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Covid-19 : avons-nous la berlue ou sommes-nous malades ?, le 15 septembre 2020 – Retranscription

Retranscription de Covid-19 : avons-nous la berlue ou sommes-nous malades ?, le 15 septembre 2020 Bonjour, nous sommes le mardi…

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Covid-19 – Risque de contamination : le passé n’influence pas le présent

Je peux me tromper, mais j’ai l’impression que la personne à qui je viens de parler pense qu’à chaque jour qui passe ses chances d’attraper le Covid-19 diminuent d’une certaine manière, du fait de ne pas l’avoir encore attrapé. L’idée est du genre : j’accumule un capital du type “personne passant entre les gouttes”.

Or le fait est qu’on n’accumule rien du tout. Oui la probabilité qu’on mette au point un vaccin efficace augmente de jour en jour mais tant qu’on n’a pas été vacciné, ça nous fait à chacun une belle jambe. Oui, le nombre de gens acquérant une certaine immunité pour avoir été malade (encore qu’on ne soit pas encore sûr que ce soit le cas) augmente, rendant la transmission plus difficile, mais d’ici qu’on en soit au point où cela fera une différence, beaucoup d’eau coulera encore sous les ponts, faisant encore beaucoup de morts en cours de route.

Le raisonnement, si l’on peut dire, c’est celui du joueur qui pense que ses chances d’avoir un six augmentent parce que ça fait une demi-heure qu’il n’en a pas eu. Or non, la chance d’avoir un six est une sur six à chaque coup, parce qu’il y a six faces sur un dé, les lancers sont indépendants : ceux du passé n’ont aucune influence sur ceux du présent.

À ça on va me répondre : “OUI MAIS si on jette un dé 600.000 fois, on est d’accord qu’on aura eu à peu près 100.000 fois un 1, 100.000 fois un 2, etc. 100.000 fois chacune des faces ?” Oui. “Et alors, disons qu’on a jeté le dé 599.999 fois et qu’on n’a toujours pas eu de 6, si on le jette maintenant, on a quand même plus de chance d’avoir un six ?” Non, rien n’a changé, les lancers sont indépendants : toujours une chance sur six d’obtenir un 6, ou un 5, ou un 4, etc.

Donc, si vous étiez tenté de vous dire “Je peux peut-être faire un peu moins attention puisque je n’ai rien attrapé jusqu’ici” : c’est faux, archi-faux, rien n’a changé, comme je l’ai dit, d’avoir eu de la chance hier ne vous en donne pas davantage ni pour aujourd’hui, ni pour demain : les coups sont indépendants, le risque d’infection pour vous n’a pas changé, maintenez la même vigilance exactement.

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L’explication du prix par le rapport de force (II) Keynes et le double mécanisme de détermination du prix

L’explication du prix par le rapport de force

(I) Quand plusieurs mécanismes se greffent les uns sur les autres

Que deux mécanismes ou davantage puissent intervenir pour déterminer un prix, Keynes en était pleinement conscient. Il a mentionné la chose explicitement, sinon dans ses écrits économiques (du moins à ma connaissance), en tout cas, et sans ambiguïté, dans son Treatise on Probability, essentiellement rédigé par lui avant la Première guerre mondiale et finalement publié en 1921.

Dans le passage en question, Keynes commence par expliquer qu’il n’y a aucune nécessité pour un bookmaker de connaître avec une précision mathématique la probabilité des événements sur lesquels il accepte des paris pour autant qu’il a déterminé les enjeux de telle manière qu’il a pu ainsi verrouiller un profit : il a pu ainsi les définir de telle sorte qu’il s’est assuré que la somme qu’il déboursera au règlement des paris représente uniquement, par exemple, 90% de celle qu’il aura préalablement encaissée. Le raisonnement est le même qu’il s’agisse d’un assureur ou d’un bookmaker : « Il suffit pour l’assureur, explique Keynes, que la prime qu’il réclame excède le risque probable » (Keynes 1921 : 22). Et dans la suite de ce passage, Keynes continue d’entremêler les considérations portant sur les activités du bookmaker et celles de l’assureur. Pour le comprendre parfaitement, il faut se souvenir de l’équivalence suivante. Parier sur l’élection de M. Theodore Roosevelt en 1912 auprès d’un bookmaker, c’est la même chose que s’assurer contre l’élection de M. Roosevelt auprès d’un assureur : si M. Roosevelt gagne, on ramasse le paquet dans chacun des cas.

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