Tous les articles par Paul Jorion

Lille, Comment lutter contre la financiarisation ?, le 3 juillet 2019 -Retranscription

Retranscription de Comment lutter contre la financiarisation ?, le 3 juillet 2019. Merci à Eric Muller !

Comment lutter contre la financiarisation ?

Je le sais des deux exposés qui ont précédé le mien, et je le subodore de ce que sais de ce que Roland [Perez] va dire, ce qui nous est proposé [ici], c’est des changements de comportement. Ce que je vais vous proposer moi, ce sont des changements dans la loi, des changements d’ordre juridique.

Quel avenir pour la société financiarisée ? Nous ne le disons pas explicitement mais nous le sous-entendons : un avenir très limité. Il a été question, bien entendu, de la transition nécessaire devant les vrais dangers qui se présentent. Ceci dit, je ne considère pas, moi personnellement, que la financiarisation soit la cause des difficultés dans lesquelles nous sommes. Il me semble que c’est un des symptômes d’un processus qui est d’une autre nature, que c’est un aboutissement, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de mesures qui puissent être prises, précisément, comme vous allez voir, pour faire que cette financiarisation diminue, peut-être dans un premier temps, et disparaisse, parce qu’il faut que nous revenions à cette conception ancienne, classique, de la finance comme le système sanguin de l’économie, et pas comme source de prédation extérieure sur les processus économiques.

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La Maison-Blanche se rebiffe, le 9 octobre 2019 – Retranscription

Retranscription de La Maison-Blanche se rebiffe, le 9 octobre 2019

Bonjour, nous sommes le mercredi 9 octobre 2019. Il faut que j’aille très vite : je suis dans une chambre d’hôtel. Ça va prendre des heures à télécharger mais il faut que je vous parle quand même de ce qui s’est passé pour nous dans la soirée, c’est-à-dire une lettre de la Maison-Blanche disant qu’elle refusait dorénavant de coopérer d’aucune manière avec la procédure d’impeachment qui est lancée donc par le Congrès. 

Tout ça est relativement logique. Il y a quelques journaux qui parlent de « crise constitutionnelle ». Non, l’impeachment, c’est effectivement quelque chose que le Congrès, c’est-à-dire le législatif, peut lancer contre l’exécutif. C’est un contre-pouvoir. Des choses du même ordre se sont passées durant le Watergate. Donc, une lettre de 8 pages disant que la « pseudo-procédure d’impeachment » est simplement une manière de remettre en question la légitimité de l’élection de M. Trump. Donc, voilà l’argument authentiquement populiste que l’élection présidentielle a décidé d’un président, que « le peuple a choisi » et les représentants… du peuple seraient, eux, illégitimes. C’est un argument classique. C’est ce que l’on trouve aussi en ce moment en Angleterre, au Royaume-Uni, avec M. Johnson. 

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Alice et le Maire, ce que j’en pense

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J’ai vu hier Alice et le Maire de Nicolas Pariser. C’est un film qui vous explique avec beaucoup de subtilité pourquoi on ne peut plus faire de politique en France aujourd’hui. La démonstration est implacable. Je vous encourage à aller le voir : c’est très bien fait. Fabrice Luchini est très convaincant en maire découvrant les limites de sa fonction. Anaïs Demoustier nous montre comment une personne ayant « des idées » – c’est tout ce qu’on lui demande – suffit à faire exploser la politique comme on la fait aujourd’hui. Quant à Thomas Chabrol, il incarne à la perfection un « grand intellectuel » creux comme un tambour, comme il se doit.

Mais en nous montrant comment écrire ce qui serait un vrai discours politique (dont les spectateurs constateront que j’aurais pu l’écrire moi-même), Nicolas Pariser nous explique mine de rien comment on peut faire de l’excellente politique aujourd’hui : en faisant un film comme le sien. M’offrant au passage la possibilité de faire moi-même de l’excellente politique en vous recommandant d’aller voir son splendide petit film (pas de course-poursuite) où l’on dit, comme je viens de le dire, ce que je n’arrête pas de vous dire.

Faites de la politique, comme Nicolas Pariser et moi : allez-voir Alice et le Maire ! Et parlez-en !

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La démocratie en petite forme, le 5 octobre 2019 – Retranscription

Retranscription de La démocratie en petite forme, le 5 octobre 2019

Bonjour, on est le samedi 5 octobre 2019 et ma vidéo s’intitulera « La démocratie en petite forme ».

Je vais parler essentiellement de 3 pays. Je vais parler de la France. Je vais parler de la Grande-Bretagne et je vais parler des États-Unis. Ça ne veut pas dire qu’il ne faudrait pas parler des autres. Je pourrais parler de la Belgique où on a encore essayé de constituer des gouvernements, en tous cas un gouvernement fédéral. Les autres, on a trouvé la solution. Je veux dire les régionaux.

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L’Écho, L’intelligence artificielle, notre nouvel allié, le 9 octobre 2019

L’Intelligence Artificielle : notre nouvel allié

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Les ordinateurs se sont rapidement révélés plus forts que les humains dans les jeux de société grâce à leur puissance de calcul et leur capacité à conserver dans leur mémoire vive, immédiatement accessible, une plus grande quantité d’information que nous n’en sommes capables.

Quand en 1997 Deep Blue, un logiciel mis au point par la firme IBM, a battu le champion d’échecs Gary Kasparov, ce fut pour cette raison. 

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Le Grand retournement : quelques chiffres

La réaction du public n’avait pas été immédiate à la révélation par un lanceur d’alerte du chantage exercé par Trump sur l’Ukraine, l’aide militaire US étant subordonnée par lui à l’obtention de données compromettantes sur son rival Démocrate à la présidentielle de 2020, Joe Biden et sur Hunter Biden son fils. Mon sentiment – que je vous avais communiqué – est qu’il était encore possible d’émettre des doutes sur la véracité des informations, même si Trump s’était empressé de faire circuler une retranscription de sa conversation avec le président ukrainien, convaincu que tout s’était passé « le mieux du monde ». Mon sentiment est aussi que tout doute avait été dissipé quand Trump – en remettant une couche comme à son habitude – avait déclaré, dans une vidéo rapidement devenue virale, qu’il demandait également à la Chine de découvrir des informations compromettantes sur Biden.

Pas plus que la carte n’est le pays, un sondage comme celui-ci ne montre que l’opinion de 1.007 adultes « représentatifs ». Il révèle en tout cas des tendances puisqu’il peut être comparé aux sondages précédents du même institut.

Donc 58% des Américains approuvent désormais la procédure d’impeachment, contre 38% qui la désapprouvent. 49% sur ces 58% approuvent l’éventualité d’une destitution effective de Trump.

L’évolution entre juillet – quand une majorité s’opposait à l’impeachment – et aujourd’hui est due à un glissement de 20% à 25% parmi l’ensemble des électeurs, y compris ceux se disant Républicains et ceux s’affirmant indépendants : 3 Républicains sur 10 sont maintenant en faveur de l’impeachment, alors qu’ils n’étaient qu’1 sur 10 en juillet. Les indépendants, avec 57% en faveur de l’impeachment sont dans la moyenne nationale, un gain de 21% pour eux par rapport à juillet.

Sur la question de savoir si Trump respecte les principes éthiques qui conviennent à l’exercice du pouvoir, 60% des Américains disent Non (contre 35% affirmant Oui). La même question posée à propos de son rival Démocrate Joe Biden révèle que 38% considèrent que Biden ne respecterait pas les principes éthiques qui conviennent à l’exercice du pouvoir (contre 47% qui considèrent que Oui). Soit une marge de 22% en faveur de Biden sur cette question d’une incapacité éventuelle à respecter les principes éthiques en matière de gouvernement,

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Union sacrée contre Trump

Malgré le très mauvais climat entre Démocrates et Républicains, l’union sacrée s’est faite aujourd’hui devant la décision de Trump de retirer les troupes américaines du nord de la Syrie, permettant à la Turquie d’y lancer une offensive qui balaierait les troupes kurdes, pourtant qualifiées d’alliées dans le combat contre Daesh.

Il faut dire que la justification de sa décision par Trump ce matin dans un tweet était du plus haut pittoresque :

Il est temps pour nous de nous extraire de ces Guerres Sans Fin ridicules, beaucoup d’entre elles étant tribales, et ramener nos soldats à la maison. NOUS NOUS BATTRONS LÀ OÙ C’EST DE NOTRE INTÉRÊT, ET NOUS LUTTERONS UNIQUEMENT POUR GAGNER.

Que sa décision bénéficie essentiellement à Daesh, à Bachar el-Assad et à l’allié de celui-ci, Poutine, ne semble pas l’avoir effleuré. À moins bien sûr qu’il s’agisse précisément là du but de la manoeuvre…

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L’homme qui n’avait jamais tort, le 3 octobre 2019 – Retranscription

Retranscription de L’homme qui n’avait jamais tort, le 3 octobre 2019.

Bonjour, nous sommes le jeudi 3 octobre 2019.

J’ai commencé à parler de Donald Trump sur mon blog au tout début de la campagne des primaires du parti Républicain, qui conduiraient aux élections qui ont vu la nomination de M. Trump et ce qui attirait l’attention, à ce moment-là, c’est qu’un outsider, quelqu’un qui n’avait absolument pas sa place dans la course, se présentait et commençait à caracoler en tête de manière tout à fait remarquable. C’est M. Michael Moore qui, hier ou avant-hier, dans une interview, a mis le doigt sur ce qui se passa à ce moment-là, à partir de la connaissance qu’il a de la région de Flint (Michigan), qui est son pays natal, qui est le grand pays de l’industrie automobile à l’époque où ça se passait aux États-Unis et qui a dit qu’il apparaissait comme un sauveur. Voilà quelqu’un qui parlait à ces ouvriers sans emploi, à toute une région dévastée du Michigan où jamais il n’y a eu de réindustrialisation ou même de retour de services en quantités suffisantes. Et il apparaissait comme un sauveur. Voilà quelqu’un qui allait donner un coup de pied dans la fourmilière. Voilà quelqu’un qui allait changer les choses et c’est ça que ces personnes voulaient entendre.

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À pied pour prendre de vitesse l’incertitude au XXIe siècle ?, par Cédric Chevalier

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On assisterait donc à une course entre, d’une part, le système agricole, même l’agro-écologique ou permaculteur décidé sincèrement à s’adapter et se montrer résilient face au climat, et d’autre part, le système climatique, qui se modifie tendanciellement et en même temps devient progressivement totalement imprévisible, incertain. Il s’agirait d’une incertitude radicale, comme expliqué par Clive Hamilton dans Defiant Earth, que l’on peut traduire par « Terre rebelle », c’est-à-dire une Terre qui « n’obéit plus sagement aux prévisions humaines ancestrales », une Terre qui n’est plus le jardin d’Eden qu’elle était (on comprendra mieux cette opinion plus tard dans le siècle), une Terre hostile à la vie humaine. L’économiste Frank Knight avait théorisé à sa manière cette différence entre contexte risqué, où l’on connaît les états futurs possibles et on peut leur attacher chacun une probabilité d’occurence (jouer aux dés), contexte incertain où les états futurs possibles sont connus mais pas leur probabilité respective d’occurence (qui sera le prochain président des Etats-Unis ?), et l’incertitude radicale, où les états futurs sont inconnus (voire inconnaissables) et leur probabilité d’occurence tout autant inconnue ou inconnaissable (l’histoire future de la vie sur Terre).

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