Archives par mot-clé : algos

LES ALGOS ET LA DYSTOPIE CHINOISE, par François Leclerc

Billet invité.

L’époque est plus propice aux dystopies qu’aux utopies, leur opposé, quand bien même ces dernières peuvent aujourd’hui se prévaloir du réalisme, elles aussi dans l’air du temps. Mais s’il est aisé de décrire sombrement l’avenir qui se présente, il est moins facile d’y résister.

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LA DISPARITION « EXPONENTIELLE » DU TRAVAIL

Vous verrez cela ici : une vidéo du Financial Times.

Le travail disparaît avec une accélération « exponentielle ». Et il ne s’agit pas d’une histoire d’ouvriers spécialisés qui ne vous concerne pas : il s’agit du travail requérant Bac + X que VOUS faites en ce moment !

Le travail… disparaît

© Financial Times

Aux États-Unis : le travail en rouge, les profits en bleu. L’écart qui se creuse entre les deux, ce sont les machines : robots, « algos » ou logiciel vulgaris

 

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LE CAPITALISME CE MATIN

Dans mon livre La crise du capitalisme américain (2007), j’annonce, avec moult détails, la crise des subprimes. Dans une première partie – qui reprend ce que j’avais déjà écrit dans mon Investing in a Post-Enron World (2003) – j’annonçais autre chose, qui se produit là aussi, même si c’est de manière plus larvée et moins spectaculaire : la fin des marchés boursiers au comptant et à terme.

On parlait encore peu à l’époque de High Frequency Trading, de dark pools ou d’algos, mais tout cela était déjà là, en germe ou en préparation, en tout cas connu ou éminemment envisageable pour les gens de la branche.

Les incidents d’hier sur les marchés boursiers américains, dont Knight Capital, très présent sur le HFT et dans les dark pools, a accepté la responsabilité, est très révélateur de ce processus d’autodestruction des marchés prévisible depuis une dizaine d’années.

Pour ajouter à la morosité, Bill Gross, fondateur et co-dirigeant de PIMCO, filiale d’Allianz, le plus gros fonds de gestion obligataire américain, a annoncé la fin de la Bourse, faute de croissance et en raison d’une surévaluation chronique du cours des actions, annonciatrice d’une « correction » dévastatrice. Il a ajouté en post-scriptum, pour compléter le tableau, qu’avec des coupons négatifs pour les produits de dette encore fiables, le marché obligataire était mort lui aussi.

Je rappelle à toutes fins utiles, qu’un autre de mes livres s’intitule Le capitalisme à l’agonie (2011).

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P.S. Mon premier billet entièrement sur iPhone. Chapeau quand même MM. Steve Jobs et les autres.

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COMPLEXITÉ ET EFFET « SKYNET »

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui s’est rapproché de celui que l’on voyait représenté dans les films de science-fiction des années 1950, dont certains étaient d’ailleurs excellents en raison des questions de fond qu’ils posaient quant à la prise de pouvoir par les machines ou plus simplement à notre perte de maîtrise sur le monde dû à leur envahissement, envahissement que nous avons activement encouragé depuis plusieurs siècles. Le film 2001, l’Odyssée de l’espace (1968), s’achève par un combat entre la machine à qui la mission a en réalité été confiée et qui sait comment la mener à bien, et le membre d’équipage humain dont le sacrifice a été lui programmé ; c’est l’arrogance de ce dernier, incapable d’imaginer même qu’on ait pu le priver de la responsabilité de la mission, qui fait qu’il se rebiffe et qu’il parviendra à se sauver – même si la nature de son salut se révèle alors très problématique.

Le High Frequency Trading fait que les marchés boursiers sont aujourd’hui la proie des automates qui s’affrontent dans des duels se déroulant dans leur espace. Derrière les algos, il y a bien sûr des programmeurs, qui sont les auteurs de ces logiciels, et qui peuvent en examiner les effets en fin de journée, et corriger le tir si nécessaire, voire introduire des améliorations et apporter des innovations. Il n’empêche que certaines techniques d’apprentissage pour ces algos, comme les réseaux neuronaux ou les algorithmes génétiques (au comportement intime impénétrable à des yeux humains), rendent leurs comportements très largement autonomes tant qu’ils sont à l’œuvre. S’exerce désormais du coup, ce que l’on a pris l’habitude d’appeler l’« effet Skynet », du nom du réseau informatique tout-puissant dans le cycle cinématographique Terminator, où les êtres humains n’interviennent plus que dans un contexte global où les décisions majeures sont en réalité prises par une confédération d’ordinateurs.

La question qu’il faut se poser aujourd’hui le plus sérieusement du monde, c’est : disposons nous encore du pouvoir sur les ordinateurs et sur les automates (à part celui bien entendu de couper le courant), et si nous l’avons perdu, comment faire pour le reprendre ?

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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