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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » : Google, par Bertrand Rouziès-Leonardi

Billet invité.

Moteur de recherche en situation de quasi monopole qui quête des liens simultanément pour vous et sur vous, dans l’hypothèse où l’on aurait un jour besoin de vous étrangler avec. N’a pas grand-chose à voir avec le système de surveillance imaginé par Orwell dans 1984, dont des exemples se rencontrent ailleurs (téléréalité, vidéosurveillance, police civique, etc.), mais peut lui prêter son concours à l’occasion. Un petit détour par la fiche Wikipédia du roman (tapez 1984 dans le cartouche « Rechercher » de Google) vous en convaincra. Est plutôt apparenté au panoptique du philosophe Bentham (tapez panoptique dans le cartouche « Rechercher » de Google). Au vu des monstruosités qui circulent sur Google, on se dit un peu vite que son crible, si crible il y a, possède des trous fort larges. C’est plus subtil que cela. Google, comme les boîtes à sel, possède plusieurs cribles, qu’il fait tourner au gré des intérêts qu’il sert (sous la contrainte ou de bon coeur), en plus des siens. Les utilisateurs/-trices de Google, dans leurs cellules individuelles, sont libres, en principe, mais avec les restrictions susmentionnées, d’accéder par cette autoroute virtuelle à l’ensemble des productions humaines et d’y faire circuler les leurs. Toutefois, cette liberté est susceptible, à tout instant, d’être retenue contre eux. Google tient son nom du babillage d’un enfant à qui son oncle mathématicien demanda de baptiser le nombre astronomique 10 à la puissance 100 (tapez gogoldans le cartouche « Rechercher » de Google). Faut-il en inférer que la brasserie informationnelle Google sert à la pinte des milliards de données pour enivrer une humanité captive des langes de l’enfance ? – Comme vous y allez, mon bon monsieur. – J’irai même encore plus loin, car l’entreprise est vertigineuse et vaut tous les shoots. Quand Google aura stocké l’équivalent du nombre gogol, Google sera Dieu, Go(d)ogle. En attendant sa divinisation, Google squatte les paradis fiscaux. Les théologiens d’autrefois, en mal d’étourdissements, s’interrogeaient sur la capacité de Dieu de se contenir lui-même. Go(d)ogle pourra-t-il s’indexer avec toutes ses références dans sa propre base de données ? Posez la question à l’amateur de casse-tête Borges (tapez borges dans le cartouche « Rechercher » de Google). Quelques utilisateurs sortis de leur minorité et appelés cyberactivistes (ce qui fait des autres des cybermollassons) luttent à travers le réseau Tor ou le logiciel Scroogle contre l’hégémonie intrusive de Google. Mais Google les connaît, car Google est l’ami de tout le monde, même si, comme un chacun, il a ses préférences. Je remercie Google de m’avoir permis de parler de Google en toute objectivité et sous son contrôle.

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CES GENS, TOUT DE MÊME, CES GENS D’EN HAUT, par Jean-Pierre L. Collignon (*)

Billet invité. Le podcast est ici.

Ces gens, tout de même, ces gens d’en haut, sont d’une outrecuidance et d’un culot tout bonnement stupéfiants. Après avoir décidé des mesures les plus infamantes à l’endroit des gueux, à les entendre bien trop gâtés jusqu’ici, les voici qu’ils les mettent en garde, les admonestent et leur font la leçon dès lors qu’ils font mine de répondre et vouloir riposter à ce qui est, proprement, une attaque sans précédent contre ce que des années de lutte avaient arraché à la logique de l’exploitation sous toutes ses formes.

Autrement dit, pour ceux du gouvernement qui se sont exprimés à ce sujet, la grève de demain est une hérésie, une vilaine action ou une erreur de jugement due à une mauvaise interprétation de ce qui a été décidé. A les entendre, les Van Quickmachin et les autres, en ce compris l’Homme de l’année, nous autres, les gens d’en bas, n’aurions rien saisi ni rien compris aux historiques et grandioses perspectives qui s’ouvrent désormais sous nos pas.

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