LES ENJEUX INCONTOURNABLES DE L’ENDETTEMENT, par François Leclerc

Billet invité.

Dix ans après le début de la crise économique et financière, qui est désormais attribuée à l’excès d’endettement et à la dérégulation des marchés financiers, la dette globale des particuliers, des entreprises et des États a fortement progressé. Les analystes de l’Institut International de la finance (IIF) précisent que « le stock de la dette gouvernementale exprimée en dollars a plus que doublé depuis 2006 aux États-Unis et au Royaume-Uni, tandis qu’elle augmentait de l’ordre de 50 % en zone euro et au Japon ».

Continuer la lecture de LES ENJEUX INCONTOURNABLES DE L’ENDETTEMENT, par François Leclerc

Partager

LE BREXIT, FENÊTRE D’OPPORTUNITÉ POUR LES BANQUES, par François Leclerc

Billet invité.

Pour les banques, le problème à résoudre est « celui de la faible rentabilité, pas celui de la solvabilité ». C’est ainsi que Mario Draghi, le président de la BCE, a hier placé au second plan la crise en cours du système bancaire italien, donnant au passage son onction à une solution faisant appel à des fonds publics, pour mettre l’accent sur une cause structurelle générale (il n’emploie pas le terme) de la faiblesse du système bancaire européen : la chute de sa rentabilité.

Continuer la lecture de LE BREXIT, FENÊTRE D’OPPORTUNITÉ POUR LES BANQUES, par François Leclerc

Partager

LA TRANSPARENCE ? N’EXAGÉRONS PAS ! par François Leclerc

Billet invité.

L’Institut de la finance internationale (IIF) monte sur ses grands chevaux en s’adressant au Comité de Bâle, et l’Association françaises des entreprises privées (Afep) perd le contrôle de ses nerfs à propos d’un projet de loi. Quand les Gardiens du Temple sont piqués au vif, leurs raisons en sont toujours intéressantes, justifiant un tel rapprochement.

Continuer la lecture de LA TRANSPARENCE ? N’EXAGÉRONS PAS ! par François Leclerc

Partager

LES ÉMERGENTS PRIS À LEUR TOUR, par François Leclerc

Billet invité.

« La perspective d’une hausse des taux d’intérêt aux États-Unis et le ralentissement en Chine alimentent une incertitude et une plus forte volatilité des marchés », s’alarme Christine Lagarde en prélude de l’assemblée générale du FMI à Lima (en termes moins choisis : des masses de capitaux sont à la recherche d’affectation, sans se soucier des dégâts qu’ils commettent). La conjonction des deux phénomènes est également redoutée en raison de son impact sur une croissance des pays émergents, jugée « décevante » (traduire : démentant une fois de plus les prévisions), ainsi que sur la croissance mondiale. On a connu plus optimiste.

Continuer la lecture de LES ÉMERGENTS PRIS À LEUR TOUR, par François Leclerc

Partager

« MAIS OÙ VONT-ILS CHERCHER TOUT CELA ? » par François Leclerc

Billet invité.

« Mais où donc vont-ils chercher tout cela ? » est une question en passe de devenir lancinante. Dernier en date à inciter à se la poser, Peter Praet, économiste en chef de la BCE et membre de son directoire. A Washington, devant l’auditoire choisi de l’Institute of International Finance (IIF), il a livré le fond de sa pensée en déclarant : « Le pire, c’est d’annoncer des réformes et de ne pas les appliquer, et je pense que c’est ce qui est en train de se passer ». Devant une telle perspicacité, que faire si ce n’est s’incliner ?

D’autant qu’elle n’est pas en phase avec l’évolution de celle de Mario Draghi, qui, devant le Comité monétaire financier international du FMI, a admis que « le faible niveau de demande agrégée est devenu un facteur contribuant à une inflation plus basse qu’attendu ». La demande agrégée représente la consommation des ménages, la dépense publique et l’investissement privé.

Continuer la lecture de « MAIS OÙ VONT-ILS CHERCHER TOUT CELA ? » par François Leclerc

Partager

L’actualité de la crise : RIEN NE VA PLUS ! par François Leclerc

Billet invité

Des manifestations monstres en Espagne, l’annonce que la Fed pourrait augmenter ses achats d’actifs mensuels de 40 à 45 milliards de dollars dès janvier prochain, de sévères exigences de la Troïka de réduction des salaires des fonctionnaires et de l’aide au logement, assorties de hausses d’impôts en contrepartie d’un plan de sauvetage de Chypre, des prévisions pessimistes de la Banque d’Angleterre à propos de l’économie du pays, tel était l’essentiel de l’actualité d’hier soir, presque la routine pourrait-on dire.

Un événement a pourtant échappé à celle-ci : l’intervention de Charles Dallara, le directeur général de l’Institute of International Finance (qui représente les mégabanques) devant un parterre de banquiers à Athènes. « Je crois qu’un effacement de dette par le secteur officiel, sur le mode de ce que les créanciers privés ont fait, ça mettrait le feu aux poudres en Europe. Ce n’est pas le moment » a-t-il dit en repoussant donc celui-ci à plus tard. Pour préconiser dans l’immédiat « des solutions non conformistes » reposant sur la réduction des taux d’intérêts des prêts en cours et à venir, en évoquant même les prêts à taux zéro du FMI destinés à certains pays en difficulté. Ajoutant que « le FMI ne devrait pas se contenter de réduire les taux mais il devrait aussi trouver les moyens d’accroître sa propre participation financière », car « c’est sur la croissance que l’accent devrait être mis ».

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : RIEN NE VA PLUS ! par François Leclerc

Partager

L’actualité de la crise : UNE CHATTE N’Y TROUVERAIT PLUS SES PETITS, par François Leclerc

Billet invité.

Partie pour durer, la confusion s’est hier encore intensifiée en Europe, au départ de Rome, Berlin et Francfort. Aucune solution n’est toujours en vue à propos de la participation des institutions financières au second plan de sauvetage de la Grèce. Au contraire, la BCE a du agir dans l’urgence afin d’éviter que le Portugal soit précipité dans l’abîme, risquant d’entraîner l’Espagne. On connaît le scénario.

Le Conseil des gouverneurs de la BCE a fait pour le Portugal ce qu’il se refuse à accepter pour la Grèce : il est passé par dessus l’avis des agences de notation en suspendant le seuil minimum de notation des obligations souveraines permettant de les accepter comme collatéral. Ce faisant, il a sauvé le système bancaire portugais ainsi que tous les grands émetteurs de dette, publics et privés, du pays.

Afin de couper court à l’idée que cette décision préfigurerait celle qu’il devra prendre dans le même sens vis-à-vis de la dette grecque (ce qui vaudrait acceptation de la restructuration actuellement repoussée), Jean-Claude Trichet s’est voulu inflexible : « Notre position n’a pas changé. Pas d’événement de crédit, de défaut ou de défaut partiel. Point » a-t-il martelé dans le détail, pour parer à toutes les subtilités. Il s’est refusé à commenter plus avant le sujet, arguant qu’il est du ressort des Etats de trouver la solution. Ayant toutefois en magasin, sans en faire état à ce stade, la possibilité d’effectuer des prêts d’urgence aux banques grecques (on l’a vu en Irlande, selon un montage scabreux qui en déléguait le pouvoir à la Bank of Ireland).

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : UNE CHATTE N’Y TROUVERAIT PLUS SES PETITS, par François Leclerc

Partager

L’actualité de la crise : MINIMUM DE RÉALISME, par François Leclerc

Billet invité.

La Grèce va devoir patienter, ayant entretemps réussi à emprunter 1,625 milliards d’euros à six mois, au taux pénalisant record de 4,88%, afin de tenir dans l’immédiat.

La Commission parle d’une décision prise « dans les prochaines semaines », et Angela Merkel veut pour se prononcer attendre les résultats de la mission de la Troïka, qui vient juste d’arriver à Athènes et doit y rester une bonne semaine. Le temps de se dégager un peu de la pression qu’exerce sur elle son allié du FDP, qui anime en Allemagne le front du refus.

Tous espèrent ainsi faire retomber la tension que la réunion de vendredi dernier avait contribué à faire grimper, et gagner du temps pour trouver une position commune. Christine Lagarde, pour rassurer, a de son côté déclaré sans savoir comment qu’« on allait continuer à les aider », tandis que George Papandréou appelait les Grecs au « sang froid ». Ce nouveau numéro du cirque ne fait que commencer, car les intérêts des uns et des autres sont clairement divergents.

Ce qui est certain, c’est que plus le temps passe, plus la dette grecque va être garantie par les Etats via le fonds de stabilité, car les banques non seulement n’en achètent plus sur le marché mais s’en délestent autant qu’elles peuvent. La charge est donc progressivement reportée en totalité sur les Etats, rien qui ne soit vraiment étonnant.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : MINIMUM DE RÉALISME, par François Leclerc

Partager