir y laisser quelques plumes quand même.

    Il reste aussi un problème énorme avec les retraités qui avaient placé leurs éco sur hedge funds en Dollar… mais de toutes façons, ce problème de retraite chacun pour sa peau était déjà à vous fracasser une société. La santé, les laissés pour compte … Il restera aussi à traduire en justice quelques néoconservateurs et leurs influences, pour la forme et parce que, pour quelques actions, ils le méritent ( ai-je parlé de guerres coloniales et de patriot act adopté après un certain 11 septembre ? ) !!! Ils vont essayer de tout rêgler, ils vont essayer de rebondir, et c’est ce qu’il y a de mieux à faire.

    Ce qui s’appelle la prise de ses responsabilités.

    Tiens, il y a des gens qui pensent au sommet des reponsabilités US. N’est-ce pas une bonne nouvelle

  74. @Pierre-Yves D
    C’est avec une infinie tendresse que je souris en vous lisant

    @Bernard :Vous oubliez les peuples, les défis climatique et écologique, la raréfaction des ressources naturelles qui vont opposent une contrainte sans précédent sur le capitalisme et son évolution.

    Vous n’avez vraiment pas une âme de tueur ou en novlangue par exemple « banquier d’affaires chevalier blanc »
    En haute finance on n’en a rien à foutre (excusez-moi l’expression) de ce que vous racontez.
    … Franchement ! … une contrainte … quelle contrainte ?
    Une guerre fratricide à coups de trillions (tickets de 1000 milliards)
    avec/sans geopolitique en arrière-plan

    http://www.slate.fr/story/une-guerre-civile-entre-riches
    De mon point de vue ce n’est pas comme le dit, mais ça vous donne un peu la « qualité de l’air ».
    Pourriez essayez de vous mettre dans une autre psychologie ?
    … avec une forte dose DSM IV
    Où sont vos adversaires ? Qui est plus riche que vous ?
    Qui voulez-vous séduire, éventuellement, en sus de vous-même ?
    A qui pourriez-vous faire un coup pendable qui vous ferait gagner un peu de terrain ?
    Où sont vos objets manipulables (ami(e)s)) ?
    … Qui sont les « asterminds » autour ?
    C’est un mot à moi … vous le verrez apparaitre plus tard.

    Offrez-moi trois ou quatre autres noms de clowns (ogres, prédateurs,…)
    Je vous ferai des scènes de tueurs qui, au sommet d’un topReseau,
    savent ce qu’il font,
    dans les circonstances présentes …
    … peut-etre meme génialement …
    Je ne peux pas prendre « Barbe-toute-Bleue »
    c’est déjà pris

  75. @Hervé de Bressy

    En quoi l’émission monétaire par les banques centrales (en monnaie centrale) serait-elles plus inflationniste que celle des banques commerciales (en monnaie/dette) si la création monétaire sert aux créations de richesses « nationales » et non pas à une augmentation de consommation importée (chinoise ou autres ) ?

  76. Pour ma première intervention sur ce blog j’aimerais faire une remarque et vous poser quelques questions.

    La remarque: jusqu’à maintenant et malgré une politique (surtout étrangère) souvent insensée, les USA s’en sortent toujours. On peut donc raisonnablement penser que ce sera encore le cas dans cette crise…et donc que l’administration Obama sait où elle va même si on ne saisit pas tout de sa stratégie dans l’immédiat. Les USA pourraient donc sortir grands vainqueurs de cette crise dont ils sont à l’origine. On peut y croire même si il faut toujours une première fois pour mettre fin à une série gagnante et c’est peut-être maintenant…

    La question très profane pour vous les experts économiques du blog concerne la dévaluation comme arme de guerre économique. Si le dollar s’effondrait (effondrement organisé de façon souterraine ou effondrement fortuit) et que les USA en profitent pour procéder à une dévaluation massive de leur monnaie en détruisant tous les « anciens » dollars très vite pour leur substituer un « nouveau » dollar (par exemple un nouveau dollar remplace mille dollars anciens), réduisent-ils mécaniquement et effectivement leur dette monstrueuse de même proportion?

    Et qui pourrait s’y opposer, vu la quantité de dollars en circulation dans le monde? Qui aurait les moyens de refuser un tel marché? Les USA ne pourraient-ils reprendre ainsi un avantage décisif sur le reste du monde en une telle circonstance? Il me semble que s’ils effaçaient leur dette ils renforceraient encore leur leadership économique non?Merci de m’avoir lu.

  77. Relisez Anna Harendt sur la montée des totalitarismes.La propriété, c’est ce que l’on peut détruire .On y est !

  78. @le clown blanc:
    A mon avis tes notes de synthèses sont légèrement confuses et discrètement incohérentes. As tu essayé une pilule de Lithium pour simplifier ta vie.

  79. @ D croissance

    La réponse est oui sur la diminution de la dette.
    Et oui sur le leadership, mais dans cette perspective, ce serait de leadership militaire dont il faudrait parler parceque le commerce international il n’y en aurait plus.

    Cette possibilité d’un nouveau $ imposé pas les USA est assez bien détaillé dans les GEAB.

  80. Pierre-Yves D

    Merci d’avoir précisé que le capitalisme se heurte à la taille de la boite. Nous avons peut-être un souci d’organisation, mais plus surement un problème d’objectif à résoudre, avant de relancer quoique ce soit.

  81. @D-croissance

    Et ils consommeraient quoi les américains? Non parce qu’a la base s’ils connaissent de tels problèmes d’endettement extérieurs c’est bien parce qu’il ne produisent pas ce qu’ils consomment. Et je parle là d’un phénomène de désindustrialisation qui date de plus de trente ans. Refaire une industrie çà va demander du temps, si le dollars perds disons 50% de sa valeur çà veut dire que les produits consommés aux USA et fabriqué en Chine ou au Mexique verront leur prix augmenter d’au moins 50% et probablement beaucoup plus les intermédiaires gardant toujours leur marge à chaque étape de la commercialisation d’un produit. Dans secteurs ou les USA n’ont plus aucun savoir-faire textile, meuble etc et où il n’y a pas de production de substitution les prix gonfleront au rythme de la dévaluation. Je vous laisses imaginer le carnage les consommateurs verront leur pouvoir d’achat rattrapé celui du Mexique. Les USA sont même déficitaire en produit agricoles, ce qui est surprenant pour un pays si vaste et là c’est la famine en cas d’explosion des prix.

    Vous savez un tissus industrielle c’est comme un potager çà pousse lentement et il faut l’entretenir. Les USA détruit leur tissus industriel sur trente ans ce n’est pas des manipulations monétaire qui vont le faire réapparaitre l’année prochaine. C’est un problème de timing une dévaluation trop brutal pourrait être une catastrophe digne d’une guerre civile.

  82. @ Herve de Bressy.

    Je suis en phase avec l’attitude courageuse de Me Merkel qui doit faire face à une situation incroyablement difficile. Entre une volonté monétaire forte, un PIB à plus de 40% tourné vers l’exportation, et des élections qui approchent, il faut vraiment avoir de sacrées convictions (dont les racines plongent dans les années noires de l’Allemagne).

    Plus réservé sur l’idée de l’îlot Européen car c’est techniquement impossible. Si l’Europe sortait du commerce international à cause d’une parité désavantageuse ce serait catastrophique.
    Peut être un juste milieu entre préservation de l’épargne sagement accumulée des ménages et un maintient de l’€ dans des limites commerciales acceptables.

    De toute façon, à ce niveau d’incertitude, tout repose sur la confiance et dans un mode panique, type rejet des monnaies fiduciaires, l’€ serait emporté comme les autres.
    Imaginer que l’on peut piloter de gentilles dévaluations monétaires relève du fantasme de conseillers qui croient que tout va se passer comme dans les vieux manuels d’économie.

  83. @Tous :

    Je crois que Paul n’a pas écrit « fin du capitalisme » par hasard. Hier, en rachetant sa dette avec sa propre monnaie la FED signait la fin de son Core Business (!). C’est une des conditions nécessaire mais pas forcément suffisante pour ébrécher le « libéralisme économique », l’idéologie qui a déployé son ombre sur la planète toute entière. Dans cette idéologie, il paraissait tout à fait « normal » voir « sain » d’enseigner aux étudiants des grandes écoles de commerce que toutes les chaussettes de l’humanité devaient être produites en Chine, le dollar adossé au pétrole le permettait. Avec la liberté sans entrave, il était de « bon ton » de parier sur les cours du textile avec de l’argent sous forme d’actions que l’on ne possédait pas. Du coup une partie de l’humanité peut se retrouver pieds nus. Le plus curieux, c’est de constater le nombre de cerveaux bien irrigués qui se sont laissés bernés par les courbes toujours croissantes dans les salles de marché et les chiffres toujours en hausse dans les médias du Capital. Alors, si le nombre de cols blancs floués par la FED, les banques centrales, et les trusts bancaires augmente exponentiellement le pronostique historique de Paul risque d’être juste : la classe moyenne aura implosé avec la haute finance.

  84. @ Paul

    Eh bien, si vous aviez annoncé la fin du monde, vous n’auriez pas eu moins de commentaires…
    Wall Street commence à réfléchir, semble-t-il : le DJ est en baisse

  85. Concert lassant de passivité déprimée . Et s’il y avait opportunité pour l’Europe , cette dévaluation va peut être permettre de revenir en force sur les marchés anglo saxons en rachetant bon nombre de sociétés concurrentes ( il en existe , les USA ne sont pas un désert industriel à lire certains , et ils ont fait main basse sur une multitude de brevets ) achats par des opérations de lbo quitte à s’endetter selon les modèles appris et sans forcément avoir le cash nécessaire . De toute façon si par hasard notre dette devenait vraiment trop lourde , le passe passe de l’éponge magique fait maintenant autorité . Il y a un court créneau où les mousquetaires vont devoir agir pour retourner la situation à notre avantage . En même temps ils pourraient y exporter un modèle social d’économie mixte qui marie un peu d’écurie , un peu de grand air , et une juste ration d’avoine en récompense . Ce fameux modèle que nos députés européens ne savent toujours pas vendre , puisqu ils passent leur temps à se contempler tout en contemplant les prés des voisins . Maintenant que les frenchies sont dans l’Otan , on ne va pas avoir de complexe pour leur vendre nos avions de combat qu’ils veulent etc… et on peut rêver aux lendemains meilleurs rien que pour positiver .
    En tout cas Freud avait peut être dit en débarquant aux Etats Unis  » Ils ne savent pas que nous leur apportons la peste « . Ils sont entrain de nous en retourner une que les « Pasteur » chargés du cordon sanitaire ont intérêt à vite endiguer , en se bougeant pour éclairer et vacciner dare dare les lampistes .

  86. La critique est aisée, l’art est difficile. Saluons cet article remarquable de Paul. Cette fausse monnaie sert-elle à détourner les investisseurs vers d’autres placements ou anticipe-t-elle le retrait chinois ? Car la dévaluation du dollar étant inévitable, les chinois doivent impérativement protéger leurs réserves. Un retrait massif chinois aurait ruiné et plongé les USA dans le chaos. Ceux-ci l’ont anticipé. Ils avaient le temps, la Chine avait demandé d’attendre la fin des JO avant de laisser éclater la crise, business oblige. Les 2 puissances , Chine et USA, ne pouvaient entrer en conflit ouvert avant plusieurs années, leurs économies étant dépendantes l’une de l’autre. Celle d’exportation chinoise vers le marché US et celle américaine de bons du trésor en échange de monnaie chinoise. Les empires vont s’affronter maintenant, un peu tôt pour la Chine qui n’est pas prête militairement, il lui fallait encore 20 ans. Le contrôle des voies maritimes d’acheminement du pétrole devient la priorité des armées. La France construit une base navale dans les émirats à Abou Dhabi. En face de l’Iran.

  87. J’en connais qui n’ont pas du tout aimé, Paul.
    voilà ce qu’on trouve en commentaire chez Loîc Abadie à propos de votre article. Il répond à un certain alix qui lui a manifestement signalé votre article:
    « Bonjour Alix, le blog de Paul Jorion devient pour moi de plus en plus clairement un blog d’extrême-gauche (« la fin du capitalisme », Besancenot considéré comme « interlocuteur valable »…etc).

    Je n’interviendrai donc désormais plus sur ce blog, au vu l’orientation qu’il prend, et laisserai les commentateurs de gauche radicale y refaire le monde entre eux. Je continuerai par contre à le lire, ne serait-ce que pour connaître les intentions et les projets d’un courant de pensée qui peut représenter un danger important pour nos démocraties (avec la crise, les idées du facteur pourraient trouver un terreau favorable à leur propagation, et nous devons être prêts à anticiper cela pour nous en protéger si nécessaire)
    Sinon, le « capitalisme » en a vu d’autres et se remettra de cette crise comme des précédentes…les pays émergents n’ont que faire des croyances de la gauche radicale.
    Quand une majorité d’intervenants sera convaincu que c’est « la fin du capitalisme » et que les turbulences seront à leur maximum, il sera alors grand temps d’acheter les marchés pour du LT…Dans quelques années sans doute.

  88. “Le 18 mars 2009 : fin du capitalisme”

    Cette annonce a provoqué une avalanche de posts…
    Rien que des commentaires trés intelligents, j’en ai un mal de crâne d’avoir tout lu…
    Puiqu’il est fini, enfin presque, il bouge encore un peu, pouvez nous dire si son agonie va être lente, rapide, convulsive, interminable.
    Donc, il faut passer à autre chose, mais quoi? Pas vu de remplaçant sur le banc de touche!
    Reste que fini ou finissant, ce système avait servi de liant à un tas de trucs, de partenaires, de concurrents.
    Déjà, avant même son apparition dans la rubrique nécrologique, les héritiers chinois chercher à se défausser de la vaisselle du viel oncle Sam.
    Ben, maintenant qu’il est mort, c’est donc à une veillée funèbre que se rendrent les 20 pleureuses…
    Les cris et les lamentations vont glacer d’effroi la terre entière, brrrr j’en ai déjà froid dans le dos.
    Les querelles de succession vont être d’une férocité, c’est sûr.
    Pas sûr que ça soit trés élégant tout ça.

    Et dire que nous en sommes arrivé là, à force de génie humain!

    Quant à l’action de la Chine, y a qu’à aller faire un tour du côté des petits pays d’Asie pour voir qu’elle n’a rien à envier à son défunt tonton. Elle sait y faire, elle aussi.
    Le même doigt dans l’oeil.
    Peut toujours acheter des mines en Australie, en Afrique; des rizières à Madagascar, au Cambodge, va être difficile d’être partout à protéger ses investissements, à moins qu’elle envisage, toujours comme le tonton défunt, de devenir le gendarme du monde.
    C’est vrai c’est la fin du capitalisme que vient de nous signifier Paul, pas celle des E-U, encore que….

    Bonne nuit

  89. je crois que nous n’avons pas fini d’entendre parler de Monsieur Paul Jorion 🙂

    Si les boursicoteurs prêtent maintenant une oreille attentive aux vues de Paul Jorion c’est que Paul marque des points, non pas sur un plan pratique — faut pas rêver, les affaires continuent ! — mais
    sur un plan idéologique. La bourse ne va pas s’arrêter, mais par petites touches répétées et administrées là où cela fait mal, c’est à dire relatives à l’idéologie du système, aux représentations qui sont associées au monde économique et financier depuis au moins un quart de siècle, le travail de sape, intellectuel, va produire insensiblement mais sûrement ses effets.

    Ceux qui prennent Paul pour un radical d’extrême gauche se trompent lourdement et se décrédibilisent par là même.

    Paul n’a jamais souhaité un effondrement brutal du capitalisme, car il a toujours anticipé de possibles effets dévastateurs.

    Les défenseurs à tous crins du capitalisme sont sur la défensive. Il auront au besoin la force et l’argent, pour un temps, pour eux, mais ce n’est pas la pensée que l’on emprisonne, seulement les corps.

  90. @Pierre-Yves D.
    La survie du capitalisme, écrivez-vous, dépend de deux conditions :
    « 1. Réduire considérablement les inégalités car sinon il n’y a pas les marchés solvables pour augmenter le nombre des transactions qui sont nécessaires pour financer les investissement considérables qui assureront la pérennité du capitalisme.
    2. Trouver les moyens technologiques qui permettraient de produire autant, et même plus pour pouvoir réinvestir avec des stocks constants ou en voie de régression. »
    Cela me semble bien résumer le problème de notre époque. Aucune de ces conditions n’est insoluble techniquement mais l’une comme l’autre supposent de surmonter l’intérêt de classe à courte vue des dominants. Ces derniers s’accrochent à leur rente et cherchent à rattraper leurs pertes sur les salariés, comme Trichet l’a évoqué avec cynisme. Soit en jouant le chômage – c’est l’option depuis longtemps des dirigeants européens, soit peut-être demain en jouant de l’inflation. Quant à l’environnement, il sera sans doute le prétexte de nouvelles bulles (et d’hors et déjà à une bulle médiatique), mais la prolifération de technologies « vertes » ne suffira sans doute pas à remplacer la véritable planification écologique qui s’imposerait.
    Bref il s’agit maintenant de profiter de la crise pour déplacer les rapports de forces et donner les commandes à des dirigeants moins inféodés au capital rentier. Une partie du « grand capital » pourrait s’y résoudre par réalisme , comme en 1945. Mais au préalable il faudrait que le programme de ce nouveau compromis historique au moins s’ébauche… Faute de quoi, comme vous le soulignez, le pire est probable…

  91. >J. Halpern

    Vous dites :
    >Bref il s’agit maintenant de profiter de la crise pour déplacer les rapports de forces et donner les commandes à des dirigeants moins inféodés >au capital rentier. Une partie du “grand capital” pourrait s’y résoudre par réalisme , comme en 1945. Mais au préalable il faudrait que le >programme de ce nouveau compromis historique au moins s’ébauche… Faute de quoi, comme vous le soulignez, le pire est probable…

    Il me semble cependant que ce changement de dirigeants a reposé sur deux grandes tragédies en Europe:
    1) L’incapacité qu’eut l’ancienne élite dirigeante à gérer la crise des années 30 et l’arrivée des régimes autoritaires Fascistes et Communistes.
    2) Sa collaboration active ou passive avec le régime Nazi dans la reconfiguration de l’Europe, et notamment dans la réalisation du génocide Juif.

    Ces deux points ont interdit aux régimes les plus anti-sociaux de perdurer en Europe, leur idéologie étant totalement discrédité par la collaboration avec l’occupant Nazi.

    Sans cette faute morale, il aurait sans doute été impossible de faire plier les élites économiques et politiques Européenne, et de leur imposer les réformes sociales de l’après guerre.

    Je crains que le même schéma se reproduise, et qu’il nous faille attendre une tragédie de grande ampleur pour imposer a cette clique les choix sociaux dont nous débattons.

  92. @ Loïc Abadie (puisque vous continuerez à nous lire)

    Les idées du « facteur », comme vous l’appelez, ne prendront pas. Non pas qu’elles constituent un danger réel pour « nos » démocraties (que ceux qui s’en sentent exclues continuent de battre le pavé) mais parce qu’il est clair que le pouvoir actuel fait tout ce qu’il faut pour les mettre en avant par médias interposés.

    C’est un secret de polichinelle que certains démocrates qui nous gouvernent veulent plomber la gauche du même boulet extrême que Le Pen a représenté pour la droite pendant vingt ans.

    Cela ne marchera pas, car, avec la crise protéiforme qui explose de toute part, le contexte politique français a brutalement changé du tout au tout. Le Pen a fonctionné comme un défouloir pendant une période où la gauche et la droite voulaient strictement la même chose : renoncer à faire de la politique pour s’en remettre à loi hégémonique du marché mondialisé, à travers le levier sanctifié qu’a représenté l’Europe du traité de Maastricht.

    Le consensus qui a pesé (le mot n’est pas trop fort) sur l’histoire de ce pays pendant un quart de siècle est en train de voler en éclat (à part l’écroulement du capitalisme, je signale aussi, modestement, qu’il y a eu des très instructives et très importantes manifestations à travers toute la France aujourd’hui).

    Quelque soit le bord auquel il appartient, le personnel politique est désormais condamné à faire son métier, et tenir compte aussi de la rumeur qui vient de la rue. D’où ces dissidences qui percent ça et là et qui réussiront auprès des électeurs, n’en déplaisent aux médias officiels (RDV au mois de juin pour la surprise du chef). Pour sanctionner la politique molle qui a été menée depuis des lustres, il y aura désormais bien d’autres choix que le vote provocation en faveur d’un clown triste, au masque historiquement bien connu.

    Je vous précise, Cher Loïc, que je suis affilié à un parti de droite, et que je ne rentre donc pas dans votre grille de lecture simpliste du champ politique.

    Quant « aux pays émergents qui n’ont que faire des croyances de la gauche radicale » je vous trouve culturellement trop léger pour préjuger ainsi de l’avenir de tout un pan de la planète, auquel vous êtes complètement étranger.

    Car enfin, à part gérer votre patrimoine et enseigner dans les écoles de la république, c’est quoi votre boulot : coupeur de canne à sucre ?

  93. « aux pays émergents qui n’ont que faire des croyances de la gauche radicale »

    Oui, oui, c’est pas une blague, Loïc l’ultra-libéral nous dit que le PC chinois sauvera le capitalisme. 🙂

  94. @ Daniel Dresse

    Vous avez beau être affilié à un parti de droite – personne n’est parfait – c’est toujours un plaisir de vous lire.

    Ma petite leçon d’Histoire quotidienne, ce soir, elle est drôle. Merci.

  95. J’oubliais ! Concernant la décision de la FED hier. Pour les tenants de la création monétaire ex nihilo, sans contre partie nécessaire dans la production de richesse (d’aucuns m’ont reproché ici d’ânonner une idée aussi grossière) une grande lueur se lève à l’ouest !
    D’une manière ou d’une autre, l’énormité de ce laboratoire historique là soldera le problème, avec ou sans intérêts.

  96. @ Olivier

    À propos d’Abadie, j’écrivais tout à l’heure à un ami :

    Il y a un problème de fond : ce qui mobilise les commentateurs sur le blog [de Paul Jorion], c’est l’idée de « cerveau collectif », de « trouvons une solution ensemble ». Or le fonds de commerce d’Abadie, c’est la démerde individuelle. Si les gens vont sur son site, ce n’est pas du tout parce qu’il y a là un projet collectif, c’est parce qu’il donne des trucs utilisables dans une perspective de chacun pour soi. Des gens comme ça sont conservateurs par définition, il n’y a rien à en tirer pour un projet commun : il dit « C’est parce que tout va mal que je suis comme ça » mais crois-tu vraiment qu’il était plus ouvert au monde quand tout allait bien ? J’en doute personnellement.

  97. J. Halpern

    Vous faites bien de préciser que le business vert n’est pas, en soi, une solution.
    Confier au seul marché le destin de l’humanité cela ne peut marcher.
    Cela pourrait même ne pas empêcher l’épuisement des ressources naturelles, car la demande globale continuerait à sa maintenir à un niveau tel que l’on ne pourrait éviter les changements irréversibles dont les experts ne cessent de revoir à la hausse la probabilité de survenue rapide.

    De nouvelles technologies écologiquement compatibles cela ne signifie pas seulement,
    comme on l’entend communément, des technologies propres, et en particulier des technologies relatives au seul domaine de l’énergie pour sa production et/ou a son utlilisation, cela concerne tout le rapport que les humains entretiennent avec la nature. Cela concerne donc toute l’organisation sociale via l’économie et ses valeurs axiales.
    Les nouvelles technologies devront donc former un système technique nouveau. Je reprends ici une idée développée par Bertrand Gilles, théoricien de l’histoire des techniques.

    « Le système technique est un grand ensemble de cohérences qui se tissent à une époque donnée entre différentes technologies et qui constituent un stade plus ou moins durable de l’évolution des techniques. Ainsi chaque époque serait caractérisée par une synergie entre quelques techniques fondamentales créant ainsi une économie spécifique, avec un ensemble de techniques affluentes qui sont complémentaires et cohérentes les unes avec les autres. » (Wikipédia)

    Il s’avère que le système technique inhérent au système capitaliste actuel n’offre plus une synergie capable d’assurer notre avenir, un avenir digne de ce nom. Il entre aussi en contradiction avec les aspirations pour une humanité plus juste. Bref il contribue à l’autodestruction de l’humanité — en tant qu’espèce mais aussi en tant qu ‘humanité de l’humanité, et à la destruction concomitante de nos éco-systèmes.

    Le philsophe Bernard Stiegler prolonge encore l’analyse lorsqu’il remarque que le capitalisme après avoir épuisé le filon de la libido qui impliquait encore de la fabrication du lien social indispensable à son fonctionnement, exploite désormais, depuis quelques décennies, nos pulsions, ce que traduit parfaitement le raccourci de langage et aveu d’un ancien directeur de chaîne télévisée selon lequel son métier d’homme de télévision consiste d’abord à « vendre du temps de cerveau disponible » à l’espace publicitaire. Autrement dit, c’est tout le système qui devient publicitaire et non plus la technique publicitaire spécifique. Le désir devient alors qualibré, la pensée se dilue dans un horizon qui se restreint au présent toujours recommencé du flux des marchandises. Bien entendu cette belle mécanique risque d’être perturbée avec la crise actuelle car celle-ci prive les consommateurs des moyens d’accéder aux biens qui paraissaient — du moins d’un point de vue fantasmatique, pour les moins aisés — si faciles d’accès.
    Avec la raréfaction des biens consommables de base, c’est la politique dans ce qu’il y a de plus manipulateur qui pourrait alors prendre le relais dans l’exploitation des pulsions primaires. A moins que l’Eros civilisé — pour Freud, le désir investi socialement — ne s’investisse dans le politique, autrement dit des passions plus constructives, ce qui offrirait une porte de sortie.

    Le système actuel est d’un point de vue énergétique, très entropique : produire des steaks en série, par exemple, implique la culture de plantes oléagineuses sur milliers d’hectares qui pourraient être utilisés directement pour l’alimentation ; produire une voiture et son moteur à explosion — solution technique qui n’était pas de loin la solution qui offrait le meilleur rendement énergétique –, produire une bouteille en plastique, produire même de l’électricité nucléaire et la diffuser sur un réseau hyper centralisé, consomment des quantités d’énergie et /ou de matières premières considérables, qui utilisées dans un nouveau système technique, plus local, plus intégré en termes de recyclage et d’utilisation des ressources facilement accessibles, permettraient, à l’aide de technologies adéquates — qui restent à inventer en partie — d’économiser les ressources encore disponibles.

    Nous sommes loin ici des objectifs étroits de Kyoto concernant les rejets de gaz carboniques, qui ne résoudront rien ou si peu, et qui du reste passent sous silence les problèmes tout aussi importants pour notre survie des atteintes à la biodiversité et de la pollution chimique, des terres, des fleuves, des nappes phréatiques, des lacs des mers et des océans, et déjà aussi de l’espace proche qui enserre notre boule bleue.

    Il faudra donc des décisions politiques, des dispositifs juridiques, de nouvelles normes, des nouvelles dispositions d’esprit, si l’on veut réajuster les moyens l’aventure humaine à ses nouvelles fins, ses nouvelles priorités. Et, lâchons le mot, cela suppose l’émergence d’un nouveau paradigme, d’un nouveau statut de la connaissance quant à son rapport à la réalité, sujet dont a d’ailleurs traité Paul Jorion, ici-même, sur ce blog.

  98. @ Olivier,

    Loïc Abadie appartient à une école de pensée pour laquelle démocratie signifie d’abord (ou essentiellement) : droit à la propriété (individuelle). C’était d’abord (ou essentiellement) le non-respect de ce « droit fondamental » que les tenants de ce parti reprochaient à l’URSS (et aux communistes en général). Tout le reste étant sensé en découler.

    On conçoit qu’ils craignent de perdre beaucoup sur ce terrain (si même ils parviennent à conserver « leur » bourse), en terme de propriété des idées (des brevets d’intérêt général notamment), et des biens qui devront nécessairement être déclarés collectifs (ressources et énergie). Mais une collectivisation sur quel mode?

    Est-il sûr que le NPA (vu son « hérédité ») ait bien tiré les leçons de la faillite intégrale de l’appropriation étatique par une bureaucratie autonomisée ? Ce sera probablement le rôle de l’autre pôle des « interlocuteurs valables » (MODEM) que de le lui rappeler.

    Et tous, entre ces deux pôles (puisque le reste semble condamné à sombrer), devront aussi affronter la question qui n’a pas encore été posée, la question politique (comme si ce pan-là n’était pas aussi en crise), celle de la « vraie » démocratie: un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple.

    Là, tous les partis sont encore tous bien à la même enseigne, c’est-à-dire très en retard! : structure pyramidale, exécutants petites mains en bas et représentants à vie spécialistes en haut ; et de même pour les modalités qui correspondent à ces structures: élections tous les 5 ans de gens responsables de rien.

    Que l’on doive en venir à de très profonds changements de ce point de vue, c’est ce que semble devoir commander l’urgence et le sérieux de la situation qui paraît appeler maintenant une refondation de type Conseil National de la Résistance en 1945, comme l’ont je crois très justement signalé les intervenants plus haut (notamment Pierre-Yves D, J. Halpern, Blob, Daniel Dresse: c’est-à-dire toutes tendances confondues, c’est déjà un bon signe!).

    Ils en ont aussi commencer à en signaler les obstacles et les limites. L’humanité apprendra-t-elle de ces erreurs? C’est ce qu’il nous reste à démontrer. Laisser retomber à sa misère un sectarisme obsessionnel datant du siècle dernier, comme le fait Paul Jorion, paraît en tout cas déjà un bon pas en ce sens.

    Bien cordialement,

    (Non, ce n’est pas une insomnie due à la fin du capitalisme qui me fait poster à ces heures indues. Vous savez parfois: « post coitum animal inspiré », si je puis me permettre… Mais quoi, en fait, la (vraie) vie continue ! 😉 )

  99. PS: Damned! Il manque un terme à ma brillante dialectoque!

    Entre le juridique: les modes de propriété et le politique: le mode de représentation, il y a bien sûr le travail !

    Puisque j’en étais à assigner royalement un rôle à tout le monde, il reste au NPA, ou au « front de gauche », en fait tous ceux dont j’étais qui manifestaient hier, à faire comprendre ce fait: ce sont les pauvres qui produisent la richesse (pas le marché de la concurrence libre et non faussée). Sans eux, les riches ne peuvent rien, n’ont rien, et même ne sont rien.

    (Autrefois on aurait dit « travailleurs », mais on sait que l’on peut employer « pauvre » comme synonyme exact aujourd’hui: « travailleur pauvre » étant bien sûr devenu un pléonasme.)

    Qu’est-ce qui peut bien représenter les intérêts du travail chez Loïc Abadie? Si tant est qu’une telle catégorie puisse exister dans son monde magique où la richesse naît derrière un écran… Mystère.

  100. « Ah oui, j’oubliais : la bourse de New York, considérant qu’il s’agissait d’une bonne nouvelle, a clôturé en hausse. »

    Mais bien sûr que c’est une bonne nouvelle c’est quoi ce commentaire limité ?

    Est-ce que l’achat de « ressources minières et pétrolières », ne va pas faire monter les prix des « ressources minières et pétrolières » ?

    Et les vendeurs des « ressouces minières et pétrolières » ils vont en faire quoi de leurs dollars qui vont « perdre de la valeur » ? Ils vont les garder pour eux en attendant qu’ils ne valent rien ? Que vont-il acheter à leur tour ?

    Drôle de façon de comprendre l’économie et la vitesse de circulation de l’argent qui dépend directement de l’inflation !

  101. « La date d’aujourd’hui, le 18 mars 2009, sera retenue par l’histoire, tout comme celle du 29 mai 1453 le fut pour la chute de Constantinople ou celle du 9 novembre 1989 pour la chute du mur de Berlin, comme celle qui signa la fin du capitalisme. »
    je vois pas très bien le rapport entre l’écroulement attendu des US et la fin du capitalisme. Le capitalisme existait avant les US et ce mode de pensée à une résilience et une capacité d’adaptation tout fait impressionnante. Ce à quoi nous assistons c’est à la mort de sa version « néo libérale » courant finalement assez bref, il aura duré 50 ans a connu son heure de gloire pour renverser les réformes du gouvernement Roosevelt (front populaire etc…) et des années 30 et n’aura pas survécu au pays qui l’a enfanté.

    Le capitalisme va (encore) muter, c’est sur. La bonne question à se poser est vers quoi ?

  102. Je vois que le concept de « capitalisme » pose problème. Ce que Paul appelle capitalisme je crois, c’est une forme d’organisation de la coopération sociale dans laquelle les investisseurs dominent les entrepreneurs et les salariés.
    Ce qu’il appelle la « fin du capîtalisme » c’est la fin de la domination idéologique du capitalisme, comme « meilleur mode d’organisation de la coopération sociale ».
    Sur le plan géopolitique cela se traduit par l’effondrement de la puissance américaine (ne leur reste plus – et encore!- que la puissance militaire, mais ils ne peuvent rien faire tout seul, même sur ce plan là ils ont besoin d’alliés). La fin du dollar comme monnaie de réserve implique qu’ils devront, de gré ou de force, adopter une grille de lecture disons plus proche de la tradition de pensée européenne. Le pouvoir financier passe à la Chine. L’interprétation capitaliste de ce qu’est la monnaie, de l’efficience du marché, de la formation des prix, tout ça s’effondre et est désormais dépourvu de toute légitimité. Le capitalisme US ne constitue plus un modèle de développement possible. Et ça, ça n’échappe à personne. La guerre va faire rage dans les universités/ centres de recherche.

  103. @ Eric

    le capitalisme, comme son nom l’indique, se veut le principe organisateur de la société, et ceci en se basant sur
    un principe rationnel qui réduit tout le projet humain à une question de maximisation de profits, lesquels profits
    servent à la reproduction du système et lequel système ne peut fonctionner que s’il est en expansion.

    Or c’est toute cette logique qui n’est plus tenable, non seulement pour des raisons financières, dont la crise des subprimes a été l’élément catalyseur du déclenchement de la crise actuelle, et dont l’origine remonte en effet à la mise en place du néo-libéralisme il y a un quart de siècle, mais aussi pour des raisons beaucoup plus profondes, qui concernent le climat, l’écologie, les ressources naturelles, la technique, la sociologie, l’anthropologie.

    Chacun de ces facteurs ne renvoie pas à une même temporalité, mais leurs effets conjugués sont désintégrateurs.
    Or actuellement je ne vois pas quelle formule magique pourrait subitement intégrer des paramètres dont les uns travaillent contre les autres.

    Jusqu’ici le moteur du capitalisme pouvait être remis en route après chacune de ses crises.
    Mais cette fois on pourra changer le moteur autant de fois que l’on voudra — et même ce cas semble déjà compromis — celui-ci ne peut plus fonctionner correctement car les conditions qui permettent sa mise en route et/ou sa tenue de route, ne sont plus assurées. Pour n’évoquer que la route qu’il emprunte, celle-ci s’arrête désormais au bord d’un précipice.
    Et cette route même devient de plus en plus accidentée, et l’essence manque, la machine va ralentir un peu, beaucoup, puis totalement avec les moyens conventionnels, mais le conducteur, qui veut à tous prix maximiser son profit — il a un RDV important avec un de ses gros client –, sort de sa voiture et la pousse. Il y croit encore, car il n’a pas le choix, de son rendez-vous dépend l’avenir de son entreprise. Grande chance pour lui, un généreux automobiliste lui remplit un bidon d’essence. Mais le résultat sera toujours le même, inexorablement il se rapprochera du précipice, illusionné par son GPS qui lui indique toujours une route — et donc un pont — au devant desquels il fonce à toute allure. Mais la crise est bien passée par là, elle a détruit le pont qui devait le conduire là où il devait aller.

    La sortie de crise, c’est le geste du généreux automobiliste. Non pas le fait qu’il donne un bidon d’essence, acte par lequel il l’actualise, mais ce qu’il contient d’aspirations à un monde meilleur et de pensées pour le faire advenir. Cet automobiliste généreux n’est pas le plus avisé, loin de là, il croit même peut-être encore que le système fonctionne encore et qu’il va continuer à le faire longtemps, mais il recèle en lui cette espace d’ouverture qui lui permettra d’inventer et de faire advenir, avec d’autres, plus avancés dans leurs réflexions, un autre monde possible.

  104. Bonjour,

    On parle de la Chine, mais je ne vois personne évoquer le cas du Japon ; or ils sont les 2e créanciers des USA.

    http://www.treas.gov/tic/mfh.txt

    En plus, fortement dépendants du marché US pour leurs exportations, militairement dépendants du bouclier atomique US.. ça fait beaucoup de contradictions ? Quelqu’un a-t-il une idée de leur réaction à cette annonce officielle de la FED ? Quel choix ont-ils, le ralliement à la Chine dans un grand pôle économique et militaire asiatique ?

  105. >wowetia

    Je doute que les japonais se rapprochent militairement de la Chine: l’attitude chinoise à l’égard du Japon est un mélange assez curieux d’envie et de mépris, qui dérive parfois vers la haine la plus absolue.
    Il faut voir que le Japon a commis en Chine des atrocités qui égalent celle commises par les Nazis en Europe.

    Une ville comme Chongqing par exemple a été la ville la plus bombardée de la seconde guerre mondiale: elle a subit plus de cinq mille raids aériens en deux ans.

    Ainsi par exemple, tout occidental qui a visité le mémorial de Nankin ne peut que songer à Yad Vashem, et il n’aura pas tort: j’ai appris récemment qu’une délégation chinoise s’était rendu en Israel lors de la création de ce mémorial, sous l’influence semble-t-il de la première projection à Pekin du film de Claude Lanzmann, Shoah. .

  106. Dans une ruelle étroite du Chinatown de San Francisco, quelqu’un a transformé, il y a apparemment bien des années, sa fenêtre donnant sur la rue en une vitrine-musée maladroite et digne, témoignant du martyre de Nankin.

  107. Oui les plaies de l’Histoire se sont pas encore refermées et il faut bien dire que les gouvernements chinois et japonais ne font pas l’un et l’autre toujours ce qu’il faudrait faire pour repartir sur de meilleures bases. Et ce n’est pas du fait d’une incompréhension mutuelle, au contraire. Lorsque j’étais à Pékin, il y a presque vingt ans, plusieurs étudiants japonais m’ont déclaré expressément que les deux peuples avaient un langage commun, un fonds culturel commun, qu’ils se comprenaient pour ainsi dire à demi-mots. Pour exemple, dans les cours de littérature de niveau collège et même avant, les écoliers japonais lisent de nombreux textes tirés de l’histoire ou de la littérature chinoise classique. L’inverse est loin d’être le cas : la Chine a plus influencé le Japon que l’inverse, ou alors il s’agit d’une influence récente, car toute une partie de la jeunesse chinoise est portée sur les modes vestimentaires et autres stars de la culture populaire japonaise, tout comme les français n’ignorent rien des stars américaines. Je suis frappé de constater, à Paris en croisant les jeunes touristes chinoises à quel point elles se distinguent peu des japonaises dans leur allure extérieure. Ce qui n’était pas le cas il y a moins d’une dizaine d’années.

    Il y a aussi le fait que de part et d’autre il ne faut jamais perdre la face, l’influence persistante du ritualisme dans ces deux pays n’arrange pas vraiment les choses. Bref, entre la Chine et le Japon c’est plutôt la mésentente cordiale, à l’inverse du cas France-Allemagne, où la réconciliation des deux peuples a été une belle réussite en dépit de différences culturelles très marquées.

    Mais il ne s’agit pas de comparer ce qui n’est pas comparable, de porter un jugement moral, car les contextes historiques sont très différents. Les pays asiatiques ont vécu des siècles dans des relation de suzerain à vassal, avec principalement la Chine en grand vassal régional, le Japon, sur son île y échappant, ceci expliquant sans doute largement cela.
    En Europe il y avait les guerres, les conquêtes de Louis XIV, Charles Quint, Napoléon et autres, mais peu ou prou chacune des royautés eut son heure de gloire, aucune n’exerçant durablement sa domination sur les autres.

    D’autre part, cette mésentente cordiale n’a pas empêché Chine et Japon d’entretenir des relations économiques et commerciales très poussées ces vingt dernières années. Certes dans un deal gagnant gagnant. Les japonais investissant en Chine et les chinois achetant les produits chinois. C’est moins le cas sans doute aujourd’hui …Ceci pour dire que les facteurs culturels ne constituent pas forcément un facteur explicatif déterminant pour ce qui est des relations effectives entre les pays, de la guerre et de la paix. L’économique et le géopolitique priment sur le culturel.

    Si effectivement le pouvoir chinois s’affaiblissait la fibre nationaliste chinoise pourrait être exploitée par ceux des dirigeants chinois qui voudraient à tous prix conserver le pouvoir. Mais cela ne concernerait pas forcément le Japon, Taiwan pourrait tout aussi bien être une cible, même si cela semble peu probable actuellement, les relations entre la Chine dite populaire et /ou continentale et la chine dit nationaliste héritière de Tchang Kai-chek, c’est à dire Taiwan se sont rapprochés des dernières années, le gouvernement taiwannais actuel s’étant d’ailleurs fait élire en partie sur ce programme de normalisation des relations. Au japon le nationalisme n’a pas non plus été historiquement un vain mot, personne ne peut dire ce qu’il adviendrait si la cohésion du peuple japonais s’affaissait si la crise devait l’ébranler.

  108. Les relations entre la Chine et le Japon sont compliqués, souvent à cause du PCC qui instrumentalise cette question à des fins intérieures, et, mais aussi sous l’effet des provocations des extrémistes japonais.

    Le Japon toutefois a eu une influence certaine sur la Chine au début du XXeme siècle: les succès de l’ere Meiji ayant provoqué un choc terrible pour la fierté Chinoise.

    Il n’ait pas innocent par exemple que le grand écrivain Lu Xun ait fait une part de ses études au Japon à l’université Sendai, qui fut aussi le lieu de son épanouissement intellectuel (mais aussi de sa prise de conscience de la domination de la Chine…).

    Plus récemment, on sait quand dans les années 90, des conseillers économiques japonais vinrent en Chine, pour lui déconseiller d’appliquer les thèses les plus libérales du FMI, afin de promouvoir une croissance plus égalitaire.

    On peut donc penser que le mot d’ordre de Société Harmonieuse soit une application partielle de ces conseils japonais.

  109. Merci pour vos réponses.

    Toujours est-il que la realpolitik peut amener 2 anciens ennemis à se réconcilier rapidement : le Japon s’est bien aligné sur les USA pendant plus de 60 ans, apparemment sans arrière-pensée, malgré 2 bombardements nucléaires sur ses civils.

    Et le même pragmatisme peut amener 2 anciens alliés à se brouiller rapidement : je ne connais pas bien le Japon, mais j’ai du mal à croire que tôt ou tard ses dirigeants ne chercheront pas à se venger d’Hiroshima et Nagasaki.

    La question que je me pose est la suivante : comment le Japon, qui a principalement basé son économie sur les exportations, va réagir face au protectionnisme US qui s’annonce (soit par les barrières douanières, soit par l’effondrement annoncé du dollar, et plus sûrement les 2 facteurs cumulés) ?

    J’ai cru lire quelque part que la Chine était récemment devenu son premier partenaire commercial, devant les USA. Sans parler de l’affront que constituera(it) la dévaluation de leurs réserves en dollars.

    A part la Chine, je ne vois aucun marché capable de prendre le relais, et sûrement par le marché intérieur nippon vieillissant et traumatisé par 10 ans de déflation.

    Peut-être a-t-on en germe un « choc des civilisations », avec des montées de patriotismes/nationalismes économiques entre les pôles US, UE, Chine/Japon, Russie, avec les ressources du reste du monde pour enjeu.

  110. merci Blob pour ces remarques complémentaires auxquelles je souscris entièrement.

    Pour aller dans votre sens j’ajouterai que beaucoup de termes propres à la philosophie occidentale, qui n’avaient pas d’équivalent dans la langue chinoise viennent du japonais et ont été « importés » en Chine à l’époque que vous citez, via les étudiants chinois qui avaient fait un séjour au Japon, dont le grand (pour l’acuité de sa pensée) Luxun.

    Je précise que l’emprunt linguistique n’a pas consister à faire une transcription phonétique de mots japonais mais à en reprendre seulement les idéogrammes que des intellectuels japonais avaient eux-mêmes forgé pour les besoins de la traduction de termes occidentaux.

  111. Ce débat est passionnant!
    La question est de savoir si les « fortunés » vont seulement reprndre lurs liquidités sans investir, du fait de la méfiance généralisée, et nous aurons, malgré la planche à billets, un climat éflationniste encore pendant quelque temps;
    ou si, au contraire, ils vont vite racheter des valeurs, et nous aurions alors une nouvelle bulle spéculatve;
    la deuxième voie semble cependant peu probable, car la demande slvable fait de plus en plus défaut, à cause des écarts de rixchesses trop importants – c’est passionnant, si on veut.
    Je propose toujours une solution via une monnaie anticrise, émise sur le mode de la monnaie fondante, car cela stabiliserait le système et supprimerait inflation et déflation!
    voir mon blog: http://monnaiefondante.canalblog.com/
    pour plus de détails, jf

  112. >Pierre-Yves D.

    Pour compléter ce que vous dites, il a existé durant l’époque Meiji une fraction d’intellectuels japonais, considérant la modernisation à marche forcé de leur japon comme un moyen de moderniser par ricochet la Chine. Le Japon aurait en quelques sorte ainsi payé sa dette à l’égard de la culture ainée chinoise en traduisant suivant la pensée asiatique les concepts occidentaux.

    On trouve des choses sur cela dans la monographie de W.G Beasley, The Meiji Restoration chez Stanford University Press

  113. Suite à mon commentaire du 19 mars :
    Cependant, des analystes occidentaux font remarquer que les trajectoires actuelles stratégiques et économiques des US et de la Chine sont entremêlées :  » si la Chine refuse de continuer d’acheter nos bons, la valeur du dollar plongera, et de même, la valeur des réserves en devises étrangères en dollars de la Chine » a dit Peter Navarro, professeur associé en politique publique à la Paul Merage School of Business, Université d’Irvine, Californie. Navarro a ajouté :  » D’un autre côté, si la Chine continue d’acheter notre dette pour soutenir le dollar, elle est confrontée à une forte probabilité qu’avec une telle stimulation fiscale et le flot d’argent facile déversé dans le système US, l’inflation sera inévitable. Cela aussi contribuera finalement à la dévaluation du dollar, et par conséquent des réserves en devises étrangères chinoises. Donc, pour les Chinois, la question est soit de vendre et partir en courant maintenant, ou d’attendre et de spéculer plus tard ».

    Il est donc fort probable que ce soit cette possibilité de retrait chinois que les USA cherchent à compenser pour éviter le chaos brutal.

  114. Et maintenant le processus devrait se finir … les chinois ont bien investi leur dollars dans des ressources … la prochaine bombe c’est quoi ?

  115. Bonjour,

    Je ne suis pas du tout un spécialiste de la finance et de la monnaie, mais j’essaie quand même d’y comprendre un peu quelque chose. (d’ailleurs avez-vous des ouvrages de référence pour comprendre notre système monétaire ?)
    Je parcours votre blog depuis peu de temps et j’ai l’impression que les commentaires sont d’un assez haut niveau. (et courtois de surcroit, ce que j’apprécie énormément).

    J’aurai juste une simple question : où avez-vous trouver cette information (rachat par la FED de 300 milliards de bons du trésor) ?
    J’ai cherché sur les sites des journaux français, mais je n’ai strictement rien trouvé.

    Merci pour votre blog.

    Respectueusement.

    Alexandre.

  116. J’admire la Chine, présente dans tous les domaines et véritable adversaire des grands de ce monde. Leader aussi dans le monde de sous traitance, qui ne voit pas dans des articles made in China.

  117. Depuis assez longtemps déjà, la Chine achète des métaux précieux et stratégiques contre dollar, elle essaye même d’acquérir des terres fertiles à l’étranger. Les responsables chinois savent depuis un certain moment déjà que le dollar n’est qu’une monnaie virtuelle, du papier, une simple promesse de payer, rien de plus. Le dollar ne représentent plus aucune réelle garantie tirée sur l’avenir. La Chine fait ce que de nombreux particuliers font aussi: dollar ou euro contre de l’or ou de l’argent métal, contre un Picasso ou contre une maison dans un bon quartier………

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