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L’Écho, Paul Jorion : « La science économique fournit le discours ad hoc aux financiers », le 29 avril 2017

L’Écho, Paul Jorion : « La science économique fournit le discours ad hoc aux financiers », mon entretien avec Johan Frederik Hel Guedj

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Le système monétaire idéal de John Maynard Keynes (II) L’ordre monétaire né en 1944 à Bretton Woods

En 1944, deux propositions se retrouvèrent face à face à Bretton Woods : une proposition américaine, défendue par Harry Dexter White et une proposition britannique défendue par John Maynard Keynes.

Curieusement, les propositions américaine et britannique étaient plus proches l’une de l’autre durant la période de négociation qui précéda l’accord qu’elles ne le furent au final. Les Américains étaient ainsi bien disposés à l’origine à l’égard du principe d’une nouvelle monnaie de compte internationale, servant de base pour établir le taux de change entre les diverses monnaies qui continueraient elles d’exister comme avant, monnaie qui se serait appelée « unitas », tandis que les Britanniques proposaient eux une monnaie de compte internationale appelée « bancor ». À l’arrivée cependant, les Américains proposèrent de faire de leur propre devise la monnaie internationale, qui deviendrait ainsi devise de référence et acquerrait en conséquence le statut de devise de réserve dans les échanges internationaux. Les Britanniques s’en tinrent au bancor mais perdirent la partie. Avec l’économie américaine représentant en 1944, 70% de l’économie mondiale dans un contexte d’épuisement généralisé de nations saignées à blanc en raison de la guerre, le rapport de force était trop défavorable aux Britanniques dans les négociations.

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FLASH SPÉCIAL Crise de la dette US – Un vent d’optimisme et la chute de l’empire romain

La journée d’hier
Le compromis envisagé
Ce qui se passerait si rien ne se passait
Le dollar et les obligations américaines comme monnaie internationale
Les agences de notation sur la corde raide
La chute de l’empire romain : nous y sommes !
La nécessité de retourner à Bretton Woods… demain !

PS : Wikipedia dit pour « repo » = « repurchase agreement », ce qui est correct, j’ai cependant le souvenir que le mot « repo » vient bien de l’expression que j’utilise dans la vidéo : « repository deposit ».

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LE MONDE-ÉCONOMIE, LUNDI 1er – MARDI 2 NOVEMBRE 2010

« Le retour à la bifurcation »

Alors que la guerre des monnaies s’apaise parce que l’on s’engage dans la voie proposée pour un ordre monétaire international par Keynes à Bretton Woods en 1944, penchons-nous sur le cadre au sein duquel les nations opèrent depuis 1971, à savoir sur les décombres de cet accord historique.

Pourquoi parler de « décombres » ? Parce que l’accord est mort en 1971 quand Nixon le dénonça et mit fin à la parité dollar-or convenue en 1944. La situation était alors devenue intenable pour les États-Unis depuis une dizaine d’années déjà. Il avait fallu en 1961 pour maintenir la parité prévue initialement de 35 $ pour une once d’or, créer un London Gold Pool rassemblant huit nations. Le pool n’avait permis au système que de survivre encore dix ans. Quand la Suisse, puis la France réclamèrent aux États-Unis de l’or en échange de dollars accumulés, Nixon s’exécuta, avant de fermer le robinet une fois pour toutes.

Pourquoi le système mis en place en 1944 s’effondra-t-il ? En raison du « dilemme de Triffin », du nom de l’économiste Robert Triffin qui analysa le premier la contradiction qui le minait. Une nation gère sa monnaie en en maintenant le stock à la mesure de la richesse créée sur son territoire mais quelle quantité doit-elle en créer lorsque cette monnaie sert de référence au monde entier ? Elle doit en créer plus ! Le seul moyen pour elle d’y parvenir est d’acheter à l’étranger davantage que l’étranger ne lui achète, autrement dit, d’avoir une balance commerciale des paiements déficitaire. Alors que la bonne gestion de sa devise comme monnaie domestique exige un équilibre de sa balance des paiements, une bonne gestion de sa qualité d’émettrice d’une monnaie de référence exige au contraire que celle-ci soit déficitaire. Aucun pays ne peut bien entendu jamais faire les deux. C’est là le dilemme de Triffin, qui dénonçait en 1961 « … les absurdités associées à l’usage de devises nationales comme réserves internationales ».

La parité-or ayant été abandonnée en 1971, les États-Unis se retrouvèrent en possession d’une machine à créer de l’argent : la modération à laquelle ils étaient autrefois astreints n’était plus de mise. Les autres pays étant preneurs de dollars, pourquoi ne pas en créer à volonté ? C’est ce que Mr. Bernanke, président de la Fed, fit en 2009 à hauteur de 1.750 milliards de dollars et ce qu’il s’apprête à faire encore pour un nouveau millier de milliards de dollars. Mais dans l’après Bretton Woods, la devise américaine vaut-elle nécessairement ce que Mr. Bernanke suppose au nom des Etats-Unis, ou bien ce que le reste du monde en pense ?

Face à la machine à créer de l’argent des Etats-Unis, les autres nations se retranchèrent. La seule parade pour une autre devise consistait à lier son sort à celui du dollar et c’est ce que fit la Chine avec le yuan. En réponse, les Américains se braquèrent sur la valeur de celui-ci. Mais en affirmant le 22 octobre à Séoul, au cours d’une réunion préparatoire du G20, qu’une pacification des relations économiques entre nations doit se déplacer du plan des devises à celui d’un équilibre de leurs comptes courants et en proposant que ceux-ci ne puissent désormais dévier de plus de 4% en termes de PIB, qu’il s’agisse d’un excès d’importations ou d’exportations, le Secrétaire du Trésor américain Tim Geithner définit la problématique comme John Maynard Keynes l’avait fait en 1944.

Nous voilà donc enfin revenus à la bifurcation. C’est un premier pas essentiel, il s’agit maintenant d’aller résolument de l’avant.

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