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Escroquerie à la Réserve fédérale : de Bernanke à Bernankoff ?, par Onubre Einz

Billet invité. Vous avez été plusieurs à me signaler ce billet. Je me suis adressé à son auteur, Onubre Einz, lui demandant le droit de le reproduire ici, ce qu’il m’a très aimablement autorisé de faire. Comme il le dit sans ambiguïté : il ne s’agit que d’une hypothèse.

Dans un post récent, nous émettions des doutes sur la politique financière des USA ; les achats de bon du Trésor des USA nous servaient à exprimer de lourdes interrogations sur les acheteurs des bons émis, la thèse de l’achat en sous-main des titres nous paraissait plausible. La démarche que nous avons initiée est poursuivie ici en prenant pour base un examen serré des comptes de la Réserve fédérale (Fed).

Ces comptes donnent lieu à de sérieuses interrogations sur la politique menée par la Fed. Ces doutes concernent deux éléments : d’une part la sincérité des émissions de titres de dette par le gouvernement américain – qui est sujette à caution -, d’autre part un possible soutien au secteur immobilier via les opérations de rachat de créances titrisées des GSE Fannie Mae et Freddie Mac. Si notre lecture est vraie, la Fed sortirait de ses domaines d’attribution depuis l’arrivée de l’administration Obama avec des risques colossaux pour l’économie mondiale.

L’examen qui suit ne doit surtout pas être pris pour « argent comptant ». Nous formulons des hypothèses de lecture en les étayant pas un examen précis des comptes de la Fed. Nous ne prétendons en aucune manière dire le fin du fin de la politique financière des USA. Il ne faut pas plus voir dans les suppositions que nous formulons une énième expression de la théorie du complot ; les USA sont au cœur d’une tourmente pouvant laisser libre cours à des collusions entre acteurs financiers – privés et publics – afin de mettre en place des opérations douteuses de sauvegarde de l’économie américaine. On formulera simplement les raisons pour lesquelles la politique de la Fed pourrait avoir pris une direction inusitée dans un contexte historique exceptionnel.

Pour construire notre argumentation, nous avons utilisé deux documents : Les “Flow of Funds account Z.1″ de la Fed, tableau F. 108 et L. 108, Monetary Authority et les “Factors Affecting Reserve Balances H 4.1″ de la Fed, December 17 2009. Les données du quatrième trimestre qui figurent plus haut dans les graphiques sont extraites et compilées à partir du document H 41 de la Fed. Tous les chiffres des tableaux sont en Md de $.

L’examen des comptes de la Fed peut se diviser en deux : le passif de la Fed correspondant à la couverture financière de ses opérations, ces opérations elles-mêmes qui constituent ses actifs. Le plan que nous suivrons est donc simple, l’examen des couvertures sera suivi de celui des actifs de la F.E.D. Ce sont les actifs qui constitueront la matière de nos investigations. Au final, nous replacerons notre lecture des comptes de la Fed dans le cadre de la politique générale de l’administration Obama.

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Le Congrès se rebiffe !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

On aurait tort de bouder son plaisir : les élus démocrates semblent s’être souvenus à point nommé que pour être réélus il faudrait qu’ils aient autre chose à présenter à leurs électeurs que leur sourire coincé et la bonne volonté maladroite dont ils font preuve depuis janvier. Les voilà donc émergeant soudain du tombeau.

Depuis que le Président nouvellement intronisé les avait laissés en plan, otage pitoyable d’un gouvernement et d’une équipe de conseillers recrutés dans la chambre aux horreurs qui s’étaient empressés de le bâillonner, ils étaient là, vacillant sur leurs jambes flageolantes et complètement sonnés.

Les voilà donc qui reviennent à la vie sous l’impulsion d’une équipe de super-héros bizarroïde composée du libertarien Ron Paul et du démocrate de choc Alan-Où sont passés les ronds ?-Grayson, lesquels sont donc parvenus à obtenir le principe d’un audit de la Federal Reserve, et ceci par un vote de 43 voix contre 26 à la Commission des Services Financiers du Congrès.

Le challenger en KO technique s’est donc remis sur ses pieds et en a profité pour décocher un crochet du droit fulgurant à la mâchoire de Mr. Bernanke, lequel n’en revient pas : son visage décomposé reflète sa prise de conscience soudaine de deux dures vérités : primo, qu’il faudra peut-être expliquer un jour quelle proportion exacte des 182 milliards de dollars dégagés sans piper mot lors du sauvetage d’AIG sont allés droit dans l’escarcelle de Goldman Sachs et secundo, que sa nomination pour un second mandat à la présidence de la Fed n’aura sans doute pas lieu dans un fauteuil. La foule exulte !

D’accord, il reste encore onze rounds à assurer ! Comme le disait Laetitia Bonaparte : « Pourvou que ça doure ! »

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Nos Américains préférés

Si j’ai peut-être un peu l’air de ne pas faire grand-chose ces jours-ci, c’est que j’ai été réquisitionné pour quelques bonnes causes. La première consiste à faire le bilan de 2009 et comme j’ai beaucoup à dire sans peser mes mots, cela prend le temps de l’écrire. La seconde consiste à donner un coup de main à ceux qui veulent dénoncer ce que j’appellerai désormais « l’état d’urgence » : celui que la finance a instauré pour son propre bénéfice afin de ne plus devoir rendre compte de ses agissements. Et la troisième, consiste à préparer de diverses manières la sortie du film de Michael Moore : « Capitalism : A Love Story ». Avis à la population : si vous habitez Dijon ou ses environs, le 27, c’est-à-dire vendredi de la semaine prochaine, je présenterai le film à l’occasion de sa sortie dans votre bonne ville (oui : je sais que Philippe le Bon transféra autrefois la capitale de la Bourgogne de Dijon à Bruxelles mais je n’y suis vraiment pour rien !)

Qu’adviendra-t-il des gens comme vous et moi ? Je veux dire, de ceux qui ne se satisfont précisément pas de l’état d’urgence ? Et qu’adviendra-t-il aux États–Unis de Simon Johnson – ancien économiste en chef du Fonds Monétaire International, qui proposa une interprétation de la politique américaine sur le modèle russe où une oligarchie tient en otage son gouvernement, d’Elizabeth Warren – à la tête de l’office du Congrès qui supervise le TARP (Trouble Assets Relief Program), le programme gouvernemental de sauvetage de l’industrie financière – et pose les bonnes questions, d’Alan Grayson – le parlementaire américain qui traque inlassablement les sommes allouées sous le manteau dans le cadre de l’état d’urgence, ainsi que de Marcy Kaptur – qui encouragea les familles dont la maison est saisie de résister par tous les moyens à leur éviction ? Sont-ils les héros du monde nouveau qui émergera des décombres ? Ou apparaîtront-ils plus tragiquement comme des prophètes dérisoires, prêchant dans le désert et incapables de rien faire qui empêche la débâcle ?

Nous avons déjà beaucoup parlé de Simon Johnson, d’Elizabeth Warren ou d’Alan Grayson mais je n’ai pas encore mentionné Marcy Kaptur. Alors, la voici, recommandant à ceux qui perdent leur logement, d’en devenir les squatters.

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