TOUT FAUX OU PAS LOIN ! par François Leclerc

Billet invité.

Parmi tous les commentaires suscités par la chute des Bourses du monde entier de lundi dernier – qui se poursuit ce matin en Chine, en dépit de nouvelles mesures des autorités du pays – la palme revient à Vitor Constancio, le vice-président de la BCE. Afin de minorer comme d’autres l’importance des évènements, celui-ci a expliqué que la Bourse chinoise n’était pas connectée à l’économie réelle, cette notion de plus en plus utilisée sur laquelle on aimerait bien avoir quelques éclaircissements.

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La Chine et nous – une conversation avec Pascal Hérard de TV5monde

N.B. Pour une interprétation entièrement différente (en fait, c’est pratiquement le contraire de ce que je dis 😀 Vive la diversité !) : Qui seront les victimes du krach chinois ?, dans Le Monde.

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LES TEMPS QUI S’ENGAGENT, par François Leclerc

Billet invité.

Il faut remonter à 2008 pour trouver une telle chute boursière mondiale. Hier, elle était accompagnée de mouvements massifs sur les marchés des matières premières et des changes. Sur celui des actions, elle avait débuté sur les Bourses asiatiques avant de se propager aux États-Unis, puis en Europe. Cette nuit, la Bourse de Shanghai a encore dévissé, puis Tokyo a chuté à nouveau, et ce matin les bourses européennes ne récupéraient que partiellement leurs pertes de la veille.

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LE CULBUTO NE SE REDRESSE PAS ! par François Leclerc

Billet invité.

Rien n’y fait, en dépit de toutes les mesures prises par la direction chinoise pour tenter de stabiliser les cours boursiers, la dernière en date étant d’autoriser les fonds de pension à y investir. La correction boursière que l’on a cru discerner est devenue une véritable déroute et les bourses s’en ressentent dans le monde entier. Mise en perspective avec les épisodes précédents, celle-ci reflète une profonde crise économique de la seconde puissance mondiale, aux conséquences planétaires. La formation d’une gigantesque bulle d’endettement accompagnée d’une bulle immobilière non moins imposante l’ont précédé.

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CHINE : ATTERRISSAGE MOUVEMENTÉ, par François Leclerc

Billet invité.

Ne tirant pas la croissance mondiale comme espéré et n’ouvrant pas assez vite son économie aux mécanismes du marché comme attendu avec impatience, la Chine ne remplit pas ses promesses. Le virage est difficile et long à négocier : la baisse des exportations n’est pas compensée par la hausse de la consommation intérieure, et l’investissement continue de représenter 50 % du PIB.

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TOUT S’EN MÊLE, MÊME LA CHINE…, par François Leclerc

Leurs répercussions potentielles dépassant de loin le poids économique du pays, les négociations grecques ne sont pas seules à être suivies de près. Mettant en évidence un difficile changement de cap, la dégringolade boursière chinoise qui n’en finit pas est également dans ce cas. Toutes deux témoignent de la fragilité de la situation économique, considérée à la seule qui échelle qui vaille désormais, celle du monde.

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Occident vs. Orient : la main invisible du marché vs. la main la plus visible possible de l’État

Le Shanghai composite index, l’indice boursier chinois le plus en vue se situait il y a un an au niveau 2.100. Vint la bulle qui lui fit prendre son envol. À la mi-juin, il valait plus de 5.100. Le 8 juillet, il retombait à 3.500. Ce soir il vaut 3.663. Il n’est tombé dans la journée que de 1,7%, après une chute lundi de 8,5%.

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Chine : « Traverser le gué en tâtant une pierre à la fois »

Teng Hsiao-Ping avait dit à propos de l’exploration chinoise du capitalisme qu’il initiait : « Traverser le gué en tâtant une pierre à la fois ». C’est-à-dire, que l’on garderait un pied dans le communisme et que l’on essaierait de voir prudemment si tel ou tel aspect du capitalisme marche ou ne marche pas, en se réservant toujours la possibilité de revenir un pas en arrière si telle ou telle pierre du gué se révèle trop branlante. À la chinoise : sans confiance aucune accordée à une théorisation quelconque : par essais et erreurs uniquement !

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Paul Jorion : en vitesse, le 9 juillet 2015 – (retranscription)

Retranscription de . Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, on est le jeudi 9 juillet, et je ne fais pas cette vidéo un jeudi parce que demain vendredi je serai trop occupé – j’en ferai une demain – mais c’est simplement parce que j’ai envie de dire des choses, et puis j’ai été occupé toute la journée. J’étais à ce Haut-Comité pour l’avenir financier de la Belgique. On a discuté entre nous, puis on a eu un long entretien avec le Ministre des Finances belge, etc., et je voudrais quand même dire un certain nombre de choses.

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COMBINAISON CHINOISE D’UNE BULLE ET D’UN ENDETTEMENT, par François Leclerc

Billet invité.

L’endettement et le trop plein de liquidités sont des problèmes mondiaux, ainsi qu’en témoigne le krach boursier chinois qui est en cours, et comme ses mécanismes le démontrent. A Shanghai et Shenzen, les deux principales places boursières, les principaux indices ont plongé d’un tiers en moins d’un mois, et les conséquences ne sont pas calculables.

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SYRIZA ABAT SES DERNIÈRES CARTES, ET APRÈS ? par François Leclerc

Billet invité

Le dénouement approche donc, et l’équipe de Syriza joue ses dernières cartes. Alexis Tsipras se rend à Moscou à l’invitation de Vladimir Poutine, laissant planer la menace de perturber le jeu des sanctions prises par l’Union européenne contre la Russie, car elles nécessitent l’unanimité. Yanis Varoufakis s’envole pour Washington, afin de rencontrer Christine Lagarde et de mieux évaluer la durée de la période de grâce dont le gouvernement grec pourra bénéficier avant que le FMI ne déclare formellement un défaut. Il est enfin tenté d’accréditer l’existence d’un plan B, destiné à se placer dans une fragile situation d’attente en se finançant avec les moyens de fortune que représenterait l’émission de lettres de crédit auprès d’États y trouvant leur intérêt comme la Chine et la Russie, une fois que la BCE aura fermé le robinet des liquidités d’urgence.

L’équipe de Syria reste déterminée et ne donne aucun signe de préparation de sa reddition, plaçant les autorités européennes au pied du mur, elles qui ont toujours déclaré qu’une sortie de la Grèce de la zone euro était à leurs yeux « impensable ». Aux États donc – Syriza ayant fait ses concessions sans contrepartie – de tempérer leurs exigences et de cesser de réclamer l’adoption de mesures que même Antonis Samaras avait refusé d’accepter. Le message est clair : « ne comptez pas sur nous pour nous renier et faire le sale boulot ! ». Pour le rendre crédible, le choix est fait d’entrer dans une ultime stratégie de tension, quitte à prendre le risque que la situation échappe des mains de tout le monde.

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Les Rencontres de Shanghaï – « Un séminaire en marchant », juillet 2014, par Gaëlle Péneau

Billet invité.

Bulletin d’impressions / « ma haie » :

Quand j’allume mon ordinateur pour me promener dans ma haie, je ne suis pas dans une logique de « livre à la française », où les choses se suivent et s’enchaînent pour former un tout. (…) C’est une organisation de type « haie », en mouvement comme le « jardin » du même nom de Gilles Clément, avec ses trous, ses changements de vitesse, ses inévitables répétitions.

(Ma Haie, Emmanuel Hocquard ed. P.O.L. 2001 )

Un voyage, non pas touristique, mais pour comprendre « comment va le monde ? ». L’éloignement améliore la perspective, le changement de point de vue brise les lieux communs et les idées toutes faites. La découverte de l’œuvre de Wang Shu, architecte Chinois et Pritzker Price, a été déterminante dans ma décision de participer à ce voyage. Que la belle Shanghaï ne s’en offense pas ! Elle reste une des villes orientales aussi exceptionnelle que peuvent l’être New York ou bien Venise en Occident. La vue sur le quartier du Pudong au bord du fleuve Huangpu est époustouflante. C’est notre première soirée en Chine : restaurant en balcon au-dessus de l’eau, plateaux tournants et baguettes ; il fait très chaud !

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Pudong vu depuis l’autre rive

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Europe : IL N’Y A VRAIMENT PAS DE QUOI SE PLAINDRE ! par François Leclerc

Billet invité.

Demain, sommet européen (on ne les compte plus) ! En ouverture, un petit coin de ciel bleu est toujours timidement recherché par Matteo Renzi, qui réaffirme « qu’il faut sortir les investissements d’un pays du Pacte de stabilité », tentant de donner un peu de marge de manœuvre dans l’application d’une politique européenne dont il est hors de question de demander frontalement le changement. Le président du conseil italien conjugue d’un certain point de vue ses efforts avec Frans Timmermans, qui joue le rôle inédit de président bis de la Commission. Le second de Jean-Claude Juncker, que ce dernier a ensuite relayé, a lancé un appel à des contributions supplémentaires des gouvernements au plan d’investissement de son patron, mais sans clarifier la question soulevée par Matteo Renzi, véritable nœud du problème : ces apports seront-ils ou non comptabilisés dans le déficit ?

Toujours sur ce même terrain, trois instituts économiques européens, l’OFCE française, l’IMK allemand et l’ECLM danois, ont proposé l’exclusion des dépenses d’investissement du calcul du déficit. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une « stratégie macroéconomique alternative », qui préconise également l’achat par la BCE d’obligations émises par la Banque européenne d’investissement (BEI), afin de soutenir l’investissement public. En vue de favoriser la transition énergétique, il est aussi préconisé d’accroitre la fiscalité sur le carbone, tout en compensant l’augmentation du prix de l’énergie pour les ménages via un fonds européen, et par une taxe à l’importation pour les entreprises.

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DÉFLATION, QUAND TU NOUS SERRES DANS TES BRAS… par François Leclerc

Billet invité.

L’économie mondiale subit une forte pression déflationniste, posant à cette échelle globale une question qui persiste à rester localement sans réponse au Japon : comment en sortir quand on y fait face ? Ce qui n’est pas sans notables incidences, car non seulement une telle pression fait obstacle à la croissance de l’économie, mais elle renchérit le coût du désendettement et en vient à s’y opposer.

Tant que ce phénomène n’était observé qu’au Japon – ou en Europe où il fait son chemin – il restait encore inachevé. Mais, atteignant désormais de plein fouet la Chine, la pression déflationniste se propage, s’accentue et s’auto-entretient. Aux États-Unis mêmes, l’inflation persiste à stagner en-dessous de son taux objectif de 2%, n’incitant pas la Fed à hausser ces taux comme elle le voudrait.

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L’ENA hors-les-murs, « 2014 : Malversations financières en tout genre », N° 447, décembre 2014

L’année financière 2014 a débuté dans l’inquiétude qui avait caractérisé le deuxième semestre 2013 : que se passerait-il lorsque le quantitative easing américain, la création mensuelle de 85 milliards de nouveaux dollars, prendrait fin ? Une annonce anticipée avait causé en juin la panique sur les marchés boursier et obligataire, l’injection d’argent frais ne trouvant pas de débouchés dans une économie mondiale anémique, et alimentant du coup les bulles financières. Sur ce plan, c’est en laissant dans son sillage un parfum d’amateurisme que Ben Bernanke quitta la direction de la Federal Reserve dont il avait été le gouverneur pendant huit ans. Mme Janet Yellen, personne connue pour sa compétence et sa modération de centre-gauche, prit sa suite en janvier 2014. Son mari, George Akerlof, prix Nobel d’économie en 2001, par ailleurs très respecté, lui serait de bon conseil.

Janvier secoua la direction du Parti Communiste chinois quand il apparut que les familles de dirigeants chinois parquaient leurs économies dans les havres fiscaux, et leurs enfants à des postes décemment rémunérés dans les grandes banques d’investissement américaines. La preuve était faite que ce n’était pas seulement au capitalisme sauvage que la Chine s’était convertie mais aussi au capitalisme de connivence, et là aussi avec l’enthousiasme du nouveau converti.

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LA NSA A DE BEAUX JOURS DEVANT ELLE, par François Leclerc

Billet invité.

Dix-huit mois se sont écoulés depuis les révélations d’Edward Snowden et le Sénat américain vient d’étouffer dans l’œuf, au moins provisoirement, les timides velléités de réforme des activités généralisées d’espionnage de la National Security Agency (NSA).

Sous l’impulsion des sénateurs républicains, l’inscription à l’ordre du jour d’un projet de loi démocrate a été hier repoussé, au prétexte revendiqué de ne restreindre en rien les activités d’espionnage généralisé des réseaux de communication de la NSA. « Alors que les États-Unis mènent une campagne militaire pour affaiblir, démanteler et vaincre l’EIIL, ce n’est pas le moment d’examiner une proposition de loi qui supprime les outils dont nous avons besoin pour combattre l’EIIL », a déclaré le sénateur Mitch McConnell, leader du groupe républicain. Il y avait un avant et un après Snowden en raison du retentissement de son action, entendait-on dire, mais cela ne va pas empêcher la NSA de poursuivre comme avant.

Barack Obama s’étant appliqué à limiter les dégâts, la loi adoptée cet été par la Chambre des représentants n’était pas exempte d’importantes failles et de finesses permettant de se faufiler – à l’image des nouvelles réglementations financières – mais c’était encore trop pour les défenseurs de la NSA au Sénat. Exemple parmi d’autres, que doit-on exactement entendre par « cible » devant être préalablement autorisée par un juge pour être surveillée : une personne, un préfixe téléphonique, un code postal ou une ville entière ?

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La nuit dernière à Hong-Kong, par Frank Vigneron

Billet invité.

Il s’est passé ici quelque chose d’assez drôle. Un groupe d’anti-Occupy (même si le mouvement s’appelle maintenant ‘Umbrella revolution’, puisqu’il déborde de loin le premier mouvement ‘Occupy Central with Love and Peace’ organisé par des universitaires, ceux qui sont contre s’appellent eux-mêmes encore ‘anti-Occupy Central’) sont venus manifester à la Chinese University pour demander la démission du patron de l’université.

Il s’agit de Joseph Sung, un médecin qui a joué un rôle important pendant l’épidémie de SRAS et que TOUT LE MONDE respecte et aime (c’est un très bon calligraphe en plus).

Or, le titre des patrons d’université à Hong Kong est ‘vice-chancelor’, celui de ‘chancelor’ étant un titre honorifique réservé au chief executive (et au gouverneur pendant l’époque coloniale). Ces abrutis d’anti-Occupy, montrant bien le niveau d’ignorance et d’imbécilité général qui règne dans leurs rangs, exigeaient la démission du ‘chancelor’ de l’université. Ils étaient entourés d’un énorme groupe d’étudiants qui ont tout de suite approuvé, applaudissant bruyamment à l’idée que CY Leung (Leung Chun-ying) démissionne de son poste. Ne comprenant pas la gaffe qu’ils venaient de faire, les anti-Occupy étaient très contents, et un peu surpris, de se voir approuvés par ceux qu’ils prenaient pour des ennemis. Très désolé d’avoir loupé ça ! le campus est immense, mais c’est passé sur Facebook.

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Hong Kong : ILS SONT TOUJOURS DANS LA RUE ! par François Leclerc

Billet invité.

Depuis le 28 septembre dernier, rien n’y fait et les semaines passent dans les quartiers occupés d’Admiralty, de Causeway Bay et de Mong Kok. Ni les charges et les gaz au poivre des policiers, ni les promesses de dialogue cousues de fil blanc, ni la fatigue et les pressions des commerçants, ni le coups de main des Triades ne lui font rendre raison, la jeunesse de Hong Kong n’abdique pas.

Après trois nuits de charges policières violentes et de tentative de démantèlement de barricades et de rétablissement de la circulation dans le quartier de Mong Kok, le cœur commercial de Hong Kong avec ses petites rues spécialisées par produits et ses innombrables boutiques, les manifestants sont par milliers revenus en force munis de leurs parapluies, puis ont forcé un cordon de police. Au lever du soleil, les policiers se retiraient sous les vivats.

Une nouvelle offre de négociations avec la Fédération des étudiants de Hong Kong (HKFS) et à propos du projet de réforme constitutionnelle a jeudi dernier été rendue publique par l’exécutif de Hong Kong, désormais prévue par ses soins mardi prochain. Mais les étudiants continuent de réclamer la démission de son chef, Leung Chun-Ying, et d’exiger que les candidatures aux élections ne soient pas sous contrôle des autorités…

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VIVE LA GRANDE LUTTE HÉROÏQUE DE LA JEUNESSE DE HONG KONG ! par François Leclerc

Billet invité.

Entamé le 28 septembre dernier, le mouvement prodémocratie de blocage d’Admiralty, le quartier des affaires de Hong Kong, se poursuit envers et contre tout après s’être étendu à Causeway Bay, l’un des principaux quartiers commerçants. Des dizaines de milliers de jeunes étudiants et de lycéens, filles et garçons mélangés, ont pacifiquement occupé les rues et avenues, érigeant des barricades, faisant d’un simple parapluie leur emblème et leur protection tout en bénéficiant de la sympathie de la population, leur plus solide rempart. Le fantôme de Tian’anmen était dans les têtes, en premier lieu dans celles des autorités centrales chinoises qui n’ont ni pu ni voulu renouveler leur réaction sanglante d’alors en raison de ce rapport de force.

Ni les charges policières brutales, ni l’emploi des hommes de main des Triades n’ont pu venir à bout de la détermination des manifestants. Les tentatives de désamorcer le mouvement avec un simulacre de concertation ont tourné court, tandis que les embouteillages et les dysfonctionnements apportés à la vie quotidienne des habitants de Hong Kong se sont révélés être à la longue leur principal ennemi. Toute mobilisation massive de cette nature n’a forcément qu’un temps : elle se doit de déboucher, au risque sinon de s’effilocher. Pour autant, l’histoire immédiate n’est pas finie, car l’opinion publique est sensible aux exactions policières qui viennent d’intervenir en raison de la jeunesse des manifestants.

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