L’actualité de demain : LE CADRE SE RÉTRÉCIT, par François Leclerc

Billet invité.

Alors que le gouvernement français s’approche de son heure de vérité, l’Italie ne sort pas de la crise politique qui l’y précipite. Devant l’impossibilité pour Pier Luigi Bersani de trouver une majorité susceptible de voter la confiance à un gouvernement minoritaire, le président Giorgio Napolitano reprend l’initiative de manière inédite.

Il va nommer deux personnalités chargées non plus de former une alliance introuvable, mais de dégager un ensemble de mesures derrière lesquelles un rassemblement pourrait s’opérer. Dans l’espoir de repousser à plus tard une nouvelle convocation des électeurs, qui ne pourrait intervenir qu’en juin-juillet prochain, une fois passé le cap de l’élection d’un nouveau président de la République, processus pouvant lui-même traîner en longueur. Aujourd’hui, les sondages donneraient une majorité électorale à Silvio Berlusconi (après avoir enregistré une semaine auparavant une poussée du Mouvement 5 étoiles), ce qui précipiterait l’Italie dans l’inconnu. Il faut donc trouver les moyens de réformer la loi électorale, peut-être en constituant un nouveau gouvernement de « sages » et de techniciens dont ce serait – avec d’autres mesures laissées en suspens par Mario Monti – la principale mission.

Continuer la lecture de L’actualité de demain : LE CADRE SE RÉTRÉCIT, par François Leclerc

Partager

LA CRISE : QUELLE CRISE ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Pour retrouver la consistance de l’économie, il faut expliciter la différence de perspective entre le vendre-acheter courant et le vendre-acheter financier. Dans la vie courante, on achète et on vend des réalités sensibles. Un tiers neutre peut témoigner de l’objet livré à l’acheteur par le vendeur ; il suppose par là-même que l’acheteur règle le vendeur par un paiement bancaire « dématérialisé », s’il ne voit les « espèces » circulant de la main de l’acheteur vers la main du vendeur.

En finance, c’est le temps qui s’achète et se vend. Mais le temps du vendeur est le temps de l’acheteur puisque logiquement l’acheteur et le vendeur se « placent » à une même origine et à une même échéance commune que l’un achète et l’autre vend. Ce n’est donc pas par un objet visible que l’on observe le sens de la transaction financière mais par un objet de contrat écrit quelque part. Que contient le contrat financier ? qui est acheteur face au vendeur ?

Pour dire qui vend et qui achète, il faut que l’observateur choisisse son référentiel cognitif. S’il se place du côté de la réalité, il pense au bien ou au service réel qui pourra être échangé à l’échéance de la transaction financière. Par exemple : une tonne de blé, une année de soins de santé, une ligne de crédit pour régler un certain prix de quelque chose ou la garantie quoi qu’il arrive d’avoir un toit pour passer l’hiver. Dans ces cas, l’acheteur est le bénéficiaire à terme du bien et du service concret : donc il règle immédiatement une prime en monnaie au vendeur engagé à terme.

Continuer la lecture de LA CRISE : QUELLE CRISE ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Partager

L’actualité de demain : CES PRINCIPES QU’ILS JETTENT AUX ORTIES… par François Leclerc

Billet invité.

L’addition va être salée pour les déposants au dessus de 100.000 euros de Cyprus Bank et de Laiki. Les premiers perdront 60% de leurs dépôts (dont 37,5% convertis en actions) et les seconds la quasi-totalité. Le rôle de base-arrière que Chypre jouait pour les capitaux russes est terminé, en dépit de tous les efforts du président chypriote pour le préserver.

On ne connaîtra probablement jamais les filières qu’ont emprunté les fonds évaporés au dernier moment, mais l’on a une petite idée sur les places qui peuvent les avoir accueillis : le Luxembourg, les Pays-Bas, la Lettonie, l’Autriche et la Suisse, car seule une petite partie des fonds serait revenue en Russie. A noter que les Pays-Bas, qui disposent d’accords fiscaux avantageux avec la Russie, sont au deuxième rang derrière Chypre pour les échanges d’investissements avec Moscou. Peut-être aura-t-on par contre confirmation des noms des hommes politiques chypriotes qui auraient bénéficié de prêts bancaires jamais remboursés car jamais réclamés, dont la liste a été publiée par le journaliste grec Kostas Vajevanis qui avait déjà dévoilé la liste Lagarde impliquant des politiciens grecs.

Pratiquant un mélange des genres qui n’est pas rare, les banques chypriotes rendaient un double service, à la fois voie de transit pour le blanchiment de l’argent sale et lieu d’accueil, via leurs filiales chypriotes, des bénéfices des entreprises russes en mal d’optimisation fiscale (l’impôt sur les sociétés étant la moitié de celui de la Russie). Cela aussi est fini, le régime fiscal très favorable de l’île allant être modifié à la demande des autorités européennes.

Continuer la lecture de L’actualité de demain : CES PRINCIPES QU’ILS JETTENT AUX ORTIES… par François Leclerc

Partager

LA FABRICATION DES RADEAUX

J’ai déjà eu l’occasion de raconter mes dernières semaines chez Countrywide, grand émetteur de titres subprimes devant l’éternel, période durant laquelle les ordres venant d’en haut se tarirent peu à peu : les réunions mensuelles étaient annulées, puis vint le tour des réunions hebdomadaires, enfin les rencontres avec les supérieurs hiérarchiques. Un silence de plus en plus pesant retombait en cascade des hautes sphères, silence qui ne fut interrompu un beau matin que par la venue d’une équipe des « ressources humaines » annonçant les licenciements.

Je me souviens de la bonne dame, prête à bondir de son siège pour éviter l’uppercut qu’elle craignait que je ne lui décoche à la mâchoire. Quand je lui ai dit avec un grand sourire : « Merci, c’est une délivrance ! », elle a jeté un regard éberlué à mon supérieur immédiat assis tout penaud un peu en retrait.

J’ai rapporté aussi qu’entre collègues, durant cette période, nous nous expliquions ce silence qui avait fini par tout envahir en disant : « Ils n’ont plus la moindre idée de ce qu’il faudrait faire et ils s’activent du coup à la construction de leur radeau ».

Pourquoi est-ce que je rappelle cela aujourd’hui ? Sans raison précise. Oui, honnêtement : sans aucune raison précise !

Partager

SONT-ILS DEVENUS FOUS ? LA RÉPONSE EST : OUI !

L’origine probable d’un tremblement de terre en novembre 2011 en Oklahoma, d’amplitude 5,7 sur l’échelle de Richter, est l’injection d’eaux souillées sous-produits de l’industrie du gaz de schiste.

Un résumé de l’article se trouve ici.

Problème pour les enfants des écoles : Sachant qu’un incident sérieux dans une centrale nucléaire ne peut se produire qu’une fois tous les 5.000 ans, qu’un tremblement de terre induit par des injections d’eaux souillées sous-produits de l’industrie du gaz de schiste ne peut avoir lieu qu’une fois par siècle, et qu’il n’y a que 500 centrales nucléaires à la surface de la terre, calculez la date de la première catastrophe nucléaire provoquée par un tremblement de terre causé par l’extraction du gaz de schiste.

P.S. Si la date découverte tombe dans la semaine qui vient, mettez-vous en rang et quittez la salle de classe en bon ordre.

Partager

LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 28 MARS 2013

LA DISCUSSION SUR CE BILLET EST MAINTENANT TERMINÉE. VOUS POUVEZ LIRE L’ENSEMBLE DES COMMENTAIRES SUR LA PAGE « LES DÉBATS DU BLOG DE PAUL JORION ».

Audition à l’Assemblée nationale sur les paradis fiscaux
Un pas vers le bancor ?

Sur YouTube, c’est ici.

Partager

CHYPRE, LA GUERRE DÉCLARÉE DE L’ÉTHIQUE CONTRE LA MORALE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Pour raconter ce qui se joue actuellement dans l’euro et dans le système financier globalisé, il faut poser des définitions et prendre position. Posons que l’éthique est d’origine grecque : cette discipline concerne les individus citoyens dans le régime de la démocratie. La démocratie grecque est la délibération des lois et de leur application dans la cité.

La délibération des lois applicables par l’éthique distingue le citoyen du barbare. Le citoyen est capable de dire ce qu’il fait, de se soumettre à la critique de ses concitoyens et de poser des conclusions collectives sur ce qui est bien ou mal pour l’individu solidaire de la cité. Le barbare est mu par sa cupidité : inconscient de ce qu’il fait, il ne domine pas sa nature et vit dans la misère de ne pas répondre de ce qu’il est.

Continuer la lecture de CHYPRE, LA GUERRE DÉCLARÉE DE L’ÉTHIQUE CONTRE LA MORALE, par Pierre Sarton du Jonchay

Partager