Tous les articles par Paul Jorion

Les saisons du plaisir (1988) de Jean-Pierre Mocky

« Les saisons du plaisir » (1988) est un film où tout le monde, les jeunes, les vieux, les hétérosexuels, les homosexuels, les zoophiles, ne pense qu’à baiser, ce qui le rapproche du documentaire plutôt que du film de fiction où l’on rencontre en général ce qu’on appelle des « sentiments plus élevés ».

Ceci permet au spectateur transporté d’entendre dire des horreurs pendant 1h22m par Bernadette Laffont, Jean Poiret, Eva Darlan, Fanny Cottençon, Richard Bohringer, Sylvie Joly, Stéphane Audran, Bernard Menez, Judith Godrèche, Darry Cowl, Jean-Pierre Bacri, Jacqueline Maillan, Jean-Luc Bideau et Sophie Moyse puisqu’on est chez Mocky.

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Divine enfant (1989) de Jean-Pierre Mocky

Dans un supplément qu’on trouve sur le DVD, Mocky explique qu’à cette époque il en avait marre que les femmes qu’il avait finissent toujours par partir avec les enfants qu’ils faisaient ensemble. Du coup, il cherchait à adopter, mais c’était trop compliqué. On comprend alors que c’est par frustration avec la vraie vie, qu’il a décidé de faire ce film, une course poursuite échevelée « à la Benny Hill », avec blagues foireuses, folle évadée de l’asile, flic qui prend feu, tout ça sur une musique de cirque, où Aurélien, le personnage que joue Mocky, ancien pilote de course à la fière devise « Un conducteur qui freine est un lâche ! », et la petite Sarah, une orpheline fugueuse parce que la SPA veut confisquer son chien Toto, interdit par le règlement de son institution pour enfants « de parents non-vivants » comme il est écrit au-dessus de la grille, tentent d’échapper à leurs méchants poursuivants.

Le critique du Monde a été déçu. Il écrivait : « Qu’arrive-t-il à Mocky ? Il tourne trop, ne soigne plus rien, radote. » Mocky lui-même a aussi été déçu, parce que ses fans ne sont pas venus : « Ils étaient habitués à du violent, du sexuel », il n’y a eu que les enfants, « si bien qu’on n’a plus passé le film qu’en matinée ». C’est difficile en effet de faire plaisir à tout le monde. En tout cas, la petite Sarah (Laura Martel) et le chien Toto, se sont eux bien amusés !

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La chèvre de la ferme du Vincin

On emmène à la ferme du Vincin les enfants de la ville de Vannes, pour qu’ils puissent voir de près et toucher de vrais animaux, en plus des chiens, des chats et des hamsters qu’ils ont à la maison.

Dans le pré, il y a bien assez à manger pour les deux chevaux, le poney, les chèvres, que vous voyez là. Il y a même de robustes plants de fenouil. Miam !

Ce qui n’empêche pas la chèvre que vous apercevez au fond à gauche de se donner un mal fou en tendant le cou pour aller manger encore ailleurs qu’où on lui a dit.

J’ignore pourquoi mais j’éprouve pour cette chèvre une tendresse particulière.

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Pourquoi la Bourse plonge (en 2 mots)

En temps ordinaire, si vous prêtez de l’argent pour 2 ans, on vous versera disons 2% d’intérêts, et si vous prêtez pour 5 ans, disons 3% d’intérêts.

Ce sont des chiffres « comme ça », mais vraisemblables, en temps ordinaire.

Les économistes vous expliquent que si l’on paie davantage d’intérêts quand vous prêtez pour une plus longue période que pour une courte, c’est pour compenser votre souffrance : « vous vous privez » de la somme prêtée pour plus longtemps et votre douleur sera allégée à la pensée que vous recevrez davantage de sous.

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« Paul Jorion est un homme raisonnable (il n’est pas fou) », le 9 août 2019 – Retranscription

Retranscription de « Paul Jorion est un homme raisonnable (il n’est pas fou) », le 9 août 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le vendredi 9 août 2019 et aujourd’hui, ma petite vidéo s’intitulera « Paul Jorion est un homme raisonnable (il n’est pas fou) ».

Qu’est-ce qui m’a fait penser à vous faire un petit exposé de ce type-là ? C’est un ensemble de choses. J’ai en particulier réfléchi hier. Il s’est fait que j’ai appris la mort, comme nous tous, de Jean-Pierre Mocky quelques minutes avant de devoir sortir. Et donc, j’ai mis deux lignes, je suis revenu un peu plus tard et j’ai complété avec les idées qui m’étaient venues par la suite. Et, Jean-Pierre Mocky, vous le savez, c’est quelqu’un qui a fait de l’excellent cinéma. On a dit souvent à propos de ses films que c’était fait par un fou et, à ce moment-là, tout le monde pouvait dire : « Non, regardez, c’est Jean-Pierre Mocky. Regardez ce qu’il a déjà fait. Ce n’est pas un fou ! C’est quelqu’un de très raisonnable mais qui choisit, à certains moments, de parler de certaines choses de telle et telle manière ». Parce que, vous le savez, il y a toujours un message. C’est un message toujours d’une grande humanité. Il emploie tous les moyens qui sont à la disposition des gens qui n’ont pas beaucoup de pouvoir, c’est-à-dire la dérision, l’ironie, se moquer des imbéciles comme ce monsieur, vous avez dû le voir, qui est devenu viral. C’est-à-dire qu’il y a 2 cinglés de partisans de Trump dans une réunion et ce monsieur habillé en vert ne peut pas s’empêcher d’éclater d’un fou-rire qu’il n’arrive pas à arrêter. On voit bien que c’est de bon cœur. Il se dit : « J’ai affaire à des cinglés », mais là, de vrais cinglés. Il suffit de les voir avec leur casquette « Make America Great Again ». Manifestement, des suprémacistes blancs qui n’osent pas s’appeler de cette manière-là, en particulier.

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Un couple (1961) de Jean-Pierre Mocky

C’est une leçon de choses, en noir et blanc, avec de très beaux éclairages, sur par exemple quatre visages dans un ascenseur.

C’est l’histoire d’un couple, où il découvre lui au bout d’un an, ou de trois (ça dépend à quel moment on est du film), que ce n’est plus la même chose. Elle découvre elle, plus tard que, comme elle le dit alors : « Il y a toujours quelque chose d’autre, chez quelqu’un d’autre ».

C’est effectivement comme ça la vie.

Et comme on est chez Mocky, il y a bien d’autres choses encore. Comme deux garnements effrontés qui sont comme Zazie dans le métro, pour nous rappeler que les dialogues sont de Raymond Queneau. Comme Francis Blanche dans un rôle à la Francis Blanche. Comme des hommes qui pensent à Marilyn Monroe en faisant l’amour avec leur femme, et des femmes qui pensent à Marlon Brando en faisant l’amour avec leur mari. Comme la gaudriole toujours en arrière-plan. Comme des amants qui se déshabillent l’un l’autre comme on le fait chez soi mais pas au cinéma. Comme ce monsieur au béret alpin qui se couche par-dessus sa femme tous les soirs après avoir nettoyé la laitue et l’avoir pendue dans son panier au volet, dont le chien dort dans une cage à canari, et qui lui dit : « Blouson noir ! » quand il lève la patte sur un mur dans la cage d’escalier.

À Jean-Pierre Mocky, au jour de son enterrement.

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Bruno Colmant et moi

En deux mots, la relation entre l’économiste belge Bruno Colmant et moi avait démarré sur un très mauvais pied : la presse belge nous avait posés face à face à la sortie de la crise des subprimes, moi représentant une interprétation d’extrême-gauche de nos problèmes financiers et des techniques financières, lui une position de droite dure (il était à l’époque à la tête des marchés boursiers belges).

Au fil des dix années écoulées, nous avons été opposés, nous avons croisé le fer, nous avons débattu, un livre a même été produit sur ce qui nous oppose, à l’initiative de Marc Lambrechts du quotidien L’Écho. Colmant ne m’a jamais convaincu de changer de point de vue sur un quelconque sujet mais je l’ai écouté avec une attention toujours croissante car, comme je le lui assurais dans un mail ce matin, chez lui : « connaissance encyclopédique, et jamais une erreur, ni de fait, ni d’interprétation ».

Être loué par des amis, c’est très sympathique et cela me fait toujours énormément plaisir (comme tout à l’heure sur un parking au Bono, cette voiture qui ralentit à ma hauteur et ce monsieur avec son épouse, qui baisse sa vitre pour me dire : « Merci M. Jorion ! Je regarde toutes vos vidéos ! »), mais c’est encore un tout autre type de reconnaissance, celle que l’on peut recevoir de ce que l’on appelle (à juste titre) un « adversaire idéologique ».

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L’ÉCHO, L’histoire du plan monétaire de Chicago, le 12 août 2019

À propos de Bruno Colmant, L’histoire du plan monétaire de Chicago, Académie Royale de Belgique, 2019. Ouvert aux commentaires.

Bruno Colmant vient de publier, avec la complicité de l’Académie Royale de Belgique, un petit livre très intelligent (les siens le sont toujours) sur L’histoire du plan monétaire de Chicago.

Le « plan monétaire de Chicago » est ce que l’on appelle aussi la « monnaie pleine », une proposition faite en 1936 par l’économiste américain Irving Fisher. Cette proposition qui réduirait le rôle des banques commerciales à celui d’antennes de la Banque centrale d’une zone monétaire (en général, un pays unique), n’a jamais connu d’application. Elle est cependant ressuscitée de temps à autre et a ainsi fait l’objet d’un referendum en Suisse, une « votation », le 10 juin 2018, où elle a été rejetée par la population par 75,7% des voix, et par chacun des cantons. Dans un article publié en 2012, deux chercheurs du Fonds monétaire international ont cependant émis un avis favorable sur la proposition de Fisher.

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The Guardian, « L’effet Greta » fait exploser les livres pour enfants sur l’environnement, le 11 août 2019

Merci à Patrick Meulnet pour la traduction. Ouvert aux commentaires.

The Guardian, ‘Greta effect’ leads to boom in children’s environmental books, par Donna Ferguson, le 11 août 2019

Greta Thunberg : Cette jeune militante de 16 ans incite les jeunes à lire davantage en faveur de la sauvegarde de la planète.
La militante du changement climatique Greta Thunberg : les éditeurs de livres pour enfants pensent qu’elle est responsable de l’augmentation considérable du nombre de jeunes qui lisent sur les questions environnementales.
 
Certains cherchent à faire comprendre la merveille que sont les animaux en voie de disparition tandis que d’autres donnent des conseils sur la façon de s’en prendre au gaspillage ou racontent des histoires de militants environnementaux sources d’inspirations.
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États-Unis : La polarisation s’accentue, le 5 août 2019 – Retranscription

Retranscription de États-Unis : La polarisation s’accentue, le 5 août 2019.

Bonjour, nous sommes le lundi 5 août 2019. Je suis à genoux dans une chambre d’hôtel et j’essaye de vous montrer quand même un peu du paysage. Je ne sais pas ce que cela va donner en termes de luminosité. Je suis à Tour-de-Faure. Ça ne vous dit sûrement rien parce qu’il y a 3 maisons mais si je vous dis que c’est juste de l’autre côté du pont à Saint-Cirq-Lapopie. Il y a un pont sur le Lot, un pont très étroit d’ailleurs qui permet à des voitures de passer mais uniquement dans une seule direction. Alors, si vous êtes là, il faut attendre qu’il n’y ait plus de gens qui viennent en face. Je suppose que ça a dû produire déjà des incidents dans le passé mais voilà : il n’y a pas de système d’alternance, il faut attendre. C’est bien, c’est une bonne leçon de civisme.

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« On nous cache tout ! On nous dit rien ! », le 26 juillet 2019 – Retranscription

Retranscription de « On nous cache tout ! On nous dit rien ! », le 26 juillet 2019. Ouvert aux commentaires. La discussion est tout naturellement consacrée en ce moment au suicide [apparent] de Jeffrey Epstein.

Bonjour, nous sommes le vendredi 26 juillet 2019 et, dans cette petite vidéo qui s’appellera « On nous cache tout ! On nous dit rien ! », je vais, comme le titre l’indique, d’une certaine manière, justifier le conspirationnisme et le complotisme.

En 11 ans de vidéos que vous avez pu voir ici, je n’ai jamais fait ça. Je n’ai jamais rien dit de ce type-là. Je n’ai jamais rien écrit non plus de cette manière-là mais je suis obligé de le faire en raison d’un petit texte que j’ai trouvé hier. J’ai réagi aussitôt. J’ai eu un coup de sang. J’ai pas mal de coups de sang ces jours-ci. Ça devait être lié au climat ou bien à des choses particulièrement révoltantes que l’on voit dans l’actualité. J’ai fait un petit texte à propos de l’AFP demandant si leurs journalistes étaient tous en vacances ou s’ils étaient rentrés à la maison en raison de la canicule. Je vais vous expliquer.

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Rafles hier dans le Mississippi !

Des enfants terminèrent leur premier jour d’école sans parents pour les attendre à la maison. Des bébés et des bambins restèrent à la crèche faute de gardien venant les chercher. Un enfant recherchait sans succès ses parents absents sur le parking d’une usine.

Humm… ces enfants abandonnés ne ressemblent en effet pas fort aux « Blancs à qui Dieu a fait don des États-Unis d’Amérique », ils ressemblent même fichtrement aux êtres humains qui se trouvaient là avant.

P.S. Si vous faites partie de ces personnes ayant encore un grain de sympathie pour Donald Trump, faites moi une faveur : allez voir ailleurs.

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