Retour sur la question des îles, par DD & DH

Billet invité.

Le litige opposant la Chine à ses voisins du sud pour la possession des archipels (Paracels revendiqué par le Vietnam et Spratley revendiqué par tout le monde !) n’est pas nouveau, mais il a tendance à s’envenimer ces derniers temps et le climat est tel qu’un incident peut à n’importe quel moment survenir et dégénérer hors contrôle. La décision de la Cour Permanente d’Arbitrage en faveur des Philippines a fait monter d’un cran l’exaspération de Pékin et a, bien sûr, enchanté Washington. Continuer la lecture de Retour sur la question des îles, par DD & DH

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LES GRANDES CURIOSITÉS DU NOUVEAU MONDE FINANCIER, par François Leclerc

Billet invité.

Ils n’en parlent pas mais y pensent tous les matins. Le sort réservé au Japon hante désormais les esprits de ceux qui ont compris que notre nouveau monde ne tournait plus rond. Faite de déflation et de faible croissance, la japonisation menacerait-elle les autres puissances occidentales ? À l’instar de la Banque du Japon, les banques centrales occidentales seraient-elles condamnées à faire tourner la planche à billet sans effet, ne parvenant pas à faire sortir l’économie du piège dans lequel elle est tombée ? Le Japon, c’est loin et c’est proche à la fois…

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LA MAUVAISE GRAINE DU BREXIT, par François Leclerc

Billet invité.

Le Brexit va conforter le délitement de l’Europe et contribuer à la poursuite de la crise financière et économique mondiale. Avec dans les deux cas un même moteur : le repli sur des valeurs sûres, puisqu’il n’est pas trouvé d’issue.

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LE CLUB DES TAUX NÉGATIFS S’ÉLARGIT AU JAPON, par François Leclerc

Billet invité.

Sans crier gare, la Banque du Japon (BoJ) vient de rejoindre un club qui ne cesse de s’agrandir, celui des taux négatifs, où elle se trouve désormais en compagnie de la BCE et des banques centrales suisse, danoise et suédoise. En désespoir de cause, face à l’appréciation du yen et ne parvenant toujours à faire décoller l’inflation, la BoJ s’est résolue à faire ce qu’elle se refusait catégoriquement à envisager tout précédemment. Même si c’est encore à titre symbolique en ne frappant que les nouvelles réserves excédentaires des banques qui lui seront déposées, les 2.500 milliards de dollars de réserve des banques n’étant pas frappées.

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ÇA VA MAL ! par François Leclerc

Billet invité.

L’année part sur des chapeaux de roue. Kaushik Basu, l’économiste en chef de la Banque mondiale, a mis en garde contre les effets de dangereux « mouvements de capitaux », rajoutant à l’inquiétude en faisant état de l’existence de « failles sous la surface » sans autre précision (faute d’être en mesure de les apporter).

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LA VALEUR ESPRIT SACRIFIÉE À L’UTILE ?, par Vincent Teixeira

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Face à certains outrages, aussi loin des illusions de l’angélisme que des poses du pessimisme, sans être ni pessimiste ni optimiste, sauf à se voiler la face, ou être dans l’auto-aveuglement, il est temps de sonner le tocsin, et comme disait Walter Benjamin , « il faut organiser le pessimisme 1 ».

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LE FMI EST PENCHÉ SUR LA DETTE… ET NE S’EN RELÈVE PAS ! par François Leclerc

Billet invité.

L’endettement des 129 États notés par Standard & Poor’s progressera de 1,7% cette année et atteindra 44.300 milliards de dollars. Au fur et à mesure que la masse de la dette publique s’accroît et que la croissance économique s’installe dans ce qui est qualifié de stagnation séculaire – deux tendances fortes – le risque de défaut souverain augmente. Que faire ?

Celui-ci n’apparait plus à l’horizon de lointains pays émergents mais en Europe, même si le risque d’éclatement de la zone euro s’est éloigné depuis l’épisode de 2011. La stratégie de désendettement qui y est imposée alimente une crise sociale et politique qui autorise à douter de sa viabilité. L’énormité d’autres dettes dont la croissance est sans fin, comme celles du Japon et des États-Unis, est telle qu’il est feint de croire qu’elle pourront être éternellement financées, faute d’alternative. A la vue de ce spectacle, une constatation s’impose : la problématique du désendettement a de l’avenir.

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Fukushima : cogérer l’agonie, par Nadine et Thierry Ribault

Billet invité.

En ce 11 mars 2015, quatre ans après l’inachevable désastre nucléaire de Fukushima, on peut, bien entendu, établir un bilan officiel : 87 enfants atteints d’un cancer de la thyroïde, 23 autres suspectés de l’être, 120.000 « réfugiés », 50.000 liquidateurs mobilisés au seuil sacrificiel dûment relevé, des piscines remplies de combustibles prêtes à nous exploser au nez, des rejets massifs et réguliers d’eau contaminée dans l’océan, pas moins de 30 millions de m3 de déchets radioactifs à stocker pour l’éternité.

Ce bilan existe. Nous vous y renvoyons.

L’État fait des habitants de Fukushima des cogestionnaires du désastre

Une fois ce « bilan » dressé, une fois les victimes et les inquiétudes considérées avec respect, il s’agit de tirer les conclusions qui s’imposent. L’une d’entre elles est la suivante : au fur et à mesure que se mettait en place l’aide fournie par des groupes citoyens, des ONG, des structures plus ou moins indépendantes, l’État faisait des habitants de Fukushima, indéniablement et sous couvert de « participation citoyenne », des cogestionnaires du désastre. On pourra nous opposer que cet élan civique a relevé de la spontanéité, voire de l’amour du prochain, que l’État n’a donné aucun ordre allant dans ce sens, que chacun était, et reste, libre de « s’engager » dans de tels mouvements, certes ! Cependant, beaucoup des hommes et des femmes qui l’ont fait, même si c’est inconsciemment, ont fait le jeu de l’État.

Voilà ce que nous avons constaté.

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LES EUROPÉENS, CES VILAINS COPIEURS DES JAPONAIS, par François Leclerc

Billet invité.

La japonisation de l’Europe n’est plus vécue comme une menace en l’air et une prophétie de mauvais augure. La zone euro est sous le coup d’une pression déflationniste qui s’accentue au fil des mois et ce qui la sépare de la déflation est de plus en plus symbolique. Voilà un premier point de ressemblance d’acquis.

Mais cela ne s’arrête pas là : le Japon a déjà emprunté le chemin des réformes structurelles sur lequel les Européens sont à leur tour engagés et l’on en voit le résultat. Cela vaut aussi bien pour les réformes du marché du travail qui y ont été opérées et le développement de la précarité qui s’en est suivi, que pour l’accroissement des inégalités et la diminution des prestations sociales. En queue de peloton des pays de l’OCDE pour le taux de pauvreté, le Japon représente l’avenir de l’Europe.

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Europe : IL N’Y A VRAIMENT PAS DE QUOI SE PLAINDRE ! par François Leclerc

Billet invité.

Demain, sommet européen (on ne les compte plus) ! En ouverture, un petit coin de ciel bleu est toujours timidement recherché par Matteo Renzi, qui réaffirme « qu’il faut sortir les investissements d’un pays du Pacte de stabilité », tentant de donner un peu de marge de manœuvre dans l’application d’une politique européenne dont il est hors de question de demander frontalement le changement. Le président du conseil italien conjugue d’un certain point de vue ses efforts avec Frans Timmermans, qui joue le rôle inédit de président bis de la Commission. Le second de Jean-Claude Juncker, que ce dernier a ensuite relayé, a lancé un appel à des contributions supplémentaires des gouvernements au plan d’investissement de son patron, mais sans clarifier la question soulevée par Matteo Renzi, véritable nœud du problème : ces apports seront-ils ou non comptabilisés dans le déficit ?

Toujours sur ce même terrain, trois instituts économiques européens, l’OFCE française, l’IMK allemand et l’ECLM danois, ont proposé l’exclusion des dépenses d’investissement du calcul du déficit. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une « stratégie macroéconomique alternative », qui préconise également l’achat par la BCE d’obligations émises par la Banque européenne d’investissement (BEI), afin de soutenir l’investissement public. En vue de favoriser la transition énergétique, il est aussi préconisé d’accroitre la fiscalité sur le carbone, tout en compensant l’augmentation du prix de l’énergie pour les ménages via un fonds européen, et par une taxe à l’importation pour les entreprises.

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Au Japon et en Russie : LES DESTINS DE L’ORTHODOXIE, par François Leclerc

Billet invité.

Comment enrayer la dégringolade du rouble, qui a perdu la moitié de sa valeur par rapport au dollar et 45% face à l’euro depuis le début du mois ? Dans la nuit, la Banque de Russie a augmenté son taux de 10,5% à 17%, dans l’espoir de stopper une énorme hémorragie de capitaux, n’ayant d’autre ressource que d’abandonner des interventions quasi-quotidiennes de soutien du rouble qui épuisaient ses réserves de change sans résultat.

Les effets des mesures de rétorsion occidentales à l’intervention en Ukraine et la chute du prix du pétrole, qui assure avec le gaz la majorité des revenus budgétaires de la Russie, forment la toile de fond d’une crise qui se manifeste également par une énorme hémorragie de capitaux. Elle était de 60 milliards de dollars en 2013 mais s’est accélérée et devrait atteindre 218 milliards cette année et va se poursuivre l’année prochaine, selon la Banque de Russie. Celle-ci prévoit une chute du PIB oscillant entre 4,5 à 4,8% en 2015.

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MIRACLE, ILS CHANGENT L’OR EN PLOMB ! par François Leclerc

Billet invité.

Il est arrivé à la BCE ce que la Commission de Bruxelles venait de subir : à peine un mirifique projet est-il énoncé qu’il est sans plus tarder démonté et considéré comme ne pouvant atteindre ses objectifs. Et il est proposé que la BCE achète les tranches les plus risquées des CDO du plan d’investissement Juncker, au prétexte qu’elles seront garanties par la Commission. Dans cette histoire, qui est l’aveugle, qui est le paralytique ?

La BCE est désormais suspectée de préparer un assouplissement quantitatif de gagne-petit, additionnant la portée présumée de ses différents programmes, dont celui-ci quand il sera décidé, pour aboutir à l’augmentation annoncée de 1.000 milliards d’euros de la taille de son bilan. Mais des calculs sur un coin de nappe d’analystes réputés, comme ceux de l’institut Bruegel, aboutissent à des estimations du double si l’on veut que la création monétaire en question remplisse son office présumé. Parallèlement, il est tenu pour acquis que la BCE organisera ses achats au prorata de la participation des banques centrales nationales à son capital, afin d’éviter toute accusation de financement de la dette publique d’un pays en particulier.

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DÉFLATION, QUAND TU NOUS SERRES DANS TES BRAS… par François Leclerc

Billet invité.

L’économie mondiale subit une forte pression déflationniste, posant à cette échelle globale une question qui persiste à rester localement sans réponse au Japon : comment en sortir quand on y fait face ? Ce qui n’est pas sans notables incidences, car non seulement une telle pression fait obstacle à la croissance de l’économie, mais elle renchérit le coût du désendettement et en vient à s’y opposer.

Tant que ce phénomène n’était observé qu’au Japon – ou en Europe où il fait son chemin – il restait encore inachevé. Mais, atteignant désormais de plein fouet la Chine, la pression déflationniste se propage, s’accentue et s’auto-entretient. Aux États-Unis mêmes, l’inflation persiste à stagner en-dessous de son taux objectif de 2%, n’incitant pas la Fed à hausser ces taux comme elle le voudrait.

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LE JAPON MONTRE LA VOIE À NE PAS SUIVRE, L’EUROPE NE FAIT PAS MIEUX, par François Leclerc

Billet invité

Le Japon, troisième puissance économique mondiale, va-t-il commencer à réduire son endettement ? Cela ne se présente pas bien, et les dirigeants européens feraient bien de s’y intéresser avant de laisser l’Europe s’enfoncer dans une situation de japonisation larvée, qui est chaque jour qui passe confortée par des indices déprimés.

Sous l’impulsion du premier ministre Shinzo Abe, la Banque du Japon poursuit la plus grande opération de création monétaire jamais réalisée, tirant ainsi la carte de la dernière chance. Mais avec quels résultats ? Sorti de la récession en 2012 et connaissant des débuts de croissance encourageants en 2013, le pays est lourdement retombé dans la récession. Ni la faible contribution du commerce extérieur, ni l’augmentation des dépenses publiques n’ont pu l’empêcher. Quant à l’inflation, son timide sursaut est d’une grande fragilité et résulte largement des importations d’hydrocarbures. En conséquence, le premier ministre pourrait annoncer qu’il sursoit à une deuxième augmentation de la TVA, afin de ne pas aggraver la baisse de la consommation. C’était la seule mesure tangible de réduction du déficit budgétaire, au demeurant d’impact modeste.

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LA JAPONISATION DE L’EUROPE EN BONNE VOIE, par François Leclerc

Billet invité.

Les marché des capitaux avait été déstabilisé lorsque la Fed avait entamé l’arrêt progressif de ses achats de titres, qui ont stoppé fin octobre (sauf pour remplacer les actifs arrivant à maturité). En Europe, ce même marché de capitaux serait soulagé que la BCE prenne en grand le relais, comme il est possible qu’elle doive s’y résoudre. Au Japon, il a obtenu satisfaction et a réagi positivement à la Bourse de Tokyo, la Banque du Japon (BoJ) ayant hier décidé d’accroître plus massivement encore que prévu la taille de son bilan, l’inflation ne décollant pas comme promis.

Après avoir pesé le pour et le contre en auscultant les marchés financiers, afin de déterminer à quel stade se trouve la nouvelle bulle financière en train de se constituer, les dirigeants de la Fed ont finalement décidé de stopper l’accroissement de la taille de son bilan. Mais les Japonais prennent le relais et alimentent la bulle, en attendant que les Européens enchaînent.

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L’EXPORT ET LA DETTE TOMBENT A L’EAU, QUE RESTE-T-IL DANS LE BATEAU ? par François Leclerc

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La cause était entendue, au lendemain de l’épisode aigu de la crise : le salut viendrait par l’export que l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) avait brillamment contribué à développer. Les Chinois étaient sommés de valoriser leur monnaie pour freiner leurs exportations inondant les marchés occidentaux, et les Européens d’accroitre leur compétitivité pour augmenter les leurs. Mais le résultat n’est pas au rendez-vous, il y a quelque chose qui cloche là-dedans ! Le FMI vient de rendre publiques ses dernières prévisions mondiales et manifeste à nouveau son inquiétude. Il y a de quoi : ce sera la neuvième fois en trois ans qu’il révisera celles-ci à la baisse…

De puissants facteurs s’additionnent pour créer une spirale descendante, aux effets plus ou moins prononcés suivant les régions du monde et les pays ; la contagion se répand au sein d’une économie devenue mondialisée au sein de laquelle les pays exportateurs se révèlent très dépendants de la santé de leurs clients. La baisse de la production industrielle allemande vient de frapper les esprits, elle que l’on croyait intouchable en raison de son excellence. Le Japon connait un gros trou d’air en raison d’une augmentation de la TVA destinée à modestement limiter un déficit budgétaire et une dette gigantesques. Le Brésil est rudement touché, son modèle de développement reposant sur les exportations agricoles et le développement de son marché intérieur sur le crédit aux classes moyennes.

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Le symposium de Jackson Hole : LES BANQUIERS CENTRAUX AUX CHAMPS, par François Leclerc

Billet invité.

Demain va s’ouvrir le symposium annuel des banques centrales de Jackson Hole (Wyoming), permettant de faire le point sur leurs visions de la situation, la diversité de leurs approches et l’évolution de leurs politiques. Car ce qui ressort en premier lieu des compte-rendus de leurs dernières réunions, ce sont les interrogations persistantes de leurs dirigeants, les banquiers centraux, et des divisions quand elles sont reconnues.

Toutes sont confrontées, de manière plus ou moins prononcée, au même phénomène déflationniste généralisé. Le Japon ne parvient toujours pas à sortir de deux décennies de déflation, la zone euro subit sa forte pression et pourrait prendre le même chemin, tandis que les États-Unis et le Royaume-Uni ne retrouvent pas un taux d’inflation considéré comme normal. Le retour à la normalité, c’est la grande question posée, sans qu’il puisse y être apporté une réponse.

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L’ULTIME LOGIQUE DE L’ACCROISSEMENT DE LA PRODUCTIVITÉ, par François Leclerc

Billet invité.

La liste des pays qui connaissent un vieillissement de leur population s’allonge, conséquence d’une vie plus durable et d’une baisse de la natalité. C’est notamment le cas en Chine, résultat dans ce cas de la politique de l’enfant unique. Lorsque cette question est abordée, c’est pour souligner le mauvais rapport entre population active et inactive qui en résulte – pesant sur les systèmes de retraite par répartition – ainsi que l’augmentation des coûts médicaux afférents qui contribue à déséquilibrer les finances des systèmes de santé. Il est oublié que c’était éminemment prévisible et aurait dû faire l’objet de provisions. En France, un fonds de réserve pour les retraites a bien été institué en 2001 par le gouvernement Jospin, mais il a été siphonné sous Sarkozy avant l’heure prévue de 2020, en raison de la crise financière.

Dans les deux cas, des solutions libérales génératrices de nouvelles inégalités sociales sont préconisées pour soulager les déficits et financer ces services dans un contexte de réduction des ressources des États. Un prétexte rêvé est tout trouvé pour les imposer. Seuls les États-Unis sont à contre-temps avec la réforme de la santé de l’administration Obama, et la Chine est incitée à développer un système de retraite pour développer son marché intérieur.

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VU DE CHINE ET DU JAPON, par François Leclerc

Billet invité.

S’éloigner un peu de l’Europe permet un recul salutaire et d’observer sous d’autres angles, dans d’autre contextes, les manifestations régionales de la crise mondiale. Pour y retrouver peu ou prou les mêmes problèmes de dette et de croissance, les mêmes faiblesses des systèmes bancaires, ainsi que les effets identiques des politiques d’assouplissement monétaire des banques centrales.

Depuis qu’il a été découvert, le secteur bancaire informel chinois fait l’objet de grandes inquiétudes, relayées publiquement par Mark Carney, le gouverneur de la Banque d’Angleterre et président du Conseil de stabilité financière (FSB) du G20. C’est moins sa taille – dont les évaluations oscillent entre 3.100 milliards et 3.500 milliards de dollars, soit dans le cas minimum 20% de la taille secteur bancaire public – qui impressionne que le danger d’une propagation au secteur bancaire public de défauts de paiement en son sein. Plusieurs sont déjà intervenus depuis le début de l’année et l’attitude du gouvernement chinois est suivie de près. Va-t-il intervenir résolument pour éviter une crise de confiance et une réaction en chaîne ou laisser faire pour donner un avertissement ? Difficile de trancher : des signaux contradictoires ont été jusqu’à maintenant donnés, des investisseurs anonymes et bienveillants procédant à un renflouement dans un cas et ne se manifestant pas dans d’autres. Comme s’il fallait à la fois donner une leçon à la spéculation qui s’est développée à la suite de la distribution par la banque centrale d’une manne de liquidités et veiller à ce que les incidents restent circonscrits afin de ne pas se propager.

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La BCE : L’INACTION FAITE POLITIQUE, par François Leclerc

Billet invité.

Les marchés ont manifesté leur déception en cette fin de semaine devant l’inaction de la BCE. La banque centrale a déjoué leur attente en annonçant jeudi dernier que rien ne justifiait de nouvelles mesures, l’inflation allant selon ses prévisions atteindre 1,7% en 2016, proche de son objectif de 2%, et le PIB de la zone euro connaître une croissance de 1,8% la même année. Mario Draghi a même présenté la zone euro comme « une île de stabilité », les perspectives d’inflation y étant selon lui « bien ancrées ».

Ce discours prend à contrepied les craintes liées à la désinflation précédemment exprimées par Peter Praet et Otmar Issing, respectivement membres du directoire et chef économiste de la BCE, ainsi que les précautions prises par l’exécutif européen lorsqu’il a annoncé ses propres prévisions le 25 février dernier. Toutefois, lorsque l’on y regarde de plus près, celles de la BCE reposent sur l’hypothèse hardie mais politiquement correcte d’un développement des exportations qui reste à concrétiser.

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