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Trends – Tendances, Est-il vraiment si difficile de déterminer si une opération est spéculative ?, le 17 décembre 2015

La spéculation était interdite en France jusqu’en 1885 par l’article 421 du Code pénal, qui portait le nom prédestiné de « 421 », celui d’un jeu de hasard également appelé « zanzibar ».

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DURÉE DE LA DÉTENTION DES ACTIONS, par Olivier Berruyer

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Billet invité.

Cet « article presslib’ » a été rédigé pour le blog de Paul Jorion. Il est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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BFM Radio, lundi 17 mai à 10h46 – Que vaut une action quand les marchés sont nerveux ?

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Que vaut une action quand les marchés sont nerveux ?

Dans un autre moment fort de la crise, en septembre 2008, la question s’est posée : que vaut une reconnaissance de dette ? En principe, bien sûr, elle vaut le montant qu’elle mentionne, mais quand les choses tournent mal, ceux qui ont promis de rembourser cessent de disposer nécessairement des sommes promises. S’ils ne remboursent pas, la reconnaissance de dette se révèle a posteriori valoir tout simplement zéro franc, zéro centime. Ou bien, on « restructure » – c’est l’option qui a souvent été évoquée récemment à propos de la Grèce – le débiteur se retrouve devant ses créanciers et leur dit : « Je vous dois autant, mais la somme dont je dispose est beaucoup plus faible. Je vous propose de vous rembourser au prorata de ce que j’ai ». Une reconnaissance de dette se renégocie alors comme une fraction de la somme due, « soixante-sept centimes de l’euro », par exemple. La valeur d’une reconnaissance de dette, c’est donc un montant qui se situe entre celui de la somme prêtée et zéro. Et ce qu’elle valait effectivement ne sera connu qu’a posteriori.

On se souvient que quand AIG, la compagnie d’assurance américaine, remboursa rubis sur l’ongle les banques qui avaient contracté auprès d’elle des CDS, des Credit-Default Swaps, cela suscita un beau scandale. C’est que c’était maintenant le contribuable américain qui réglait l’ardoise, et qu’il lui semblait logique que les banques créditrices doivent se contenter seulement d’une fraction des sommes promises. C’est à la même époque d’ailleurs que certains déposants fortunés découvrirent avec horreur que leur banque ne leur avait offert en échange de leur dépôt qu’une reconnaissance de dette et qu’en cas de pépin le montant qui leur serait remboursé était plafonné à 70.000 et ensuite à 100.000 euros.

Demandons-nous alors – dans la même optique – ce que vaut une action. La question n’est pas sans intérêt : on pouvait la lire en filigrane dans les auditions qui ont eu lieu au Congrès américain la semaine dernière à propos du « flash crash », le krach-éclair du 6 mai à la Bourse de New York. Une action est une reconnaissance de dette d’un type particulier. Je rappelle en deux mots que l’indice Dow Jones perdit en quelques minutes près de 1.000 points, avant de rebondir de près de 700. Aucune anomalie n’a pu être décelée dans le fonctionnement du marché : la baisse était simplement la conséquence des mauvaises nouvelles de la journée. Le NASDAQ, le marché des sociétés technologiques, a quand même décidé d’annuler les transactions portant sur 286 compagnies dont le cours, après 14h40, avait baissé de plus de 60 %. Eric Noll, « executive vice-president » du NASDAQ, expliquait devant la Commission du Congrès qu’il était de leur devoir d’annuler les transactions quand, je le cite : « le prix d’exécution cesse de refléter un marché authentique ». On peut en déduire que le seuil entre un marché authentique et un marché de contrefaçon se situe sur cette barre des 60 %. On ne sait pas ce qu’en penseront ceux dont la vente à – 59 % a été confirmée ou ceux dont l’achat à – 61 % a été invalidé – enfin eux, ou leurs avocats

Quand le cours grimpe, les nouveaux acheteurs drainent l’argent de l’économie pour le placer là. Quand il baisse, ceux qui ont vendu cher comptent leurs sous avec délectation et ceux qui ont acheté cher, eux, se mordent les doigts. Le prototype de toutes les bulles financières, c’est donc bien la Bourse. Quand le cours des actions est élevé, tous ceux qui en possèdent sont contents : leur fortune, c’est la cote la plus récente multipliée par le nombre de titres qu’ils détiennent. Est-ce que ce calcul est valide ? Non : la vraie valeur de leurs actions, c’est le cours auquel ils revendront chacune d’elle (et pas nécessairement au même prix) et ceci, c’est beaucoup plus vague : cela se situe quelque part entre zéro et l’infini. Quand les marchés sont nerveux et comme les événements du 6 mai l’ont bien mis en lumière, la valeur réelle d’un portefeuille boursier est très difficile à déterminer.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Un appel à l’action ? En voici un !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Certains se plaignent de ce que je me cantonne à la formule blog : que je me contente de rédiger des billets « contemplatifs ». D’autres ou les mêmes se plaignent aussi quand mes billets ne restent pas strictement focalisés sur la crise économique et financière. J’ai réaffirmé au fil des ans que ce blog était consacré à l’ensemble de mes préoccupations intellectuelles (c’est toujours visible tout en haut : « Anthropologie, économie, sciences cognitives, philosophie ») mais quand je publie par exemple un billet relatif à l’histoire de la physique, l’indignation est à son comble devant ma trahison d’« un blog consacré à l’économie » (voire consacré uniquement à la Bourse dans l’esprit de – je l’espère – une minorité !) Pire encore, quand je consacre – comme j’ai l’habitude de le faire – un billet à une chanson où à un chanteur, je vois apparaître dans les commentaires des appels à ce que l’on me pende haut et court pour introduire ainsi des diversions non seulement coupables mais quasiment criminelles dans le contexte actuel.

Il faudrait donc que j’appelle plutôt à l’action.

Or j’ai appelé à l’action, il y aura deux ans le mois prochain, dans une tribune du journal Le Monde. J’ai appelé à une constitution et j’ai renouvelé cet appel dans d’autres journaux ainsi que dans des entretiens. On trouve aussi une version plus longue de mon appel dans mon livre L’implosion. La finance contre l’économie. Ce que révèle et annonce la crise des subprimes (2008), aux pages 311 à 322.

Le point focal de mon appel à une constitution est l’interdiction des paris relatifs à l’évolution d’un prix. C’est clair, c’est net, cela opère une coupe claire immédiate en interdisant certains produits financiers à certains acteurs. Cela n’interdit pas les produits dérivés, cela n’interdit pas même les maudits CDS (credit-default swaps), non, cela change simplement fondamentalement la nature du capitalisme pour en faire tout autre chose.

On m’oppose à cela deux choses : on me dit « Vous voulez interdire la spéculation, or tout le monde spécule ! » Et quand je demande d’expliquer ce que cela veut dire, que « tout le monde spécule », on me répond en m’offrant une définition de la spéculation essentiellement centrée sur la rêverie métaphysique : « c’est parier que les choses seront plutôt comme ceci qu’autrement ». Non : ce n’est pas de cela que je parle. Je parle des paris relatifs à l’évolution d’un prix, impliquant deux parieurs, dont l’un gagnera le pari et l’autre le perdra. Ce n’est pas très compliqué.

On me dit aussi « Votre interdiction pourra aisément être contournée ! » Ce n’est pas vrai. Mon interdiction pourra aisément être contournée si elle est inscrite dans un règlement ou dans une loi, qui contiendra autant de failles qu’elle comptera de mots. Mais pas s’il s’agit de l’article d’une constitution dont il faut respecter aussi bien l’esprit que la formulation explicite. Et c’est pourquoi je parle toujours de cette proposition comme sertie dans une constitution pour l’économie.

Ce que je dis là, depuis deux ans, tout le monde s’en fout. Ce n’est pas que le sujet n’inquiète pas : le mois dernier, Mrs. Gordon Brown et Nicolas Sarkozy ont exprimé leur crainte qu’une reprise éventuelle soit tuée dan l’œuf par une spéculation sur le prix du pétrole. J’ai répondu, « Messieurs Brown et Sarkozy, la solution est dans l’interdiction des paris relatifs à l’évolution d’un prix, et il n’y en a pas d’autres ».

Alors, si vous êtes en mal d’action, aidez-moi : soutenez la proposition d’interdiction des paris relatifs à l’évolution d’un prix. Ça paraît peu de choses mais le monde en serait changé. J’entends souvent parler ces jours-ci de pendre les banquiers, mais croyez-moi, les banquiers préféreraient de loin être pendus que de voir une telle mesure adoptée ! (à un niveau constitutionnel, je précise).

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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