Victoriens du smartphone : De la pruderie du discours ambiant et des codes qui la sous-tendent, par Timiota

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Peut-on tenir un discours sur le discours ambiant « prude et victorien » (cf. « Le temps qu’il fait » du 22/12 vers la minute 7’25 ») qui s’abstraie de son contenu désigné auquel on souscrit forcément : « Oui il faut limiter les violences et harcèlements faits aux mineurs, femmes, minorités » ? Je m’y essaye, car il existe sans doute des déterminants autres que « l’état imparfait de la société » qui président à la teinture de ce discours.

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La fin de la rue ? par Timiota

Billet invité.

Alors que la capitalisme nous invite à méditer sur des conglomérats certes très concrets mais peu accessible au quidam, ou encore sur des réalités assez abstraites du quotidien, comme la signification de la propriété privée, le « lieu commun » au sens propre qu’est la rue nous aide à former des regards différents : Les métamorphoses de la rue forment un continuum intéressant et un filon qui peut révéler les mutations en puissance si on en suit la trace.

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La « Révolution sociale » et 1848

La chose qui m’étonne dans votre pays, la France, et que je ne comprends pas, c’est la raison pour laquelle ces institutions sociales et coopératives se sont brutalement effondrées.

La phrase qui précède a été prononcée par le sociologue américain Richard Sennett dans un entretien avec Sébastien Lapaque pour l’hebdomadaire Marianne : « Le néolibéralisme ne tiendra plus très longtemps ».

Sennett n’est manifestement pas familier de l’histoire de France, sans quoi il saurait que la « Révolution sociale » – le terme recouvrant les « institutions sociales et coopératives » auxquelles il pense – a été écrasée dans un bain de sang en 1848 et ne s’en est jamais relevée.

Voici ce que j’expliquais dans l’allocution que je prononçais au colloque qui se tenait à Paris au ministère des finances le 5 février 2013 à l’initiative de Benoît Hamon, De nouveaux référentiels économiques pour les politiques de demain.

 

Les leçons de l’histoire

L’économie sociale et solidaire est née durant la première moitié du XIXe siècle, elle est l’enfant de la Révolution de 1789, ou plutôt, elle est l’enfant de la réflexion furieuse qui naquit à partir d’elle, sur ce qui était perçu par les uns avoir été son échec (pour Charles Fourier par exemple) et par d’autres comme une réussite partielle qu’il convenait maintenant de prolonger et de concrétiser (ainsi, pour Louis Blanc). Réflexion qui ne se limita pas, faut-il le dire, à la France seule : l’expression la plus aboutie du mouvement coopératif ne fut-elle pas celle de Robert Owen en Angleterre dans un premier temps, aux États-Unis ensuite ?

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L’EMPATHIE COMME DISPOSITION À NÉGOCIER, par Timiota

Billet invité.

En lisant les deux billets LE VIVANT ET LE SOUFFRANT de Claude Lévi-Strauss, sur Rousseau et EXPRESSION SPONTANÉE ET STRATÉGIE EN FINANCE ET EN ÉCONOMIE de Paul Jorion, sur Keynes, il me vient le questionnement suivant sur l’empathie.

L’empathie se couple chez l’humain à une partie consciente de l’attitude : « que vais-je faire pour la/le convaincre ? Pour la/le séduire ? « , elle a une partie spontanée assez variable (tendant vers zéro le long du spectre autistique, ce que pourra commenter Paul Tréhin, auteur du billet LES ORIGINES DE L’ART ET DE LA CULTURE : le rôle des individualités) et une partie « négociée » lourdement médiée par la société, les règles de dialogue orales, la « nétiquette généralisée » si je peux en profiter pour faire d’une (récente) partie un tout.

Il me semble donc qu’il y a cette tension entre le spontané et le négociable dans l’empathie.

Si je me souviens bien du « principe des systèmes intelligents », la machine doit donner l’impression que le savoir est « négociable » pour paraître humaine (c’est du moins mon à-peu-près sur la question). Avec différentes formes de négociabilité (vigneronne ou plus calme).

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