Archives par mot-clé : Ukraine

« Ambitions financières personnelles » et politique américaine en Ukraine

Mme Marie L. Yovanovitch était ambassadrice des États-Unis en Ukraine d’août 2016 à mai 2019. La presse américaine d’extrême-droite a mené campagne pour son renvoi. Il lui a été enjoint de quitter l’Ukraine « par le premier avion ». La raison qui lui a été donnée par son supérieur : qu’elle avait « perdu la confiance » du Président, il l’a cependant rassurée que par ailleurs elle « n’avait rien fait de mal ».

Le Congrès avait convoqué l’ex-ambassadrice en Ukraine pour une audition vendredi 11 octobre. Dans la nuit du 10 au 11, le ministère des Affaires étrangères (State Department) lui a intimé par un coup de fil de ne pas se rendre à la convocation. Une injonction qu’elle a ignorée. Elle a déposé à huis clos pendant près de dix heures. (Nul doute que ceux qui l’ont entendue ont appris certaines choses qu’ils ignoraient jusque-là).

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La démocratie en petite forme, le 5 octobre 2019 – Retranscription

Retranscription de La démocratie en petite forme, le 5 octobre 2019

Bonjour, on est le samedi 5 octobre 2019 et ma vidéo s’intitulera « La démocratie en petite forme ».

Je vais parler essentiellement de 3 pays. Je vais parler de la France. Je vais parler de la Grande-Bretagne et je vais parler des États-Unis. Ça ne veut pas dire qu’il ne faudrait pas parler des autres. Je pourrais parler de la Belgique où on a encore essayé de constituer des gouvernements, en tous cas un gouvernement fédéral. Les autres, on a trouvé la solution. Je veux dire les régionaux.

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L’homme qui n’avait jamais tort, le 3 octobre 2019 – Retranscription

Retranscription de L’homme qui n’avait jamais tort, le 3 octobre 2019.

Bonjour, nous sommes le jeudi 3 octobre 2019.

J’ai commencé à parler de Donald Trump sur mon blog au tout début de la campagne des primaires du parti Républicain, qui conduiraient aux élections qui ont vu la nomination de M. Trump et ce qui attirait l’attention, à ce moment-là, c’est qu’un outsider, quelqu’un qui n’avait absolument pas sa place dans la course, se présentait et commençait à caracoler en tête de manière tout à fait remarquable. C’est M. Michael Moore qui, hier ou avant-hier, dans une interview, a mis le doigt sur ce qui se passa à ce moment-là, à partir de la connaissance qu’il a de la région de Flint (Michigan), qui est son pays natal, qui est le grand pays de l’industrie automobile à l’époque où ça se passait aux États-Unis et qui a dit qu’il apparaissait comme un sauveur. Voilà quelqu’un qui parlait à ces ouvriers sans emploi, à toute une région dévastée du Michigan où jamais il n’y a eu de réindustrialisation ou même de retour de services en quantités suffisantes. Et il apparaissait comme un sauveur. Voilà quelqu’un qui allait donner un coup de pied dans la fourmilière. Voilà quelqu’un qui allait changer les choses et c’est ça que ces personnes voulaient entendre.

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26/9/19 : Impeachment live

On continue de s’étonner à Washington de la rapidité avec laquelle a soudain été communiquée hier la retranscription accablante de la conversation du 25 juillet entre Trump et Volodymyr Zelensky, le président ukrainien. Que Trump imagine qu’il s’agissait d’une « très belle conversation » quand elle semble tirée par tout autre que lui du dialogue du « Parrain » passe encore vu le personnage, mais que le ministre de la Justice William Barr la laisse passer paraît incompréhensible, Trump suggérant dans la conversation qu’il existe désormais une « cellule ukrainienne » composée uniquement de son avocat Rudy Giuliani, de Barr et de lui-même, dont le seul but est sa ré-election en 2020, alors que Barr apparaissait déjà aux premières loges comme étant la personne ayant bloqué la transmission au Congrès du rapport du lanceur d’alerte. Une explication possible serait que Barr a compris, aussitôt la fuite rendue publique, à quel point il était compromis, et que la seule option qu’il lui restait était de limiter les dégâts – ce que semble confirmer la déclaration immédiate du ministère de la Justice, aussitôt la retranscription connue, que Barr ignorait avoir été mentionné dans la conversation et qu’aucun contact n’avait eu lieu entre les Ukrainiens et lui.

16h23 : Joseph Maguire, directeur par intérim de la National Intelligence (il remplace Dan Coats), témoigne en ce moment devant le comité du Congrès pour les questions de renseignement. Maguire répond comme un fonctionnaire consciencieux pris – malheureusement pour lui – entre le marteau (de la loi) et l’enclume (de la dérive mafieuse de Trump). Continuer la lecture de 26/9/19 : Impeachment live

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25/9/19 : Impeachment live

En diffusant il y a quelques minutes une retranscription de la conversation entre Trump et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, le 25 juillet, la Maison-Blanche tente probablement d’allumer un contre-feu. Malheureusement pour Trump, le texte confirme ce que la rumeur colportait depuis plusieurs jours, à savoir qu’il essayait d’enrôler le président ukrainien dans sa campagne présidentielle de 2020 en lui réclamant des informations compromettantes sur la famille Biden, père et fils.

Info très gênante dans la retranscription pour William Barr, le ministre de la Justice, déjà sur la sellette pour avoir jusqu’ici refusé de transmettre au Congrès le rapport du lanceur d’alertes – ce que la loi l’oblige à faire, Trump dit explicitement au président ukrainien de se mettre en rapport avec Barr. Pas très rassuré pour son patron, le ministère a immédiatement fait savoir, aussitôt la retranscription diffusée, que le ministre n’était pas au courant.

Les langues se délient depuis le lancement de la procédure de destitution de Trump par Nancy Pelosi hier soir. On a appris en particulier que le Président était parvenu ces mois récents à circonvenir entièrement le State Department, le ministère des Affaires étrangères, pour ce qui touche à l’Ukraine, ne passant plus pour ses relations avec ce pays que par son avocat Rudy Giuliani, au point que les fonctionnaires du ministère consultaient la presse pour découvrir quelle était la politique étrangère des États-Unis envers l’Ukraine.

Les esprits chagrins affirmaient hier que la procédure de destitution n’avait aucune chance d’aboutir en raison de la majorité Républicaine au Sénat. Mais dans la soirée d’hier encore, le Sénat, dans un vote unanime, Républicains et Démocrates confondus, a réclamé la communication du rapport du lanceur d’alertes. La procédure de destitution de Richard Nixon n’avait pu aboutir qu’en raison de tels revirements. Nixon choisit de démissionner lorsque l’aboutissement probable de l’impeachment ne faisait plus aucun doute.

20h15Un article à l’instant dans le New York Times, par

L’article suggère que Pelosi prend ses décisions en fonction de ce qu’elle apprend en provenance des professionnels du renseignement plutôt que de ce que vous et moi pouvons savoir de ce qui se passe sur la scène politique. Le fait qu’elle ait avancé hier soir sa reine au beau milieu de l’échiquier s’expliquerait donc par certaines informations auxquelles elle a eu accès, et que vous et moi, simples mortels, en sommes réduits à supputer…  

21h20 :  Les politiciens Républicains s’arrachent les cheveux ce soir : pourquoi Trump a-t-il voulu publier dans la précipitation la retranscription de sa conversation du 25 juillet avec le président ukrainien, alors qu’elle est à ce point accablante pour lui ? Parler de comportement suicidaire, d’auto-punition, ou quoi que ce soit d’autre du même genre, serait à mon avis surestimer ses capacités intellectuelles. Ses motivations sont celles que j’ai mentionnées tout au long : 1° pressurer l’adversaire en fonction du rapport de force est ce que fait l’homme d’affaire avisé – qu’il soit le dirigeant d’une puissance étrangère n’a aucune importance : le principe est d’application générale, 2° « Ce n’est pas moi qui ai commencé ! » : c’est Joe Biden qui le premier s’est mêlé de politique ukrainienne, moi je ne fais que me défendre ! La victime c’est moi. c.q.f.d. : il se croit dans son bon droit et n’a du coup rien à cacher. 

Comme je vous l’expliquais le mois dernier dans mon billet Trump, champion de l’« auto-destitution », Pelosi était convaincue qu’il provoquerait sa propre chute. La confirmation ne tardera pas.

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Impeachment : Mme Pelosi est en train de virer de bord !

Mme Pelosi, à la tête de la majorité Démocrate au Congrès (assemblée nationale US), a toujours été d’avis jusqu’ici qu’une destitution (impeachment) du Président Trump était une stratégie risquée vu le soutien que lui apportent imperturbablement 40% des électeurs américains depuis son élection. « Soyons patients ! », disait-elle, « nous le ratatinerons à la présidentielle de 2020 ! ». Pronostic que les sondages confirmaient.

La découverte ces jours derniers que Trump avait bloqué les fonds destinés à l’aide militaire à l’Ukraine, jusqu’à ce que le président ukrainien l’aide dans sa campagne en produisant des informations compromettantes sur Hunter Biden, fils de Joe Biden (principal adversaire Démocrate de Trump jusqu’à récemment), a convaincu tout le monde, elle y compris, que le Président utilisait déjà ses prérogatives présidentielles pour truquer la présidentielle de 2020.

On attend donc le ralliement de Mme Pelosi à l’impeachment … d’une minute à l’autre !

P.S. J’ai publié mon billet à 17h50, et la nouvelle est tombée à 13h01 (là-bas) + 6h00 = 19h01 (ici). Il aura donc fallu attendre exactement 71 minutes 🙂

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Trois choses qu’on ne sait pas : ce que Trump a promis en secret à Poutine, si Boris Johnson a menti à la reine et ce qui se passe vraiment sur les Money markets américains

Une première pour moi : un billet dont le titre est plus long que le billet lui-même.

Je vous en parle dès que j’y comprends quelque chose (Trump/Poutine ; money markets) ou qu’on connaît la réponse (verdict de la Cour suprême UK la semaine prochaine).

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20 septembre 12h38 – J’avance : ce n’est peut-être pas Poutine ; les secousses sur les money markets ont peut-être à voir avec des appels de marge sur d’autres marchés.

20 septembre 14h07 – Rappel : Le premier tome de mon ouvrage La chute de la météorite Trump (à paraître le mois prochain), s’intitule « Un objet populiste mal identifié (septembre 2015 – avril 2018) » ; en septembre 2018, lorsque j’ai clos le second tome , je l’avais intitulé « Haute trahison (mai 2018 – septembre 2018) ».

20 septembre 15h54 – D’après ce que l’on apprend ce matin, dans une conversation téléphonique avec le nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky, le 25 juillet, Trump aurait conditionné l’aide américaine à l’Ukraine à l’obtention d’informations compromettantes sur les affaires en Ukraine de Hunter Biden, fils de Joe Biden, candidat Démocrate aux présidentielles de 2020 – et ex-Vice-Président américain. Dans un entretien sur CNN tôt ce matin, Rudy Giuliani, avocat du Président, avait dit dans ce qui apparaît maintenant comme une défense anticipée, que si Trump avait conditionné l’aide américaine à l’Ukraine à une enquête sur Clinton et Biden, « ç’aurait été parfaitement approprié ». Il apparaît rétrospectivement que Trump préparait lui aussi l’opinion à la révélation, puisqu’il écrivait dans un tweet jeudi matin : « J’ai maintenant compris que pratiquement chaque fois que je suis au téléphone avec un dirigeant étranger, il y a beaucoup de gens qui écoutent appartenant à diverses agences U.S., sans compter celles de l’autre pays. Sachant tout ça, quelqu’un serait-il assez stupide pour croire que je dirais quelque chose d’inapproprié à un chef d’état alors que je serais sur un appel aussi potentiellement ‘densément peuplé’ ? » On saura sans aucun doute bientôt si Trump était au courant de ce ‘densément peuplé’ avant le 25 juillet ou simplement après.

(… à suivre).

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Accord de coopération de Paul Manafort avec la justice américaine § 37, page 22

Je lis consciencieusement l’accord de coopération de Paul Manafort avec la justice américaine. Je vous rappelle que ce lobbyiste américain, représentant depuis les années 1980 aux États-Unis les intérêts de personnalités russes et d’alliés de la Russie, ancien directeur de campagne présidentielle de Trump, et dernier membre du cercle rapproché du Président à ne pas coopérer pleinement avec la justice américaine, s’est mis à table le 13 septembre en échange d’une réduction de peine sur des infractions multiples. Il s’est agi là d’un revers considérable pour Trump dont l’avocat, le comptable, le directeur de publications étouffant toutes les affaires scandaleuses le concernant, et l’avocat de la Maison-Blanche, coopéraient déjà avec la justice.

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SUR LA DETTE, LE FMI AVANCE À PAS DE LOUP ! par François Leclerc

Billet invité.

Les gardiens du Temple qui s’en offusquent doivent se rendre à l’évidence : comme les banques centrales, le FMI fait de la politique et pas qu’un peu ! Pour ceux qui en douteraient encore, il vient une nouvelle fois d’en faire la preuve vis à vis de l’Ukraine, et se prépare à prochainement récidiver avec la Grèce.

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LES RENDEZ-VOUS MANQUÉS DE L’HISTOIRE, par François Leclerc

Billet invité.

Que se passe-t-il sur les routes de l’exode ? Tant bien que mal, un parcours s’est pour l’instant imposé dans les Balkans, les réfugiés passant à pied chaque frontière pour être convoyés à la suivante par train ou par bus selon le principe du jeu de la patate chaude : chaque gouvernement fait tout pour éviter que les réfugiés – qui ne le souhaitent pas – s’installent durablement sur son territoire.

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Addendum à « Des similitudes qui font froid dans le dos », par Michel Leis

Billet invité.

Addendum à mon billet du 16 décembre 2014 : Des similitudes qui font froid dans le dos.

Il est probable que nul ne saura jamais la vérité sur l’assassinat de Boris Nemtsov, mais il est par contre certain que « l’enquête » demandée par le Kremlin livrera un coupable. Si on met de côté la thèse de la « manipulation pour déstabiliser la Russie », à peu près aussi crédible que la thèse de l’incendie du Reichstag commandité par les communistes, reste à voir le contexte de cet assassinat.

Quelques commentateurs russes indépendants pointent du doigt les mouvements ultranationalistes qui fleurissent un peu partout en Russie. Pour ces mouvements, toute remise en cause du soutien accordé par Moscou aux séparatistes pro-russes est inadmissible. Dans le même temps, il paraît peu vraisemblable que le pouvoir ait formellement ordonné cet assassinat, au même titre que le pouvoir nazi ne commandita pas explicitement toutes les exactions commises dans la période 1933-34 par les diverses factions se réclamant du nazisme. Reste que dans la Russie d’aujourd’hui, le climat délétère et de haine croissante contre l’Occident, soigneusement entretenu par les médias officiels, crée une toile de fond où ce type d’évènement est devenu inéluctable.

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Le roque de Tsipras, par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Le virevoltant ‘cavalier’ Varoufakis qui a entamé une longue semaine de contacts avec différents ‘partenaires’ a réussi à prendre des positions sur le jeu qui s’entame entre la Grèce et l’Union Européenne d’un côté, les Etats-Unis et la Russie de l’autre.

Il a ainsi neutralisé le FMI, une des instances composant la Troïka, en intégrant dès le départ que sur le dossier ukrainien la Grèce dispose d’un droit de veto quant à d’éventuelles sanctions supplémentaires à l’encontre de la Russie, forçant ainsi les USA qui souhaitent stopper l’avance des pions russes en Ukraine à prendre position ouvertement par le biais de son Président Barack Obama, pour un appel à une solution viable pour la Grèce comme pour l’UE sur la question de la dette publique. Les Etats-Unis étant l’acteur majeur au FMI, force est de constater que l’institution se tient coite depuis l’élection d’Alexis Tsipras en Grèce, laissant aux acteurs européens le soin de répondre au jeu en cours développé par le ministre des Finances grec.

La nomination du ministre des Affaires Etrangères grec M. Kotzias dont les relations avec la Russie sont patentes, la réaction officielle de la Grèce quant au rappel de la nécessité de tenir compte de l’avis du pays pour une éventuelle position unanime quant à des sanctions supplémentaires envers la Russie et la nomination de M. Kammenos en tant que ministre de la Défense, lui aussi en ‘contact privilégié’ avec la Russie, ont constitué un point d’appui pour l’ouverture du jeu du Premier ministre grec, lequel jeu s’est déroulé dès la nomination, le surlendemain de l’élection, du gouvernement grec.

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