Archives par mot-clé : Alain Badiou

Notre histoire n’est pas suffisante pour comprendre les enjeux de ce qui se joue en Chine aujourd’hui, par CG

J’ai toujours l’impression de prendre l’histoire en cours de route : c’est le cas dans l’Histoire avec un grand « H » (syndrome du tard venu) mais aussi avec les histoires qui se racontent à son propos. Peut-être est-ce un effet du numérique également : je n’ose pas trop prendre la parole au milieu de ce débat très riche.

J’ai l’impression d’avoir des lacunes en histoire de Chine (à en croire le livre de Badiou Petrograd, Shanghai, 2 révolutions du XXè siècle c’est normal). Je viens de découvrir une émission du 11 septembre 2017 de « affaires sensibles » sur France inter. J’essaie de me remettre à jour sur cette histoire car hier alors que je traitais d’un sujet de philosophie (« que peut la pensée contre la violence ? ») m’est revenu en mémoire de manière un peu décalée le souvenir de l’homme qui arrête une colonne de chars en ce mettant devant elle sur la place Tien An Men. Cet évènement a donné l’occasion d’une photo choc, historique, mais cette personne inconnue l’a sans doute payé de sa vie (il n’avait rien d’un Jackass qui veut faire le buzz, ce n’était pas là son intention. Il s’est fait l’instrument d’un moment de l’histoire où son intérêt personnel s’est effacé devant la nécessité historique. Ce petit homme anonyme est un grand homme. Un héros qui témoigne de l’existence d’un héroïsme ordinaire et tragique).
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Pier Paolo Pasolini : « Projet pour un film sur saint Paul » (1968)

De la même manière qu’il avait tourné en 1964 L’Évangile selon saint Mathieu, considéré aujourd’hui selon l’Osservatore Romano (le 22 juillet 2014), comme « le meilleur film jamais fait sur Jésus » et « le symbole de l’Église miséricordieuse de François », Pier Paolo Pasolini rédigea quatre ans plus tard le scénario d’une vie de saint Paul. Continuer la lecture de Pier Paolo Pasolini : « Projet pour un film sur saint Paul » (1968)

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2015 : Une année « Badiou-Michéa-Wallerstein » ?

Nous allons bientôt fêter les six ans de Sémiotique de la crise, le rapport de Jean Maxence Granier de Think-Out Research & Consulting. Je vous en rappelle l’argument, tel que je le résumais dans un billet daté du 18 février 2009 :

[Jean Maxence Granier] distingue quatre conceptions – qu’il appelle « postures » – de sortie d’une crise appelées A, B, C et D, s’étageant du bénin A où le système autorégulé oscille de manière cyclique, au catastrophique D, où il est irréparable, en passant par B où le système survit, bien que difficilement, pour retrouver sa forme originelle, et C où le système survit mais uniquement parce qu’il subit une authentique métamorphose et se retrouve à l’arrivée très différent de son point de départ.

Pour A, Granier ne trouve aucun auteur qui défende cette interprétation de la crise et ceci dit-il, à juste titre, parce qu’elle dépasse d’ores et déjà en gravité le stade où une telle lecture pourrait encore se justifier. Parmi les auteurs défendant une conception de type B, il retient Patrick Artus, Michel Aglietta et Jacques Attali. Pour la « posture » C, les trois noms retenus par lui sont Joseph Stiglitz, Paul Krugman et moi-même. Et pour le type D, Alain Badiou, Jean-Claude Michéa et Immanuel Wallerstein.

Qu’ont fait nos dirigeants depuis six ans ? Ils ont adopté d’enthousiasme une interprétation de la crise comme relevant du type A, et se sont efforcés de reconstruire à l’identique le système désastreusement endommagé.

Conséquence ? 2015 sera sans doute une année « Badiou-Michéa-Wallerstein » ! Bravo Messieurs !

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© Hervey.

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LIBERTÉ, ÉGALITÉ, OCÉANITÉ, par Michel Martin

Billet invité

L’enfer est pavé de bonnes intentions, mais le ciel est garni d’étoiles.

C’est en écoutant le débat avec Alain Badiou sur son livre « L’hypothèse communiste » le soir du 23 Novembre dernier à Citéphilo que m’est venue l’idée de proposer une nouvelle devise. Ce texte prolonge aussi un début de discussion au sujet de la filiation du care entre fraternité et solidarisme qui s’est amorcé suite à mon intervention à Citéphilo le 23 novembre, en compagnie de Geneviève Fraisse, Jean Gadrey et Alain Lhomme. Il fait aussi écho au billet Liberté-égalité-Fraternité/Gratuité par Jean-Luce Morlie le 1er novembre ainsi qu’à une remarque de Paul Jorion dans sa vidéo du vendredi  26 novembre sur les libertariens.

Tout d’abord, devrions-nous dire devise, ne devrions-nous pas plutôt dire constellation ou firmament, idéel ou forme. C’est que dans une devise, il y a déjà un programme et qu’au contraire, nos trois mots fétiches sont des étoiles situées dans le ciel. Saint Bernard nous a enseigné que l’enfer était pavé de bonnes intentions, je pourrais ajouter que le ciel est garni d’étoiles. J’aurais tout aussi bien pu proposer Liberté, égalité, communisme plutôt qu’océanité. Car le communisme est une étoile qui s’est couverte de sang et de larmes. À devenir une bonne intention, à vouloir trop s’incarner, elle s’est tout de suite corrompue jusqu’à ne plus susciter que haine et nostalgie, jusqu’à déchaîner l’enfer. Alain Badiou se propose de ramasser cette étoile déchue dans le ruisseau, afin de tenter de réchauffer le coeur de ses compagnons de route, orphelins depuis qu’elle gît ainsi, près des détritus. Un œil attentif comme celui d’Alain Badiou a vu qu’elle est d’une autre nature, d’un autre destin, d’un autre éclat.

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