Archives par mot-clé : Yves Cochet

À propos de Les attitudes possibles devant la menace d’extinction (V) Le survivalisme, par Alexis Toulet

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La stratégie survivaliste à l’échelle individuelle est clairement condamnée, comme vous l’expliquez. A l’échelle d’une collectivité comme région ou nation, elle serait praticable dans certains cas Le problème est que cette stratégie… n’en est pas une en vérité, car elle ne répond pas au problème !

Le problème n’est pas en effet que l’humanité risquerait de disparaître. La solution ne peut donc pas être « tiens voici une manière de s’assurer que X millions de personnes survivent et hop problème résolu ! »

Le « pire cas » envisageable du réchauffement et de l’effondrement des écosystèmes ne laisserait en effet pas une planète inhabitable pour l’être humain : il laisserait une planète où seule une petite partie de l’humanité actuelle pourrait survivre. Ce serait la pire catastrophe de l’Histoire, comparable seulement à la catastrophe de Toba supposée être arrivée il y a environ 73.000 ans, si la théorie qui fait soupçonner une telle catastrophe est juste.

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« Espèce de collapsologue(s) ! », par Cédric Chevalier

« Il faut « politiser » l’effondrement comme une menace et un risque, et pas le dépolitiser comme une certitude monolithique abstraite. » Ouvert aux commentaires.

Au commencement était le verbe. Les idées gouvernent le monde, c’est assez admis. Donc ceux qui gouvernent les idées gouvernent le monde. Les idées sont des instruments de pouvoir, de la puissance d’agir spinozienne qui témoigne de l’émancipation vertueuse d’un individu, à la propagande totalitaire qui aliène et fait s’entretuer les masses, en passant par le fonctionnement de la science. 

L’histoire de l’Eglise catholique est une mine d’or pour nous instruire sur le phénomène de lutte pour l’hégémonie d’un courant d’idées -une idéologie- qui est toujours instrumental pour asseoir le pouvoir d’une certaine faction au sein de la population, qu’elle soit majoritaire ou minoritaire. Du « vote sur le sexe des anges » des Pères de l’Eglise à la Sainte Inquisition en passant par la vertu de la Vierge Marie, des homosexuels, des femmes et des enfants, les croisades et la pilule contraceptive, on trouve tout le vocabulaire de la lutte pour l’hégémonie des idées : hérésie, schisme, apostasie, hétérodoxie, secte, blasphème, excommunication, torture, bûcher, repentir, abjuration et autres joyeusetés civiles et urbaines de droit canon, urbi et orbi

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Le coup de Jarnac de l’Institut Momentum

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Vous me direz qu’il y a mieux à faire que se disputer avec des gens qui sont très proches de vous, voire même avec qui l’opinion publique vous confond éventuellement, et je suis tout à fait d’accord avec vous, mais à certains moments, des amis peuvent prendre un virage à 180°, et là, il faut dire : « Non ! ». Et fermement !

Le Monde a commencé à publier il y a quelques heures une série d’articles intitulés « Face à l’effondrement, il faut mettre en œuvre une nouvelle organisation sociale et culturelle ». Le titre peut sembler optimiste, mais le ton est donné par un paragraphe que je cite en entier :

Ainsi, l’effondrement est inévitable non parce que la connaissance scientifique de son advenue est trop incertaine, mais parce que la psychologie sociale qui habite les humains ne leur permettra probablement pas de prendre les bonnes décisions, au bon moment. Il existe souvent plusieurs manières de résoudre un problème local ou circonscrit, mais affronter tous les problèmes ensemble et globalement rend le coût d’éventuelles solutions si élevé que seul le déni s’avère être la réponse adaptée. C’est ce déni de masse qui garantit que l’effondrement est certain.

Vous aurez relevé la transition inexpliquée entre le « probablement pas » en milieu du paragraphe et le « certain » qui le termine.

« Vive le déni de masse ! » qui nous permet ensuite de vendre du survivalisme « à la Mad Max ». Si on vous évoque tout de suite les petites communautés de « braves gens comme nous » qui survivront sur un mode Amish, coupées du reste du monde, on vous épargne pudiquement les raids sanglants qui auront lieu autour du dernier poids lourd bourré de diesel, ce qui fera qu’on passera rapidement dans la pratique de « Mad Max » à « La route ».

Pourquoi est-ce un coup de Jarnac ? Parce que les jeunes sont en train de se lever en masse pour sauver la mise du genre humain dans son ensemble. Ils échoueront peut-être, je n’en sais rien, mais notre rôle à nous, les aînés, n’est certainement pas de théoriser le fait que nous ayons nous, à titre individuel, fait notre deuil du genre humain.

Décider de jeter l’éponge, et prôner les petits Fort-Chabrol du futur, c’est un choix personnel. En faire une règle de vie pour tout le monde, c’est une fois de plus faire passer les intérêts particuliers avant l’intérêt général. Et ce genre de mentalité – merci beaucoup ! – on a déjà donné. Beaucoup trop donné !

Allez les jeunes, on est avec vous ! Et pas dans un combat perdu d’avance !

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