Tous les articles par Paul Jorion

La « ministre de la Justice » de l’état de New York réclame la dissolution de la National Rifle Association

La National Rifle Association, ce n’est pas seulement l’association de défense des porteurs d’armes individuelles aux États-Unis, et l’un des plus influents lobbys du pays, c’est aussi – et la chose fut soulignée par les travaux de la Commission Mueller ainsi que par les multiples enquêtes de journalisme d’investigation dans son sillage – le principal véhicule de l’influence russe aux États-Unis, et cela depuis plusieurs dizaines d’années.

Quand l’Attorney General de l’état de New York, Letitia James, inculpe la NRA de malversations financières pour des montants s’élevant à plusieurs millions de dollars et réclame sa dissolution, il ne s’agit donc pas seulement de fraude fiscale, ni même de relations internationales, mais bien de géopolitique.

Affaire à suivre donc, très attentivement.

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Déjà revenus au monde d’avant ?, par JPC


Voici une photo du ciel tirée la semaine passée. Fini le ciel bleu azur quand les restrictions de déplacements étaient de vigueur !

C’est le retour de ces trainées blanches d’avion dans le ciel. Nous nous trouvons entre Bruxelles, Londres et Paris. Et ces derniers jours, notre ciel en a été bien fourni de ces traces. Cela laisse penser que le monde d’avant n’a pas disparu. Dans les esprits, je le constate quotidiennement la différence en comparant les médias francophones aux flamands : il n’a presque jamais été mentionné une quelconque remise en question du « monde d’avant » côté néerlandophone pendant le confinement. Tout devait repartir comme avant : vacances, affaires, pollution,… Peu se sont prononcés sur le bienfait de l’arrêt ou le besoin de remettre en question le modèle. Ou en tous cas, il n’ont pas eu droit à la parole. Je commence à croire que c’est une spécificité francophone (en tout cas française et belge), voire dans les milieux intellectuels dans d’autres pays, de mettre en question le modèle de société existant, et aussi d’avoir laissé cette pensée s’exprimer.

Bref, en voyant ce ciel balafré, le confinement vient à nous manquer… A moins qu’il s’agisse du retour en masse et d’urgence des touristes avant la deuxième vague 😉 ?

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Covid-19 – Où en est-on ?

Le monde : La première vague ne ralentit pas
Les cas déclarés : États-Unis, Inde, Russie, Amérique latine
Les morts : La France au 7e rang (au 20e désormais pour les cas déclarés)
Deuxième vague : marquée en Belgique, s’esquissant en France et en Suisse

Total ———————– Classement par nombre de cas déclarés — Classement par nombre de décès


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Trump refusant de s’en aller, le spectre de la guerre civile plane désormais sur les Etats-Unis en crise paroxystique !, par Yorgos Mitralias

Force est de constater que tout est actuellement superlatif dans ces États-Unis de la plus grande crise économique, et sociale, et politique et sanitaire de leur histoire! Alors, il ne reste pour compléter ce tableau de fin du monde qu’une “bonne” guerre civile qui viendra décider du sort pas seulement des ambitions fascisantes et dictatoriales de ce Caligula de nos temps qu’est le président Trump, mais aussi et surtout de l’Establishment américain qui l’a fait naître, grandir et régner sur le monde entier…

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Ce que je pense de Comment sauver le genre humain, par Cédric Chevalier

Paul, Vincent, je suis invité par Pablo Servigne à rédiger une recension de votre essai « Comment sauver le genre humain » dans le magazine Yggdrasil (« Yggdrasil, effondrement & renouveau« ).

Servigne n’a jamais caché ses sources d’inspiration anarchistes, même s’il a toujours l’intelligence d’être assez indirect dans ses interventions et de se distancier face à des théories extrêmes : Ici il fait parler Kropotkine… L’Etat, ça a tout détruit dans la violence, les gildes, etc. Kropotkine : si on détruit l’Etat, l’entraide va revenir spontanément. (ça ce sont les courants anarchistes)

Mais dans Comment tout peut s’effondrer, Servigne & Stevens évoquent déjà le rôle que pourrait jouer l’Etat, à partir des expériences des économies de guerre UK et US (p. 235 et suivantes) : « lorsqu’on s’organise dans un but commun, il est possible de faire vite et de voir grand ». Continuer la lecture de Ce que je pense de Comment sauver le genre humain, par Cédric Chevalier

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Covid-19 – Risque de contamination : le passé n’influence pas le présent

Je peux me tromper, mais j’ai l’impression que la personne à qui je viens de parler pense qu’à chaque jour qui passe ses chances d’attraper le Covid-19 diminuent d’une certaine manière, du fait de ne pas l’avoir encore attrapé. L’idée est du genre : j’accumule un capital du type « personne passant entre les gouttes ».

Or le fait est qu’on n’accumule rien du tout. Oui la probabilité qu’on mette au point un vaccin efficace augmente de jour en jour mais tant qu’on n’a pas été vacciné, ça nous fait à chacun une belle jambe. Oui, le nombre de gens acquérant une certaine immunité pour avoir été malade (encore qu’on ne soit pas encore sûr que ce soit le cas) augmente, rendant la transmission plus difficile, mais d’ici qu’on en soit au point où cela fera une différence, beaucoup d’eau coulera encore sous les ponts, faisant encore beaucoup de morts en cours de route.

Le raisonnement, si l’on peut dire, c’est celui du joueur qui pense que ses chances d’avoir un six augmentent parce que ça fait une demi-heure qu’il n’en a pas eu. Or non, la chance d’avoir un six est une sur six à chaque coup, parce qu’il y a six faces sur un dé, les lancers sont indépendants : ceux du passé n’ont aucune influence sur ceux du présent.

À ça on va me répondre : « OUI MAIS si on jette un dé 600.000 fois, on est d’accord qu’on aura eu à peu près 100.000 fois un 1, 100.000 fois un 2, etc. 100.000 fois chacune des faces ? » Oui. « Et alors, disons qu’on a jeté le dé 599.999 fois et qu’on n’a toujours pas eu de 6, si on le jette maintenant, on a quand même plus de chance d’avoir un six ? » Non, rien n’a changé, les lancers sont indépendants : toujours une chance sur six d’obtenir un 6, ou un 5, ou un 4, etc.

Donc, si vous étiez tenté de vous dire « Je peux peut-être faire un peu moins attention puisque je n’ai rien attrapé jusqu’ici » : c’est faux, archi-faux, rien n’a changé, comme je l’ai dit, d’avoir eu de la chance hier ne vous en donne pas davantage ni pour aujourd’hui, ni pour demain : les coups sont indépendants, le risque d’infection pour vous n’a pas changé, maintenez la même vigilance exactement.

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La borne naturelle du civisme

Je ne fais plus ma promenade habituelle sur les rives du Vincin. La dernière fois que je l’ai faite, une joggeuse a ralenti le pas arrivée à ma hauteur pour ne pas souffler tout l’air de ses poumons dans mon visage. Les autres n’ont pas voulu faire baisser leur moyenne : le civisme trouve sa borne naturelle là où débute le souci légitime de chacun de sa bonne forme personnelle.

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