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Robert Mueller : pas de collusion entre l’équipe Trump et la Russie

Avec les moyens qu’il a mis en oeuvre, et vu la personne intègre qu’il est, il n’y a aucune raison de ne pas croire M. Robert Mueller. Dont acte.

Le test sera dans les semaines qui viennent. Si M. Trump devait démissionner ou abandonner inopinément le pouvoir pour une raison X ou Y, c’est qu’il y aurait eu dans le rapport Mueller communiqué vendredi au ministre de la Justice (ou dans un rapport transmis par lui à autre ministère) quelque chose qu’on ne nous dit pas aujourd’hui. Dans le cas contraire cela prouverait rétroactivement que les crimes de M. Alphonse Capone se limitaient bien à la fraude fiscale. Vous vous souvenez en effet de ce que j’écrivais ce matin :

Si l’Histoire devait retenir de M. Manafort seulement qu’il s’agissait de quelqu’un ayant triché sur ses impôts, et de MM. Stone et Flynn, qu’ils étaient de fieffés menteurs, ce serait comme si le seul souvenir que nous conservons de M. Alphonse Capone était qu’il avait roulé le fisc.

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Comment Al Capone est tombé

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Tout le monde connaît l’histoire d’Al Capone, que l’État américain n’arriva jamais à coincer pour ses activités de racket mais qui tomba pour une affaire de fraude fiscale. Vous savez aussi que les banques américaines donnent du fil à retordre aux autorités depuis que celles-ci tentent de remettre un peu d’ordre dans un secteur qui provoqua une crise inédite du système capitaliste tout entier. Vous lirez du coup avec intérêt une dépêche de l’agence Bloomberg intitulée : JPMorgan, Lehman, UBS Named as Conspirators in Muni Bid-Rigging, autrement dit, et en rendant les choses un peu plus explicites : « JP Morgan, Lehman Brothers, Union de Banques Suisses désignés comme co-conspirateurs dans un cas d’enchères truquées sur le marché des obligations émises par des communautés locales ».

Si vous lisez l’article vous noterez que le titre de la dépêche se contente de nommer les plus gros poissons. D’autres noms sur la liste : Bank of America, Bear Stearns, Société Générale, General Electric et Salomon Smith Barney, qui appartenait autrefois à Citigroup. Wachovia est aussi mentionnée, rachetée depuis par Wells Fargo, ainsi que Financial Security Assurance Holdings Ltd., un rehausseur de crédit qui était à l’époque une filiale de Dexia.

Les co-conspirateurs nommés dans cette action en justice dans le cadre de la loi anti-trust participaient à des enchères truquées organisées par une compagnie nommée CDR Financial Products Inc. Étaient escroquées, des « munis », des communautés locales, communes, États, académies, qui recevaient des intérêts artificiellement bas sur leurs investissements dans le cadre de ce qu’on appelle des « guaranteed investment contracts », un marché dont le volant est de 2 800 milliards de dollars. Les co-conspirateurs versaient des pots-de-vin à CDR en échange de ses bons services.

Des poursuites n’ont pas encore été engagées mais gageons que le passage d’une nouvelle réglementation sur les activités financières aux États-Unis se trouve soudain facilité.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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