Archives par mot-clé : Solvency II

Titrisation : RIEN NE LES ARRÊTERA ! par François Leclerc

Billet invité.

La dernière trouvaille de nos banquiers centraux européens, Mark Carney pour la Banque d’Angleterre et Mario Draghi pour la BCE, est de cosigner une véritable pétition réclamant la baisse des barrières réglementaires qui font obstacle à la relance de la titrisation de créances. Une initiative d’autant plus marquante que Mark Carney est également le président du FSB (Conseil de stabilité financière), l’organisme international chargé de chapeauter tous les acteurs de la régulation. Nous étions habitués à ce que les règlementations soient assouplies sous la pression des lobbies financiers, mais nous n’avions pas encore vu le responsable suprême de la régulation proposer de revenir sur celle-ci !

L’objectif affiché est de donner le coup de pouce final aux multiples efforts déjà entrepris afin de relancer le crédit aux entreprises et de favoriser la croissance. Avec comme justification à cette remise en cause de certaines dispositions de Bâle III (pour les banques) et de Solvency II (pour les assureurs) qu’il faut distinguer la titrisation dangereuse de l’innocente – à laquelle est attribuée « une valeur sociale de long terme » – en se référant aux propositions de l’EIOPA, le régulateur européen des compagnie d’assurance. La titrisation n’a pas connu en Europe les errements américains et il ne faudrait pas la pénaliser par des règles adaptées au seul marché américain (où elle se relance au demeurant). Le tour ensuite serait joué, les émetteurs des nouveaux titres allégeant leurs bilans et pouvant accorder de nouveaux crédits, les acquéreurs de ces titres pouvant les utiliser comme collatéral pour garantir leurs transactions. À se demander, vu la menace de pénurie de telles garanties, si toute l’opération n’aurait pas comme réel objectif d’y remédier…

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L’actualité de la crise : ON N’EN DORMIRAIT PAS ! par François Leclerc

Billet invité.

Comment va être présenté l’échec du nouveau sommet des chefs d’État et de gouvernement de jeudi, sa seule inconnue ? On n’en dormirait pas. Une fois écartées les déclarations ronflantes de circonstance, il sera retenu comme ayant marqué l’envasement de l’union bancaire, présentée au précédent sommet de juin dernier comme un pas en avant décisif dans la poursuite de l’intégration européenne et la sortie de crise.

Les mauvaises langues prétendent d’ailleurs déjà que le nouveau programme d’achat conditionnel de la dette publique de la BCE (OMT) – qui reste encore à l’état d’intention, mais qui a provisoirement calmé le jeu – n’est pas étranger à cette absence de résolution des dirigeants européens. Quand l’espoir renait, la volonté disparaît !

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L’actualité des banques : « LE PAUVRE HOMME… », par François Leclerc

Billet invité.

Les banques, encore et toujours les banques ! On ne s’en lasse pas ! À nouveau, on en apprend de belles à leur sujet. Objet de toutes les attentions des gouvernements et des banques centrales, il leur est en retour demandé de soutenir l’économie pour favoriser une relance qui aiderait les États à se désendetter. Mais le succès n’est pas au rendez-vous. Au Royaume-Uni, tirant sans doute les leçons de l’échec des injections massives de liquidité de la BCE dans le système financier, dont c’était l’objectif avoué, la Banque d’Angleterre (BoE) a lancé un programme de soutien aux banques en le conditionnant à des objectifs d’accroissement de leurs prêts aux entreprises. Et cela a marché ?

Pas plus ! Les banques britanniques ont multiplié les opérations de rachat de leur propre dette en profitant des conditions de taux plus avantageuses de la BoE. Avec comme objectif d’améliorer leur rentabilité en diminuant leurs coûts de financement, et détendre les taux sur le marché de la dette senior (une réussite qui s’annonce). Les Britanniques n’ont pas été les seuls à s’engager sur cette voie, les banques de la zone euro disposant pour leur part des facilités de la BCE. La Deutsche Bank estime ainsi que 46 milliards d’euros de dette senior émises par les banques européennes auront été rachetées par elles-mêmes cette année, un montant en nette augmentation par rapport aux années précédentes.

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