Tous les articles par Paul Jorion

La Vie, La déraison financière, par Jean-Claude Guillebaud, le 11 juin 2019

La déraison financière, par Jean-Claude Guillebaud

Nous devrions nous méfier, nous journalistes, de cette complicité passive à laquelle est vite tenté de céder quiconque veut faire sérieux. Je pense à un autre économiste dissident, le Belge Paul Jorion qui, à l’instar de Gaël Giraud, connaît les choses de l’intérieur car c’est un ancien trader. Il s’alarme aujourd’hui des explosions inégalitaires qu’engendre un capitalisme sans frein. Il affirme que si le fait de se débarrasser dudit capitalisme était une question de justice au XIXe siècle, c’est maintenant une question de survie. C’est bien de déraison qu’il s’agit.

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Université catholique de Lille, « Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? » (1 de 6), Quel scénario pour les années qui viennent ? – Retranscription

Retranscription de Université catholique de Lille, Paul Jorion : « Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? », première de six conférences, le 6 novembre 2018. Merci à Eric Muller ! Ouvert aux commentaires.

Je précise que, de formation, je suis anthropologue et sociologue et que j’ai acquis ensuite, sur le côté – vous savez que ça prend un certain nombre d’années – une formation de psychanalyste. J’essaye de faire bénéficier mes analyses de l’ensemble de ces éclairages. Il y a un éclairage supplémentaire, c’est le fait que j’ai fait carrière pour la plus grande partie de ma vie dans le secteur privé, à l’intérieur de la vraie vie, tout d’abord en étant pêcheur en mer pendant une petite période – pendant une période de dix-huit mois – et ensuite en travaillant pendant dix-huit ans dans le secteur de la banque, dans de nombreux pays : j’ai commencé en France, ensuite en Angleterre puis aux Pays-Bas, et ensuite douze ans aux États-Unis. Une multitude d’éclairages qui, j’espère, permettent que j’aie une boîte à outils peut-être un peu plus vaste que la plupart des gens qui posent le regard sur des problèmes particuliers. J’espère que cet ensemble d’outils possibles, d’éclairages dans plusieurs directions, permette de donner à certains phénomènes toutes leurs dimensions, de les prendre par tous les bouts où ils se posent.

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Réflexions sur Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité d’Aurélien Barrau, par Dominique Temple

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J’admire l’art avec lequel vous associez des informations d’origine très différente, montrez leur convergence et révélez l’ampleur de la tragédie promise à la nouvelle génération, comme la sirène avant les bombes, souvenir des années de la guerre mondiale : le but principal de votre essai est atteint. Et, mieux encore, dans la deuxième partie de votre texte, vous proposez des solutions pour écarter le danger. 

À la page 65 de votre livre vous écrivez : « Une des causes essentielles de l’inaction vient de la controverse sur les causes du désastre. Chacun a son analyse. L’origine évidente est pour les uns le capitalisme, pour les autres la démographie, pour d’autres encore la religion, etc. Le fait est que nous ne nous mettions jamais d’accord sur les causes. Autrement dit : si nous attendons que la grande cause (sachant que chacun pense avoir identifié ce qu’elle est) soit traitée en profondeur avant d’agir, nous n’agirons jamais. (…) Pour une fois, je crois qu’il faut renverser l’ordre usuel et s’attaquer aux conséquences – la négation de la vie et de l’avenir –  avant de s’attaquer aux causes. Agissons. Agissons maintenant en ciblant les effets et nous verrons bien quel système permet d’y parvenir. Commençons par la fin et cela éclaircira l’origine. Sans aucun doute, la mutation devra être profonde

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« Paul Jorion : Anthropologie de la (dé)raison technologique », par Hubert Guillaud

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Anthropologie de la (dé)raison technologique

Couverture de l'ouvrage de Se débarrasser du capitalisme

« Il nous faut comprendre dans quoi nous sommes plongés, car nous n’avançons pas dans les solutions face au risque de notre extinction », estime l’essayiste Paul Jorion(@pauljorion). « Qu’est-ce que la technologie par rapport à nous ? Qu’est-ce qui nous pousse à produire un discours critique sur la techno et que nous fait ce discours ? » La psychanalyse pose comme constat la méconnaissance que nous avons de nous-mêmes, où le raisonnement rationnel obscurcit les effets d’inconscients… Au niveau de l’espèce, nous pouvons faire le même constat : nous faisons autre chose que ce que nous avons conscience de faire… C’est ce que Hegel appelait la ruse de la raison. Notre espèce peine à se connaître elle-même. Nous avons besoin de poser un regard anthropologique sur ce que nous sommes, ce que nous faisons et sur le monde autour de nous, estime Paul Jorion. La science nous donne l’impression de comprendre beaucoup, mais bien des sociétés se sont imposées en ayant une compréhension très partielle du monde. Pour Jorion, nous sommes subordonnés à la survie de notre espèce, mais elle est mal équipée pour cela. Nous n’avons disposé longtemps que d’une seule méthode pour assurer notre survie : la reproduction. Aujourd’hui pourtant, nous avons une différence avec les autres espèces : nous cherchons à résoudre notre survie, le problème de notre extinction probable, par un autre moyen que la reproduction : la raison !

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« Mes vacances à Morro Bay » : Tintin en Californie, par Danièle Hainaut

C’est qu’il nous en cachait des choses, notre cher Paul, sous ses bouquins sérieux ! Mais il disait vrai quand il prédisait, en savourant sa mystification, que nous sortirions de l’excursion à Morro Bay en sa compagnie avec des smileys de premier choix.

Voilà en effet un beau petit livre pour se refaire la cerise, avoir la banane et se fendre la pêche, bref dévaliser tout l’étal du fruitier ! À longueur de pages, ça pétille de petites bulles d’air du large vivifiantes et ça fredonne joliment une petite musique très très personnelle. Les principaux personnages étant l’Océan Pacifique, une dentiste et un requin, ça aurait pu s’appeler « Les dents de la mer », mais c’était déjà pris !

C’est malicieux en diable. J’adore ce genre de cocktail à base de naïveté (un peu roublarde, bien sûr), d’espièglerie et de loufoquerie. En un mot, ça me semble très… belge (et dans ma bouche c’est un très gros compliment !) : Tintin en Californie et Magritte dans la haute finance ! À savourer (sans modération) comme un bonbon acidulé : un cuberdon d’outre-Quiévrain, bien évidemment !

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Il se passe quelque chose

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Hier soir à Malmédy, les organisateurs étaient un peu appréhensifs avant la réunion : quelle salle aurait-il fallu réserver dans ce récent Multiplex, sachant que 180 personnes s’étaient inscrites et que l’inscription n’était pas obligatoire : celle à 200 places (celle à 150 étant exclue) ou celle à 300 ?

Le choix s’était porté sur celle à 300, mais le risque existait qu’elle n’apparaisse bien vide.

Elle fut pleine.

Plusieurs personnes sont venues me dire après la conférence qu’il était dommage qu’aucun des partis qui s’étaient présentés aux dernières élections ne défendait des idées comme celles que j’avais défendues durant la soirée. Une des personnes – avec l’approbation d’une autre – en a tiré la conclusion que ce parti il fallait que nous le créions et qu’elle y avait déjà réfléchi. J’ai dit : « Chiche ! » On va voir.

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Sur certaines superstars de la philosophie…

J’avais l’intention de ne faire aucun commentaire sur la mort de Michel Serres mais les tombereaux de louanges que je vois dans la presse me sortent de mon silence.

J’ai eu l’occasion de partager un repas avec lui il y a quarante-cinq ans. Il avait été invité par des amis qui voulaient l’entendre parler de sa thèse sur Leibniz, que j’ai alors eu l’occasion de lire.

J’ai gardé le souvenir d’un bavard qui s’écoutait parler. Il avait une opinion sur n’importe quoi et disait à son sujet n’importe quoi également.

Il a peut-être changé par la suite mais j’avais perdu le goût de chercher à savoir.

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