LE FMI EST PENCHÉ SUR LA DETTE… ET NE S’EN RELÈVE PAS ! par François Leclerc

Billet invité.

L’endettement des 129 États notés par Standard & Poor’s progressera de 1,7% cette année et atteindra 44.300 milliards de dollars. Au fur et à mesure que la masse de la dette publique s’accroît et que la croissance économique s’installe dans ce qui est qualifié de stagnation séculaire – deux tendances fortes – le risque de défaut souverain augmente. Que faire ?

Celui-ci n’apparait plus à l’horizon de lointains pays émergents mais en Europe, même si le risque d’éclatement de la zone euro s’est éloigné depuis l’épisode de 2011. La stratégie de désendettement qui y est imposée alimente une crise sociale et politique qui autorise à douter de sa viabilité. L’énormité d’autres dettes dont la croissance est sans fin, comme celles du Japon et des États-Unis, est telle qu’il est feint de croire qu’elle pourront être éternellement financées, faute d’alternative. A la vue de ce spectacle, une constatation s’impose : la problématique du désendettement a de l’avenir.

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Fukushima : cogérer l’agonie, par Nadine et Thierry Ribault

Billet invité.

En ce 11 mars 2015, quatre ans après l’inachevable désastre nucléaire de Fukushima, on peut, bien entendu, établir un bilan officiel : 87 enfants atteints d’un cancer de la thyroïde, 23 autres suspectés de l’être, 120.000 « réfugiés », 50.000 liquidateurs mobilisés au seuil sacrificiel dûment relevé, des piscines remplies de combustibles prêtes à nous exploser au nez, des rejets massifs et réguliers d’eau contaminée dans l’océan, pas moins de 30 millions de m3 de déchets radioactifs à stocker pour l’éternité.

Ce bilan existe. Nous vous y renvoyons.

L’État fait des habitants de Fukushima des cogestionnaires du désastre

Une fois ce « bilan » dressé, une fois les victimes et les inquiétudes considérées avec respect, il s’agit de tirer les conclusions qui s’imposent. L’une d’entre elles est la suivante : au fur et à mesure que se mettait en place l’aide fournie par des groupes citoyens, des ONG, des structures plus ou moins indépendantes, l’État faisait des habitants de Fukushima, indéniablement et sous couvert de « participation citoyenne », des cogestionnaires du désastre. On pourra nous opposer que cet élan civique a relevé de la spontanéité, voire de l’amour du prochain, que l’État n’a donné aucun ordre allant dans ce sens, que chacun était, et reste, libre de « s’engager » dans de tels mouvements, certes ! Cependant, beaucoup des hommes et des femmes qui l’ont fait, même si c’est inconsciemment, ont fait le jeu de l’État.

Voilà ce que nous avons constaté.

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LES EUROPÉENS, CES VILAINS COPIEURS DES JAPONAIS, par François Leclerc

Billet invité.

La japonisation de l’Europe n’est plus vécue comme une menace en l’air et une prophétie de mauvais augure. La zone euro est sous le coup d’une pression déflationniste qui s’accentue au fil des mois et ce qui la sépare de la déflation est de plus en plus symbolique. Voilà un premier point de ressemblance d’acquis.

Mais cela ne s’arrête pas là : le Japon a déjà emprunté le chemin des réformes structurelles sur lequel les Européens sont à leur tour engagés et l’on en voit le résultat. Cela vaut aussi bien pour les réformes du marché du travail qui y ont été opérées et le développement de la précarité qui s’en est suivi, que pour l’accroissement des inégalités et la diminution des prestations sociales. En queue de peloton des pays de l’OCDE pour le taux de pauvreté, le Japon représente l’avenir de l’Europe.

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Europe : IL N’Y A VRAIMENT PAS DE QUOI SE PLAINDRE ! par François Leclerc

Billet invité.

Demain, sommet européen (on ne les compte plus) ! En ouverture, un petit coin de ciel bleu est toujours timidement recherché par Matteo Renzi, qui réaffirme « qu’il faut sortir les investissements d’un pays du Pacte de stabilité », tentant de donner un peu de marge de manœuvre dans l’application d’une politique européenne dont il est hors de question de demander frontalement le changement. Le président du conseil italien conjugue d’un certain point de vue ses efforts avec Frans Timmermans, qui joue le rôle inédit de président bis de la Commission. Le second de Jean-Claude Juncker, que ce dernier a ensuite relayé, a lancé un appel à des contributions supplémentaires des gouvernements au plan d’investissement de son patron, mais sans clarifier la question soulevée par Matteo Renzi, véritable nœud du problème : ces apports seront-ils ou non comptabilisés dans le déficit ?

Toujours sur ce même terrain, trois instituts économiques européens, l’OFCE française, l’IMK allemand et l’ECLM danois, ont proposé l’exclusion des dépenses d’investissement du calcul du déficit. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une « stratégie macroéconomique alternative », qui préconise également l’achat par la BCE d’obligations émises par la Banque européenne d’investissement (BEI), afin de soutenir l’investissement public. En vue de favoriser la transition énergétique, il est aussi préconisé d’accroitre la fiscalité sur le carbone, tout en compensant l’augmentation du prix de l’énergie pour les ménages via un fonds européen, et par une taxe à l’importation pour les entreprises.

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Au Japon et en Russie : LES DESTINS DE L’ORTHODOXIE, par François Leclerc

Billet invité.

Comment enrayer la dégringolade du rouble, qui a perdu la moitié de sa valeur par rapport au dollar et 45% face à l’euro depuis le début du mois ? Dans la nuit, la Banque de Russie a augmenté son taux de 10,5% à 17%, dans l’espoir de stopper une énorme hémorragie de capitaux, n’ayant d’autre ressource que d’abandonner des interventions quasi-quotidiennes de soutien du rouble qui épuisaient ses réserves de change sans résultat.

Les effets des mesures de rétorsion occidentales à l’intervention en Ukraine et la chute du prix du pétrole, qui assure avec le gaz la majorité des revenus budgétaires de la Russie, forment la toile de fond d’une crise qui se manifeste également par une énorme hémorragie de capitaux. Elle était de 60 milliards de dollars en 2013 mais s’est accélérée et devrait atteindre 218 milliards cette année et va se poursuivre l’année prochaine, selon la Banque de Russie. Celle-ci prévoit une chute du PIB oscillant entre 4,5 à 4,8% en 2015.

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MIRACLE, ILS CHANGENT L’OR EN PLOMB ! par François Leclerc

Billet invité.

Il est arrivé à la BCE ce que la Commission de Bruxelles venait de subir : à peine un mirifique projet est-il énoncé qu’il est sans plus tarder démonté et considéré comme ne pouvant atteindre ses objectifs. Et il est proposé que la BCE achète les tranches les plus risquées des CDO du plan d’investissement Juncker, au prétexte qu’elles seront garanties par la Commission. Dans cette histoire, qui est l’aveugle, qui est le paralytique ?

La BCE est désormais suspectée de préparer un assouplissement quantitatif de gagne-petit, additionnant la portée présumée de ses différents programmes, dont celui-ci quand il sera décidé, pour aboutir à l’augmentation annoncée de 1.000 milliards d’euros de la taille de son bilan. Mais des calculs sur un coin de nappe d’analystes réputés, comme ceux de l’institut Bruegel, aboutissent à des estimations du double si l’on veut que la création monétaire en question remplisse son office présumé. Parallèlement, il est tenu pour acquis que la BCE organisera ses achats au prorata de la participation des banques centrales nationales à son capital, afin d’éviter toute accusation de financement de la dette publique d’un pays en particulier.

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DÉFLATION, QUAND TU NOUS SERRES DANS TES BRAS… par François Leclerc

Billet invité.

L’économie mondiale subit une forte pression déflationniste, posant à cette échelle globale une question qui persiste à rester localement sans réponse au Japon : comment en sortir quand on y fait face ? Ce qui n’est pas sans notables incidences, car non seulement une telle pression fait obstacle à la croissance de l’économie, mais elle renchérit le coût du désendettement et en vient à s’y opposer.

Tant que ce phénomène n’était observé qu’au Japon – ou en Europe où il fait son chemin – il restait encore inachevé. Mais, atteignant désormais de plein fouet la Chine, la pression déflationniste se propage, s’accentue et s’auto-entretient. Aux États-Unis mêmes, l’inflation persiste à stagner en-dessous de son taux objectif de 2%, n’incitant pas la Fed à hausser ces taux comme elle le voudrait.

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LE JAPON MONTRE LA VOIE À NE PAS SUIVRE, L’EUROPE NE FAIT PAS MIEUX, par François Leclerc

Billet invité

Le Japon, troisième puissance économique mondiale, va-t-il commencer à réduire son endettement ? Cela ne se présente pas bien, et les dirigeants européens feraient bien de s’y intéresser avant de laisser l’Europe s’enfoncer dans une situation de japonisation larvée, qui est chaque jour qui passe confortée par des indices déprimés.

Sous l’impulsion du premier ministre Shinzo Abe, la Banque du Japon poursuit la plus grande opération de création monétaire jamais réalisée, tirant ainsi la carte de la dernière chance. Mais avec quels résultats ? Sorti de la récession en 2012 et connaissant des débuts de croissance encourageants en 2013, le pays est lourdement retombé dans la récession. Ni la faible contribution du commerce extérieur, ni l’augmentation des dépenses publiques n’ont pu l’empêcher. Quant à l’inflation, son timide sursaut est d’une grande fragilité et résulte largement des importations d’hydrocarbures. En conséquence, le premier ministre pourrait annoncer qu’il sursoit à une deuxième augmentation de la TVA, afin de ne pas aggraver la baisse de la consommation. C’était la seule mesure tangible de réduction du déficit budgétaire, au demeurant d’impact modeste.

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LA JAPONISATION DE L’EUROPE EN BONNE VOIE, par François Leclerc

Billet invité.

Les marché des capitaux avait été déstabilisé lorsque la Fed avait entamé l’arrêt progressif de ses achats de titres, qui ont stoppé fin octobre (sauf pour remplacer les actifs arrivant à maturité). En Europe, ce même marché de capitaux serait soulagé que la BCE prenne en grand le relais, comme il est possible qu’elle doive s’y résoudre. Au Japon, il a obtenu satisfaction et a réagi positivement à la Bourse de Tokyo, la Banque du Japon (BoJ) ayant hier décidé d’accroître plus massivement encore que prévu la taille de son bilan, l’inflation ne décollant pas comme promis.

Après avoir pesé le pour et le contre en auscultant les marchés financiers, afin de déterminer à quel stade se trouve la nouvelle bulle financière en train de se constituer, les dirigeants de la Fed ont finalement décidé de stopper l’accroissement de la taille de son bilan. Mais les Japonais prennent le relais et alimentent la bulle, en attendant que les Européens enchaînent.

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L’EXPORT ET LA DETTE TOMBENT A L’EAU, QUE RESTE-T-IL DANS LE BATEAU ? par François Leclerc

Billet invité.

La cause était entendue, au lendemain de l’épisode aigu de la crise : le salut viendrait par l’export que l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) avait brillamment contribué à développer. Les Chinois étaient sommés de valoriser leur monnaie pour freiner leurs exportations inondant les marchés occidentaux, et les Européens d’accroitre leur compétitivité pour augmenter les leurs. Mais le résultat n’est pas au rendez-vous, il y a quelque chose qui cloche là-dedans ! Le FMI vient de rendre publiques ses dernières prévisions mondiales et manifeste à nouveau son inquiétude. Il y a de quoi : ce sera la neuvième fois en trois ans qu’il révisera celles-ci à la baisse…

De puissants facteurs s’additionnent pour créer une spirale descendante, aux effets plus ou moins prononcés suivant les régions du monde et les pays ; la contagion se répand au sein d’une économie devenue mondialisée au sein de laquelle les pays exportateurs se révèlent très dépendants de la santé de leurs clients. La baisse de la production industrielle allemande vient de frapper les esprits, elle que l’on croyait intouchable en raison de son excellence. Le Japon connait un gros trou d’air en raison d’une augmentation de la TVA destinée à modestement limiter un déficit budgétaire et une dette gigantesques. Le Brésil est rudement touché, son modèle de développement reposant sur les exportations agricoles et le développement de son marché intérieur sur le crédit aux classes moyennes.

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Le symposium de Jackson Hole : LES BANQUIERS CENTRAUX AUX CHAMPS, par François Leclerc

Billet invité.

Demain va s’ouvrir le symposium annuel des banques centrales de Jackson Hole (Wyoming), permettant de faire le point sur leurs visions de la situation, la diversité de leurs approches et l’évolution de leurs politiques. Car ce qui ressort en premier lieu des compte-rendus de leurs dernières réunions, ce sont les interrogations persistantes de leurs dirigeants, les banquiers centraux, et des divisions quand elles sont reconnues.

Toutes sont confrontées, de manière plus ou moins prononcée, au même phénomène déflationniste généralisé. Le Japon ne parvient toujours pas à sortir de deux décennies de déflation, la zone euro subit sa forte pression et pourrait prendre le même chemin, tandis que les États-Unis et le Royaume-Uni ne retrouvent pas un taux d’inflation considéré comme normal. Le retour à la normalité, c’est la grande question posée, sans qu’il puisse y être apporté une réponse.

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L’ULTIME LOGIQUE DE L’ACCROISSEMENT DE LA PRODUCTIVITÉ, par François Leclerc

Billet invité.

La liste des pays qui connaissent un vieillissement de leur population s’allonge, conséquence d’une vie plus durable et d’une baisse de la natalité. C’est notamment le cas en Chine, résultat dans ce cas de la politique de l’enfant unique. Lorsque cette question est abordée, c’est pour souligner le mauvais rapport entre population active et inactive qui en résulte – pesant sur les systèmes de retraite par répartition – ainsi que l’augmentation des coûts médicaux afférents qui contribue à déséquilibrer les finances des systèmes de santé. Il est oublié que c’était éminemment prévisible et aurait dû faire l’objet de provisions. En France, un fonds de réserve pour les retraites a bien été institué en 2001 par le gouvernement Jospin, mais il a été siphonné sous Sarkozy avant l’heure prévue de 2020, en raison de la crise financière.

Dans les deux cas, des solutions libérales génératrices de nouvelles inégalités sociales sont préconisées pour soulager les déficits et financer ces services dans un contexte de réduction des ressources des États. Un prétexte rêvé est tout trouvé pour les imposer. Seuls les États-Unis sont à contre-temps avec la réforme de la santé de l’administration Obama, et la Chine est incitée à développer un système de retraite pour développer son marché intérieur.

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VU DE CHINE ET DU JAPON, par François Leclerc

Billet invité.

S’éloigner un peu de l’Europe permet un recul salutaire et d’observer sous d’autres angles, dans d’autre contextes, les manifestations régionales de la crise mondiale. Pour y retrouver peu ou prou les mêmes problèmes de dette et de croissance, les mêmes faiblesses des systèmes bancaires, ainsi que les effets identiques des politiques d’assouplissement monétaire des banques centrales.

Depuis qu’il a été découvert, le secteur bancaire informel chinois fait l’objet de grandes inquiétudes, relayées publiquement par Mark Carney, le gouverneur de la Banque d’Angleterre et président du Conseil de stabilité financière (FSB) du G20. C’est moins sa taille – dont les évaluations oscillent entre 3.100 milliards et 3.500 milliards de dollars, soit dans le cas minimum 20% de la taille secteur bancaire public – qui impressionne que le danger d’une propagation au secteur bancaire public de défauts de paiement en son sein. Plusieurs sont déjà intervenus depuis le début de l’année et l’attitude du gouvernement chinois est suivie de près. Va-t-il intervenir résolument pour éviter une crise de confiance et une réaction en chaîne ou laisser faire pour donner un avertissement ? Difficile de trancher : des signaux contradictoires ont été jusqu’à maintenant donnés, des investisseurs anonymes et bienveillants procédant à un renflouement dans un cas et ne se manifestant pas dans d’autres. Comme s’il fallait à la fois donner une leçon à la spéculation qui s’est développée à la suite de la distribution par la banque centrale d’une manne de liquidités et veiller à ce que les incidents restent circonscrits afin de ne pas se propager.

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La BCE : L’INACTION FAITE POLITIQUE, par François Leclerc

Billet invité.

Les marchés ont manifesté leur déception en cette fin de semaine devant l’inaction de la BCE. La banque centrale a déjoué leur attente en annonçant jeudi dernier que rien ne justifiait de nouvelles mesures, l’inflation allant selon ses prévisions atteindre 1,7% en 2016, proche de son objectif de 2%, et le PIB de la zone euro connaître une croissance de 1,8% la même année. Mario Draghi a même présenté la zone euro comme « une île de stabilité », les perspectives d’inflation y étant selon lui « bien ancrées ».

Ce discours prend à contrepied les craintes liées à la désinflation précédemment exprimées par Peter Praet et Otmar Issing, respectivement membres du directoire et chef économiste de la BCE, ainsi que les précautions prises par l’exécutif européen lorsqu’il a annoncé ses propres prévisions le 25 février dernier. Toutefois, lorsque l’on y regarde de plus près, celles de la BCE reposent sur l’hypothèse hardie mais politiquement correcte d’un développement des exportations qui reste à concrétiser.

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LE VENT SE LÈVE de Hayao Miyazaki, par C. Courtier

Billet invité.

Le vent se lève de Hayao Miyazaki n’est pas autobiographique, contrairement au Château ambulant.

Avec ce dernier film, ce « testament graphique », Miyazaki nous livre une feuille de route, un message d’espoir ou tout au moins un constat nous encourageant à aller de l’avant.

Mieux décrire le passé pour mieux parler du présent…

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Nouvelle donne européenne : LA JAPONISATION SE POURSUIT, par François Leclerc

Billet invité.

La décision des juges de Karlsruhe (la Cour constitutionnelle allemande) n’a pas fini de faire jaser les commentateurs. Les uns mettant en avant leur mise en cause du programme OMT de la BCE au regard de la Loi fondamentale du pays, les autres ce qu’ils interprètent comme une défausse auprès de la Cour européenne de justice laissant une ouverture. Mais, en tout état de cause, le venin du doute fait désormais son chemin.

Cette occasion de dénouer le lien entre la dette des États et celle des banques s’éloignant – la BCE perdant l’opportunité de transférer à son bilan les titres souverains en possession des banques, faute d’activer son programme – les futurs tests menés par celle-ci et par l’Autorité bancaire européenne (EBA) constituent la dernière opportunité de conduire à la réparation du système bancaire et d’éviter la japonisation de l’Europe. Car de fait, la BCE a perdu sa capacité d’agir en tant que prêteur de dernier ressort.

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La japonisation de l’Europe : DE FÂCHEUSES SIMILITUDES, par François Leclerc

Billet invité.

La situation européenne n’est pas sans similitudes avec celle dont le Japon ne sort toujours pas, faisant craindre une japonisation sous la forme d’une tendance déflationniste prononcée et durable accompagnée d’une croissance atone. L’appréciation de l’euro, le credit crunch (la diminution du crédit aux entreprises), les bilans bancaires non nettoyés et la baisse de la consommation y concourent, cela fait beaucoup. La référence à la trappe à liquidité réapparaît dans les cercles financiers, une circonstance où la détention de la monnaie est préférée à tout autre actif, où la diminution de leurs taux par les banques centrales n’agit pas sur la relance économique mais favorise la spéculation. Afin de renforcer leurs fonds propres, les banques privilégient celle-ci au détriment du crédit, qu’elles restreignent pour diminuer la taille de leur bilan et respecter la réglementation.

Si la BCE est parvenue à calmer un jeu qui menait à l’éclatement de la zone euro, elle n’a toujours pas pris d’initiative de relance du crédit aux entreprises, en dépit de ses alarmes à ce sujet et de ses réflexions sur les différentes formules permettant d’y remédier, dont aucune n’a pour l’instant vu le jour. Il est seulement attendu d’elle qu’elle donne aux banques qui ne seront pas en mesure de rembourser leurs emprunts au titre du LTRO les moyens de les faire rouler grâce à un nouveau programme, au plus tard en fin d’année. En jouant le rôle de bad bank inavouée et en accueillant des actifs dont les banques se délestent pour les apporter en garantie de leurs emprunts, elle est le seul instrument de mutualisation de la dette au sein de la zone euro, mais celui-ci est totalement insuffisant.

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L’actualité de demain : LA PANDÉMIE DE LA DETTE, par François Leclerc

Billet invité.

Tiendront, tiendront pas ? Une course de vitesse semble engagée entre Angela Merkel et les pays d’Europe du Sud. Comme s’il était attendu que soit dépassé le cap des élections allemandes, une fois encore et faute de mieux, pour que des remèdes soient apportés à la lente progression de leur maladie. Car les espoirs les plus insensés se résument à bien peu de choses dans le médiocre conformisme ambiant.

À son tour, la crise politique portugaise reflète l’échec de la politique poursuivie envers et contre tout ; elle annonce un second plan de sauvetage en guise de sortie du premier, en mai prochain. Le bon élève de la classe ne tient pas ses promesses, à moins que ce ne soit plutôt le maître ! Le Portugal suit l’exemple du cancre grec, à nouveau promis au défaut de paiement en août prochain, si une nouvelle tranche de l’aide financière européenne ne lui est pas accordée par une Troïka qui constate, une fois de plus, que son plan de route n’est pas respecté (notamment le programme de privatisations). Pour l’éviter dans l’immédiat, il ne va pas y avoir d’autres solution que d’en effectuer le paiement au compte-gouttes, en attendant l’inévitable : une nouvelle restructuration de dette qu’Angela Merkel refuse encore d’admettre, rejointe par Jörg Asmussen de la BCE (qui la détient !).

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L’actualité de demain : LE JAPON, UN MODÈLE POUR DE RIRE, par François Leclerc

Billet invité.

Sept ministres et une quarantaine de patrons accompagnaient François Hollande lors de sa visite au Japon. Il n’en fallait pas moins pour faire des affaires y compris dans l’électronucléaire, l’un des buts du voyage, et de plaquer un discours politique de circonstance sur la situation du pays, à destination de l’opinion publique française.

Arnaud Montebourg s’est particulièrement illustré en déclarant d’entrée que « les dogmes libéraux et monétaristes ont été abandonnés par un gouvernement de centre-droit au Japon », ajoutant ensuite « les Japonais ont une vision, avec la nouvelle politique de la croissance, qui sert finalement toutes les positions françaises au sein de l’Union européenne et hors de l’Union européenne ». Soulignant que « l’indépendance de la Banque centrale est statutaire, mais elle a disparu en fait », indiquant ainsi, si on le comprend bien, la voie à suivre : l’injection d’énormes masses financières dans les circuits financiers, à l’instar de la Banque du Japon.

François Hollande n’a pas été en reste, de manière plus enveloppée : « … cette priorité donnée à la croissance, cette volonté de lutter contre ce qui était appelé ici la déflation (sic), cette exigence de faire en sorte que la compétitivité des entreprises soit recherchée en même temps afin qu’il puisse y avoir un soutien à l’activité, c’est une bonne nouvelle pour l’Europe, parce qu’en Europe aussi nous avons à donner priorité à la croissance ». La pensée économique du gouvernement français est étourdissante quand l’attention baisse.

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L’actualité de demain : LE GROS FAUX PAS JAPONAIS (suite), par François Leclerc

Billet invité

Pour la troisième semaine consécutive, la bourse de Tokyo vient de plonger, cette fois-ci de près de 4 %. Les corrections se succèdent après six mois d’embellie. Depuis la mi-novembre, lors de la dissolution de la chambre des députés qui avait préludé au retour au pouvoir de Shinzo Abe, le Nikkei avait bondi de 80 %. Car cela augurait de l’ouverture des vannes par la Banque du Japon, qui était espérée. Celles-ci l’ont bien été depuis, mais la bourse a perdu depuis le 23 mai près de 17 %, ce qui ne peut être assimilé à une correction technique. Ironie du sort, c’est un discours du premier ministre lui-même qui en a été hier mercredi la cause directe, n’ayant visiblement pas convaincu.

Après avoir décoché une première « flèche budgétaire » avec le lancement d’un programme de grands travaux financés par un endettement supplémentaire, Shinzo Abe a obtenu de la Banque du Japon (BoJ) qu’elle décoche la seconde, la « flèche monétaire ». Il s’est hier adressé au secteur privé, pour lui demander de prendre son tour afin de favoriser la reprise. Selon ses termes, de « faire exploser son dynamisme ». La tonalité de ses propos n’est pas surprenante : « la dérégulation est au départ et au cœur des stratégies de croissance », afin de lever les obstacles à l’investissement et au développement. Que ce soit en Europe ou au Japon, c’est la même histoire, qui procède d’une sorte d’acte de foi.

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