LIBERTÉ, ÉGALITÉ, OCÉANITÉ, par Michel Martin

Billet invité

L’enfer est pavé de bonnes intentions, mais le ciel est garni d’étoiles.

C’est en écoutant le débat avec Alain Badiou sur son livre « L’hypothèse communiste » le soir du 23 Novembre dernier à Citéphilo que m’est venue l’idée de proposer une nouvelle devise. Ce texte prolonge aussi un début de discussion au sujet de la filiation du care entre fraternité et solidarisme qui s’est amorcé suite à mon intervention à Citéphilo le 23 novembre, en compagnie de Geneviève Fraisse, Jean Gadrey et Alain Lhomme. Il fait aussi écho au billet Liberté-égalité-Fraternité/Gratuité par Jean-Luce Morlie le 1er novembre ainsi qu’à une remarque de Paul Jorion dans sa vidéo du vendredi  26 novembre sur les libertariens.

Tout d’abord, devrions-nous dire devise, ne devrions-nous pas plutôt dire constellation ou firmament, idéel ou forme. C’est que dans une devise, il y a déjà un programme et qu’au contraire, nos trois mots fétiches sont des étoiles situées dans le ciel. Saint Bernard nous a enseigné que l’enfer était pavé de bonnes intentions, je pourrais ajouter que le ciel est garni d’étoiles. J’aurais tout aussi bien pu proposer Liberté, égalité, communisme plutôt qu’océanité. Car le communisme est une étoile qui s’est couverte de sang et de larmes. À devenir une bonne intention, à vouloir trop s’incarner, elle s’est tout de suite corrompue jusqu’à ne plus susciter que haine et nostalgie, jusqu’à déchaîner l’enfer. Alain Badiou se propose de ramasser cette étoile déchue dans le ruisseau, afin de tenter de réchauffer le coeur de ses compagnons de route, orphelins depuis qu’elle gît ainsi, près des détritus. Un œil attentif comme celui d’Alain Badiou a vu qu’elle est d’une autre nature, d’un autre destin, d’un autre éclat.

La parenté du care et de notre fraternité Pest pourtant évidente, mais le care est sur terre et la fraternité est au ciel. Le care est concret et la fraternité est au firmament, accompagné de sa parente, la gratuité. Pourtant le care ne nous dit rien, en tout cas rien qui vaille, et la fraternité a mauvais genre, le genre dominant, et c’est inscrit dans son nom. Sa compagne l’égalité n’était pas mieux servie que la fraternité, il s’agissait aussi de l’égalité des hommes. Avant la révolution, les femmes n’étaient pas encore nées au firmament. Mais comme l’égalité n’est pas marquée au fer rouge de son genre initial, elle a pu se faufiler dans le temps et parvenir jusqu’à nous et épouser les deux sexes. Qu’en est-il de la liberté ? Sans doute un parcours voisin de celui de l’égalité, mais son histoire est moins claire en ce qui concerne ses relations avec le genre. Gardons cette étoile toujours aussi scintillante et ne laissons pas les libertariens se l’approprier ici-bas pour justifier leur forfait, pour justifier leur cupidité. Cette liberté là se retrouve aussi vite dans le ruisseau en compagnie de ce pauvre communisme qui avait cru pouvoir engendrer le paradis sur terre en devenant programme, appuyé sur l’infaillible dialectique matérialiste. Le livre noir du communisme est aujourd’hui rejoint par le livre noir du libéralisme. Le care porte en lui l’attention aux autres humains, et aussi l’attention à notre milieu, notre écosystème. Si l’étoile de la fraternité ne couvre que la moitié des humains, elle ne couvre en rien l’écosystème. Alors je me suis interrogé sur le mot qui correspondrait à une expérience et qui nous évoquerait l’attention, une sensibilité universelle. Et c’est alors que le sentiment océanique m’a paru être un bon candidat. Ce sentiment est une expérience, pas vraiment une construction d’idée, c’est le sentiment qu’on peut éprouver devant une nature vierge ou devant le spectacle des astres. C’est le sentiment vertigineux d’être de ce monde, de cet univers, pleinement. Océanité est un candidat possible pour figurer dans notre triade et répondre à notre faculté de coopération et d’empathie avec nos frères, nos sœurs, notre écosystème et jusqu’au cosmos tout entier.

Dans la grille de trifonctionnalité de Dumézil, la fraternité est dans le pôle de l’ordre, du pourquoi, alors que le solidarisme est dans le pôle de la fécondité, des nourritures et des biens, du comment.

Je me demande seulement si l’expérience du sentiment océanique est assez partagée par tous les peuples, les naturalistes que nous sommes, les totémistes, les analogistes et les animistes. Si un anthropologue pouvait me le dire, je lui en serais reconnaissant.

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180 réflexions sur « LIBERTÉ, ÉGALITÉ, OCÉANITÉ, par Michel Martin »

  1. Comme ça un samedi aprem ‘ un peu gris, on tombe sur un texte magnifique, poétique dont la sensibilité l’espace d’une lecture nous arrache aux pesanteurs …
    Merci M. Martin

    1. un sac de charbon 12/22 coute 10 €..
      il était à 6 € l’année dernière..
      léger me semble lourd..
      merci M Martin

    2. Pourquoi océanique ?
      L’ivresse du cosmos est beaucoup plus forte que celle de l’océan.
      C’est cette ivresse, autrement dit poésie, qui me ravit.
      Cela fait longtemps que face à cette communion avec le cosmos,
      dont je ne prétends nullement pourvoir un jour connaitre l’étendue ni le fonctionnement,
      je trouve toutes les religions d’une pauvreté atristants,
      pour ne pas dire qu’elles relevent d’un matérialisme vulgaire,
      très loin de la spiritualité.
      A l’aune du cosmos, la poésie commence où s’arrête la religion.

    3. @ Charles

      La poésie est le réel absolu. Plus une chose est poétique, plus elle est vrai.
      (Novalis)

      La poésie est ce qu’il y a de plus réel, c’est ce qui n’est complètement vrai que dans un autre monde.
      (Baudelaire)

  2. Dans les philosophies ou religions tendant à l’éveil spirituel (Zen, Vedanta, etc.), on trouve fréquemment la comparaison entre l’océan (l’univers) et la vague (l’individu), le sentiment océanique correspondant à une prise de conscience non-duale de la nature de l’Etre :

    Au-dessous du monde des perceptions sensorielles et de l’activité mentale, il y a l’immensité de l’être. Il y a une vaste étendue, une vaste immobilité, et une petite activité frémissante à la surface, qui n’est pas séparée, tout comme les vagues ne sont pas séparées de l’océan

    Eckhart Tolle – Frémissements à la surface de l’Être

    1. Certes mais le nom (ou sa définition) n’est pas la chose !

      Je n’ai jamais éprouvé le plaisir intellectuel que sur le plan analogique. Pour moi la seule évidence au monde est commandée par le rapport spontané, extra-lucide, insolent qui s’établit, dans certaines conditions, entre telle chose et telle autre, que le sens commun retiendrait de confronter.

      André Breton – Signe ascendant

    2. Le sentiment océanique se définissant comme la sensation de faire un avec le monde hors de toute croyance religieuse, « un sentiment d’union indissoluble avec le grand Tout, et d’appartenance à l’universel », est à mon sens une expérience universelle, l’expérience de l’unité, pouvant être ressenti par tout être humain, quel que soit sa culture.
      C’est en quelque sorte la véritable nature de l’homme qu’il se doit de retrouvé et que l’on pourrait qualifier d’êtreté.

      Un être humain est une partie d’un tout que nous appelons : Univers. Une partie limitée dans le temps et l’espace. Il s’expérimente lui-même, ses pensées et ses émotions comme quelque chose qui est séparé du reste, une sorte d’illusion d’optique de la conscience. Cette illusion est une sorte de prison pour nous, nous restreignant à nos désirs personnels et à l’affection de quelques personnes près de nous. Notre tâche doit être de nous libérer nous-même de cette prison en étendant notre cercle de compassion pour embrasser toutes créatures vivantes et la nature entière dans sa beauté.

      Albert Einstein

    3. En général le mental s’écoule en direction du monde, et non vers le Moi.
      Pour gagner le Moi, nous devons être prêts à oublier le monde en renonçant aux espoirs que nous y
      avons mis.
      Tant qu’il persiste en nous une trace de cette idée que le monde est réel, nous ne pouvons
      commencer notre recherche du Moi.
      La véritable permanence est inséparable de l’immuabilité ; car l’objet qui a subi un changement a
      cessé d’être le même objet. Un autre axiome est que le réel doit avoir une existence autonome ; tout
      objet qui est dans un état de dépendance est irréel ; c’est le cas de tout ce qui est fait avec une
      certaine matière : un pot n’est un pot que par convention ; il est en réalité de l’argile. Dans cet
      exemple, le pot est irréel en tant que pot, mais on peut le considérer comme réel en tant qu’argile.
      Son existence en tant que pot est éphémère ; avant d’être fabriqué il était argile, quand il sera brisé il
      redeviendra argile, et même en ce moment il n’est qu’argile, bien qu’il soit revêtu de la forme et du
      nom de pot. Ainsi le pot en tant que pot dépend pour son existence de l’argile, et celle-ci en tant
      qu’elle a une existence indépendante du pot, peut être considérée comme réelle. Mais puisqu’elle
      subit des changements, l’argile non plus n’est pas réelle.

      Ramana Maharshi

  3. D’abord, pourquoi le « care »? Il n’y a pas entre les 35 000 mots de la langue française courante aucun qui le traduise? Pour un étranger qui aime la langue française c’est dur de supporter les comme-back, think tank, low cost, brainstorming et autres dispatcher dont la presse est pleine.

    Ensuite, le sentiment océanique, ou mystique, ou du mystère insondable de ce monde, on le trouve partout et à toutes les époques, dans tous les pays et toutes les civilisations. La preuve: partout il y a de la poésie ou des prières qui l’expriment.

    Dans les 850 pages du livre « Quand les hommes parlent aux dieux » de Michel Meslin (Bayard 2003) vous pouvez trouver des centaines d’exemples. Idem dans les presque 800 pages du « Trésor de la poésie universelle » de R.Cailloirs et J.C. Lambert (Gallimard-Unesco, 1986).

    1. Il est clair que le clergé catholique s’est bien rendu compte que la messe en français avait fait beaucoup de tort à la croyance.

      Et de toute façon, vous remarquerez l’utilisation de mots soient nouveaux soit opaques par tout bon spécialiste d’un domaine qui a besoin d’une couverture mystique.
      Histoire d’éviter trop de vérité…

  4. Pourquoi un horrible mot nouveau, le care, si ce n’est pour cacher qu’il n’introduit rien de neuf ? Sur Wikipedia, l’Histoire de l’hôpital nous apprend qu’elle commence en 529 avec le code de Justinien ! Aujourd’hui, outre la Croix Rouge, un grand nombre d’associations à but non lucratif se donnent pour objectif d’aider et de soigner les plus démunis, et l’état lui-même y contribue par des institutions telles la sécurité sociale et les retraites. Depuis 1945, nous sommes déjà dans une « société du care » où l’on s’efforce de soigner les plaies d’un système productiviste à outrance.

    1. Oui, crapaud rouge, si j’avais un mot français qui traduise bien le care, je l’aurais employé. Le care qui date des années 80 de mouvements féministes, est issu des US qui ne sont pas très bien placés pour nous donner des leçons en matière d’accompagnement social, mais le care recouvre aussi une notion nouvelle d’attention à notre milieu. Une suggestion?

    2. En faisant quelque peu abstraction (quoique) de « l’attention à notre milieu, notre écosystème », l’empathie, qui est la capacité de s’identifier à autrui, de ressentir ce qu’il ressent..
      C’est avant tout une manière de vivre. Elle représente cette capacité de se relier au coeur du vivant et de développer sa force de compassion. Toutefois, elle ne peut s’acquérir par la connaissance; elle ne se développe que par l’expérience. Fondamentalement, l’empathie est une qualité d’accueil de l’autre à qui on accorde du temps et de l’attention, les deux choses les plus précieuses que peuvent s’échanger deux êtres humains.

      (…) une espèce de capacité de sentir par l’intérieur qui dépasse la simple compréhension. C’est en quelque sorte une démarche qui consiste à se mettre à la place de l’autre. La philosophie aristotélicienne avait d’ailleurs admirablement décrit ce phénomène avant que la psychologie invente le mot empathie pour le décrire (…)

      François Cloutier – La Santé mentale
      Jeremy Rifkin le « visionnaire » nous annonce même l’avènement de la civilisation empathique.

    3. Je partage cette difficulté à comprendre pourquoi utiliser ce mot anglo-saxon, d’autant qu’il a été traduit en français de manière trop restrictive par la notion de soins…
      En anglais ce mot a une signification beaucoup plus générale outre celle de soin: par exemple dans « take care », expression qu’on utilise souvent quand quelqu’un s’en va et que l’on peut traduire par : « Prends bien soin de toi » ou plus simplement par « fais bien attention à toi »

      Il prend un autre sens dans « I care for you » qui a le sens général de « je vous aime » ou, « j’ai de l’affection pour vous » ou plus familièrement: « Tu comptes beaucoup pour moi »

      « I care for my elderly mother » peut être traduit par « je prends soin de ma vielle mère » mais dans un sens très général: j’ai de l’affection pour elle, Je viens lui tenir compagnie, je m’occupe de sa santé, de son bien être en général, je m’occupe de ses papiers administratifs, ou tout ça ensemble…

      La notion de « care » en anglais recouvre donc bien plus que la notion de soins en français…

      C’est typiquement le genre de concept quasiment impossible à traduire d’anglais en français en préservant le sens général..

      Autre expression qui est souvent reliée à l’idée de « care » dans les pays anglo-saxons: « continuing to live in the community » dont la traduction littérale déforme profondément le sens général: « Continuer de vivre dans la communauté » prend en français un sens de communautarisme alors qu’en anglais cette expression a le sens de pouvoir vivre en restant intégré dans le tissu social. Cela par opposition à être placé dans un établissement pour personnes âgées ou pour personnes handicapées dépendantes.

      « Quality community caring » veut dire que le tissu social environnant possède les ressources appropriées en logements et divers autres services à la personne, pour maintenir cette dernière en son sein, bien que ces personnes aient un degré de dépendance élevé, donc des besoins spécifiques, et ce maintien dans le tissu social doit se faire dans de bonnes conditions assurant une bonne qualité de vie.
      Attention je ne dis pas que c’est ce qui se passe dans tous les cas, mais c’est ce que réclament les personnes elles mêmes, ainsi que leurs familles : laisser autant que possible les gens dans un environnement social qu’elles connaissent bien et apprécient.

      Il y a sous-entendu dans les idées de « Care » et de « Community living » l’élimination des grandes institutions inhumaines et déshumanisantes où on parquait, il n’y a pas si longtemps, aux Usa et dans tous les pays d’Europe y compris en France, les personnes lourdement handicapées, en particulier handicapées mentales sévères, ou des personnes devenues dépendantes soit par la grande vieillesse soit par des accidents divers, corporels ou de santé. Ces institutions étaient très vulgairement appelées « des mouroirs » mais le terme officiel était encore bien pire : on parlait de « pavillons de défectologie »
      Saluons le travail fait par les médecins psychiatres et autres éléments du corps médical qui se sont attaché à la difficile tâche de réformer ces institutions et à en créer d’autres à dimension plus humaines, bien qu’il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine.

      L’inclusion dans le tissus social, à condition d’être accompagné des moyens matériels et humains à garder un maximum de qualité de vie pour les personnes dépendantes ou devenues dépendantes, ne peut-être qu’un progrès par rapport à ces anciennes institutions inhumaines, dont on trouve encore malheureusement de nombreux exemples principalement dans plusieurs ex pays de l’Est. Les associations d’usagers et deleurs familles de ces pays sont d’ailleurs parmi les plus actives dans une organisation internationale intitulée « European Coalition for Community Living » ECCL aux travaux desquels j’ai participé : j’ai proposé la traduction suivante : Coalition Européenne pour l’inclusion dans le tissu social, justement pour éviter la confusion en français avec le concept de communautarisme…

      Paul

    4. Care n’est-il pas un dérivé de caritas ? Autrement dit la charité ?

      Crapaud rouge semblait comprendre certaines choses… mais là il se laisse aller à une dérive bien dans l’air du temps !

      Non ce n’est pas l’Etat qui finance les retraites et la sécu, ce sont les cotisations sociales des salariés (prélèvement obligatoire sur les salaires complets).

      Et donc nous n’avions pas un Etat-providence (donc charitable) mais un Etat social et la politique de Sarkozy n’a pour but que de le transformer en Etat-providence qui mesurera sa charité aux pauvres qui en sont dignes, comme il se doit à charité bien ordonnée.

      Que le PS veuille manger de ce pain là montre à quel point sa pensée est devenue supplétive du néolibéralisme.

    5. @Paul TREHIN : « Je partage cette difficulté à comprendre pourquoi utiliser ce mot anglo-saxon, d’autant qu’il a été traduit en français de manière trop restrictive par la notion de soins… » : trop restrictive, dites-vous ? Vous eûtes mieux fait d’ouvrir votre dictionnaire, car le mot français est aussi riche de sens que son homologue anglais. La différence, c’est qu’en français on le réserve aux personnes physiques, et qu’on emploie caritas pour les institutions qui prodiguent des soins. Encore que… L’on pourrait fort bien dire que les entreprises du CAC40 prennent soin de leurs actionnaires. Mon diagnostic est le bon : on introduit un mot étranger pour faire croire qu’il recouvre des pratiques nouvelles, ce qui n’est pas le cas.

      Pour info, voici les sens du mot soin selon Petit Robert :
      1) Vieux :
      Préoccupation qui inquiète, tourmente. ==> inquiétude, souci.
      Effort, mal qu’on se donne pour obtenir ou éviter qqch. « Cette femme vaut bien sans doute que je me donne tant de soins » (Laclos).

      2) Vieilli ou littér. Pensée qui occupe l’esprit, relative à un objet auquel on s’intéresse, ou à un objet à réaliser. ==> préoccupation, souci. « Le goût du plaisir nous attache au présent. Le soin de notre salut nous suspend à l’avenir » (Baudelaire).
      Moderne: Loc. (1538)  AVOIR, PRENDRE SOIN DE (et l’inf.) :penser à, s’occuper de. ==> songer, veiller (à)
      Par extension : Occupation, travail dont on est chargé. ==> charge, responsabilité.

      3) AVOIR, PRENDRE SOIN DE (qqn, qqch.) : soigner, s’occuper du bien-être de (qqn), du bon état de (qqch.). « S’il avait soin de lui-même et de ses habits, il n’aurait pas l’air d’un va-nu-pied! » (Balzac). « permettez que ce soit moi qui prenne soin de vos vieux jours » (Beaumarchais).

      4) Pluriel : Actes par lesquels on soigne qqn, qqch. ==> attention, prévenance, sollicitude. L’enfant a besoin des soins d’une mère.
       (XVIe; au sing. XVIIe)  Actions par lesquelles on conserve ou on rétablit la santé ==> soigner.

      5) Le soin : manière appliquée, exacte, scrupuleuse (de faire qqch.). ==> application, minutie, sérieux.

    6. @JeanNimes : ce n’est pas l’état, bien sûr, qui finance les retraites et la sécu, mais c’est sous son égide que les retraites et la sécu existent comme institutions. Je disais : « ’l’état lui-même y contribue par des institutions », ce qui ne présage rien de leur mode de financement. Cela dit, je suis plus proche de la vérité que vous-mêmes car, si l’état ne donnait pas force de loi aux cotisations sociales, et force exécutoire avec l’URSAAF, alors retraites et sécu ne seraient concrètement pas financées.

      « Crapaud rouge semblait comprendre certaines choses… mais là il se laisse aller à une dérive bien dans l’air du temps ! » : j’aimerais savoir ce que je n’aurais pas compris et à quelle dérive je me laisse aller…

    7. bonjour!
      d’accord avec crapaud et je annime. (à mon sens, le « care » français, c’est comme là bas de l’électoralisme, et la redistribution a cette tendance aussi parmi d’autres.) : c’est vieux comme les capitalistes et on a mieux : répartition et services publics…enfin…avait mieux^^

      « amour » paraît une traduction appropriée ou « attention ». l’autre, le bon et l’utile étant mélés dans cette notion. et en français, il faut svt ajouter un terme d’action (« geste d’attention ») pour « coller » une expression anglaise (mais est ce nécessaire? : un mot est porté par une langue et des systèmes philosophiques qui s’y reconnaissent). « prodigalité » est correct, quoiqu’un peu fort dans son sens actuel.

      à paul :
      « inclusion » ,outre le coté chirurgical, n’est ce pas une redite de l' »intégration » (non plus républicaine, mais époque oblige sociale ou économique)? avec les mêmes tares? et les mêmes limites?
      pour l’accueil des personnes agées les concepts normalisants sont nuisibles. et la situation va rapidement empirer (sociale ou économique?^^).
      à mon sens, sans son sens spirituel à vocation universelle, le care est un outil de pouvoir dont s’empareront entres autres les communautés (spirituelles et/.ou matérielles), dont l’état bien sûr.

      cdt

    8. Traduire care par souci de l’autre me paraît assez pertinent, mais cela ne serait pas porteur politiquement ! Trop négatif certainement.

      La charité est un moyen de tout temps pour les puissants d’asseoir leur pouvoir. L’ambiguïté du care sera donc totale.

      Crapaud rouge, être garant et être financeur par les temps qui courent ce n’est pas la même chose (sans vouloir reprendre Aristote et sa puissance potentielle ou en acte !). Le discours qui nous est servi à longueur de JT c’est que l’Etat n’a plus d’argent pour payer les retraites et la sécu, d’où ma colère quand on laisse planer cette confusion entre les salariés qui mettent de côté de quoi assurer les périodes de maladie et les vieux jours de leurs contemporains et l’Etat qui garantit que tous les salariés respectent la loi… D’ailleurs ne faudrait-il pas étendre ces cotisations non seulement à tous les revenus salariaux (je pense aux stock-options, retraites chapeau et autres), tout autant qu’aux revenus financiers ?

      Enfin depuis 1945, nous ne sommes pas dans une société du care, pour les raisons ci-dessus. (Je réponds là à votre commentaire suivant). Nous étions dans un Etat social avec un secteur public qui réalisait 50 % des investissements, qui assurait l’emploi de ses agents, leur formation et la féminisation de l’encadrement (trop lentement c’est vrai et pas partout) et promouvait une autre conception du travail… toutes choses qui ont été cassées au nom de la concurrence soi-disant plus performante. Performance que nous payons en suicides, maladies professionnelles, épuisement mental et autres TMS. Non décidément nous ne sommes pas d’accord sur de telles bases. Car la conclusion est toujours la même : nous (les prolétaires) nous avons vécu au dessus de « nos moyens » ! A ce titre, il serait légitime désormais que « nous » (les prolétaires) payons la facture de ce qui a été consommé par ceux qui nous exploitent…

    9. Petite proposition de transposition du care venue de l’un des plus grand poètes et manieurs de langue française de ces 50 dernières années:
      « Avec le temps, va, tout va bien
      Avec le temps…
      Avec le temps, va, tout s’en va
      On oublie les passions et l’on oublie les voix
      Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
      Ne rentre pas trop tard, surtout ne prend pas froid
      Avec le temps… »

      Léo Ferré

    10. Pour compléter la définition du care, pas dans un sens général ou beaucoup de remarques se perdent, mais dans le sens politique qui est en train de s’écrire, je donne la parole à Joan Tronto:
      Le care (politique) est

      une activité générique qui comprend tout ce que nous faisons pour maintenir, perpétuer et réparer notre « monde », de sorte que nous puissions y vivre aussi bien que possible. Ce monde comprend nos corps, nous-mêmes et notre environnement, tous éléments que nous cherchons à relier en un réseau complexe, en soutien à la vie

      (p. 143 de son livre , Moral Boundaries : a Political Argument for an Ethic of care, publié en 1993, traduit en français sous le titre, Un monde vulnérable, pour une politique du care).

  5. « ne laissons pas les libertaires se l’approprier ici-bas pour justifier leur forfait, pour justifier leur cupidité. »

    Je pense que vous confondez libertaires et libertariens (même si l’histoire des mots semblent confondante, en français il semble qu’il y ait une énorme différence), ça rend le propos  »hors propos »

    1. Merci Léo pour cette mise au point. C´est un communiste libertaire (il y a un manifeste aussi pour ceux que cela tente) qui vous le dit et qui ne se sent pas proche mais alors pas proche du tout (plutôt à l´opposé de l´échiquier) des libertariens.

    2. Libertarien convient mieux que libertaire pour pointer la philosophie du jusqu’auboutisme à vouloir appliquer ici et maintenant le principe de liberté. Mais les libertaires ne sont pas non plus très clairs de ce point de vue. Ce que j’ai voulu opposer, c’est le principe de liberté qui peut figurer dans notre devise et la liberté concrète qui est mieux représentée par le couple autonomie/dépendance.

    1. J’ai eu trois garçons
      Tous trois capitaines
      L’un est à Bordeaux
      L’autre à La Rochelle.
      Bon! Bon! Bon!
      Le bon vin m’endort
      L’amour me réveille
      Le bon vin m’endort
      L’amour me réveille encor’!

  6. A l’horizon ciel et océan se rejoignent, fusionnent, fraternisent, à égalité, en toute liberté.
    Même sombre l’horizon touche au ciel, où des étoiles brillent pour tous ceux qui savent les voir.
    Un plaisir partagé, sans prix. Merci de nous faire lever le nez du guidon.

  7. on ne peut que donner raison à Mr Badiou à propos du communisme.SOIT,consentons à en abandonner le mot ,mais gardons en l’esprit

  8. Gardons cette étoile toujours aussi scintillante et ne laissons pas les libertaires se l’approprier ici-bas pour justifier leur forfait, pour justifier leur cupidité

    ???????
    Libertariens ?
    Comprends pas

  9. Pure arnaque! De la pseudo poésie qui se fait passer pour de la philosophie.

    Filiation du care entre entre fraternité et solidarisme? Quel extravagant mélange de mots qui camoufle mal votre méconnaissance de l’histoire, ou peut-être une distorsion temporelle malveillante.
    Le communisme est mort? Nouvelle nouvelle! Je croyais que juste le soviétisme était mort. Vous m’en apprenez grâce à St Augustin et aux étoiles du firmament.

    Océanité en place de communisme ou internationalisme? Bravo pour le nouveau slogan mais je doute que réformer le vocabulaire à la mode de la vénérable Académie change quoi que ce soit au problème.

    « Le care est concret et la fraternité est au firmament, accompagné de sa parente, la gratuité. » Nouveau glissement digne d’être décortiqué par Acrimed. Pourquoi ne pas postuler à France Inter? Vous y feriez merveille.

    Permettez-moi de ne pas poursuivre. Ce « sentiment vertigineux d’être de ce monde », envisagé de cette façon, me donne simplement la nausée.

    1. On aurait pu écrire : » Liberté, Egalité, Nirvana » pour bien faire voir l’intrus. Le dernier terme n’est même plus tourné vers l’humanité.

      Des prophètes se lèveront toujours…. il y en aura toujours !

      La devise française est la bonne. A chaque fois que je passe devant un monument publique, eh quoi ! quelqu’un y a écrit la vérité, on peut encore la lire, gravée dans la pierre ! Ils n’osent pas l’effacer encore. Elle semble appartenir à un autre monde, a une civilisation extra-terrestre.

      Je proposais avec mon allusion à Gengis Kahn récemment de ne pas perdre de vu les limites de l’humain, comme machine darwinienne; d’ailleurs tout est darwinien, – le tout étant de savoir interpréter les conséquences de ceci. Ces conséquences peuvent être contre-intuitives également.

      Tout sélectionne tout, et réciproquement. Sauf les enfants. Deleuze parlait de blocs de co-évolution, concernant l’abeille et la fleur… Et l’homme doit optimiser le rapport entre ses actions égoïstes et altruistes, puisqu’il a besoin de l’environnement social. C’est la limite de la prédation ; mais un pur prédateur pourrait avoir un avantage sélectif également …

      Le capitalisme étant une loi remplaçant celles édictées par l’homme, nous voyons en tout cas ici un mécanisme social égoïste anéantir l’environnement social; L’altruisme n’a pas joué son rôle de sauvegarde du social… Donc ceci pose de graves questions. Nous devons déselectionner ces gens, et les effacer de l’Histoire, puisqu’ils ont faillis.

      Cette philosophie darwinienne peut être amusante… d’un côté l’on peut regarder l’espèce et l’optimisation éthologique de ses comportements, de l’autre on peut faire ce que l’on veut et la sélection veillera au grain. La prescription vient à postériori. Ni fin de l’Histoire, ni fin du Darwinisme.

      A ce propos, « fraternité » était le mot à ne pas enlever car la proximité génétique des frères fait leur force. Ils ont effectivement intérêt à coopérer.

    2. @Listzfr
      « La devise française est la bonne. A chaque fois que je passe devant un monument publique, eh quoi ! quelqu’un y a écrit la vérité, on peut encore la lire, gravée dans la pierre ! Ils n’osent pas l’effacer encore. « Comme sur une tombe abandonnée .

    3. « Liberté, Egalité, Fraternité ». Pourquoi donc à l’origine a-t-on choisi ces termes si ce n’est pour baliser le chemin qui mènerait à une certaine forme de bonheur collectif, cadre d’un bonheur individuel ? Il s’agit bien d’être heureux. N’est-ce point là l’enjeu de toute cette entreprise, derrière une simple querelle de mots ? Dés lors, si être heureux doit faire l’objet d’un programme (ce n’est pas mon avis) rien ne s’oppose à ce qu’on ajoute « océanique » au triptyque. Le terme est un peu cul-cul, conceptuellement il ne veut pas dire grand chose (il n’a de sens que dans la sphère de l’intime, dans certains états modifiés de conscience, totalement en dehors des mots donc) mais il sert de jalon pour marquer exactement le même chemin que ceux de la devise républicaine.

  10. @pablo75
    t »as raison jamais vu ce mot dans un dictionnaire français ?
    mais pour les élites pensant creux, ça fait du volume et ça crée le spectacle du langage exotique

  11. Quand je ne serai plus là, relâchez-moi,
    Laissez-moi partir.
    J’ai tellement de choses à faire et à voir.
    Ne pleurez pas en pensant à moi,
    Soyez reconnaissants pour les belles années,
    Je vous ai donné mon amitié.
    Vous pouvez seulement deviner
    Le bonheur que vous m’avez apporté.

    Je vous remercie de l’amour que chacun vous m’avez démontré,
    Maintenant, il est temps de voyager seul.
    Pour un court moment vous pouvez avoir de la peine.
    La confiance vous apportera réconfort et consolation.
    Nous serons séparés pour quelque temps.
    Laissez les souvenirs apaiser votre douleur.

    Je ne suis pas loin et la vie continue …
    Si vous avez besoin, appelez-moi et je viendrai.
    Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je serai là.
    Et si vous écoutez votre cœur, vous éprouverez clairement
    La douceur de l’amour que j’apporterai.

    Et quand il sera temps pour vous de partir,
    Je serai là pour vous accueillir.
    Absent de mon corps, présent avec Dieu.

    N’allez pas sur ma tombe pour pleurer,
    Je ne suis pas là, je ne dors pas,
    Je suis les mille vents qui soufflent,
    Je suis le scintillement des cristaux de neige,
    Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,
    Je suis la douce pluie d’automne,
    Je suis l’éveil des oiseaux dans le calme du matin,
    Je suis l’étoile qui brille dans la nuit.
    N’allez pas sur ma tombe pour pleurer,
    Je ne suis pas là. Je ne suis pas mort.

    Poème amérindien

    1. Oui, c’est très beau…

      Votre regard, Michel, est de ceux qui nous porteront.

      Ceux qui s’attardent sur les mots plutôt que sur l’esprit avancent juste à leur rythme…

      Chacun le sien :)) !

    2. @ Lau,

      L’esprit ne devance jamais les mots.
      L’esprit vient par les mots, et non pas l’inverse, aussi étonnant que cela puisse paraître. Mystère du langage des hommes, raison peut-être pour laquelle quelqu’un, un jour, a écrit cette phrase : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu ». En aucun cas l’esprit de peut devancer les mots, l’humanisme littéraire depuis les grecs anciens est là pour l’attester. Les grecs anciens nous ont envoyé du courrier que nous ne devons pas oublier d’ouvrir, génération après génération, sous peine du pire. La perte d’un seul mot important est une perte pour l’humanisme (Pablo75 pourra aussi vous en parler). Les pertes de vocabulaire que nous subissons depuis quelques décennies sont dangereuses pour l’humanisme.
      Ceux qui s’attardent sur les mots, pour les retenir ou les préserver des salmigondis poétisant qui tentent de les remplacer, cherchent tout simplement à préserver l’esprit.

    3. @ lau

      « Votre regard, Michel, est de ceux qui nous porteront. Ceux qui s’attardent sur les mots plutôt que sur l’esprit avancent juste à leur rythme. Chacun le sien 🙂 ) ! »

      Vous m’avez l’air bien atteint (ou atteinte?) par l’océanitude, vous… Attention à ne pas vous y noyer.

      @Jean-Luc
      « Ceux qui s’attardent sur les mots, pour les retenir ou les préserver des salmigondis poétisant qui tentent de les remplacer, cherchent tout simplement à préserver l’esprit. »

      Peux pas mieux dire…

    4. à jean-Luc et Pablo75,

      Vous avez raison bien sûr…

      Mais on ne peut pas toujours tout bien faire en même temps… Et ce que Michel tente de faire en ce moment c’est ‘prendre de l’ altitude’.

      Aidons-le à mettre les mots justes et ,ensemble, nous aurons bien avancé !

    1. @ André

      C’est vrai que le texte que vous proposez est beaucoup plus clair:

      « En termes ontologiques, c’est ce que Heidegger a rendu par le concept de « démondanisation » (Entweltlichung). On l’entendra ici au sens d’abstraction hors du mundus-kosmos où, du fait que les êtres et les choses y « croissaient ensemble » (cum-crescere, d’où concretus), tout avait concrètement sa place. À l’inverse, la modernité tend à engendrer une acosmie générale : un manque radical de cosmicité qui, nous aliénant des choses, fait ce celles-ci des systèmes d’objets indépendants de notre existence. »

    2. Alors là ! Ce texte me laisse bouche bée !

      Il est fort a-droit(e), si je puis dire. Heidegger qui vient nous faire un petit retour, après le livre noir du communisme, du libéralisme, ne voilà-t-il pas un livre noir du nazisme ? Pourquoi pas Thulé, la Terre creuse et autres fables nazillonnes ? recycler cela en cosmicité… il fallait y penser !

      Sérieusement, pensez-vous que cela ait un sens ? Philosophique qui plus est ???

  12. C’est nouveau ,ça vient de sortir,ça s’appelle océanité.Ça remplace fraternité dans la devise de la république française .Par chancel ,la façade ouest de notre beau pays est baignée par un Océan.
    Il fait très froid en ce moment et je ne vous recommande pas la baignade. L’acronyme de la nouvelle devise à prétention universelle fait LEO.C’est facile à retenir.

    1. tanquem LEO rugiens, non devorat

      (quoiqu’avec Badiou, on ne sait pas si le « devorat » n’est pas bien loin)

      Et pour le « care », le Stieglerien bas de plafond que je suis a noté que le mot « soin » est central dans le travail de Bernard Stiegler, où il est présent avec ses cousins latins et grecs que sont cura et philia, cousin plus lointain dans ce dernier cas.

    2. Oui, Timiota, on en a déjà un peu discuté, Bernard Stiegler raconte des tas de choses passionnantes sur le soin en lien avec culture, agriculture et culte qui est à la racine de ces mots, pas du tout nunuche.

  13. Tout appel aux « âmes de bonne volonté », – on ne les compte plus sur ce blog -, ne peuvent que m’irriter parce que je me sens déjà un être de « bonne volonté », même si je ne glande rien de mes journées. Mais aussi parce que la solidarité ne peut qu’être dictée par la nécessité. Or, ce que chacun peut ressentir, c’est bien sûr un manque, donc un besoin de solidarité. Mais c’est très différent. L’on ressent un besoin de solidarité parce que, d’une part, sa nécessité a été prise en charge par nos sociétés « sécuritaires », (les états modernes « luttent » contre les accidents de la route, le tabac, les cancers, etc. au nom d’une solidarité pensée à l’échelon national), d’autre part la spécialisation toujours plus grande du travail a pour conséquence des modes de vie individualistes très différents les uns des autres : conditions de travail, horaires, pénibilité, diplômes, salaires, etc.

    Aussi, parler du care alors que l’on continue à produire n’importe quoi n’importe comment, en particulier des produits chimiques hyper toxiques, (exemple), et des nanomatériaux qui sont déjà dans nos assiettes, j’appelle ça planer. La planète finance va finir par se casser la figure, ce n’est plus qu’une question de temps, mais le modèle industriel ? Je ne vois jamais personne pour le contester. C’est pourtant lui la raison d’être de la finance, non ?

    1. Il n’y a en effet pas qu’un problème. Parlez-nous des questions industrielles, je suis client. Je milite pour qu’on revisite l’autogestion en faisant un peu plus attention à la question de la prise de décisions.

    2. Je bois du petit lait en vous lisant Grenouille Verte … euh pardon, Crapaud Rouge 😉

      Le sujet n’est pas tant le modèle industriel, certes à revisiter en profondeur, mais l’éternelle question des rapports de l’Homme avec la nature (vous comprenez ce que je veux dire en utilisant le mot nature) et aussi celle du profit dont, encore vous CR, vous parlez avec justesse dans un autre commentaire.

  14. Bonjour a tous.
    Merci à Mr. Martin de nous donner l’opportunité d’aborder un sujet, que mine de rien, en détermine beaucoup d’autres. La fraternité « n’est que » une modalité de l’amour. C’est un fait d’expérience. Il constitue la racine de la solidarité. Celle-ci peut-être étalée sur des lois et des règlements, si la racine manque son application manquera d’autan de la sensibilité comme ingrédient structurant. Les attitudes niant et empêchant la manifestation de la sensibilité réduisent et assèchent la vie individuelle et collective.
    Monsieur Vigneron, l' »océanité » prête à sourire, mais c’est aussi un fait d’experience

    1. De tels incidents surviennent régulièrement depuis l’armistice de 1953. Les démonstrations armées, c’est tout ce qui reste à la Corée du Nord pour montrer au monde qu’elle existe encore et qu’elle a quelques arguments frappants pour négocier des aides extérieures indispensables à sa survie.
      A priori, pas de quoi paniquer cette fois ci encore. Il semble que les USA et la Chine ont d’autres préoccupations actuellement que de se lancer ouvertement dans un conflit armé. Pas tout de suite en tout cas.
      Cela dit, il semble que localement la tension est assez forte, qu’elle est montée d’un cran. Un dérapage local est toujours possible.
      Sans doute une conséquence de la pénurie de kimchi cet automne.

    2. Oui, problème récurrent entre ces deux pays,

      Ce qui est nouveau en revanche c’est que les US semblent « passer la main » à la Chine : http://www.dedefensa.org/article-la_crise_coreenne_historique_washington_passe_la_main_26_11_2010.html

      Comme le dit Arkao, les USA et la Chine ont d’autres chats à fouetter en ce moment et plus de quoi (pour les US) acheter des fouets supplémentaires. Par contre, le message ne va pas passer inaperçu en Asie puisque désormais les pays qui comptent, de gré ou de « force », sur le parapluie américain (Corée du Sud, Taiwan, Japon) vont en tirer quelques conclusions anxiogènes.

      Mais ceci est une autre histoire.

  15. La fraternité est un concept qui brille dans le ciel de notre imaginaire. C’est cet imaginaire qui est à la source à la fois de nos maux et de nos progrès. Quand j’évoque la fraternité j’évoque un concept, non pas l’être qui en est l’objet. Ou que je regarde autour de moi je ne vois point d’ »amitié », mais des amis. Je ne vois rien qui ressemble à « la vie », mais je vois du vivant. De la même manière, la mort n’est guère qu’un autre concept. Modifier les concepts qui peuplent notre imaginaire nous donne l’illusion de faire quelque chose. C’est un peu vrai d’une certaine manière. Changer le regard que l’on porte sur les choses finit peut-être par les changer, mais cela demande du temps, un temps très long. Une telle passivité convient pourtant à la plupart. C’est agir qu’il faut. Agir est bien plus difficile, lourd, compliqué que modifier un imaginaire : le care c’est prosaïque, c’est quelque fois ingrat, c’est sans profit.
    Océanité est un candidat merveilleux à cette constellation. Océanité n’est pas un concept mais une réalité, un sentiment, une sensation. Je ne suis que la partie d’un tout et chacun est dans ces toutes quelles que soit sa nation et sa culture. Tout est relié à tout. Impossible d’y échapper. Notre civilisation ne cultive plus vraiment ce sentiment d’océanité pourtant si fécond : utilitariste, tellement fonctionnelle, poussant sans cesse à davantage d’isolement et de fragmentation, proposant toujours les mêmes illusions sans issues, les mêmes impasses tragiques. Le règne de la déesse Raison depuis 1789 a, paradoxalement, fait le lit de cet appauvrissement radical de l’imaginaire de notre civilisation.

    1. Les femmes qui ont un peu de mal à faire valoir leur place ne raffolent en général pas trop du terme fraternité qui renvoie quand même à frères. Dans le livre d’Emmanuel Todd « le rendez-vous des civilisations » il nous donne des indices sur ce que signifiait égalité. Cela vient de la structure égalitaire des familles. Egalitaire voulait dire que tous les enfants MALES étaient égaux vis à vis de la succession, les filles ne comptaient pas. Geneviève Fraisse analyse longuement le cheminement du statut des femmes depuis la révolution jusqu’à nos jours dans son excellent livre « Les deux gouvernements, la famille et la cité ». Elle pointe que la jeune république était bien celle des frères. Plus tard, les mouvements communistes ont aussi été très « virils ».

    2. @ Michel Martin. Les analyses de Todd sur les règles de succession et sur le statut des enfants par rapport au père sont assez éclairantes. Le fonctionnement familial typique qui domine dans la civilisation russe/slave, telle que présentée par Todd, conduit à ce que ces enfants adoptent une attitude particulière à l’égard des tiers: ils considèrent spontanément ces tiers comme des égaux, ni inférieurs, ni supérieurs (les quelques meurtres racistes commis récemment par des jeunes attardés à Moscou, ou Voronèje, sont plutôt les conséquences d’une misère morale née de l’effondrement généralisé de 1991 et non le reflet d’une tendance de fond). Le peuple russe a toujours cultivé ce sentiment de fraternité. Le basculement dans le capitalisme en 1991 change pourtant la donne, comme l’ont remarqué les Européens qui pratiquent et connaissent bien Moscou depuis 1991…Quand les officiels soviétiques évoquaient du temps de l’URSS les « peuples frères » il n’y avait pas seulement du cynisme et de la propagande dans cette expression. Il y avait bien un fond de vérité. L’idée communiste a donc pu assez bien se marier avec ce terreau fraternel pré-existant. La même étude appliquée à la famille allemande conduit Todd à d’autres conclusions: des rapports durs et autoritaires entre parents et enfants, des règles successorales inégalitaires. Au final, une attitude de mépris et de supériorité à l’égard des autres. Bien sûr, tout ceci est un peu schématique.

  16. Dollar Strengthens Most in Three Months on Debt Concern, Tensions in Korea

    The dollar gained the most since August against six major counterparts as concern that Europe’s debt problem will worsen and military action in Korea will escalate boosted demand for the U.S. currency as a refuge

    Marrant ça, les américains semblent avoir trouvé le moyen de sauver leur dollar.

    http://www.bloomberg.com/news/2010-11-27/dollar-climbs-most-since-august-amid-concern-on-europe-korea.html

  17. L’homme a un étrange pouvoir. Il est capable de créer ses royaumes, mentaux ou matériels. Il y est bien un temps. Puisqu’il ne s’agit jamais que de constructions artificielles, il arrive toujours un moment où le royaume devient étriqué, inconfortable, et se met à branler sur ses bases. Décidemment, il ne convient plus. Il faut le changer. Mais comment quitter l’ancien royaume si le nouveau n’est pas prêt ?

    http://www.youtube.com/watch?v=oLznkJHqGHs&feature=related
    Merci à Elena Frolova, artiste russe authentique au cœur vrai.

    1. Tout le monde n’est pas d’accord pour changer sans cesse. Levi-Strauss divisait les sociétés en deux groupes principaux, « celles qui se veulent immobiles et celles qui se rêvent toujours neuves… Les peuples premiers souhaitent que demain soit comme hier, que l’ordre établi soit infiniment durable. Les sociétés industrielles veulent un avenir toujours dissemblable du passé, et valorisent l’innovation, le changement, voire la rupture. » (Roger Paul Droit, Hors série Le monde sur Levi-Strauss, p.20).

    2. Le désir du toujours neuf n’a rien à voir avec l’industrie en elle-même !

      En revanche cela a à voir avec le capitalisme qui veut toujours plus et qui cherche donc toujours la nouveauté qui pourrait attirer les alouettes… même si, comme avec le piège du même nom, c’est au prix de notre mort (les moyens ne manquent pas par les temps qui courent).

    3. @JeanNimes : « Le désir du toujours neuf n’a rien à voir avec l’industrie en elle-même ! En revanche cela a à voir avec le capitalisme » : le rôle premier des industriels, par opposition aux artisans, a été de produire du neuf, par exemple de transporter les gens et les marchandises par chemin de fer plutôt que dans des carrioles brinquebalantes. Aucun industrie ne survit sans innover tous les jours au niveau des produits, des méthodes, de l’organisation, de la publicité, du financement, etc. etc.

    4. Le moteur du mode de production capitaliste n’est pas l’industrie, c’est l’industrialisation qui permet au capitalisme de satisfaire son désir de toujours plus : l’innovation est un moyen pour faire de la plus-value et donc du capital, sa finalité, son moteur, n’est pas l’amélioration de la vie des populations ( sinon on le saurait et il n’y aurait pas autant de catastrophes industrielles…) mais le profit partout, toujours plus, à n’importe quel prix.

      Mais pour vendre ses marchandises et récupérer sa plus-value, le capital est bien obligé de faire des marchandises qui s’achètent même si on n’en a pas besoin… ou même si elles nous tuent.

  18. Care, care? Quel est encore ce nouveau néologisme en usage au pays de mes ancêtres?
    Soins ou charité?
    La langue française serait-elle devenue impuissante à exprimer un sens bien précis?

    André Lorimier
    Québec

    1. @ André Lorimier

      « La langue française serait-elle devenue impuissante à exprimer un sens bien précis? »

      Ce n’est pas la langue, mais les intellectuels qui sont devenus impuissants en France…

    2. Le formidable livre de la linguiste Henriette Walter « Honni soit qui mal y pense,
      l’incroyable histoire d’amour entre le français et l’anglais » est très décontactant au sujet des relations entre notre langue et l’anglais. Bien entendu, nos amis quebécois sont au contact, ce qui suscite de leur part un salutaire surcroit de vigueur et d’invention bienvenus pour la vitalité de notre langue.

    3. @ Pablo75,

      Je pencherais pour le néologisme, Pablo, plutôt que la faute de frappe, Michel ayant pris, semble-t-il, de mauvaises habitudes, issues peut-être de mauvaises fréquentations. Nous avons droit ici à « décontactant », et Michel m’a fait plus loin le cadeau d’un « la crise économique écrante cette question ». N’en soyons pas impactés, …pardon, affectés 😉 , Pablo, je crois que nous sommes l’un et l’autre suffisamment immunisés. La manie lui passera avant qu’elle nous prenne.

      « La néologie est l’art de former des mots nouveaux pour des idées nouvelles ou des idées mal rendues par les mots existants. Le néologisme est la manie d’employer des mots sans besoin ou sans goût. La néologie a ses règles ; le néologisme n’a pour guide qu’un vain caprice. »
      Mercier (1801)

      —————

      @ André Lorimier,

      Je compte les deux défenseurs de notre langue ici :
      Un Québécois (vous-même) ;
      Un gars d’au-delà des Pyrénées, né dans la ville de Léon (Pablo75)
      …faut-il donc ne pas être français, pour savoir la valeur du français ?

    4. @ Jean-Luc

      C’est vrai que ça aurait pu être un néologisme. Contacter, décontacter, décontactant…

      À propos d’océanité: pourquoi les « penseurs » français écoutent si peu Valéry, l’écrivain qui a écrit le mieux le français au XXe siècle: « Entre deux mots, il faut choisir le moindre. »?

      « faut-il donc ne pas être français, pour savoir la valeur du français? »

      Si Schopenhauer, Nietzsche, Pessoa, Borges (entre beaucoup d’autres) ont été de grands stylistes dans leur langue, et toujours du côté de la clarté, de l’exactitude, c’est parce qu’ils connaissaient bien le français, la langue la plus « parfaite » qui existe.

      Tout écrivain étranger qui connaît le français essaie d’adapter la clarté, la précision, la perfection du français dans sa propre langue (ce que, soit dit en passant, est très difficile pour une langue aussi « bordélique » que l’espagnol). Peut être qu’il faut être étranger, penser et travailler avec les mots d’une autre langue, pour admirer éperdument le style de Pascal, de La Bruyère, de Retz, de Saint-Simon, de Voltaire, de Rousseau (dans les Confessions), de Stendhal, de Flaubert, de Bloy, de Bernanos, de Léon Daudet ou de Valéry.

      Et comment alors supporter le fatras, l’obscurité, les imprécisions, l’affectation, la pédanterie, le je pè.. plus haut que mon c.. systématique dans le choix des mots, de tous ces « penseurs » français qui croient naïvement que le snobisme de leur style peut cacher la médiocrité irrémédiable de leur pensée?

      Si c’est vrai ce que disait Victor Hugo: « C’est aux écrivains sans talent qu’on reconnaît la bonne ou mauvaise qualité d’une langue à un moment donné », le français des dernières décennies est le pire jamais écrit depuis qu’il existe de la littérature française.

    5. @André Lorimier
      Comme je le fais remarquer plus bas nous avons le plus grand mal à communiquer par l’intermédiaire de la novlangue imposée du « grand marché transatlantique » :
      Au Québec, la « gauche » se nomme les « conservateurs »……..
      Et les « conservateurs », des « préservatifs »
      Chris’ sti’ d’tabarnak, les peuples ne sont pas sortis du bois!!!!! 🙂
      Bonjour chez vous.

    6. @ Michel Martin,

      Je fais amende honorable pour vous avoir soupçonné de ce néologisme qui n’en était pas un. Mais en relisant votre phrase avec le mot « décontractant » je ne lui trouve pas meilleure allure. Pas grave.
      😉

      —————

      @ Pablo75,

      J’ai appris hier à la radio de la bouche de Vladimir Fédorovski que, lors des entretiens entre le tsar Alexandre 1er de Russie et Napoléon, ce dernier devait être accompagné d’un traducteur. Non pas pour traduire du russe en français, mais de français en français (?!). En effet, le tsar Alexandre parlait un français si riche et parfait (et avec un accent français pur), que Napoléon, plus instruit de mathématiques que d’humanités, ne pouvait pas comprendre toutes les subtilités de son langage !

  19. @ Michel Martin

    Salut et fraternité ; « gratuité » n’est pour moi « une devise » qu’avec les femmes, là, « 0céaniques » me convient ; pas en politique. J’explique maintenant le comment de cette apposition.

    §

    Etayer la triade républicaine par la « gratuité » résultait de plusieurs démarches. D’une part, il convenait d’inscrire une constitution pour l’économie dans « l’Histoire »; d’autre part (en plus de faire appel du pied à la maussade sociologie maussienne ) de proposer une prise directe aux débats sur les « communs », le « revenu inconditionnel », ou encore sur la problématique du « matricage » – : la question politico- économique de base étant  » que faire des gains de productivité ? ».

    Plus politiquement encore, et puisque c’était le projet de Paul, de coupler la démarche d’une ajoute constitutionnelle « pour l’économie » à son denier travail publié : « Le Prix » . La proposition de retour à la conception aristotélicienne du prix comme rapport de force permet à la « gratuité » de sortir des limbes les notions « océaniques » (désolé) telles que « liberté » « égalité » et « fraternité » – . Paul dira si je me trompe, mais « le prix « permet, il me semble, de quitter la notion de gratuité et d’avancer vers son concept, partant, de l’opérationnaliser comme renoncement au rapport de force. De plus , la réinscription du prix comme rapport de classe permettait de donner corps aux rêveries prémonitoires d’Attali ce qui permettait de garder sous le coude, et comme texte martyr, le programme politique de J.A. énoncé en 2004 (1) ( avec le succès qu’on sait à gauche, ce qui explique sans doute son intérêt malencontreux à réfléchir – « à »droitement sur la croissance – ( remarque si les ventes du bouquin redémarre, J . Attali , avec l’accord de son éditeur, fera donc don des bénéfices marginaux à la Fondation Jorion, c’est évident). La « valeur » de la gratuité émerge ainsi comme l’affirmation d’une utopie structurante. « Avancer vers la gratuité » reviendrait à instaurer des rapports sociaux qui,progressivement, la produirait ; ce serait œuvrer, par étape et sur le long terme, afin de dépasser les rapports sociaux de domination, ce à quoi le communisme, mais aussi nous tous, échouons encore douloureusement ! La gratuité est donc l’inverse de la promesse de l’avenir radieux, mais « l’éveil » – allez je concède ce vocabulaire – à ce qui nous tire vers le bas. REMARQUE : je ne partage pas pour autant l’usage de la « potentia multitudinis » par Lordon dans son « Capitalisme, désir et servitude -Marx et Spinosa- (2) … à suivre.

    1) La Voie Humaine, J. Attali , chap.6, « dix chantiers pour une social-démocratie », pp.155-200.-
    2) Editions La Fabrique, 2010.

    1. Tenter de réconcilier le ciel et la terre n’est pas aisé, c’est tenter de réconcilier Léon Bourgeois avec l’abbé Pierre. La tentative de Dumézil me semble toujours opérationnelle, autant qu’une représentation puisse l’être.

  20. C’est un très beau texte,

    Ecrit même dans l’intention de relever un peu plus l’espoir chez les jeunes gens et les plus agé(e)s,

    Mais voilà c’est l’histoire d’un monde qui avait cru et toujours pensé, qu’ils pourraient réarrangés la chose, et cela quelque soit les nombreuses erreurs accumulés en plus,
    à vrai dire pas une seule fois le système a été réellement inquiété par nos commentaires, nos écrits, nos douleurs, nos témoignages de plus ou moins révolutionnaires dans l’intellect ou pas, prophétiques, croyants ou pas, et cela depuis bien longtemps depuis sa mise en place progressive dans l’histoire, en réalité quiconque se livre davantage au même vocabulaire de ce monde, au capitalisme, au libéralisme, au socialisme, au communisme, rend par conséquent davantage l’esprit de l’homme esclave de tout cela à la fois, en vérité les êtres de nos jours ne sont pas du tout libres, du nord au sud à l’ouest comme à l’est, mais bien possédés par tout un ensemble et océan de contraintes. Tout un océan d’idées reçues sur les choses, la vie, l’histoire, l’homme, le réel, l’enseignement, etc … Sur le changement aussi qui ne change en fait guère peu les comportements et le déroulement des choses, et cela malgré la meilleure volonté des êtres de notre temps, petits et grands à la fois, c’est peut-être aussi un peu en ça en quoi que le message de Fatima était tant génant à adressé aux hommes de notre temps.

    Pardonnez moi j’ai des scrupules, je ne devrais même pas vous répondre de la sorte, tant vous vous êtes bien donné de la peine de nous faire partager cela, en vérité leur parole passera mais pas la votre, sur l’idée qu’ils puissent être de nouveau possible de réaccrocher les étoiles pour un plus grand sapin de noel, pour le ciel, l’océan, la terre, les créatures, mais quand tout à chacun tombe d’accord avec tout ceci et cela à la fois, l’esprit de l’homme finit par suivre alors comme un mouton l’esprit de la multitude à qui ils ont su bien bien lavés et conditionnés le cerveau, alors forcément le monde, l’humanité chute plus grandement dans l’erreur d’une folle civilisation, bien illusoire, artificielle, très médiatisée, encensée, glorifiée, divinisée, le meilleur des mondes quoi, mais l’esprit de l’homme lui il meurt et s’atrophie de plus en plus sous une plus grande couche de graisse, et c’est alors que survint la grande catastrophe tant annoncée mais pas seulement financière, bancaire, bref une plus grande chute d’étoiles partout. Étant donné que la plupart des êtres préfèrent vivre plus longtemps dans une complète inversion des valeurs, et ou chacun collaborent, mettent les bouchées doubles et inventent de nouvelles manières de soumettre et de contaminer leurs semblables, mais qui donc pourra encore y
    échapper. Quand l’esprit est parasité par tout ceci et cela, faut pas se leurrer je crois, Tôt ou tard, le système feindra de vous récupérer, à travers ses gens les plus habiles, imprimeront des affiches et des tee-shirts à leur effigie, ou alors pour le nouveau politicien ou révolutionnaire à la mode et ses exploits viendront encore alimenter les fantasmes de changement de cette société de consommation toujours en quête de nouvelles distractions pour s’abétir et s’illusionner davantage jusqu’à la fin.

    Aussitôt après ces premiers jours de détresse et de grande illusion médiatique, je crains
    que la nature se révolte davantage contre le monde actuel et le soleil s’obscurcira, la lune
    ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées, comme lorsqu’un figuier secoué par un vent très violent et en colère jette ses figues vertes.

    Et alors à ce moment qu’est-ce que nous rechercheront à nous dire les uns envers les autres,
    là c’est sur on fera beaucoup moins les fiers, les malins et les orgueilleux sur terre ….

    1. C’est bien parce , fervent lecteur de La Rochefoucault , je vois souvent plus d’amour propre dans les amours affichés souvent de bonne foi , que d’amour vrai qui est comme une grâce rare , que j’en reste prudemment à fraternité .

      Qui est déjà bien lourde à concevoir et honorer .

  21. Je découvre ce billet et les bras m’en tombent.
    J’ai souvent lu vos commentaires ici, Michel, je les ai trouvé clairs, et il m’est arrivé d’être d’accord avec vous. Ici ce n’est plus le cas. Est-ce de trop fréquenter les discours et les textes d’Alain Badiou, qui vous amène à écrire comme lui ?
    Ceux qui ont pris la peine de lire un livre ou deux de Badiou ou quelques uns de ses cours sur Internet (c’est mon cas) on pu découvrir qu’ils ne sont souvent qu’une suite d’approximations philosophico-membraneuses, et de tours de passe-passe en forme de coqs-à-l’âne, conclus par énormément de poudre aux yeux. Vous réussissez à faire de même dans ce texte :

    – « Tout d’abord, devrions-nous dire devise, ne devrions-nous pas plutôt dire constellation ou firmament, idéel ou forme. »
    Premier tour de passe-passe à la Badiou, premier coq-à-l’âne. Lancer quatre mots en remplacement de celui qu’il va s’agir d’étudier. En une phrase, on passe de « devise » à tout autre chose, quelque chose appelée « constellation-ou-firmament-ou-idéel-ou-forme ». On aurait pu choisir forêt ou éboulis ou soupe au poireau ou fond. L’absence du point d’interrogation (nécessaire) en fin de phrase, est aussi une façon assez filoute de faire mine de poser une question …tout en posant une affirmation.

    – « C’est que dans une devise, il y a déjà un programme et qu’au contraire, nos trois mots fétiches sont des étoiles situées dans le ciel ».
    Dans les trois mots de notre devise nationale il y a un programme (c’est très juste), et nous avons décidé « au contraire » (!) qu’ils sont autre chose qu’un programme, qu’ils sont des étoiles « situées » dans le ciel. Logique implacable. On aurait pu aussi, « au contraire », décider qu’ils sont des arbres « situés » dans la terre, ou autre chose.

    – « Saint Bernard nous a enseigné que l’enfer et pavé de bonnes intentions, je pourrais ajouter que le ciel est garni d’étoiles ».
    Et on pourrait ajouter aussi que la terre est garni de cailloux et que la mer est garnie de poissons, mais comme il s’agit de continuer à filer la métaphore céleste, parlons du ciel …et de l’enfer (à noter : le mot enfer arrive ici de nulle part, seulement justifié par la référence subséquente au ciel. Pourquoi l’enfer ? Parce que le ciel et les étoiles. Nouvelle logique implacable, nouveau tour de passe-passe).

    – « J’aurais tout aussi bien pu proposer « Liberté, égalité, communisme » plutôt qu’océanité. Car le communisme est une étoile qui s’est couverte de sang et de larmes. »
    Je lis : « J’aurais pu choisir « communisme » plutôt que « océanité » PARCE QUE le communisme est couvert de sang et de larmes. » Il s’agit donc de trouver, en remplacement du « fraternité » de notre devise, un mot couvert de sang ?! On pense alors à d’autres mots possibles. Il doit y avoir une erreur de frappe, ou une logique implacable qui m’échappe ( à noter : le communisme est transformé lui aussi en étoile sans qu’on y ait fait attention)

    etc. etc.

    J’arrête là car j’ai peur de paraître irrespectueux de vous-même, Michel, alors que j’en veux seulement à votre texte.
    En résumé, Michel, je suis d’accord avec Pablo, vigneron, Piotr et Crapaud Rouge : surtout cuisiné à la sauce océane, le care nous mène en bateau (peut-être veut-il nous donner le mal de mère ?). Le care est arrivé dans le discours politique du PS et d’Europe-Ecologie précisément pour noyer le poisson. En quelque sorte pour « parler d’autre chose » que du modèle économique ou industriel qui nous crève. Pour que notre société de consommation se continue dans une société de consolation.

    Quant à l’idée répandue que le mot care aurait une valeur moins restrictive que d’autres mots, c’est l’inverse. Le mot care est un mot fourre-tout, comme beaucoup de mots anglo-américain, destiné à restreindre le sens des notions qu’il désigne (née du multiculturalisme anglo-américain, cette fonction est très utile pour que des hommes de toutes origines se comprennent rapidement). Comme les mots fun, cool, hype, le mot care prive la parole quotidienne (puis enfin la pensée) des autres mots. Le mot care est en cela éminemment moderne.

    Je préfère que nous nous conservions notre fraternité.

    1. surtout cuisiné à la sauce océane, le care nous mène en bateau (peut-être veut-il nous donner le mal de mère ?). Le care est arrivé dans le discours politique du PS et d’Europe-Ecologie précisément pour noyer le poisson. En quelque sorte pour « parler d’autre chose » que du modèle économique ou industriel qui nous crève. Pour que notre société de consommation se continue dans une société de consolation.

      oui, oui et encore oui ! …
      Prendre Soin de l’autre ne se décrète pas ! M—-E alors !
      On veut changer, sans rien changer, surtout ….
      C’est bidon, tout ça !
      Désenfumage : » comme nous « zélites », avons décidé, in vitro, un système qui nous arrange bien : les gueux allant devenir encore plus gueux, pour les calmer, nous allons leur donner du CARE ! ( encore un truc « choubidou ») …Comme les « gaulois » sont globalement des mécréants
      alors que chez nous « In Gold we trust », va falloir trouver autre chose que la Religion, pour faire passer la pilule de zero Bien Commun- tout pour quelques uns, leur promettre une vie de misère, et le paradis post-mortem, ça va pas le faire ! « Voyons, voyons ,eh, t’as fait du marketing, toi, trouve-nous donc un truc, dans le genre raffarinade ! Boff, ya ka copier sur les zaméricains : Care, ça l’fait bien ! n’y verrons que du feu !  »
      Différence majeure entre action politique volontariste, en vue d’une amélioration pour le plus grand nombre,et sensiblerie, émotionnel à bon compte….

    2. Jean-Luc, outre la question de la vieillesse et du handicap, il y a une raison très importante pour laquelle il me semble urgent de réconcilier les courants aujourd’hui divergents qui soutiennent la solidarité. Ces courants principaux sont issus de la charité chrétienne et du courant solidariste de Léon Bourgeois qui est laïque. La foire d’empoigne entre ces forces n’est plus de mise. J’ai entendu Evelyne Sullerot il y a quelques jours sur FC déclarer qu’elle avait connu trois périodes de souffrances dans sa vie, l’horrible condition des femmes du début du 20ème, les hommes malmenés pendant la dernière guerre, et aujourd’hui dit-elle, ce sont les enfants qui souffrent.. Quand une grande dame comme elle qui est à l’origine du planning familial dit cela, qu’elle juxtapose ces trois souffrances, j’ai tendance à tendre l’oreille. Savez-vous de quoi parlent nos enfants et ce qui les préoccupent? Savez-vous pourquoi on observe une augmentation du nombre de fumeurs jeunes et en particulier des filles? Je vous invite à creuser de ce côté et aussi à intégrer dans vos observations que la prohibition a été un allié objectif d’Al Capone. Je vous invite aussi à vous pencher sur l’action de François Nicolas dans la reconquête de sa rue sur les dealers, ainsi que sa prise de parole sur la prévention. Je vous invite aussi à vous pencher sur ce qui se passe en ce moment au sujet des crèches et du manque de bras et de temps que nous sommes collectivement capables de mobiliser. Tout est sur le net, tous les mots clés sont là. La crise économique écrante cette question de notre jeunesse, mais je suis convaincu que cette question du nihilisme montant nous prépare des jours sombres si nous méprisons le care.

    3. @ Michel Martin,

      Merci de votre réponse. Vous resserrez le sujet sur l’essentiel.

      Je ne veux pas passer pour portion congrue le travail social qui est fait par les uns ou les autres. Le travail de François Nicolas, que je connais, doit imposer le respect car ce type est formidable (d’ailleurs, lorsque je lis que le présentateur de télévision Gérard Holz vient, ce mois-ci, de recevoir la Médaille du Mérite des mains de notre président, je pense aux milliers de gens qui, comme monsieur François Nicolas, la mériteraient avant lui. On s’étonnera que les valeurs de notre République ne soient plus respectées par la population, alors qu’elles ne sont plus respectées par nos dirigeants).
      Suite à vos remarques, je dirais qu’un projet politique basé sur le soin et la prise en charge des souffrances sociales à posteriori n’est pas une mauvaise chose, mais qu’il ne doit pas nous détourner de la nécessité de traiter le mal à la racine. A propos du « care », que penserait-on d’une médecine qui poserait en objectif de soigner la souffrance en se détournant de l’origine du mal ? C’est pourtant ce qui nous est proposé avec ce « care », je le crains. Nous chercherons à ce que le mal ne fasse plus souffrir, et il est même possible que nous y parvenions, à grand coup de pommade sociale (les minima-sociaux finiront par devenir un salaire, comme le craignent beaucoup d’allocataires). Cela risque de nous détourner du projet de vaincre le problème à sa racine. Un problème qui est à chercher du côté de l’économie et de l’industrie. Avant même d’avoir des effets, le mal social à des causes.

      Au sujet de la jeunesse et de l’enfance, il y a une chose importante à prendre en compte, Michel. Nos sociétés avancées sont devenues des nurserys. L’enfant (le jeune), en plus d’être la principale victime de notre système fou, est mis partout, au centre de tout, et il est sommé de nous guider, c’est son nouveau travail. Après avoir fait de l’enfant un prescripteur économique (la pub à compris il y a longtemps que l’acte d’achat des parents se fera mieux par prescription des enfants), nous lui mettons aujourd’hui sur ces petites épaules la responsabilité d’être l’acteur social par excellence. Comment voulez-vous qu’il ne se précipite pas dans les paradis artificiels pour échapper à ces responsabilités trop grandes pour lui ?
      Je parle de nursery. Avez-vous constaté comme moi, Michel, que beaucoup de néo-parents vivent dans des maisons transformées en salle de classe de maternelle ? Des dessins sur tous les murs, du mobilier adapté aux enfants et où les adultes s’obligent à des contorsions pour s’y adapter. Dans ces maisons, les adultes lisent les livres de leurs enfants, voient les films pour enfants. Je constate également que dans ces maisons, la parole est confisquée par les enfants. Dans ces maisons, les adultes s’obligent à interrompre leurs conversations d’adultes pour écouter les enfants, quoi que ceux-ci aient à dire. Et d’ailleurs, dans ces maisons, souvent, les conversations des adultes ont pour sujet …les enfants.

      La société des adultes, en s’infantilisant, prive les enfants d’avenir. Le projet de l’enfance est de sortir de l’enfance, et c’est ça qui nous pousse à grandir. Comme disait Brel (dans la vidéo que nous a proposé DUP hier ), devenir adulte pour enfin réaliser les rêves de l’enfance, les rêves de nos treize ans.

      Continuons donc a nous comporter en adultes. Réglons les problèmes d’adultes de notre société d’adulte. C’est ce que les enfants nous demandent, et ils nous en seront reconnaissants. Ne nous occupons pas tant de leur monde à eux, car le plus beau cadeau à leur faire, c’est de leur promettre un monde d’adulte. Faisons comme nos parents ont fait avec nous. Promettons-leur un avenir, un « quand tu seras grand ». N’enfermons pas les enfants dans l’enfance. N’enfermons pas notre société dans le cocon du « care ».

    4. Jean-Luc, je suis pratiquement en accord avec tout ce que vous dites, sauf à mettre sur le dos de l’économie et de l’industrie tout le désengagement des adultes à s’occuper des enfants et des jeunes. La famille a beaucoup évolué, elle a rétréci, les femmes sont massivement au travail, l’autorité paternelle a été remplcé par l’autorité parentale. Mon idée n’est pas de revenir en arrière, mais d’en prendre acte. Je vois 5 solutions possibles:
      A) Régression, report du care sur la famille, remise en place de l’autorité paternelle, certains en rêvent, pas moi.
      B)Accroissement de l’Etat-Providence, je crois que la buraucratisation n’est pas loin.
      C)Démanteler l’Etat Providence et regarder ce qui se passe. Il va falloir agrandir les prisons et le communautarisme dont on a essayé de s’extraire en 1789 va revenir à grands pas, avec la différence qu’on ne sait plus faire. Bof.
      D)Laisser la logique productive (marchande disent certains) occuper le terrain. C’est le CESU. Je recommande vivement la lecture du livre de Denis Clerc sur « La France des travailleurs pauvres » sorti en 2008. Le constat est accablant, les vulnérables s’occupent d’encore plus vulnérables qu’eux.
      E)Tenter de consolider l’Etat-Providence (ou social si certains préfèrent) en développant un moteur de redistribution d’activité, plutôt que de s’en remettre à la philosophie du temps choisi de Gorz qui a abouti aux 35 heures mais n’a rien donné sur le plan de l’Autogestion sociale.
      C’est tout l’objet de mon blog dont Paul Jorion avait bien voulu publier l’article central sur le contrat de travail mixte productif/social.
      http://solidariteliberale.hautetfort.com/archive/2005/04/29/le-contrat-de-travail-mixte-co.html

    5. Exactement, le CARE c’est l’équivalent social des soins palliatifs : on fait ça quand on ne veut/peut plus rien faire que d’attendre « paisiblement », en cohésion sociale s’il vous plaît, la mort.

      Le capital veut notre mort pour se développer et s’il nous tue, il est mort : c’est sa contradiction mortifère. Il n’a aucune limite interne pour s’arrêter dans cette marche mortelle : ce ne peut être que notre (à nous les prolétaires) révolte qui peut l’arrêter. Le plus tôt c’est le mieux : rien ne changera sans cela, combien de pays en régression sociale faudra-t-il voir pour que tous nous comprenions qu’il n’y a pas d’autre issue que le changement radical de mode de production ?

  22. Dans la grille de trifonctionnalité de Dumézil, la fraternité est dans le pôle de l’ordre, du pourquoi, alors que le solidarisme est dans le pôle de la fécondité, des nourritures et des biens, du comment.
    Je me demande seulement si l’expérience du sentiment océanique est assez partagée par tous les peuples, les naturalistes que nous sommes, les totémistes, les analogistes et les animistes. Si un anthropologue pouvait me le dire, je lui en serais reconnaissant.

    Allez demander aux enfants uniques s’ils ressentent exactement ce que recouvre le terme de « fraternité » . Quand on n’a jamais su ce que c’était que de partager les mêmes parents, la même famille avec quelqu’un d’autre, d’ être à égalité avec un pair face au monde des adultes, de partager les responsabilités et la peine face à la maladie et à la mort des parents au lieu de vivre tout cela entièremrnt seul…
    A mon avis, l’océanité est une notion plus facilement partagée ou imaginée que celle de fraternité totalement étrangère aux enfants uniques qui ne connaissent rien de plus proche que l’amitié. Alors Liberté, Egalité, Amitié ( ou Solidarité) ?

    Mais ce terme d’océanité est si poétique,même si toute la France n’est pas océane, loin s’en faut , encore pire pour l’Europe…

    Pas facile de trouver une devise à la fois salvatrice et poétique, qui nous parle à tous .

  23. Bonjour à tous
    Le « care », bien expliqué dans son anglo-saxonnerie version US, par Paul Tréhin, trouve sa racine dans le protestantisme: à la question « Suis-je le gardien de mon frère? » l’américain protestant répond Oui! Cela mène à une société bien plus policée que la nôtre, où chacun surveille chacun: gare à celui qui sort de la norme: les voisins se chargent de le rappeler gentiment mais fermement , mais avec le sourire, à l’ordre, et ce bien sur, avec les meilleures intentions du monde!
    Paul le rappelait ici, ou François, le rapport du peuple américain à l’Etat est inverse du nôtre: ici l’Etat est supposé réguler les dysfonctionnements de la société alors qu’aux US, c’est la société qui corrige le pouvoir, excessif et inégalitaire par définition!
    Le « care » transposé ici serait immanquablement, du fait de notre histoire plus catho et absolutiste, défini par le pouvoir et nous vaudrait donc une dictature sournoise forgée et fonctionnant par la transformation de chacun en « maton humanitaire »!
    Nous avons bien mieux comme programe: Liberté- Egalité- Fraternité – comme l’ont fait remarquer nombre d’intervenants pensant juste et clair!

    Le « care » ? Mais nous l’avons déjà ! Il est tissé des 80 000 lois, décrets et règlements qui minutieusement encadrent chaque jour chacun de nos gestes et qui par leurs contradictions et leurs bonnes intentions premières paralysent , infantilisent, déresponsabilisent et démobilisent les citoyens au plus grand bénéfice des exploiteurs – entrepreneurs politiques et entrepreneurs marchands comme les nomme JC Werrebroucke-

    M. Martin, vous rappeliez que l’enfer est pavé de bonnes intentions? Je crois bien que ce « care », repris de M. Aubry , est sans doute la plus perverse de ces bonnes intentions!
    Une fois de plus il s’agit de gouverner par la culpabilisation, le chantage aux bonnes attitudes: c’est manipulatoire , pervers.
    Les bons mages de dessins animés , pardon – cartoons !, sont représentés avec un manteau bleu outremer parsemé de jolies étoiles et de vieilles lunes de papier doré : mystère océanique! clarté stellaire! Tout le monde il est beau tout le monde il « care »! C’est pour aguicher Ouin- Ouin avant que de l’asservir!

    Liberté, Egalité, Fraternité. Quoi d’autre?

    Par ailleurs, lorsqu’on touche aux rives de ce qu’on peut, par très faible et réductrice analogie, nommer « océanité » au sens où vous l’employez, on atteint à l’indicible, au secret. Il n’y a donc plus de mots. S’il est besoin relire maître Eckardt à ce sujet.
    « La voie qui peut être nommée n’est pas la Voie , le nom qui peut être dit n’est pas le Nom »
    Lao Tseu

    Cordialement.

  24. Michel Martin,

    Je me demande seulement si l’expérience du sentiment océanique est assez partagée par tous les peuples

    Oui : dans le liquide amniotique et à la sortie.

    C’est ensuite que ça se gâte.

  25. L’eau et le feu sont les deux symboles les plus importants pour l’humanité.
    Le feu c’est la jeunesse, la révolte, la révolution, l’élan du coeur et de l’esprit.
    L’eau est le symbole du temps, l’océan du temps cyclique et le fleuve du temps qui passe.
    Le communisme est un idéal de vérité, de justice et de morale.
    Ceux qui confondent ce sens avec celui des dictatures qui ont été faites au nom du communisme (ou du socialisme) sont dans le camp de l’idéologie libérale qui refuse l’idée de collectivisation des ressources.

    1. Le feu c’est la jeunesse, la révolte, la révolution, l’élan du coeur et de l’esprit.

      Merci Inspecteur, on se croirait en 1830 !

    2. Je crois que sans peine on peut dire mieux que « collectiviser les ressources » !

      Ce qui est en jeu est de mettre en commun les ressources pour en tirer le meilleur parti dans la mesure où elles sont limitées. Et qu’il n’est pas juste que certains (pays ou individus) en profitent, plus que d’autres, pour avoir eu la « chance » d’y naître dessus ou dedans !

      Le gaspillage du pétrole à travers le monde est donc tout à la fois une honte -morale- et une catastrophe -économique- car il est la seule source efficace pour obtenir des molécules « plastiques » : quand il sera entièrement transformé en CO2, nous crèverons de chaud et nous ne pourrons plus avoir un seul objet en plastique… (Petite expérience de pensée : enlever de son environnement quotidien et professionnel tous les objets dérivés du pétrole, inutile de faire un dessin.)

      La gestion démocratique des ressources est une nécessité historique pour que l’humanité se sorte de la trajectoire mortelle dans laquelle le capitalisme l’entraîne.

  26. Dieu, le Roi, ses chevaliers, leurs paysans et les prêtres prendrons donc soin de l’harmonie universelle … avec les violons du care, avides comme des banquiers, les Rois du social ne couvrent que le froissement de leurs billets neufs .

    &

    La faillite imminente de la société libérale et notre impuissance à présenter un nouvel ensemble de réponses aux problèmes de l’organisation sociale ne signent-ils pas, en place de l’émergence du tout à fait neuf, l’appétit de retour au plus ancien ?

    Tactiquement, en préparation de nouvelles réponses, nous pouvons analyser les progrès souterrains des tendances régressives déjà en cours et dans ce qui nous sera proposé. Le changement attendu en « D » est non pas« une authentique métamorphose et se retrouve à l’arrivée très différent de son point de départ » , mais le retour au modèle qui précédait le modèle « A » dont l’échec est devenu patent.

    1. Je pense que soit les ressources (la terre, l’eau, les minerais, la technique, les moyens de production, etc.) sont collectivisées, c’est-à-dire à la disposition intelligente de la collectivité, soit elles sont privatisées c’est-à-dire qu’elles apporternt de argent et pouvoir à ceux qui s’en sont emparées par la force.
      Si vous voyez une autre direction je vous serai gré de l’indiquer.
      Bien à vous.

    2. Marlowe : pourquoi mettre l’air, l’eau, …. et la technique, les moyens de production dans le même sac ? Ne peut on pas trier un peu ?

    3. @Marlowe :

      C’est pourtant bien ce qu’il faut inventer en se replongeant dans le concept de propriété .

      Pour échapper tant au capitalisme qu’à une appropriation collective généralisée qui n’a pas encore trouvé de « logiciel  » ( je ne sais pas écrire autre chose en ce moment que ce terme un peu trop connoté ) pour échapper à la reconstitution des chapelles et au conservatisme .

    4. Nous avons des comportements ignobles. Nous sommes invités à la même table et nous lorgnions encore dans l’assiette vide du voisin. Ceux qui viendront après nous : FAUT Y PENSER.

  27. @Michel Martin : « Si l’étoile de la fraternité ne couvre que la moitié des humains, elle ne couvre en rien l’écosystème. Alors je me suis interrogé sur le mot qui correspondrait à une expérience et qui nous évoquerait l’attention, une sensibilité universelle. » : et vous avez donc pêchez océanité, avec le sentiment, j’imagine, de sortir de l’ornière machiste. Mais pourquoi avoir choisi un mot si neutre, si vague et vaste qu’il englobe tout et tous sans discernement, c’est-à-dire rien ni personne ? Pensez-vous que l’on trace des chemins à survoler la réalité comme si l’on était des anges ?

    Avec fraternité, la devise dit qui nous sommes : des frères. Insuffisant, certes, car les femmes et la nature en sont exclues. Mais avec océanité, qui évoque irrésistiblement le bouddhisme tibétain puisque dalaï signifie « mer, océan », on se retrouve encore dans un truc de mecs. Si le but est de redonner aux femmes et à mère nature toute la place qu’elles méritent, il faut choisir… maternité! « Liberté, égalité, maternité » : le rythme est bon mais ça fait un peu ridicule parce qu’on est dans une société de mâles, faite par des mâles et pour les mâles.

    maternité ne dit pas exactement qui nous sommes mais d’où nous venons, et cela dit bien mieux qui nous sommes. Le mot aurait au moins l’honnêteté d’annoncer clairement la couleur : il s’agit de remplacer un paradigme mâle et paranoïaque, (si tu n’es pas mon frère tu es mon ennemi), par un paradigme femelle : confiance dans l’autre pour se laisser féconder, et prendre soin de ses rejetons, c’est-à-dire de ce que l’on a créé. Autrement plus révolutionnaire que le vide cosmique (et dans le fond nihiliste) d’océanité !

    1. Il est vrai qu’océanité ne me dit rien.
      Mais il y a un mot que je ne lis nulle part dans les commentaires, celui d’humanité dont le Larousse nous dit que c’est un sentiment de bienveillance.

    2. Peut-être ne faut il pas ‘choisir’ mais réconcilier, transcender,
      ce que l’on nous a toujours dit être ‘opposé’….

    3. Mais pourquoi avoir choisi un mot si neutre, si vague et vaste qu’il englobe tout et tous sans discernement, c’est-à-dire rien ni personne ?

      Peut-être dans l’intention première de ne pas vouloir enfermer et limiter de nouveau l’esprit
      des êtres dans quelque chose de trop figé dans la terre, la pierre, le marbre, la lettre, quelque chose en fait qui serait bien plus proche du mouvement des vagues dans l’océan ou alors du
      bon souffle du vent dans les arbres, apprenons aussi à mieux dégager le bon coté du texte de l’auteur sur la crise.

      Pensez-vous que l’on trace des chemins à survoler la réalité comme si l’on était des anges ?

      Tout ce qui nous incite à la réflexion, au partage, à l’échange, à l’espoir, au dépassement, au voyage, à se remettre en route, en chemin vers autre chose, un autre monde à venir, n’est pas forcément anti-recevable, angélique, anti-concret, peu prudent pour mon prochain qui en souffre déjà tant de voir autant de gravité de plus à l’image de ce monde en déroute.

      Pourquoi vouloir souvent tracer à l’avance des autoroutes bien plus larges et longues comme si les êtres de plus en plus affectés sur terre n’étaient plus capables de s’élever du sol, de rechercher d’autres petits sentiers moins battus,

      Pourquoi par exemple nos premiers secouristes sur terre, ne veulent plus du tout que l’on redevienne de petits poissons et auquels ils seraient de plus en plus difficiles de se saisir
      et de manipuler encore une fois dans de plus grands filets d’attrape-nigauds,

      Comment la crise qui me touche et m’influence de plus en plus dans les idées noires surtout au regard de tant de choses, pourrait mieux m’amener à voir le réel, ce premier ciel si souvent perdu par l’esprit de la multitude en souffrance, comment vieux voir et appréhender le réel de nos jours, lorsque nous élites nous recherchent souvent à nous illusionner et influencer jusqu’au bout, pas facile parfois d’arriver à surmonter cela dans la vue d’un ciel plus dégagé.

      Que demande le bon peuple avant tout en matière de météo sur terre, sur les océans ?

      De l’argent, des jeux, de la joie, du divertissement, de la sécurité, de l’illusion, des fers, du commerce et puis c’est vrai un peu de liberté, d’égalité et de fraternité de façade quoi d’autre ?

      Ne désespère pas autant comme moi l’ami(e), tu dois également savoir dans le même temps que la plupart des premiers dévoyés de ce monde, sont également à la fois de très bon avocats d’hommes d’affaires dans leur vie, faut voir parfois leur bon petit carnet d’adresse.

      Tu vois il n’y a vraiment aucune raison de t’en troubler, de t’en inquiéter, comme pour le devenir du nouvel ordre mondial qu’ils nous préparent en coulisses pour mieux paraît-il faire le bien de l’univers, tu sais c’est un peu pour la bonne économie du monde qu’ils veulent défendre avant tout avec intérêt une plus grande élite de crapules bien peu scrupuleuses,

      Alors elle est pas belle la sécurité du monde avec un peu plus d’élites bien formatés au dessus des êtres, des peuples, de la justice, ni Dieu, ni Maître, ni Roi, ni Même un meilleur crapaud rouge au dessus nous, ni rien, pas même un meilleur principe de prudence possible dessus de nous, se redisent-ils à chaque fois, pour s’en convaincre pour perdurer ainsi jusqu’à la fin du temps des nations, car c’est bien nous maintenant les seuls rois du monde
      à l’antenne qui pourrait encore nous défaire, nous rabaisser, nous stopper dans notre folle course au succès, ne sommes-nous pas avant tout des Dieux, les premiers Anges terrestres de ce monde, capables à la fois de mieux faire la pluie et le bon temps, comme sur n’importe quel pays du monde qui pourrait encore nous déplaire et nous ressembler, telle est surtout notre propre conception du bien et de la liberté, un plus grand météor s’écraserait sur terre il n’en ferait pas plus de scandales, de dégâts moraux et de malheur en plus dans le cœur d’un plus grand nombre, ça au moins c’est faire plus de concret aux autres …

    4. bonjour crapaud!

      sous la plume d’un matérialiste, care n’a pas vraiment de sens.
      care « vient du latin caritas signifiant amour de l’autre » selon wikipédia….

      à ce sujet, çà fait culte mariale « océanité » … »maternité » du coup je n’y vois pas de contradiction.
      comme le rappelle régulièrement mr jorion, une ontologie mène à un nihilisme

      « fraternité », finalement, je trouve cela mieux

      cdt

  28. Point de détail mais qui me touche, la remarque de Paul dans sa vidéo du 26 concerne les libertariens américains et pas les libertaires ce qui n’a rien à voir : la notion de libertaires en France n’a rien à voir avec les libertariens.

  29. A M. Martin.
    Vous forgez,un néologisme à partir d’une expérience psychique dite « sentiment océanique »,sans véritable description de ladite expérience.Il y a dans votre démarche une manière de confiscation impudique,d’un moment de dissolution du moi dont on fait paradoxalement une description a posteriori, quant on a, en quelque sorte retrouvé ses esprits.Je ne suis pas certain que ce bref évanouissement débouche sur une quelconque inclination oblative.

    1. J’ai découvert le mot de sentiment océanique sous la plume de Romain Rolland qui l’a inventé, et qui est cité en préface et introduction du livre de Freud « Malaise dans la culture ». La description qui en est faite m’a parlé. C’était tout à fait ce que j’avais pu ressentir de nombreuses fois, en particulier au bord d’un étang où j’avais l’habitude de passer des journées entières à la pêche quand j’étais gamin.
      Il y a peu, j’ai découvert les travaux de Philippe Descola qui est un successeur de Levi-Strauss. Il classe les différentes cultures (cosmologies) présentes au monde en quatre grandes catégories. Ces quatre catégories prennent appui sur deux facteurs, un facteur de physicalité et un facteur d’intériorité et il décline ces deux facteurs en deux modes, ressemblance avec l’homme ou dissemblance avec l’homme. Les quatre cosmologies résultantes sont les quatre combinaisons qu’on peut former:
      Naturalisme (Physicalité semblable/intériorité différente) C’est nous, nous sommes fait de la même matière que le monde qui nous entoure, mais nous sommes seuls à posséder une intériorité.
      Animisme (Physicalité différente/Intériorité semblable) Exactement le contraire de nous. Amérindiens.
      Totémisme (Physicalité semblable/intériorité semblable) mais ici, c’est réduit à un groupe d’humains et de non humains, pas au monde entier – cas des aborigènes d’Australie
      Analogisme (Physicalité différente/intériorité différente) Les hiérarchies marquent cette cosmologie -cas typique de l’Inde des castes.

      Le sentiment océanique est en décalage avec toutes ces représentations tout en ayant des points communs avec chacune. Il nous rapprocherait du totémisme puisqu’il nous suggère notre appartenance profonde, sur les plans de la physicalité et de l’intériorité, au monde où nous sommes, mais étendu au monde entier, à la différence du totémisme qui se limite à la tribu. Ai-je un peu levé la confiscation?

    2. J’ai découvert le mot de sentiment océanique sous la plume de Romain Rolland qui l’a inventé, et qui est cité en préface et introduction du livre de Freud « Malaise dans la culture ». La description qui en est faite m’a parlé. C’était tout à fait ce que j’avais pu ressentir de nombreuses fois, en particulier au bord d’un étang où j’avais l’habitude de passer des journées entières à la pêche quand j’étais gamin.

      Pour permettre à chacun de comprendre ce que Freud veut dire au sujet du « sentiment océanique », voici le lien vers la version numérisée du livre que vous citez :
      Sigmund Freud – Malaise dans la civilisation (1929)

    3. La difficulté est dans la description. Ausssitôt que le sentiment d’infinitude s’installe le langage disparaît, et ce n’est qu’au retour que l’on peut essayer de transmettre. De là le langage poétique et symbolique. Il ne s’agit pas « d’un moment de dissolution du moi » », mais d’un état qui peut être durable et même irréversible. Au retour, les « esprits que l’on retrouve », la dualité, sont le prix à payer pour celui que l’on a perdu. Ceci est une toute autre chose qu' »un bref évanouissement ».
      Vous avez raison de dire que cet état n’est pas forcément accompagné d’amour, mais par contre vous exagerez lorsque vous parlez de « confiscation impudique » Ce n’est, tout au plus, qu’une insuffisance.

    4. @ Michel Martin

      « J’ai découvert le mot de sentiment océanique sous la plume de Romain Rolland qui l’a inventé ».

      C’est R.R. qui dit l’avoir inventé ou vous?

      Cette expression on la trouve partout chez les mystiques hindous, chinois, japonais, soufis et même chrétiens. C’est un lieu commun de la mystique, pour la très simple raison qu’elle décrit une expérience très concrète et commune à tous les mystiques: l’extase.

      Sur le fond de l’affaire, étant un lecteur assidu des mystiques de toutes les religions depuis plus de 30 ans, je trouve choquante la récupération que vous faîtes, en tant que philosophe, des vérités des mystiques.

      La philosophie est à la mystique c’est qu’un aquarium est à l’océan. Vous pouvez décrire les poissons qui tournent en rond dans l’aquarium de votre salon, bien assis sur votre canapé, mais ce n’est pas ça qui va vous informer sur ce qu’est l’océan ni vous procurer la sensation de nager en compagnie des baleines.

      Je crois que si vous lisiez à fond, par exemple, les sermons de Maître Eckhart (très bien traduits et en poche) vous n’auriez plus envie de penser ce que vous pensez, et encore moins de l’écrire.

  30. C’est mieux Crapaud rouge !
    Mais cela reste quand même des mots et des jeux de mots…
    L’histoire a tranché, la fraternité, comme lien de fratrie (qui concerne tous les enfants, masculins ou féminins), me convient très bien quand elle garde son sens de but de civilisation.
    Son occurrence officielle à partir de la révolution de 1848 me convient aussi très bien ! C’est la révolution qui a transformé Victor Hugo en progressiste.

    1. C’est la révolution qui a transformé Victor Hugo en progressiste.

      Quelle Révolution ? 1830 ? Non. Hernani n’est pas progressiste mais révolutionnaire . 1848 ? Hugo n’avait pas besoin de ces évènements pour comprendre ce qui se passait. C’est le miracle de l’intelligence.

    2. Didier

      Je suis complètement d’accord avec cette appréciation de Wikipédia : « À partir de 1849, Victor Hugo consacre un tiers de son œuvre à la politique, un tiers à la religion et le dernier à la philosophie humaine et sociale. La pensée de Victor Hugo est complexe et parfois déroutante. Il refuse toute condamnation des personnes et tout manichéisme, mais n’en est pas moins sévère pour la société de son temps. Au fur et à mesure, sa pensée politique va évoluer, quitter le conservatisme et se rapprocher du réformisme. »

      Il est bien clair que j’avais en vue la révolution de 1848.
      Vous confondez la transformation des formes littéraires avec celle de leur contenu. V.H. a commencé par l’une et continué par l’autre. Il y a peu de comparaison possible entre le fond de Notre-Dame de Paris (1831) et Les Misérables (1862), sans parler de Quatre-vingt-treize (1874) !
      Ni bien entendu de ses discours à la Chambre des députés qui n’ont rien à voir avec ceux qu’il a prononcés à la Chambre des pairs.

    3. @JeanNimes : « C’est mieux Crapaud rouge ! Mais cela reste quand même des mots et des jeux de mots… » : ouf ! Très heureux d’apprendre que je ne régresse pas, merci ! 🙂 Ce ne sont que des jeux de mots, certes, mais ce blog est sérieux et réputé : donc care se prend déjà quelques points de notoriété et, à la longue, soin va devenir ringard. Un jour l’on verra fleurir des expressions ridicules, du genre : « Je ne suis pas libre aujourd’hui, je care ma vieille mère ! » ou : « Untel s’est spécialisé dans le carisme. » Et l’on verra apparaître la « carotique », comme le XXième a vu naître la bureautique. Et tout ce que soin portait avec lui sera emporté dans l’oubli.

    4. Bien vu, Crapaud Rouge !
      Cela dit le cariste existe déjà : c’est celui qui prend soin « de conduire un engin motorisé servant au déplacement de marchandises au sein d’une exploitation. »
      😉

    1. un vampire avec une âme^^

      on pourra entendre ses mea culpa à défaut d’éviter les ponctions^^…

      sans mordant de ma part^^

  31. Heureusement il n’y a pas que des rats.

    Giacometti et Kessel. Délivre-nous de ces temps d’imbéciles.

    Vassili Grossman Vie et destin.
    « Quand un homme se met nu, il se rapproche de lui-même. »

    Pareille pour la femme. Pareille pour l’enfant – petit d’homme 🙂
    La beauté c’est ça.

    http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/epoques/video/I00008249/kessel-et-giacometti-a-propos-du-montparnasse-des-annees-20.fr.html

    « Je suis plus sensible à un arbre calciné qu’à un pommier en fleur »
    « La vie n’appartient pas toujours aux choses sereines »
    Germaine Richier

    Rarement

    Je vois venir l’Orage
    http://www.pixelcreation.fr/fileadmin/img/sas_image/galerie/graphisme/Willem_Sandberg/F-richier.jpg
    1947/48 / Bronze ; 190x70x50 cm

    ALBERTO GIACOMETTI. A STAMPA
    http://www.youtube.com/watch?v=zz_TCnZJDbw

    1. « Je suis plus sensible à un arbre calciné qu’à un pommier en fleur »

      Ou à un cadavre qu’à un enfant qui rit; à une chapelle en ruine qu’à une cathédrale en soins palliatifs depuis deux siècles et pleine de fidèles.

      Il faut laisser mourir les ruines, les ruines grecques comme les autres. La ruine – et la ruine de raison bien plus encore que la ruine de crédulité – doit se transformer avec le sol, puisqu’elle est tirée de sa raison même. La ruine doit subir la poussée de l’arbre si l’arbre croît et l’affaissement de la colline si la colline est ébranlée. La pierre du sol, la racine, la feuille morte, la chair des fleurs apportée par le vent, tout cela doit se mêler au marbre sorti de la communion émouvante de l’homme avec la substance du monde. Restaurer les ruines est aussi inutile que de maquiller les vieillards, aussi inepte que de ratisser les forêts et que d’en relever les arbres morts, aussi révoltant que de couvrir les montagnes, quand ne peut intervenir l’excuse de la vie économique, d’hôtels et de chemins de fer.
      Le fétichisme des ruines qui pousse l’homme à les entretenir et à les relever sort de la conception insensée de l’art qui sépare l’art de la vie. Vouloir perpétuer la mort est une insulte à la vie. Vouloir maintenir les ruines est une insulte à la vie débordante qui de toutes parts les entoure, qui les ronge et les effrite, qui les submerge de sa lente marée. La croissance de
      l’arbre et le travail du feu souterrain, la marche du glacier, la pesée du soleil sur la terre dégradée et la persistance de la goutte d’eau à creuser sa route, sont des phénomènes égaux en force et en beauté à l’édification des plus harmonieuses architectures.
      Laissons mourir les ruines de la mort des hommes, des bêtes et des plantes, de la mort de tout ce qui vit, de la mort qui vit et qui crée.

      Elie FAURE, 1902 (L’art antique)

      « Selon vous, cette assertion d’Elie FAURE peut-elle toujours s’appliquer ? »
      (sujet proposé au concours externe d’Attaché Territorial de Conservation du Patrimoine en février 1994)

      Manifestement la bonne réponse était : non. Si l’on voulait vraiment se faire « attacher territorialement à la CONSERVATION du PATRIMOINE », bien sûr…
      16 ans après, la question n’est même plus prononçable.
      Vivent les ruines ! Vivantes les ruines.

    2. TAKE CARE !!!! Vigneron you’re talking to Milton Freidman !
      Au Québec, la « gauche » se nomme les « conservateurs »……..
      Et les « conservateurs », des « préservatifs ». 🙂

  32. Pas d’accord, Crapaud Rouge .

    Voilà que vous nous proposez de tomber dans le piège qui nous est tendu par le « care » et la maternisation générale du système.
    Il ne faut pas continuer à chanter la petite chanson qui dit que nous sommes « dans une société de mâles, faite par des mâles et pour des mâles ». Ce n’est pas vrai, même dans les sociétés patriarcales. Les sociétés trouvent des équilibres dans les rôles différents tenus respectivement par les femmes et les hommes. Le nom du groupe – femme ou homme – qui est aux commandes ni change rien. Ce n’est que depuis que le système à ordonné aux femmes d’être, enfin, des hommes comme les autres que le machisme est devenu un problème, car il est bien difficile aux femmes de devenir des hommes. Et lorsque, dans la phase suivante de confusionnisme du système, les hommes deviendrons à leur tour des femmes comme les autres (on y vient à marche forcée, le billet de Michel Martin et votre proposition font partie des nombreux symptômes), le « femellisme » deviendra lui aussi un problème, et nous verrons des femmes (qui auront, comme les hommes d’aujourd’hui, bien appris la leçon que le système leur demande de répéter) se plaindre d’être « dans une société de femelles, faite par des femelles et pour les femelles ».

    « Liberté, égalité, maternité ».
    J’avais bien sûr imaginé qu’un homme arriverait sur ce fil de discussion pour nous proposer le néologisme « sororité » en remplacement de fraternité, mais je n’imaginais pas qu’un homme irait jusqu’à proposer « maternité ». Et en plus c’est vous, Crapaud Rouge, qui le faites ! (aaargh… Plus ne m’est rien, comme dit le poète)
    Je suis toujours surpris de l’empressement que mettent beaucoup d’hommes à entonner des chants féminisants. Il y a un désir de rédemption derrière, rédemption pour les siècles de « domination masculine », désir de réparer, de ne plus être considéré comme les salauds de l’histoire. Il y a aussi notre satané Oedipe qui passe décidément mal et qui nous joue des tours. Et puis, pour reprendre le mot de Sacha Guitry, on sait que le désir des hommes est de ne pas être contre les femmes, mais tout contre. Les femmes n’en demandent pas tant, elles nous préfèrent dans notre rôle d’homme, conscients de nos responsabilités comme elles le sont des leurs. (Pour revenir à une discussion que nous avions eu, Crapaud, nous étions tombés d’accord de toujours préserver un « autre », et de continuer résolument à être nous-même, pour que les échanges, les métissages et les cohabitations soient toujours fructueux. La confusion des genres étant définitivement stérile.)
    Je crois surtout que la plupart des femmes se satisfont très bien du terme « fraternité », car elles savent, elles, que ce terme de fraternité les englobe, de même que le mot « homme » de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Et elles savent que ce terme de fraternité est un programme suffisant pour ne pas devoir être remplacé par autre chose.
    (je viens d’imaginer l’horreur si, un jour, nous voyions inscrit aux frontons de nos monuments nationaux : « Liberté, égalité, care » …Nous serions alors définitivement dans le Meilleur des Monde)

    Paul Jorion propose « souci de l’autre » pour traduire le mot « care ». Voilà qui devrait tous nous réconcilier. C’est ce souci de l’autre qui à présidé au programme « Liberté, Egalité, Fraternité ». Arrêtons de chercher à réinventer la roue. Le programme est écrit depuis deux siècles. Avançons.

    Quant à la « préservation de la planète », il est vrai qu’elle n’est pas dans le programme de notre devise, et pour une raison simple : si les hommes réussissent à remplir le programme qu’ils se sont fixé pour eux-même, la planète s’en trouvera automatiquement mieux. Comme le dit George Carlin de façon provocatrice, après avoir constaté que notre planète à résisté à tout jusqu’ici et qu’elle n’a pas grand chose à craindre de la folie des hommes : « Sauver la planète ?! Mais, nous n’arrivons même pas à nous occuper de nous-même ! La planète va bien, …ce sont les humains qui ont un problème ! »

    1. @Jean-Luc : à dire vrai, ce débat autour du care ne m’intéresse pas trop, car le concept n’apporte rien de neuf. Quand on sait qu’il vient d’Outre-Atlantique, un country où l’on déteste le collectivisme sous toutes ses formes, l’on comprend qu’il sert à combler le « trou » de sécurité sociale par la charité individuelle.

      Pour maternité c’est autre chose. J’ai seulement voulu jouer le jeu de Michel Martin, car je ne tiens par spécialement à remplacer fraternité. Votre réaction est très instructive : « je n’imaginais pas qu’un homme irait jusqu’à proposer « maternité ». » Que ce mot puisse occuper le devant de la scène, c’est-à-dire concurrencer fraternité au fronton de la République, voilà ce qui vous choque, voilà qui montre bien comment les femmes sont maintenues en position subalterne dans nos virils esprits. Le mot a pourtant le mérite de désigner une réalité concrète et universelle, (ce que Michel Martin cherchait), et idéalisable comme la fraternité, mais sans arrière-goût de guerres fratricides…

    2. @ Crapaud Rouge,

      Soit.
      De toutes façons, nous sommes très proches : ce débat sur le « care » ne m’intéresse pas beaucoup, et je voulais seulement utiliser mon énergie pour essayer d’y mettre un terme. Nous n’y arriverons sûrement pas aujourd’hui.

    3. @ Crapaud Rouge,

      J’espère que vous n’allez pas croire que je reviens vous donner le coup de pied de l’âne. J’ai simplement l’esprit de l’escalier.
      J’ai oublié de vous demander ce que nous ferions du mot « paternité » si le mot « maternité » se retrouvait au fronton de la République. Ce mot de paternité aussi a « pourtant le mérite de désigner une réalité concrète et universelle ». Ne me dites pas qu’il est trop machiste ou je vous répond que le mot maternité est trop féminin.
      Ensuite vous inventez, Crapaud : le fait que je serais choqué, et que ce choc « montre bien comment les femmes sont maintenues en position subalterne dans nos esprits virils ». Que savez-vous ce qui se passe dans mon esprit viril ? Où avez-vous lu la place subalterne qu’y tiennent les femmes ?
      Quant à l’idée que la fraternité aurait « un arrière-goût de guerres fratricides », vous conviendrez que c’est un sophisme.
      Je crois surtout que l’absence d’enjeu véritable du billet de Michel Martin vous a coupé l’inspiration, et privé des bons arguments que vous avez toujours à nous proposer.

      Je me disais aussi que votre proposition du mot maternité, pour « seulement jouer le jeu de Michel Martin », confirmait une chose. Le chiffon rouge du « care », ce miroir aux alouettes pour foule sentimentale, cet attrape-nigaud pour militant sage, ressorti de sa naphtaline américaine par une gauche européenne en mal « d’idées neuves » – et qui nous intéresse si peu tous les deux – a réussi seulement, comme je le soupçonnais plus haut, à vous donner le mal de mère.

    4. @Jean-Luc : « Quant à l’idée que la fraternité aurait « un arrière-goût de guerres fratricides », vous conviendrez que c’est un sophisme. » : suis d’accord avec votre réponse, mais pas trop sur cette phrase, car je ne me plaçais pas dans le cadre d’un raisonnement. Tout ce que les hommes conçoivent est ambigu, et la fraternité n’échappe pas à cette règle. S’il est certain qu’on peut la voir comme l’étendard de la solidarité, je lui trouve le tort d’inspirer la division : si tu n’es pas mon frère, tu es mon ennemi. Il faut être extrémiste pour le croire, bien sûr, mais il reste que, à trop l’idéaliser, ce genre de polarisation peut fort bien se concrétiser.

    5. @ Crapaud Rouge,

      D’accord et plus que d’accord avec votre conclusion.

      Méfions-nous de ce que vous appelez la « polarisation ». Notre devise nationale est un programme et pas un idéal. L’idéalisation de ces trois mots ne mène à rien. Et surtout, le pire qui pourrait arriver, serait qu’ils deviennent un jour une injonction.

      Je vais expliquer le terme de sophisme que j’ai employé, en précisant d’abord que j’ai le sentiment qu’il n’y a plus aucune divergence entre nous sur le sujet (ne croyez-vous pas que le manque de fondement – et de matière – du billet de Michel nous entraîne à cette petite bataille de mots, une bataille sans importance ? Nous sommes en quelque sorte amenés à meubler une conversation sans objet, que nous regrettons presque d’avoir entamé !).

      Lorsque je parlais de sophisme (argument contenant une fausse logique), je voulais indiquer que ce reproche « d’arrière-goût de guerres fratricides » au mot fraternité ne peut pas être pris pour argument recevable, mais seulement tenu pour une facilité, un jeu de logique inversée. Même factuellement, linguistiquement, hors cadre de raisonnement. Et j’en suis plus assuré encore ce soir quand vous ajoutez l’argument de la division dont le mot fraternité serait porteur : « si tu n’es pas mon frère, tu es mon ennemi ». En effet, si on poursuit par là, il devient impossible d’appeler quelqu’un « frère » puisque cela entraînerait aussitôt un arrière-gout d’ennemi. Et ce mot « d’ennemi »,… n’a-t-il pas un arrière-goût de fraternité ? Non, décidément, ça ne marche pas, Crapaud Rouge.
      Et d’ailleurs, pourquoi passer au filtre de ce raisonnement le seul mot de fraternité de notre devise nationale ?
      Est-ce que le mot « liberté » ne doit pas être aussi sujet à caution, avec son arrière-goût d’astreinte, de captivité, de claustration, de censure et d’asservissement ? N’aurait-il pas le tort d’inspirer l’esclavage ? « Si tu n’es pas libre, tu es prisonnier ».
      Et le mot « égalité » ? On risque, dans la même logique, de lui trouver un arrière-goût de différence, de distance, de hiérarchie, d’infériorité et de discrimination, et une inspiration à l’inégalité. « Si tu n’es pas mon égal, tu es mon inférieur ».

      Aaarh ! Qu’est-ce qui lui a pris à Michel de nous lancer sur ce sujet sans objet, où on va seulement finir par se faire un noeud au cerveau, en n’étant même plus certains des mots les plus utiles !

    1. Celle-ci est extraite d’un recueil de citations d’Albert Einstein regroupées par Alain Rioux, Ph. D. Psychologue, Québec, Canada.

      Pour le plaisir, voici une autre citation (tout à fait d’actualité) de ce génie hors norme :

      La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. Ici, nous avons réuni théorie et pratique : Rien ne fonctionne… et personne ne sait pourquoi !

    2. Exact « Batracien rougeoyant », mais elle me permet de temporiser en attendant la réponse d’Alain Rioux à qui j’ai posé la question par mél… 😉

    3. Selon « The New York Times » (29 Mars 1972) et « The New York Post (28 Novembre 1972), cette citation provient d’une lettre écrite par Einstein en 1950.

      Voici donc la version anglaise originale de celle-ci (la dernière phrase est en plus):

      A human being is a part of the whole, called by us « Universe », a part limited in time and space. He experiences himself, his thoughts and feelings as something separated from the rest — a kind of optical delusion of his consciousness. This delusion is a kind of prison for us, restricting us to our personal desires and to affection for a few persons nearest to us. Our task must be to free ourselves from this prison by widening our circle of compassion to embrace all living creatures and the whole of nature in its beauty. Nobody is able to achieve this completely, but the striving for such achievement is in itself a part of the liberation and a foundation for inner security.

      Mais Alice Calaprice dans « The New Quotable Einstein » propose une version différente de cette lettre datée selon elle du 12 février 1950 et qu’elle décrit comme « une lettre d’un père désemparé qui avaient perdu son jeune fils et avait demandé à Einstein des mots pour le réconforter »:

      A human being is a part of the whole, called by us « Universe, » a part limited in time and space. He experiences himself, his thoughts and feelings as something separate from the rest—a kind of optical delusion of his consciousness. The striving to free oneself from this delusion is the one issue of true religion. Not to nourish it but to try to overcome it is the way to reach the attainable measure of piece of mind.

      Voilà, j’espère avoir répondu à vos interrogations légitimes.

  33. bonjour mr martin,
    à moins que votre texte ne soit du à des fièvres romantiques…

    « Océanité est un candidat possible pour figurer dans notre triade et répondre à notre faculté de coopération et d’empathie avec nos frères, nos sœurs, notre écosystème et jusqu’au cosmos tout entier. »
    mr Martin… remplacer fraternité par « océanité » pour plus d' »empathie » avec nos freres et soeurs???!!! et pour la coopération d’avec le cosmos?!…une poésie licencieuse peut être… j’espère…^^ est ce seulement bien nécessaire?
    en plus la notion d' »empathie » est un…? wiki « notion complexe désignant le mécanisme par lequel un individu peut « comprendre » les sentiments et les émotions d’une autre personne voire, dans un sens plus général, ses états mentaux non-émotionnels… » tout et rien dans le domaine mental… »Le terme empathie[1] a été créé en allemand (Einfühlung, « ressenti de l’intérieur ») « … tout et rien… stoïque et c’est à la limite de l’apriori…limite apathique aussi…

    si la fraternité est donc dans les cieux (hors de portée? inutile?et rejointe par l’égalité et la liberté!) le care, c’est la transcendance! à l’anglaise, bien sûr, pragmatique et individualiste… et protestante… http://fr.wikipedia.org/wiki/Care_International date : 1945 (croix rouge : ~1874) …et matérialiste actuellement…
    sans compter les retombées économico politique du droit d' »aider » à l’international…

    « charité » vous semblait trop connoté. une « totemité » liquide vous paraît plus appropriée…
    c’est comme les « trans-humains » d’attali, non? une charité « laîque »…sur base de « néo libéralisme ». une vaseline à moindre coût^^… çà a déjà été dit ici…

    ahh! ces matérialistes qui parlent de l’être humain…de la poésie…, dirait un pragmatique. ou de la psychanalyse… cela doit être bon pour le moral de certains…

    P.S. : mignons les « pourquoi » et les « comment » de dumézil^^. voulait il vraiment un « comment » (solidarisme) à la place d’un « pourquoi » (fraternité) pour devise? un noble sentiment contre un fonctionnalisme? vraiment? quelle extravagante ambition!

    pourquoi vouloir modifier cette devise? cette histoire d’étoile est juste sophistique qui plus est.
    pourquoi choisir une chose (océan) comme représentant symbolique du tout? sa matérialité? (thalès? http://fr.wikipedia.org/wiki/Thalès_de_Milet#Cosmologie ).
    je ne nie pas l’expérience sensuelle d’une navigation océanique, ou l’existence de cultes associés à cette expérience des sens. je m’interroge sur ce slogan osmotique…et matérialiste.
    je suis tjrs étonné de retrouver ces mythes d’unité osmotique dans la matière, par et pour la matière que finissent par souhaiter ces métaphysiques (ou le néant pour d’autres).

    encore une fois si c’était juste une fièvre romantique, ne tenez pas compte de ce commentaire…

    bien à vous

    1. Arrêtez un peu avec votre dénonciation obsession systématique du matérialisme, Sylla.
      Vous êtes allé jusqu’à caser Hegel, idéaliste absolu s’il en est, parmi les tyrans de la philosophie matérialiste dans ce que j’imagine être un raccourci tragique entre la dialectique historique du Maître et le matérialisme historique marxiste qui fait injure à votre intelligence et son lit de la Raison.

      Les divagations creuses de Martin sont éminemment critiquables, mais vous le faites à contre-sens. Et contre-productives donc, puisque vous ne ferez que les renforcer, avec la seule consolation, pour vous et vous seul, de persister à nouveau contre toute évidence sur votre orgueilleuse position de marginalité intégriste. Tellement brillante. Et vaine.

    2. vigneron

      votre scepticisme vous mène à l’aveuglement.
      1 des hochets proposés en lieu et place d’une devise doit faire l’objet de la plus grande attention : ce ne sont pas des post its
      2 concernant l’impertinence obsessionnelle et vaine de « ma dénonciation ».
      a/ le dogme matérialiste vide de sens et d’effectivité toute notion morale (liberté démocratie négociation…)
      b/ ce dogme est imposé sur ce blog, reléguant toute autre pensée au rang de réveurs (ou pire à lire certains)
      c/ nous sommes ici pour réfléchir et créer des utopies. si les lois physiques sont incontournables dans ce processus, les choisir pour seul maître impossibilise la réflexion. c’est un blog pour physicien uniquement peut être?
      3 je ne case pas Hegel. le matérialisme (transcendantal ou non) est un idéalisme.
      4 pas de tragique ni de raccourci entre la dialectique du maitre et de l’esclave de Hegel et le matérialisme historique. Hegel a dans un premier tps développé une dialectique de l’amour. des déboires sentimentaux et la mise à l’écart de l’église de la scene du pouvoir l’a fait se diriger vers une dialectique de la raison, tournant le dos à une tradition plurimillénaire (dont Platon portait encore la parole) pour en embrasser une autre, tout aussi ancienne.
      nulle part je n’ai dit que Hegel était matérialiste. il l’était d’une façon trop particulière.
      le marxisme est un matérialisme mélé d’une dimension historique, la plus value et sa logique dans l’ordre de la matière. de la même façon que le »maitre et l’esclave » de Hegel. sauf que, point important : Hegel décrit les cycles d’instauration des valeurs métaphysiques, car par le travail et la connaissance qu’il suppose, l’esclave renverse le maître. libre alors à lui de fixer ses valeurs métaphysiques, pour le meilleur et pour le pire (en gros les fondations mythiques suivent qq peu ce schéma). Marx pense que le travail qu’impose le maître influe sur les valeurs naturelles de l’esclave. au final, pour lui, arrivera un moment ou le maître et l’esclave auront les mêmes valeurs…le matérialisme.
      dès lors, les changements de maîtres ne seront à terme plus pertinents pour l’analyse : seul la logique du pouvoir à l’oeuvre (rapport maître esclave) conserve sens. l' »incarnation conceptuelle » de ceci est le rapport capitalistique, rapport de négociation basé sur la force, et la plus value (carotte et baton) et sa logique impérialiste. Marx vendant la révolution ET le matérialisme aux masses naîves, comme Hegel, connaissait le bout de ce chemin.
      ce qui vous apparaissait comme un raccourci a t il son sens maintenant?

      qd un matérialiste (sans esprit dc) propose une religion universelle en lieu et place d’une devise populaire vous ne réagissez pas sur les contradictions, la vanité ou l’orgueil de cette démarche. quand le dogme de la matière reine est martelé, votre silence parle pour vous. vous pouvez bien paraître protéger quelques brebis pleine d’espoirs trompés, c’est pour les garder dans le rang.
      les humanistes semblent être seuls objets de vos traits. est ce un effet du scepticisme de chanter de Brel tout en faisant ce qu’il dénonce http://www.youtube.com/watch?v=oI0Q3dFnJ5o ?

      qt à mon orgueil et ma vanité si ce sont les noms que vous donnez à la volonté et à la sincérité, et au temps que je passe à écrire ici, ils sont là pour que les rêveurs comprennent qu’entre leurs valeurs (démocratie, liberté, négociation loi bonheur amour…)et leur croyance que la matière est la seule essence réelle il faut choisir.
      vous qui êtes sceptique posez vous cette question : que préferez vous, des individus qui se pensent libres et responsables entre eux, dotés d’esprit et de matière, de volonté et de mains et voyant les autres tels…ou des corps interagissants au mieux calculateurs et manipulateurs de plaisirs et de douleurs , réduits à l’égoisme et à l’ivresse des pouvoirs, voyant l’autre de la même façon? Sade était enfermé avant la révolution…mais après aussi. trop…direct^^
      ou vos doutes vous préviennent encore malgrè l’instinct de faire ce choix? il est du seul ressort de votre volonté pourtant.

      bien à vous

      P.S. : concernant la « R »aison. pour reprendre la classification kantienne dans sa réponse à « que pouvons nous savoir? » (théorie de la connaissance, la raison n’est pas seul outil de connaissance… le croire entraine de nombreux contresens dans les raisonnements. il nous faut au moins distinguer les propriétés distinctes de la foi (les essences) la raison (qui forge les concepts) l’entendement (dont les concepts sont considérés fondamentaux (substance, cause) et naturels) et l’imagination (qui met en forme activement la perception sensorielle). bien sûr l’on peut détailler plus, mais c’est dejà pas mal.
      je ne suis pas rationaliste, et l’intelligence n’a pas d’existence pour moi
      cdt

  34. Et pour ce qui est de vos références permanentes à Dumézil, rapprochez vous donc du « cher » De Benoist, son illustre ami droitiste de la revue Nouvelle Ecole, en parfaite adéquation réciproque, jusqu’au dernier jour avec votre « illustre » et « universelle » référence académicienne et tutélaire, tellement occidentalo-compatible. Avec Badiou ça élargirait sacrément votre spectre de référence « cosmologique » et, pour nous, le complèterait avantageusement dans sa critique.
    Entretien avec Alain De Benoist dans Le Choc du Mois, n°58, novembre 1992 à propos de la polémique Dumézil/extrême-droite :

    Le lien : http://hauteurs.hautetfort.com/archive/2009/08/02/dumezil-est-il-une-sorciere-entretien-avec-alain-de-benoist.html

    On a dit en effet que Dumézil avait quitté le comité de patronage de Nouvelle École dès la parution de ce numéro, dont il aurait désapprouvé le contenu.

    Il aurait, à vrai dire, eu bien de la peine à le désapprouver, puisque comme l’écrit D. Éribon, « presque tous les articles y sont signés par des chercheurs, des disciples de Dumézil, qu’il avait, semble-t-il, sollicités lui-même, à la demande de la revue, qui lui avait proposé de réunir un ensemble de contributions sur son œuvre » ! Mais il est vrai qu’un personnage comme Maurice Olender, sycophante spécialisé dans la dénonciation calomnieuse de ceux qui ne se font pas des Indo-Européens la même idée que lui, n’a pas hésité à affirmer à de multiples reprises que Dumézil aurait quitté le comité de patronage de Nouvelle École « dès qu’il eut en mains le numéro le concernant », afin de protester contre « la présentation aux allures militantes que la revue faisait de son œuvre » (sic). La même impudente accusation a encore été reprise récemment dans la revue L’Histoire (oct. 1992), qui prétend qu’à la parution du numéro en question, « Dumézil a aussitôt démissionné du comité de patronage de cette revue ». Il s’agit d’un mensonge pur et simple, auquel Dumézil a répondu lui-même indirectement. Dans une lettre à Claude Lévi-Strauss datée du 4 janvier 1974, et dont D. Éribon publie le texte intégral, Dumézil écrit en effet, à propos du comité de patronage de Nouvelle École : « J’ai fait retirer mon nom il y a deux mois, parce que vous y étiez stupidement attaqué ». Deux mois avant janvier 1974, cela nous met… en novembre 1973. À cette date, le numéro de Nouvelle École consacré aux études indo-européennes était paru depuis un an. Cela fait beaucoup pour une réaction « immédiate » ! On remarque en outre que pour expliquer son retrait, dans une correspondance privée où il n’a aucune raison de celer quoi que ce soit, Dumézil ne fait pas la moindre allusion au contenu de ce numéro. Cela devrait suffire, je pense, à répondre à votre question.

    Cette accusation visait en fait à faire croire que Nouvelle École avait tenté de « récupérer » la pensée de Dumézil pour lui faire dire autre chose que ce qu’il disait ?

    Les choses sont un peu plus complexes. Ce qui est remarquable, c’est plutôt le caractère contradictoire des procès qu’on a tenté d’instruire. Tantôt en effet, pour accabler la Nouvelle Droite, on a prétendu que Dumézil a « aussitôt » (après la parution du numéro de Nouvelle École) pris ses distances avec elle. Tantôt, pour accabler Dumézil, on lui a au contraire reproché de ne pas l’avoir fait plus tôt ! En sorte qu’on ne sait plus très bien si les coupables sont ceux qui auraient tenté de faire dire à Dumézil autre chose que ce qu’il pensait, ou s’il faut au contraire incriminer Dumézil lui-même, qui aurait d’après Carlo Ginzburg, nourri « une sympathie idéologique mal dissimulée pour le nazisme » (sic) ! En réalité, tous ces reproches absurdes s’excluent mutuellement. Quant à moi, j’attends toujours qu’on me cite une seule ligne dans laquelle nous aurions fait dire à Dumézil autre chose que ce qu’il pensait ! Dumézil savait d’ ailleurs fort bien ce qu’il en était. « Je désavoue volontiers ceux qui seraient tentés d’utiliser abusivement mes travaux, mais je ne vous cite jamais, car je sais que vous n’ en faites pas partie », m’a-t-il dit plusieurs fois. Il ajoutait même : « On vous fait les mêmes procès d’intention qu’à moi. j’ai connu cela toute ma vie durant ».

    Après 1972, quelles ont été vos relations avec lui ?

    Elles sont restées ce qu’elles étaient avant. À certains égards, elles se sont même renforcées. Dumézil m’a honoré de son amitié jusqu’à sa mort, survenue le 11 octobre 1986. Il me recevait assez régulièrement chez lui, dans son bureau submergé par les livres, et nous parlions longuement des sujets qui nous tenaient à cœur. En 1978, j’eus l’occasion de l’interviewer pour Le Figaro-Dimanche (29-30 avril) et de publier sur lui un article assez long dans Le Spectacle du monde (décembre). Dans les deux cas, je lui soumis mon texte, qu’il prit la peine de relire et d’annoter. Cette même année 1978, Jean Mistler, alors secrétaire perpétuel de l’Académie française (et qui faisait également partie du comité de patronage de Nouvelle École), me demanda d’adresser à tous les académiciens, qui connaissaient mal l’œuvre de Dumézil, un exemplaire du numéro que nous lui avions consacré. Je peux révéler aujourd’hui que c’est à la suggestion de Dumézil lui-même que Mistler me fit cette demande. L’envoi du numéro en question ne fut sans doute pas sans effet, puisque Dumézil fut élu le 26 octobre 1978 au fauteuil de Jacques Chastenet. Lors de sa réception à l’Académie par Lévi-Strauss, le 14 juin 1979, Dumézil ne manqua pas de me faire inviter, et nous eûmes ce jour-là une occasion supplémentaire de bavarder. Par la suite, il devait me confier que sa présence à l’Académie lui pesait un peu, car elle l’empêchait de consacrer à ses livres autant de temps qu’il l’aurait voulu…

    En 1979, l’essentiel du numéro spécial de Nouvelle École fut repris sous la forme d’un livre (Georges Dumézil, À la découverte des Indo-Européens, éd. Copernic), où l’on pouvait lire des textes de Jean-Claude Rivière, Robert Schilling, François-Xavier Dillmann, J.H. Grisward, Georges Charachidzé, Jean Varenne et moi-même. Il n’est pas inutile de savoir que ce livre fut le premier consacré en France à Dumézil ! Là encore, je pris le soin d’en soumettre les épreuves à Dumézil, qui s’en montra fort satisfait et m’aida à compléter la bibliographie que j’avais dressée. Je suppose qu’il n’aurait pas pris cette peine s’il avait jugé que nous « récupérions» abusivement son œuvre !

    Parliez-vous parfois de politique dans vos conversations ?

    Jamais. L’actualité politique l’intéressait aussi peu que moi, et nous préférions parler de la trifonctionnalité, des rituels védiques ou de nos chers Romains ! En politique, je pense qu’il était devenu ce qu’on peut appeler un conservateur. Philologue plus que philosophe, il n’était en tout cas certainement pas un idéologue. J’ajoute qu’il n’appartenait à aucune école et n’a jamais cherché à en fonder une.L’enjeu me paraît clair. Les travaux de Dumézil sont de ceux qui ont permis d’établir l’existence, à l’aube de notre civilisation, soit quelques millénaires avant notre ère, d’un peuple indo-européen dont sont issues la plupart des populations européennes historiques. L’hypothèse de la communauté d’origine est en effet, pour l’instant en tout cas, celle qui rend le mieux compte des homologies et des concordances que l’on constate entre des faits linguistiques, religieux ou « idéologiques » attestés sur un immense territoire allant depuis l’Inde jusqu’à l’Irlande. Comme me le disait Dumézil en 1969 : « Le fait dominant, c’est la communauté de langue, l’unité linguistique. À partir de là, la constatation élémentaire que l’on est amené à faire, bien que certains la rejettent encore, c’est qu’une unité aussi complète ne peut pas aller sans un minimum de civilisation et conceptions générales communes ». À cela s’ajoute la tripartition fonctionnelle, qui est l’une des clés de voûte de ces « conceptions générales communes ». Système de pensée, qui n’est que très secondairement (et très éventuellement) un système social, cette tripartition possède une originalité incontestable, dont on ne saurait cependant déduire la moindre supériorité ! « S’il est vrai que toute société humaine connaît et satisfait les besoins fondamentaux qui correspondent aux trois fonctions, me disait encore Dumézil, il n’y en a qu’une qui en a tiré une conception du monde et une philosophie : c’est la société indo-européenne ».

    Qui s’interroge sur l’identité européenne ou sur les fondements spirituels de l’Europe (et beaucoup le font aujourd’hui, à un moment où il est plus que jamais question de « faire l’Europe ») est évidemment tenu prendre en compte cette réalité. L’Europe a subi au cours de son histoire nombre d’influences extérieures, et beaucoup lui ont été bénéfiques. Mais elle a aussi un fonds qui lui est propre et dont on ne peut faire abstraction. Dire cela, ce n’est certainement pas faire « usage politique » des Indo-Européens. C’est seulement faire une observation de bon sens. Il me semble donc que ceux qui veulent discréditer les études indo-européennes, voire nier l’existence même des Indo-Européens, souhaitent faire oublier à l’Europe ses racines, c’est-à-dire en quelque sorte dénier le droit à l’autochtonie en la convainquant qu’elle n’a qu’une identité dérivée, dénuée de tout fondement qui lui soit propre. Dans cette perspective, assimiler les études indo-européennes à une discipline « dangereuse », la disqualifier au nom des usages éminemment condamnables qu’on a pu en faire (comme si le mauvais usage qu’on fait d’une chose condamnait cette chose, et non cet usage !) devient une sorte de nécessité stratégique. Georges Dumézil, qui n’a pourtant jamais cherché à tirer de son objet d’études inspiration pour le présent, en a été la victime. Il n’a pas été le seul.

    1. Effectivement, j’ai rapidement trouvé sur le net ce long article de La Recherche qui démolit le mythe d’un « peuple indo-européen », idée fondamentale chez Dumézil et l’extrême droite. Je le cite :

      L’historien des religions, Georges Dumézil, montre qu’il existe néanmoins, entre les récits mythiques (religieux ou non) indiens, celtiques, germaniques ou romains, des thèmes et schémas narratifs analogues. Il recense nombre exemples de similarités frappantes. La mythologie indo-européenne s’ordonnerait selon lui d’après une « trifonctionnalité » : souveraineté religieuse, force guerrière, travail et reproduction.

      La réalité de ces rapprochements n’est sans doute guère discutable. L’interprétation en termes d’unité idéologique indo-européenne l’est davantage : une partie des structures mythiques mises en évidence par Dumézil se retrouve, non pas sur la Terre entière comme on le lui a parfois objecté (les mythes hébraïques ou chinois ne s’y conforment pas), mais néanmoins hors du domaine indo-européen. Au Japon par exemple, comme l’a reconnu Dumézil, qui proposait d’y voir un cas de diffusion religieuse. A l’inverse, la mythologie grecque ne rentre que marginalement dans le schéma trifonctionnel. La comparaison des mythes plaide en réalité plus pour une circulation en tous sens, durant les millénaires de l’Europe pré- et protohistorique, à l’instar des biens et des personnes, qu’il ne permet d’assimiler trifonctionnalité et indo-européanité(13).

      Je ne comprends toujours par pourquoi certains s’efforcent de chercher des « racines communes » avec l’Inde, si éloignée de nous, plutôt qu’avec le Proche Orient…

    2. Vigneron, je ne vois pas à quoi sert de remuer tout ça. J’ai connu un gars qui s’appelait Adolph Hunter, il n’était pas Nazi pour ça, bien au contraire. J’utilise Dumézil comme on utiliserait une grille de classification des champignons, avec le même esprit que Georges Becker, c’est à dire comme un outil utile comportant toujours quelques excetions, quelques inclassables. Je retiens cette partie de votre citation :

      À cela s’ajoute la tripartition fonctionnelle, qui est l’une des clés de voûte de ces « conceptions générales communes ». Système de pensée, qui n’est que très secondairement (et très éventuellement) un système social, cette tripartition possède une originalité incontestable, dont on ne saurait cependant déduire la moindre supériorité ! « S’il est vrai que toute société humaine connaît et satisfait les besoins fondamentaux qui correspondent aux trois fonctions « 

  35. Bonsoir,

    Bien qu’animant un site boursier pour protéger mes semblables du Monstre, qui met à terre 95% des portefeuilles des particuliers, je suis fervent lecteur des articles d’économie écrits par F. leclerc ou Paul Jorion – d’ailleurs, mes lecteurs les connaissent bien, car nombreux sont les liens que j’affiche, histoire d’élargir les débats des investisseurs, souvent trop près de l’événement (ce qui crée des émotions néfastes à la bonne gestion de son investissement 🙂 ). Je me permets de commenter cet article, mais je suis bien moins bons que vous tous dans le maniement des mots : je suis du genre « populaire », direct et simple :

    Océanité ? Qu’est-ce que c’est que ce truc lol 62 millions de personnes devraient adhérer à « océanité » alors qu’un tiers de nos enfants arrive en 6ème avec des lacunes de base en langue française et calcul ! Le niveau BAC n’arrive même pas à la cheville du certificat d’études de nos parents (j’ai 47 ans) : il faudrait simplifier la devise de la France, peut-être en language SMS !!!

    « Liberté, Egalité, Fraternité », ce ne sont que des mots non transmis sur le champ de la réalité, je le déplore mais c’est comme ça, une chose qui se produit dans de petits groupes sans doute, mais globalement, je ne vois qu’un semblant de liberté (relativement aux années 70), qu’un semblant d’égalité (« y’en aura qui seront moches, petits et noirs, et pour eux ce sera très dur » Coluche,), quant à la fraternité, c’est un commerce, non ? (je donne à deux associations tous les ans, je dois jeter l’équivalent d’un livre de poche en prospectus divers relatif à ma générosité, ils se vendent les fichiers des gens généreux, une vraie honte).
    En fait, les prolétaires veulent cette réalité car ils n’ont rien et s’arrogent des droits de posséder comme les nantis, mais portez-les au sommet, et ils l’oublieront tout ça.
    Simpliste mais pourtant, je ne vois rien d’autre en ce bas-monde que gens qui courent après leur commission, leur devise (l’euro, le dollar), et une poignée qui lutte pour un vrai progrès (peut-être vous, ou vous …).

    Crapaud Rouge, si tu ne fais rien de tes journées, j’ai besoin de contenus pour mon site 🙂

  36. D’après ce que j’ai pu observer chez les peuples dits « exotiques », l’atruisme n’est pas inné. Il fait partie de l’apprentissage, comme beaucoup de modes de comportement touchant le social. L’individu apprend que le fait d’aider son prochain peut être utile ou nécessaire pour sa propre survie ou pour sa propore condition de vie. Ici en occident, ce sentiment est limité à quelques personnes qui comptent pour l’individu, mais n’est pas (plus) étendu sur toute la tribu.
    Les temps modernes ont libéré l’individu, mais la liberté a un prix: celui de la solitude.

  37. Bonsoir Michel Martin,
    Voilà un billet qui me laisse dubitatif… et qui me rappelle en passant que concilier beauté stylistique et clarté du discours n’est pas une petite affaire. Le flou artistique en somme.

    C’est donc sur la base possible d’une totale incompréhension que je ferai quelques remarques.

    Il me semble comprendre que vous souhaiteriez remettre en question la pertinence de la devise républicaine –car trop abstraite ?
    Il me semble que votre propos vise surtout la remise en question du projet qui la sous-tend: la république. Car c’est sous l’angle de votre conception de la société que cette devise est « périmée », vu sous l’angle du projet républicain (celui de 1848 dont elle est issue) elle ne l’est pas le moins du monde.

    citation: « dans une devise, il y a déjà un programme et au contraire, nos trois mots fétiches sont des étoiles situées dans le ciel. »

    Mon sentiment est que la devise française correspond bien à un programme:
    La liberté et l’égalité ne concernent ni les hommes/femmes, ni « le ciel ». Il s’agit d’une devise républicaine qui s’adresse donc à des citoyens (liberté des citoyens et égalité entre les citoyens) ce qui, vous en conviendrez, n’a rien à voir avec la liberté des individus et l’égalité entre les individus et moins encore avec des concepts de « Liberté » ou « d’Egalité » comme abstractions absolues.

    Citation: « Le care est concret et la fraternité est au firmament »

    Tiens donc. Il ne s’agit pas seulement d’une vaporeuse « fraternité entre les citoyens », l’origine du terme doit donc être rappelée:
    La fraternité c’est la réconciliation des Lumières et du christianisme. C’est dans l’Histoire française quelque chose d’assez singulier. La fraternité naît en 1793 et est inscrite en 1848, grâce à la conjonction entre les pauvres et le Christ. C’est l’espoir d’une réunion de la bourgeoisie catholique et du prolétariat marxiste par l’assimilation du prolétaire au Christ de la part du bourgeois. La tentative de réconciliation des deux républiques, la marianne et la sociale; la république dans la transcendance des rapports de classe.
    La fraternité, ce n’est pas la fratrie, ce n’est pas le fait d’être frère et sœur de sang. C’est, au contraire, le fait de « faire famille » avec quelqu’un qui n’est pas de la famille. C’est le fait de pouvoir adopter des gens qui ne sont pas de la même origine (de classe entre autre) mais qui se retrouvent autour d’un projet de société commun.

    Je pense que si vous contestez la devise (et la république) c’est par ce qu’elle ne s’adresse qu’à un collectif « fermé », dans le contexte historique, une nation:

    Citation: « Alors je me suis interrogé sur le mot qui correspondrait à une expérience et qui nous évoquerait l’attention, une sensibilité universelle.  »

    C’est votre recherche à tout prix d’universalisme, votre soif d’absolue qui vous amène à cette relecture et par la même occasion à des raisonnements qui allient (selon moi) abstraction et utopies:

    Citation: « Je me demande seulement si l’expérience du sentiment océanique est assez partagée par tous les peuples »

    Savoir si l’expérience du « sentiment océanique » est partagé par tous les peuples? Possible; je doute par contre profondément du fait que les notions de « liberté des citoyens et d’égalité entre les citoyens » est quoi que ce soit d’universel. Mais qu’importe, là n’est pas votre projet… car universalité rime avec uniformité et la république ne peut être par définition qu’un projet « fermé » (identité territorialisée)

    La difficulté de la pensée universaliste c’est de réussir à échapper à des critères ethno-centrés, avec le mot « océanique », vous y parvenez peut être, ça permet au passage de mieux appréhender le registre linguistique nécessaire à une devise universelle: on va voler très haut dans le cosmos, loin de la folie des hommes (et de leurs complexités); remarquez que cela facilitera bien des choses quand il s’agira de la mise en pratique…comme à chaque fois avec le communisme.

    Bien à vous

    1. Pour ce qui est de la pratique, les connaissances des systèmes, de la complexité, me semblent indispensables. Edgar Morin est un maître en la matière. Je pense aussi à Jean ZIN qui a commis quelques très bons textes, à mon goût, sur le thème de la liberté concrète, c’est à dire du couple inséparable autonomie/dépendance.
      http://jeanzin.fr/index.php?post/2007/07/22/104-autonomie-et-dependances
      Les principes de l’autogestion me semble devoir être revisitées, aussi bien pour l’entreprise productive que pour les activités sociales, à la condition expresse que la question centrale des prises de décisions (qui décide quoi et comment?) ne soit pas mise sous le tapis.

  38. Liberté, Égalité, Océanité….

    L’incongruité du 3ème terme pourrait prêter à sourire, et pourtant…seul l’espace d’un micron sépare l’océanité de la fraternité. Mais pour bien le comprendre, encore faut-il l’avoir vécu et combien ici-même en ont-ils fait l’expérience?

    Quand Romain Rolland crée la notion de « sentiment océanique », voici ce qu’il écrit exactement dans une lettre adressée à Freud suite à la réception de « L’avenir d’une illusion » : « Votre analyse des religions est juste. Mais j’aurais aimé vous voir faire l’analyse du sentiment religieux spontané, ou plus exactement de la sensation religieuse, qui est toute différente des religions proprement dItes ( … ) le fait simple et direct de la sensation de l’Éternel (qui peut très bien n’être pas éternei, mais simplement sans bornes perceptibles et comme océanique ( … ) je suis moi-même familier avec cette sensation. Tout au long de ma vie, elle ne m’a jamais manqué. »

    Chez Rolland, ce sentiment est détaché de tout dogme et s’apparente à une forme de panthéisme, une union émotionnelle avec un Grand Tout qui aboutit à un amour immodéré pour l’humanité. C’est par ce dernier aspect qu’océanité, fraternité et solidarité sont dans un lien indéfectible ; un lien, non pas fondé sur la raison, mais sur l’émotion, une émotion quasi paroxystique associée à une sensation de fusion totale dans laquelle le Moi s’annihile totalement. Ce sont les mêmes expériences que vivent les grands mystiques, via la contemplation ou la méditation.

    Dans un autre texte à la poésie sublime, Cioran parle de son expérience de l’extase musicale (à rapprocher du sentiment océanique) (Livre des Leurres) et conclut sa 1ère partie par cette formule : « L’extase musicale est un retour à l’identité, à l’originel, aux premières racines de l’existence. Il n’y a plus en elle que le rythme pur de l’existence, le courant immanent et organique de la vie. J’entends la vie. De là, naissent toutes les révélations. »

    Mr Martin ne divague pas, mais il y a un grand MAIS…

    La problématique est double et réside dans le fait que d’une part, comme le rappelle Diego, l’océanité ou le sentiment océanique est avant tout du domaine de l’expérience, et d’autre part, dans le fait que cette expérience relève du sensible plus que du rationnel. Nous sommes dans la subjectivité la plus totale, et en un sens, Freud n’avait pas tout à fait tort quand faisant référence au sentiment océanique dans « Malaise dans la civilisation », il parle de sa difficulté à l’universaliser. Or, même si sur le fond la proposition de Mr Martin recèle un fond de vérité, notre « triade» républicaine nécessite d’être comprise, accessible à tous par les voies de la raison. Dans un tel contexte, je crains que le mot « océanité » couplé aux précédents n’aboutisse à une impasse conceptuelle.

    1. Le « sentiment océanique », comme toute expérience « mystique » subjective, est du domaine de la perception subtil des sens et ne peut donc être appréhendé par la raison !
      Toute quête de compréhension par le mental de celui-ci le fera instantanément se dissoudre car son apparition ne se produit qu’en état de vacuité totale de l’esprit.

  39. Merci à tous. Le cerveau collectif dont Paul Jorion dispose et qu’il a bien voulu me prêter le temps de ce billet fonctionne remarquablement. J’ai pu partager avec certains cet élan, trop poétique au goût de certains, manipulatoire ou creux pour d’autres. Je voudrais en particulier attirer votre attention sur la discussion qui s’est engagée avec Jean-Luc -commentaire 28 et réponses, je crois que l’enjeu principal du versant social pratique de l’océanité, c’est à dire du care, se situe là.

    1. Merci, Michel, et pardon de vous avoir un peu malmené (je viens de repérer un endroit plus haut, où je vais aller, sitôt après ce mot, faire amande honorable).
      L’expression que vous employez de « cerveau collectif » prend tout son sens en ce dimanche soir où nous allons bientôt conclure une première salve de commentaires à votre billet. C’est bien vrai, Paul Jorion nous permet de fabriquer ensemble, en nous prêtant son blog, un cerveau collectif. Un peu comme s’il s’agissait de mettre en réseau un grand nombre d’ordinateurs pour augmenter la puissance de calcul. Et nous reproduisons ici, tous ensemble, ce qui se passe individuellement dans nos propres cerveaux : nous soupesons une idée, puis une autre totalement inverse, nous essayons une piste puis nous partons sur une autre, nous tentons une bêtise pour voir de quelle vérité incongrue elle pourrait accoucher, nous pensons noir, puis blanc, puis soudain en couleur, nous nous rappelons une expérience, nous allons piocher une idée dans le souvenir d’un livre, etc. Il n’y a que les dogmatiques pour ne pas faire cet exercice. Vos réponses constructives successives à tous les intervenants ont permis que le processus s’enclenche et tourne bien.

      Je voudrais cependant vous faire part d’une réflexion importante.
      Il me vient le même sentiment ce soir qui m’arrive de temps en temps lorsque je décide de creuser une idée pour moi-même et que je me retrouve avec une sorte de puzzle, où pas plus de deux ou trois pièces ne s’attachent l’une à l’autre. Un sentiment de travail inutile qui m’aura mené à une impasse. Jamais totalement inutile pourtant ce travail puisque, précisément, il m’aura signalé l’impasse.
      Les réflexions que vous avez enclenché par ce billet me semble de cet ordre. Pardon de le dire si crûment (je me sert souvent à moi-même ce genre de compliments) : ces réflexions ne nous ont mené nulle part de manière utile. C’est ce qui me conforte dans l’idée que ce thème du « care » est une impasse conceptuelle, et qu’il ne sera jamais porteur d’autant de richesses que ce mot d’humanisme qui doit bien nous suffire à cerner l’objectif.
      Je sais qu’il est vain d’essayer d’arrêter ce train du « care » qu’une certaine gauche en manque « d’idées neuves » – et qui veut se faire pardonner d’avoir il y a trente ans abandonné la classe ouvrière – à voulu mettre en route il y a trois ans, mais j’aurai malgré tout essayé. Et je me dis qu’il est heureux que notre amie Martine Mounier ait eu d’autres choses à faire aujourd’hui que de venir ici, car avec ces argumentations toujours percutantes, je n’avais alors plus aucune chance de contrer ce « care » qui nous mange le cerveau inutilement, en nous détournant des débats nécessaires, et des objectifs qui demeurent à atteindre (objectifs que, vous avez raison, nous avons su aborder tous les deux aujourd’hui).

      C’est bien une idée moderne, que de vouloir fabriquer un nouveau mot en étant persuadé qu’il amènera du sens.

      A bientôt, Michel, pour continuer à cerner avec vous les objectifs.
      Jean-Luc

    2. à Jean-Luc,

      Ce qu’il y a de bien avec vous, Jean-Luc, c’est que votre délicatesse fini toujours par remonter à la surface…
      C’est précieux.

  40. Aïe, Aïe, Aïe, Michel, il suffit que je tourne le dos pour aller faire une bonne partie de pêche au bec pour que tu fasses des tiennes. En plus ça n’a rien donné, pas une touche, capot! Tu m’as demandé de jouer une sorte de fou du roi, de psychiatre en somme, je n’ai pas dit non, mais je n’ai pas dit oui. Si tu insistes dans cette voie, il va falloir que je te remettes aux bons soins de mes amis en blouses blanches afin qu’ils t’administrent une de ces potions que feu le bon Docteur Henri Laborit a mis au point. C’est que c’est dangereux la philo, attention esprits fragiles. On commence par des discours et on finit dans des tranchées. Crois, moi, moi qui t’ai connu tout petit, j’en ai vu d’autres. Heureusement qu’il y avait des alliés dans la place, un Piotr cynique et amusant, un Vigneron désabusé et un poil dépressif, un Jean-Luc qui gagne toutes les conversations, un Pierre dur comme la pierre, un Juan Nessy résolument fraternel, un crapaud rouge pointilleux, un Sylla tombé de Carybde, et j’en passe, tu peux bien les remercier en effet.

    1. çà, dès qu’on à le dos tourné…^^
      « C’est que c’est dangereux la philo…On commence par des discours et on finit dans des tranchées » …en caporal, c’est pas les mêmes ceux qui discourent et ceux qui s’enterrent tous seuls. ce rapprochement est svt fait ici : idées guerres. dans l’ordre du language pourquoi pas, les mauvaises idées ne méritant aucune pitié, au delà, c’est faire le contraire de ce que l’on se propose.
      Laborit que vous me faites découvrir (merci) : « D’après lui, « Tant qu’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent et tant que l’on n’aura pas dit que jusqu’ici cela a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quoi que ce soit qui change. » » pour copier wikipédia. (appliquée à la lettre, cette proposition se présente elle même comme instrument de domination^^ et c’est réducteurs sur les aptitudes humaines… un humanisme matérialiste est un oxymore, et une pensée dotées de bcp de contradictions internes, dont les  » « amis » en blouse blanche »).
      néanmoins, je suis d’accord pour dire que le rapport à l’autre est une question clef. mr martin et d’autres le sentent bien, et je le soutiens dans son approfondissement du « care » qui n’a de sens que dans un rapport concerné et généreux à l’autre (amour chrétien pour les chrétiens…voire la fraternité : 2 notions universelles (dans leur vocation et la réalité)).
      ce rapport est une construction mentale dont l’éducation peut s’emparer, prenant la forme de l’intêret bien compris (étendu à soi, son groupe, ou plus large) égoïste (mais mieux que rien^^) pour les matérialistes, et d’une réelle solidarité pour les autres (humanistes et spiritualistes). ou les médias. car la seule pression économico politique rame en sens inverse, ue en tête, avec un « care » de fond de pension ou de mécènes défiscalisés… du coup, il vaut mieux se demander ce que l’on veut.

      d’ailleurs, mr martin pourrait faire un billet sur les différentes approches de la question.
      les définitions, les pratiques, les limites et les contraintes, et décortiquer ce « souci de l’autre » qu’utilise jorion ( Sorge? mein herr?) : le rapport et l’autre, et ses possibilités de mise en oeuvre.(pour ma paroisse, au moins çà ne sera pas limité à une métaphysique normalisée^^).

      un salut à ceux que vous citez pour leur patience et volonté, jean luc spécialement qui me semble en plus un très bon médiateur.
      bien à vous

      P.S. : juste pour le détail : Charybde est un goufre (« tombé de »…surgit, non?^^). et Sylla est surtout un haut fonctionnaire romain du 2eme 1er siècle avant notre ère alliant presque toutes les qualités ET toutes les tares de l’empire… un peu le oscar wilde/dorian gray de son temps^^

  41. @sylla

    Votre traitement de Laborit me chagrine. A nous lire sur ce blog, je pense parfois à Alexandre Dumas regrettant le salon de madame de Montesson, laquelle fut, par l’ Empereur, inscrite à une forte rente afin de maintenir l’art de la conversation et du savoir écouter tel qu’au siècle de Louis XIV.

    « Nous avons connu des vieillards qui étaient hélas! ce que nous ne sommes plus, c’est à dire des hommes de bonne compagnie. Nous les avons vus, mais nos fils ne les verront pas. Voilà ce qui fait , que nous ne valons pas grand-chose, que nous vaudrons mieux que ce que vaudront nos fils »

    A. Dumas, dédicace de  » Les mille et un Fantômes »

    Dumas poursuit:

    « Il est vrai que tous les jours, nous faisons un pas vers la liberté, l’égalité, la fraternité, trois grands mots que la révolution de 93, vous savez, l’autre la douairière, a lancé au milieu de la société moderne, comme elle eut fait d’un tigre d’un lion et d’un ours habillés avec des toisons d’agneaux : mots vides malheureusement,et qu’on lisait à travers la fumée de juin sur nos monuments publics criblés de balles. »

    De bonne compagnie, et presque d’un autre temps, Paul Jorion nous invite à réinscrire le Prix dans la lecture qu’en fit d’Aristote, il nous invite à moins de terreur et plus de raison. Pour ce qui est de comprendre la domination, Laborit est essentiel à écouter, de même l’aspiration au sentiment océanique est un fait social que nous devrions nous efforcer de ressaisir comme concept, au travers de ceux qui nous précède; par exemple, la psychanalyse, Laborit et Marcuse. Mais peut être, préférerons-nous que l’ appel encore vague  » …. et l’humain ….et l’humain….et l »humain », ne s’éteigne en vagues molles, comme un écho à peine né, fracassé.

    La proposition est de construire l’océanité et la gratuité comme concepts opératoires , et non pas de les apposer comme de nouvelles détentes pour affects; les aspirants dictateurs cherchent de nouveaux détonateurs pour faire péter les vieilles passions de liberté d’égalité et de fraternité, à quoi bon les aider ? Faut-il mettre le vocabulaire divin de leur côté ?

    1. jean luce

      par ordre logique :

      concepts « opératoires » versus vieilles passions… analyse de profondum confirmée par : « liberté égalité fraternité »= »vocabulaire divin ». cela souligne une conception très particulière du divin (laïc^^ ici par ex et entre autres…)… je suis curieux : l' »âme » ou « dieu », vous le mettez dans quel type de vocabulaire? ou à l’inverse, la frontière divin/pas divin, vous la mettez où? (imagination/expérience d’avec les sens?.

      heureusement, les devises de notre république sont les paravents de nos dictateurs… au moins on est d’accord sur un point.
      mais pour moi la conclusion est qu’il faut abattre les imposteurs… pas de changer de devise.
      en plus pour réintroduire du sentiment religieux par incantation…

      et votre juxtaposition de laborit d’avec le marcuse confirme aussi toutes ces confusions (de bases que l’on peut lire au fil de ce blog) : des matérialistes parlant d’humanisme ; c’est cela le paravent que dumas (je ne connaissais pas^^) semble narrer dans vos citations.

      vous me dites qu’ils sont essentiels… sous quels critères? depuis 50000 ou plus que l’homme pense et depuis 6000 d’histoire où il écrit… et pour caricaturer leur position politique : neurologie pour tous pour l’un (j’en ai fait 2 ans, ce personnage n’avait pas attiré mon attention, mais il a l’air bon en chimie de la cellule) et du « eros » (wiki : « Marcuse rejoint à la fin de sa vie une optique pessimiste. L’esthétique est une forme de liberté, ultime refuge contre la soumission de l’homme au système répressif »… un grand expert es liberté à la logique droite et infaillible l’herbert^^. avec l’age, c’est sûr qu’eros se ramollit. se réfugier dans les ombres de la caverne, qd même, c’est dommage… çà à le mérite d’être un bon exemple à ne pas suivre), pour l’autre.
      si vous les pensez essentiels, faites au moins autre chose que le proclamer…
      d’ailleurs pour marcuse et ses fr^res ( http://fr.wikipedia.org/wiki/école_de_Francfort ) en avoir lu plus d’un tiers me suffit pour l’instant (marcuse adorno horkheimer benjamin et habermas) amplement. pardonnez moi, mais au delà du malaise qu’ils pronostiquent et les paradis qu’ils proposent il n’y a pas de différences métaphysiques (c’est donc un paradoxe). de plus certains possèdent pourtant une métaphysique propre (second paradoxe : celui ci expliquerait il celui là? bien évidemment, on parle de foi…).

      tout humanisme qui ne croit qu’à la matière est un mensonge (svt sincère malheureusement), çà me fait rire (sans méchanceté notez, puisque j’essaye de temps à autre de rappeler la logique de base), mais quand c’est un discours politique ou social, c’est de la dictature (douce ou non n’est pas la question). où voyez vous l’humain dans la matière? ce tas d’atomes?
      notez que je pourrais vous demander l’inverse : où est il dans l’esprit?
      tout dogmatisme métaphysique s’écartant de son domaine d’application propre, est un anti-humanisme…

      vous comprendrez donc que  » » …. et l’humain ….et l’humain….et l »humain », ne s’éteigne en vagues molles, comme un écho à peine né, fracassé. » est bien un choix. les incantations au »nouvel » humain, plus humain que l’humain (ce simple maillon de l’évolution que nous connaissons avec tant d’orgueil, et qui fonctionne si mal) ne soutiennent elles pas cette extinction?

      P.S. :
      et l’empereur manchot qui soutient financièrement (la famille bonaparte était actionnaire de la banque de france…çà a pas du être difficile de donner qq miettes pour calmer la bonne société autour de ces dames pdt que les hommes s’occupaient des affaires sérieuses^^ il était corse et franc maçon qd même) »l’art de la conversation et du savoir écouter » au travers d’un salon… vous croiriez vous ironique? me comparez vous à ces entretenus politiques qui ne frayent qu’entre eux? avant de me mettre du coté des dictateurs en conclusion?

      brebis égarée, inconsciente et sentimentale que je suis… merci de me faire partager votre chagrin.
      un lien se dessinerait il chez vous entre ces deux visages, l’oppression de l’individu et les castes sociales? cet instinct vous serait certainement plus salvateur que toute description issue du formalisme dont je vous parle, qui ne fait que noyer l’important dans le détail de la même manière que nos médias nationaux. après c’est de l’Histoire.

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