Catégorie : Bretagne

  • L’histoire de ma vie en 8 leçons, par Paul Jorion

    Maintenant que la série s’est achevée de l’histoire de ma vie, avec comme fil conducteur, l’anthropologie (des alternatives auraient été les maths appliquées, ou « le prix »…), à l’initiative des aimables producteurs des « Possédés et leurs mondes », je peux mettre les 8 épisodes à la suite. Les intertitres sont dus bien entendu aux producteurs.

    1. « Issu de deux cultures et curieux de tout comprendre, ou comment je suis … »

    2. « Mousse et ethnographe en formation : le « philosophe » chez les pêcheurs de l’île de Houat »

    3. « Doctorant en anthropologie et professeur à l’Université de Cambridge »

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  • Vendre son poisson, à qui, et à quel prix ? (1982)

    Vendre son poisson, à qui, et à quel prix ?
    Souvenirs de la pêche à la sardine au Croisic (1911-1954)

    Ce texte inédit reprend des entretiens à bâtons rompus que j'eus sur plusieurs semaines avec M. Jean-Marie Le Huédé en 1981 et 1982 à son domicile au Croisic (Loire-Atlantique). Il me confia ses carnets de pêche de 1923 à 1928, que je recopiai. Je revins alors le voir pour lui poser des questions spécifiques sur les informations qui s'y trouvaient.

    Le 17 janvier 1911, Jean-Marie Le Huédé, dit P’tit Jean, dit Pironton, dit l’Amiral, prend son premier embarquement sur la Renée-Eugénie, une chaloupe creuse de 13 mètres appartenant à son père et mouillée au port du Croisic.… Lire la suite…

  • Mon séjour dans l’Île de Houat VI. Aujourd’hui

    J’imaginais en revenant à Houat en 2010, à mon retour des États-Unis l’année d’avant, retrouver la petite communauté que j’avais connue, chacun de ses membres étant banalement plus âgé de trente-six ans. Mais dans l’île que j’ai retrouvée, le Houat d’autrefois avait entièrement disparu : il y avait bien en 1973 une ou deux maisons au village métamorphosées en résidences secondaires, mais en 2010 plus de la moitié étaient devenues telles. Les sommes offertes par les « touristes » pour les habitations, et même les écuries, représentaient un pactole pour les îliens qui acceptèrent la manne tombée du ciel, inconscients du fait qu’ils mettaient ainsi à terme tout logement à Houat hors de portée de leur propre progéniture.… Lire la suite…

  • Mon séjour dans l’Île de Houat V. Les prix

    J’ai signalé, quand j’ai évoqué la mort de Claude Le Roux qui était intervenue alors que je venais de m’installer dans l’île, que les Houatais s’étaient organisés peu de temps auparavant en une coopérative : le « Groupement des Pêcheurs-Artisans Houatais ». La comptabilité du bateau était jusque-là de la responsabilité de son patron qui, soit était embarqué seul, soit avait à ses côtés un équipage de trois ou quatre matelots ou mousses, constitué, pour ce qui touche à Houat, essentiellement de membres masculins de sa famille : fils, jeunes frères ou beaux-frères (j’ai expliqué de manière détaillée la dynamique de ces équipages dans mes livres : Les pêcheurs de Houat [1983], La transmission des savoirs [1984 ; avec G.… Lire la suite…

  • Les bons voeux de Gildas Buron

    Gildas Buron est un historien, linguiste et conservateur du musée des Marais salants de Batz-sur-Mer.

    Bonjour Monsieur Jorion,

    Merci pour vos souvenirs de Houat dans les années 1970 !

    Votre participation à la messe de Noël 1973, m’a donné l’idée de vous souhaiter un Noël 2020 aux couleurs du pays sous la forme de cette page d’un cahier de cantiques du Croisic daté 1740, et de vous donner à entendre « Petra ‘zo henoazh a-nevez » chanté par Yann-Fañch Kemener accompagné d’Aldo Ripoche, extrait du CD Noël en Bretagne/Nedeleg/Christmas in Brittany, édité en 2008 par Buda Musique.

    Et pour votre plaisir, j’ajoute un autre chant : « Kanamp Nouel da Roue an aelez » (même source).

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  • Mon séjour dans l’Île de Houat IV. La terre et le ciel (Noël)

    Je participais à la vie de tous les jours : quand eut lieu le pèlerinage annuel à Sainte-Anne-d’Auray, je faisais aussi partie du contingent. Durant la traversée qui emmenait les pèlerins à Quiberon, la même séparation existait sur le courrier qu’à l’église : les hommes étaient à l’arrière, où ils bavardaient et fumaient, tandis que les femmes et les enfants étaient sur le pont avant. Les femmes chantèrent des cantiques, de l’appareillage à Houat, jusqu’au débarquement à Quiberon.

    Le soir, au retour, ce fut bien différent parce que la mer était mauvaise. La traversée qui durait une heure par beau temps s’allongeait par gros temps parce que le bateau culait à chaque fois dans la vague.… Lire la suite…

  • Mon séjour dans l’Île de Houat III. La fierté

    Les hommes de Houat étaient à la pêche – même quand il n’y avait rien à pêcher, et que les bateaux s’étant mis en cercle au large jetaient l’ancre, et qu’on jouait alors à la belote entre équipages réunis sur le pont de l’un d’entre eux, parce qu’« on peut pas rentrer, sinon on serait dans les pieds de nos femmes », lesquelles veillaient aux poules, à la vache et au cochon, à la récolte des foins et l’entretien du jardin potager, lavaient à longueur de journées les vêtements de travail de leur mari, raidis par le sel et massacrés par de très rudes activités.… Lire la suite…

  • Mon séjour dans l’Île de Houat II. Le métier

    Houat, était-il exotique ? D’abord, c’était un village de 450 personnes, donc une très petite communauté avec sa surveillance réciproque, de chacun vis-à-vis de tous, et de chacun par l’ensemble des autres. Mais cela, ç’aurait été vrai partout : la conséquence inévitable d’un faible nombre d’habitants. Ensuite, on n’y était pas bien riche. Quand j’y suis retourné pour la première fois en 2010, le contraste était vif entre le Houat que j’avais connu et celui que j’avais maintenant sous les yeux : j’avais quitté une petite île en équilibre instable sur la ligne de crête entre la pauvreté et l’aisance, mais toute fonctionnelle, axée entièrement sur la pêche, avec ses maisonnettes sans pelouse tirée au cordeau, sans haies bien taillées, sans mignonnes barrières peintes en blanc : à la place, à l’avant des maisons, un chantier permanent, un atelier improvisé, une zone de terre battue où le pêcheur fabriquait ses casiers à crabes, à homards et à crevettes, « à temps perdu » : quand il n’était pas en mer.… Lire la suite…

  • Mon séjour dans l’Île de Houat I. L’arrivée

    Début février 1973, j’arrive dans l’Île de Houat. Dans l’année qui suivra, je me mettrai à réfléchir à comment m’y installer à demeure. Je commençais à poser des questions sur la manière d’acheter son premier bateau ; je me demandais à quel type de pêche j’aimerais me consacrer, sans doute le bar à la traîne et à la mitraillette, la crevette, le homard au casier un par un : essentiellement les métiers que Jean-Michel et Raphaël m’avaient appris. Mes deux principaux maîtres nous ont quitté, et ce qu’ils m’ont enseigné est en jachère. Je me suis réveillé un beau matin de mai 1974 en me disant : « Ce n’est pas ça ta vie ! … Lire la suite…

  • Où s’arrête la Bretagne ?

    *

    Jamais je ne me permettrais de poser la question Où s’arrête la Bretagne ? si la revue Bretons n’avait fait de moi un « Breton d’honneur ». La raison de mon titre de noblesse ? La manière dont j’ai parlé des pêcheurs de l’Ile de Houat, dont j’ai partagé la vie, et à qui j’ai consacré Les pêcheurs de Houat (1983).

    Allez, une anecdote – mais une belle ! L’année dernière j’ai rendez-vous chez un dentiste autre que le mien parce qu’il n’a pas la machine à rayons X qu’il faut. Et, m’attend sur le porche de ce cabinet à Quiberon, une personne, le sourire fendu d’une oreille à l’autre qui me dit : « Monsieur Jorion !… Lire la suite…

  • Rencontre de cultures

    Laïs : la Flandre rendant hommage à la Bretagne (ce n’est pas fait pour déplaire à un zinneke bruxellois en sa terre d’adoption). … Lire la suite…