Archives de catégorie : Musique

Un souvenir de Neil Diamond

Je m’étais arrêté un soir à Oceanside sur la côte californienne, dans un restaurant balnéaire qui se trouvait avoir petit orchestre et toute petite chanteuse extrême-orientale. Et ce qui était tout à fait remarquable, c’est qu’elle ne chantait que des chansons du répertoire de Neil Diamond, et qu’au lieu de les « interpréter », elle les reproduisait à l’identique et à la perfection.

Bien entendu, chaque fois que j’entends une chanson de ce bon faiseur, me revient en mémoire la voix qui émergeait de ce corps minuscule de femme asiatique.

Apparemment, les femmes aiment bien chanter Neil Diamond (il faut dire qu’il parle d’elles en termes flatteurs) :

P.S. Le nom historique (mais post-colombien) de « Oceanside » est « San Luis Rey », dont j’ai la faiblesse de considérer que cela a davantage de gueule.

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Ils jouent leur propre musique

George Gershwin (1898-1937) joue Gershwin

Cole Porter (1891-1964) joue et chante Cole Porter

Irving Berlin (1888-1969) explique le fonctionnement de son piano spécial

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France Brel

Google se dit « Je vais dire à Jorion de regarder ça », et je me dis « Bon, Google est en train de faire passer un mauvais quart d’heure aux anti-vax, je ne peux pas lui refuser ça, mais 30 secondes, pas plus, parce que sur Brel, je ne pense pas pouvoir encore apprendre grand-chose ».

Et puis je viens de regarder le tout, mais pas pour apprendre des choses sur le Grand Jacques, mais parce que je découvre que, bon sang ne pouvant mentir, France Brel est elle aussi un personnage hors du commun [ce qui me permet, en fouillant un peu, de découvrir qu’elle est mariée à un ancien copain de classe].

Y a des Hitler et des Pol Pot, mais il y aussi des France Brel. Profitons-en, délectons-nous !

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Julos Beaucarne, 27 juin 1936 – 18 septembre 2021, par Guy Leboutte

Également sur son propre blog : Condroz belge.

Cinquante-cinq ans d’albums, une vie de poésie et d’engagement, en français et quelquefois en wallon. Pendant longtemps, le contrat avec sa société de disques lui imposait un opus chaque année, et chaque année il se produisait durant un mois à Paris, où il avait trouvé un public aussi. Son pull arc-en-ciel, il l’a porté pendant au moins vingt-cinq ans, et je l’ai entendu répondre un jour à une dame étonnée qu’il en était à son septième : c’est simple, il s’en faisait faire un nouveau à l’identique, quand le dernier commençait à rendre l’âme.

Sa lettre à Kissinger évoque la fin de Victor Jara, récemment rappelée sur le blog de Paul Jorion, après le coup d’État d’Augusto Pinochet en 1973.

Une autre de ses lettres a fait le tour du monde, sous le titre « Lettre ouverte de Julos Beaucarne » (reprise entre autres par Claude Nougaro), écrite deux ans plus tard quand un homme devenu fou, un immigré hébergé par la famille, a tué son épouse âgée de 33 ans de neuf coups de couteau. Ce texte devrait appartenir aux anthologies du droit pénal et de la chronique judiciaire.

Une de ses anciennes chansons, moitié français moitié wallon, trouve un écho aujourd’hui en cette période d’après inondations. « Les sinistrés » s’en prend aux profiteurs d’après-guerre, qui récoltent de l’argent sous le refrain « C’est ni pour nous, c’est pour les sinistrés« . Pour le moment, l’histoire ne semble pas se répéter.

Julos était écolo avant l’heure et se disait anarchiste. Avec lui, le local est un chemin vers l’universel (« Mon terroir c’est les galaxies » ) , et l’enracinement une porte ouverte aux peuples du monde.

Aussi, tout Wallon qu’il fût et se réclamât, Julos était un jouissif et gourmand défenseur de la langue française.

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Don Everly (1937-2021)

(Prenant la place des Everly Brothers, Tom McCaskie et moi avons un jour chanté en chœur Ebony Eyes pour Sue Benson à qui le surnom « yeux d’ébène » allait comme un gant).

Un extrait de Mes vacances à Morro Bay (Fayard 2019) :

Et on fait comme ça de gaieté de cœur son deuil d’un million de choses « pour faire plaisir à ses parents ». Et ces deuils portent sur des choses essentielles pour vous, alors qu’il ne s’agit de la part des parents que de caprices fondés sur des expériences personnelles mal interprétées, voire de simples erreurs de jugement. Parce que les millions de petits deuils qu’on a faits, on n’en a même pas conscience. J’en donne un exemple, d’il y a quelques années, de l’époque de Brenda et de Laguna Beach. J’ouvre le journal et je lis « Concert des Everly Brothers à San Juan Capistrano ». Oh ! On ne peut pas rater ça ! Et nous allons effectivement les écouter et ils chantent dans cette salle plus saloon que salle de concert « Wake Up Little Suzy » et « Dream, Dream, Dream » et bien sûr ils ont soixante ans, mais la voix est là, le geste est précis et ils ont du ressort. 

Et en sortant du Stage Coach, j’ai le sentiment d’une extraordinaire victoire sur le temps. J’ai dû à un moment de ma vie me dire quelque chose du genre : « Il est maintenant trop tard : tu n’assisteras plus jamais à un concert des Everly Brothers ». Non pas que ça me tarauderait outre mesure, mais il doit y avoir des millions de deuils minuscules comme celui-là, qui s’accumulent et qui – littéralement – vous tuent, et pour la plupart d’entre eux, il y a en réalité encore quelque chose à faire, il existe encore une parade. (Pages 119-120)

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Dusty Hill (1949 – 2021), par Benjamin

Dusty Hill, bassiste de ZZ Top, est mort (annonce de Billy Gibbons et Frank Beard).

Dire que ce groupe s’est fait connaitre avec un titre qui parle d’une maison close (Chicken Ranch) dans un petit patelin du Texas (La Grange) le tout sur fond de clin d’œil à John Lee Hooker (Boogie Chillen pour l’intro du morceau et le fameux « how how how » de Boom Boom Boom) dont le groupe était fan en 1973.

Dans une interview au magazine Spin en 1985, Dusty Hill, se souvenait y être allé au Chicken Ranch quand il avait treize ans, au moment de devenir un homme… Les gros mots y étaient interdits. Tout comme l’alcool. Et la patronne, Miss Edna, n’avait pas l’air commode. Ça n’empêchait pas les ouvriers des champs de pétrole et les sénateurs de s’y retrouver avec les ados.

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La grenouille d’Albert Simon

Cela vous dit-il quelque chose « La grenouille d’Albert Simon » ?

Si oui, voici : « Après avoir lu les nouvelles ce matin, j’ai repassé commande de vingt masques FFP2 ».

P.S. Sans aucun rapport, si ce n’est un sentiment au contraire rassurant d’éternité : la plus belle chose au monde me semble être celle que j’écoute en ce moment (fermez les yeux pour échapper à l’horreur kitsch de ce qu’on vous montre 😉 ) :

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