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LA LIBRE BELGIQUE, 2013 : LE DÉFI DES DETTES PUBLIQUES, par Paul Jorion et Bruno Colmant, le 23 février 2013

OPINION

2013: le défi des dettes publiques

Une opinion de Paul Jorion, anthropologue, chargé de cours à la VUB, et Bruno Colmant, économiste, chargé de cours à l’UCL.

Il y a, bien sûr, un ralentissement généralisé du rythme de croissance mondiale, phénomène classique de tassement conjoncturel qui succède avec la régularité du pendule aux périodes de crédit excessif, comme celle qui a caractérisé la période 2001-2007, périodes de surexploitation de l’effet de levier qu’autorise l’endettement, débouchant sur un « moment Minsky ». Un tel « moment » s’exprime par un retour brutal au seul roc solide de l’économie : celui de l’argent sonnant et trébuchant, alors que les reconnaissances de dette – qui étaient fondées sur des châteaux en Espagne – feront apparaître, dans la vérité de leur prix, la différence qui existe entre la richesse qui a véritablement été créée et celle qui ne reposait que sur des espoirs infondés.

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L’actualité de la crise : LES BANQUIERS CENTRAUX EN PASSE DE PERDRE LEUR VERTU, par François Leclerc

Billet invité.

A l’image de la révolution copernicienne du changement de représentation de l’univers, sommes-nous en passe de connaitre un bouleversement de même ampleur affectant la science économique ? On pourrait le penser, à suivre les décisions et les réflexions des banquiers centraux aux États-Unis et au Royaume-Uni : tout se passe comme si la lutte contre l’inflation allait y être reléguée au second plan, à l’occasion d’un changement d’objectif faisant de la relance de la croissance une priorité destinée à faciliter le désendettement et stabiliser le système financier international.

George Osborne, le ministre britannique des finances, vient de nommer Mark Carney, l’actuel gouverneur de la Banque du Canada, à la tête de la Banque d’Angleterre, avec prise d’effet en juin 2013. Ce dernier a déjà délivré sa vision de l’évolution de la politique monétaire, substituant à la cible d’inflation de 2% – un mandat donné il y a 20 ans par le Parlement britannique – celle d’un taux de croissance nominale, cocktail associant croissance et inflation. Appliquée au Royaume-Uni, ce serait la porte ouverte à une relance de la création monétaire destinée à sortir le gouvernement britannique de l’impasse dans laquelle il s’est lui-même mis en adoptant une politique d’austérité et de réduction du déficit public qui ne fonctionne pas. Une option que George Osborne ne verrait pas nécessairement d’un mauvais jour. Il a d’ailleurs exprimé le souhait qu’un débat international s’engage à propos des nouveaux objectifs des banques centrales, sans attendre juin prochain.

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L’actualité de la crise : DÉRISOIRE THÉÂTRE D’OMBRES, par François Leclerc

Billet invité.

Dans les transports collectifs, gain de cause est donné à ceux qui veulent que les fenêtres soient fermées. C’est à peu de choses près ce qui est en train de se passer en Europe, à une autre dimension. Afin de maintenir la cohésion ébranlée de leur coalition, les Allemands viennent d’obtenir que le minimum possible soit décidé à propos du fonds de stabilité financière (EFSF), dont l’augmentation des moyens était réclamée par beaucoup, dont la commission européenne.

Afin de pouvoir faire état de leur fermeté – politiquement payante, pense le gouvernement Allemand – il est dorénavant uniquement envisagé d’aménager l’enveloppe du fonds afin de pouvoir en utiliser plus que les 250 milliards d’euros effectivement disponibles pour des sauvetages, en raison de la nécessité de sur-garantir les emprunts du fonds afin d’obtenir la note AAA et le meilleur taux possible. C’était et cela reste pas suffisant, vu ce qui peut intervenir.

Tout le reste, l’augmentation de l’enveloppe du fonds, la possibilité pour lui d’acheter des obligations à la place de la BCE, ou la diminution des taux des aides financières… tout est renvoyé au mieux à plus tard, peut-être aux 23 et 24 mars, lors du prochain Conseil européen.

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