COMPLEXITÉ ET EFFET « SKYNET »

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui s’est rapproché de celui que l’on voyait représenté dans les films de science-fiction des années 1950, dont certains étaient d’ailleurs excellents en raison des questions de fond qu’ils posaient quant à la prise de pouvoir par les machines ou plus simplement à notre perte de maîtrise sur le monde dû à leur envahissement, envahissement que nous avons activement encouragé depuis plusieurs siècles. Le film 2001, l’Odyssée de l’espace (1968), s’achève par un combat entre la machine à qui la mission a en réalité été confiée et qui sait comment la mener à bien, et le membre d’équipage humain dont le sacrifice a été lui programmé ; c’est l’arrogance de ce dernier, incapable d’imaginer même qu’on ait pu le priver de la responsabilité de la mission, qui fait qu’il se rebiffe et qu’il parviendra à se sauver – même si la nature de son salut se révèle alors très problématique.

Le High Frequency Trading fait que les marchés boursiers sont aujourd’hui la proie des automates qui s’affrontent dans des duels se déroulant dans leur espace. Derrière les algos, il y a bien sûr des programmeurs, qui sont les auteurs de ces logiciels, et qui peuvent en examiner les effets en fin de journée, et corriger le tir si nécessaire, voire introduire des améliorations et apporter des innovations. Il n’empêche que certaines techniques d’apprentissage pour ces algos, comme les réseaux neuronaux ou les algorithmes génétiques (au comportement intime impénétrable à des yeux humains), rendent leurs comportements très largement autonomes tant qu’ils sont à l’œuvre. S’exerce désormais du coup, ce que l’on a pris l’habitude d’appeler l’« effet Skynet », du nom du réseau informatique tout-puissant dans le cycle cinématographique Terminator, où les êtres humains n’interviennent plus que dans un contexte global où les décisions majeures sont en réalité prises par une confédération d’ordinateurs.

La question qu’il faut se poser aujourd’hui le plus sérieusement du monde, c’est : disposons nous encore du pouvoir sur les ordinateurs et sur les automates (à part celui bien entendu de couper le courant), et si nous l’avons perdu, comment faire pour le reprendre ?

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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302 réflexions sur « COMPLEXITÉ ET EFFET « SKYNET » »

    1. Le point faible de Jacques Ellul me semble être de s’en prendre à « la modernité ». Par exemple les Égyptiens de l’antiquité dont il vante le refus d’utiliser la roue parce qu’elle était pour eux un symbole religieux étaient déjà déterminés par des techniques (irrigation, etc.) Peut-être regrette-t’il la lenteur des évolutions de ces époques et l’adaptation que ça permettait mais il me fait penser aux écologistes qui prônent maintenant le chemin de fer avec les mêmes arguments qu’ils l’auraient combattu en faveur des diligences et avant cela combattu la traction animale, etc.

      Ceci dit, accepter de distinguer les évolutions techniques du mythique « progrès » derrière lesquelles on se satisfait de les dissimuler est déjà un très sérieux progrès!

      1. Il ne vante ni ne regrette rien, il constate.

        Il constate que la Technique était un moyen et qu’elle est devenue un milieu. C’est à mon sens totalement approprié avec l’effet skynet dont parle Paul Jorion. La Technique a changé de nature, elle s’est érigée en système, ce système progresse et fonctionne selon ses propres lois (autoaccroissement, autonomie, …).
        Elle fonctionne selon ses propres fins et l’homme a de plus en plus de mal à exercer sa propre liberté face à elle. Il faut lire Ellul : la technique ou l’enjeu du siècle, le système technicien, le bluff technologique, … Ils ont tous été réédités ces dernières années, on peut les trouver sans trop de difficultés.
        Lumineux !

      2. @Axel

        J’ai tenté de lire un des bouquins d’Ellul il y a quelques dizaines d’années et n’y suis parvenu qu’à moitié. L’explication est peut-être que j’ai eu l’occasion d’être en contact dans ma jeunesse avec des gens nés à la fin du 19ème siècle (un de mes grand-père portait un nom à particule et avait fait la guerre de 1914 dans la cavalerie!) Ces anciens avaient tendance à confondre dans une même réprobation toutes les évolutions auxquelles ils avaient assisté: les changements techniques et leurs répercussions sur le mode de vie aussi bien que la musique de jazz venue d’Amérique. Les changements dans la manière de vivre accompagnaient l’affaiblissement de leur autorité jusqu’en 1968.

        La situation actuelle est plutôt inversée: les partisans de l’énergie nucléaire sont les autorités en place et celles-ci ont abandonné leurs efforts pour défendre la tradition, la religion et les bonnes moeurs…

      3. La situation actuelle est plutôt inversée: les partisans de l’énergie nucléaire sont les autorités en place et celles-ci ont abandonné leurs efforts pour défendre la tradition, la religion et les bonnes moeurs…

        Balivernes, les autorités en place ont toujours été des partisans des technologies nucléaires (civiles ou militaires c’est pareil), avant même qu’elles existent. Idem pour « le reste ».

  1. La limite c’est peut être lorsque la machine est capable d’apprendre, d’améliorer ses algos par exemple. Tant qu’il y aura des bugs, c’est qu’il y aura de l’humain.
    Une machine capable d’apprendre serait à même de remettre le jus, ou d’empêcher sa coupure.

    1. oui vous avez raison Marc. Il est facile de pousser l’analyse du réseau devenant intelligent… Toutes nos usines et infrastructures sont déjà contrôlées (au sens primaire) grâce à des ordinateurs …
      Notre pensée consciente est le résultat de l’activité d’un réseau complexe de connexions neuronales… et il est arrogant aussi de penser que l’on sait comment on pense : voir la découverte de Benjamin Libet et ce qu’en dit ici PJ.

  2. Ce sera certainement très difficile de récupérer le pouvoir perdu. A chaque innovation technologique correspond une perte d’autonomie. On s’en remet à cette techno pour réaliser ce que chacun faisait peut-être moins vite. Mais surtout on perd un savoir et un savoir faire précieux. Paradoxal comme une nouvelle connaissance en chasse une plus ancienne. Plus un organisme est complexe et raffiné plus il est fragile. De ce point de vue, nous sommes au seuil d’un mutation proprement phisiologique de l’homme.

      1. @ jck
        purée ! donnez vite les adresses des bistrots où l’on discute comme ça !

        Michel serres avait été il y a trente ans un précurseur sur l’analyse des réseaux bien avant l’invention d’Internet (je pourrais essayer de retrouver les réf. mais peu importe) ; on peut comprendre son enthousiasme… mais c’est très limité de votre part de penser que le problème évoqué par Paul relève de la pensée de bistrot.

      2. C’ est tout ce que vous en avez tiré de votre lien ? Pensée de bistrot concluez vous pour qualifier ce qui est proposé ici :

        « c’est l’arrogance de ce dernier, incapable d’imaginer même qu’on ait pu le priver de la responsabilité de la mission, qui fait qu’il se rebiffe et qu’il parviendra à se sauver – même si la nature de son salut se révèle alors très problématique. »

        Vous en faites quoi concrètement de cette connaissance indiquée dans votre lien ?

      3. Je lis dans le compte rendu de la conférence de Michel Serre que grace à la révolution informatique , nous avons externalisé notre mémoire. cela me pose problème. Cette externalisation est certe plus efficace, en revanche et paradoxalement ellle nous fragilise. Pour nous en sortir dans ce monde, nous avons toujours eu recours au « Deus es Machina ». Autrement dit à l’exploitation, aujourd’hui à outrance, du milieu naturel dans lequel nous vivons, au lieu de privilégier une vie harmonieuse avec notre environement social et naturel. Surtout que ses connaissances acquises, utilisées judicieusement, pourraient creer un vrai paradi sur notre planète. Pour résumer, il n’était pas nécessaire que notre monde prenne cette direction stupide, simplement parce que les hommes veulent toujours se faciliter la tache, quoi que cela puisse lui coûter. C’est de cette facon que j’ai interpréter les propos de Paul Jorion. Si ce sont des pensées qui sont aussi partagées dans les bistrot, alors il n’y a peut-être paas de raison de désespérer. Mais j’en doute

      4. Attention à ne pas amalgamer la « conversation de café du commerce » et la « brève de comptoir » 🙂
        La première abaisse, la seconde élève par sa profondeur, derrière l’apparente simplicité !

      5. à Julien Alexandre,

        Les premières externalisations de la mémoire comme vous dites en langage contemporain avaient pour but de conserver la mémoire et de la partager.
        Qui vous dit qu’à l’heure où la mémoire s’efface de l’ordinateur, pour employer le même langage, le dessein n’est pas autre ?

      6. @ Marlowe

        Les premières externalisations de la mémoire comme vous dites en langage contemporain avaient pour but de conserver la mémoire et de la partager.
        Qui vous dit qu’à l’heure où la mémoire s’efface de l’ordinateur, pour employer le même langage, le dessein n’est pas autre ?

        Quel serait-il selon vous ?

      7. Il y a en effet une certaine externalisation de la mémoire, mais que pensez vous de l’accès libre à la connaissance ?

        Avez-vous déjà pensé à internet comme moyen d’apprentissage, d’accès à l’information, de contre pouvoir, d’ascension sociale ?

        Sans internet, combien de personnes parmi vous étaient capable (financièrement et culturellement) d’accéder aux informations dont vous disposez actuellement ?

        Les hiérarchies actuelles sont mises en causes via internet car elles enlèvent l’outil de la connaissance aux personnes qui maitrisaient la formation et l’information via leur tissu social et leurs influences.

        Réduire l’informatique et internet à une externalisation de la mémoire n’est pas correct ni vrai.

      8. à Julien Alexandre,

        Effacer la mémoire, comme la logique, parfois nommée bon sens ou sens commun, a été effacée d’un grand nombre de mémoires individuelles et des mémoires collectives.

        Et je n’affirme pas qu’il existe pour ce faire un endroit secret où se réunissent des conspirateurs mais qu’il suffit aux diverses ententes qui décident de tout d’oeuvrer dans la même direction, comme le montre le traitement médiatique de toutes les informations.

      9. à Julien Alexandre,

        Quel était l’intérèt de la disparition de la logique ?
        Quel est l’intérèt de l’enseignement de l’ignorance ?
        Quel est l’intérèt du développement insensé des divertissements de toutes natures ?

        Asseoir la domination, refouler la critique et occuper les pauvres après leur travail ou à défaut de les faire travailler..

        A qui profite le crime ? Je crois que vous le savez.

        P.S.1 Je viens de recevoir un livre de Nicholas Carr, Internet rend-il bête ? On y retrouve HAL, dont le vrai nom, impossible à citer dans le film, est IBM.
        Je vous en parle bientôt.

        P.S.2 Par ailleurs, ce qui est justement nommé externalisation de la mémoire est une dépossession, tout comme les techniques informatiques transforment la vente d’un livre au format électronique en location longue durée.

      10. @ Marlowe

        Donc l’externalisation de la mémoire par l’informatique, c’est un procédé manipulé pour pouvoir enfin de la façon la plus efficace et la plus contrôlée possible « asseoir la domination, refouler la critique et occuper les pauvres après leur travail ou à défaut de les faire travailler… »

        Il me semble assez malaisé de se prémunir contre l’accusation de complot et de développer dans la foulée ce type de raisonnements au demeurant limite paranoïaque, nourris par une lecture du progrès qui ne se nourrit que des éléments qui valorisent son aversion.

      11. @Tolosolainen
        Je pense en effet qu’il n’y a rien de plus bête que la science fiction des années 50/60 ces types sont tout simplement incapable de penser la technologie, de comprendre qu’elle change l’homme, et pour le mieux. Le pire dans le grotesque sont les films qui se passent à l’évidence dans le passé, comme starwars (empires, toges, combats à l’épee) mais avec des gadgets technologiques… (les épées sont laser…) c’est le niveau 0 de la pensée. Il n’y aura plus jamais d’empire après la révolution de la connaissance que nous sommes en train de vivre. C’est comme la seconde loi de la thermodynamique on ne peut pas revenir en arrière. Même Orwell qui est peut être le moins bête de tous a eut absolument tout faux, il a imaginé un pouvoir centralisé utilisant la technologie pour surveiller tout le monde, que ce passe t’il aujourd’hui? Tout le monde utilise une technologie décentralisée pour surveiller le pouvoir!
        Se tromper à ce point symétriquement c’est tout de même spectaculaire non?
        2001 est, grâce à l’incroyable génie de Kubric un excellent film dramatique mais c’est un exploit, partant d’un livre imbécile.

      12. à Julien Alexandre,

        Je pense que vous avez, pour des raisons que j’ignore, une manière de voir qui exclut, a priori, tout complot, y compris même celui pourtant évident qui est la marque commune des grands de ce monde et qui consiste à tout faire pour que durent ce monde et leurs privilèges.
        C’est me semble-t-il le sujet du blog a minima dans le domaine de la dérive de l’économie.
        Je pense par ailleurs que dans ce monde qui rend paranoïaque, un individu, ou un groupe, ou une classe sociale, peut être réellement persécuté.

        Permettez-moi de vous faire remarquer que vous avez une interprétation de mes propos sur l’externalisation de la mémoire qui vous est toute personnelle et qu’il serait intéressant de répondre, ou de vous interroger, sur mon opinion concernant le livre sans papier.
        Pour prendre un exemple du passé concernant la dépossession de la mémoire par une forme d’externalisation, ne croyez-vous que des religions monothéistes ont, dans le passé, et encore de nos jours, confisqué à leur profit la mémoire collective contenue dans les livres ?

      13. @Julien: « Il me semble que l’externalisation de la mémoire n’a pas débuté avec informatique mais bien plus tôt avec le dessin puis l’écriture. »

        Exact. Et Platon la condamnait déjà sans appel, ce qui ne l’empêchait pas d’être un grand écrivain. Voici le débat de l’époque.
        A noter que l’écriture fut une arme démocratique contre les aristocrates, ce qui d’emblée donne un a priori négatif à ce réactionnaire élitiste incurable qu’est Platon. Lorsque Athènes devint démocratique, une des premières mesures fut d’écrire les lois qui jusque là étaient conservées oralement par les juges aristocrates (inutile de préciser ce qu’il devait arriver lorsqu’un pauvre allait en justice contre un riche).
        Marlowe, tu tiens le même discours que Platon le réac. 🙂
        Mon avis est que l’informatique est une occasion à ne pas manquer par les démocrates. Les détenteurs du pouvoir le savent et tentent par tous les moyens de contrôler cet outil difficilement contrôlable (Socrate: « il tombe aussi bien chez ceux qui le comprennent que chez ceux pour lesquels il est sans intérêt ; il ne sait point à qui il faut parler, ni avec qui il est bon de se taire », donc effrayant pour le pouvoir).

        http://cercamon.wordpress.com/2006/05/10/platon-sur-lecriture-phedre-274-276/

        Socrate – J’ai donc oui dire qu’il existait près de Naucratis, en Égypte, un des antiques dieux de ce pays, et qu’à ce dieu les Égyptiens consacrèrent l’oiseau qu’ils appelaient ibis. Ce dieu se nommait Theuth. C’est lui qui le premier inventa la science des nombres, le calcul, la géométrie, l’astronomie, le trictrac, les dés, et enfin l’écriture. Le roi Thamous régnait alors sur toute la contrée ; il habitait la grande ville de la Haute-Égypte que les Grecs appellent Thèbes l’égyptienne, comme ils nomment Ammon le dieu-roi Thamous. Theuth vint donc trouver ce roi pour lui montrer les arts qu’il avait inventés, et il lui dit qu’il fallait les répandre parmi les Égyptiens. Le roi lui demanda de quelle utilité serait chacun des arts. Le dieu le renseigna ; et, selon qu’il les jugeait être un bien ou un mal, le roi approuvait ou blâmait. On dit que Thamous fit à Theuth beaucoup d’observations pour et contre chaque art. Il serait trop long de les exposer. Mais, quand on en vint à l’écriture: « Roi, lui dit Theuth, cette science rendra les Égyptiens plus savants et facilitera l’art de se souvenir, car j’ai trouvé un remède pour soulager la science et la mémoire. »
        Et le roi répondit:
        « Très ingénieux Theuth, tel homme est capable de créer les arts, et tel autre est à même de juger quel lot d’utilité ou de nocivité ils conféreront à ceux qui en feront usage. Et c’est ainsi que toi, père de l’écriture, tu lui attribues, par bienveillance, tout le contraire de ce qu’elle peut apporter. Elle ne peut produire dans les âmes, en effet, que l’oubli de ce qu’elles savent en leur faisant négliger la mémoire. Parce qu’ils auront foi dans l’écriture, c’est par le dehors, par des empreintes étrangères, et non plus du dedans et du fond d’eux-mêmes, que les hommes chercheront à se ressouvenir. Tu as trouvé le moyen, non point d’enrichir la mémoire, mais de conserver les souvenirs qu’elle a. Tu donnes à tes disciples la présomption qu’ils ont la science, non la science elle-même. Quand ils auront, en effet, beaucoup appris sans maître, ils s’imagineront devenus très savants, et ils ne seront pour la plupart que des ignorants de commerce incommode, des savants imaginaires au lieu de vrais savants. »

      14. Marlowe, extrait d’un discours célèbre :

        […] Jamais, dans l’histoire de la France, l’État n’a été plus asservi qu’au cours des vingt dernières années […] par des coalitions d’intérêts économiques et par des équipes politiques ou syndicales, prétendant fallacieusement représenter la classe ouvrière. Il faut aujourd’hui reconstruire a France […] Nous devrons tragiquement réaliser, dans la défaite, la révolution que dans la victoire, dans la paix, dans l’entente volontaire de peuples égaux, nous n’avons même pas su concevoir. […]
        On ne peut faire disparaître la lutte des classes, fatale à la nation, qu’en faisant disparaître les causes qui ont formé ces classes et les ont dressées les unes contre les autres. Ainsi renaîtront les élites véritables que le régime passé a mis des années à détruire et qui constitueront les cadres nécessaires au développement du bien-être et de la dignité de tous.

        L’historien Jean-Pierre Azéma a ainsi pu retenir six caractéristiques de l’esprit qui anime le régime réactionnaire de Vichy  :
        – la condamnation sans appel du libéralisme  
        – le refus du principe égalitaire, proclamé par la Révolution 
        – une pédagogie anti-intellectualiste 
        – la défiance à l’égard de l’industrialisme 
        – l’affirmation d’un nationalisme fermé (qui s’oppose au nationalisme républicain d’avant l’ affaire Dreyfus) 
        – l’appel à un rassemblement national

        5 minutes via Samsung Androïd, Google, Wikipedia, BJ.

      15. Houlà, houlà, ça tire à vue sur le Michel, mais en aveugle et à l’aveugle. Beaucoup lui adressent des critiques complètement hors de propos. Il y a matière à d’âpres discussions avec Serres, mais sur la question mémoire / inscription / appartenance / identité; ou encore information / connaissance; ou sur sa conception finale du corps, ou encore sur une sorte de téléogie communicationnelle. Pour le reste, vous êtes à côté de la plaque. J’ai un peu la flemme de faire une note, mais chacun peut s’instruire utilement dans Eclaircissements, Entretiens avec Bruno Latour (Odile Jacob de mémoire). Si je résume grossièrement autour du point en discussion : seules les fonctions qui ne forment pas l’essence de l’esprit sont mécanisables; la petite flamme du « nous » (noos), le vif argent de l’impromptu inventivité en quoi consiste l’humain trouve d’autant mieux à voleter lorsqu’il qu’il est débarrassé du lourd fardeau de la mémoire et de l’image. Serres pense que nous sommes à l’aube d’une nouvelle renaissance et d’une nouvelle alliance avec la nature, que l’esprit se réalise en se déterritorialisant totalement dans les réseaux qui brassent des écheveaux d’identités bigarrées. Je pense qu’il rêve totalement, mais comme il le dit à maintes reprises, c’est un enfant de la guerre et d’Hiroshima qui a renoncé à une carrière d’ingénieur pour ces raisons (refus de la thanatocratie). Un type estimable, qui aime le rugby, d’une infinie positivité qui le fait délaisser la chicanerie dialectique. J’oublie des tas de choses essentielles, mais je ne doute pas qu’un lecteur reprendra le flambeau.

      16. @Marlowe: « confisqué à leur profit la mémoire collective contenue dans les livres »

        Bien sûr. Mais quand les livres sont apparus, ils ont flippé à mort. Avant cela, les prêtres et les juges détenaient la mémoire collective dans leur tête. C’était bien mieux contrôlable.
        Donc ils ont cherché à contrôler l’écriture et y sont parvenus. Jusqu’à l’invention de l’imprimerie qui a, à nouveau, foutu le bordel dans l’ordre des savoirs. Le pouvoir a donc inventé l’école, ce lieu où l’on apprend ce qui doit être lu et ce qui n’en vaut pas la peine, pour remettre un peu d’ordre. Puis est arrivé l’internet et à nouveau le bordel. Et c’est là que nous sommes, avec le pouvoir cherchant à le contrôler et à dire les sites qui peuvent y exister et ceux qui ne peuvent pas, etc.

      17. J’ai rarement entendu parlé d’algos à base de réseaux de neurones au comptoir… Vous avez l’air de fréquenter des endroits intéressants. Ou alors vous prétendez peut être que vous êtes capable de savoir ce qui se passe dans de telles structures informatiques ?

      18. @ jicé 16:33 , MERCI
        Oui, ça charcle à la machette ci-dessus entre technique, tradition, « valeur travail » que Vichy eut beau jeu de jouer sur le mode « oldies but goldies » (en franglais dans le texte) .

        L’externalisation commence avant l’écriture, avec le LANGAGE lui-même (Leroi-Gourhan, le geste et la parole), comme moyen stable (le seul « à l’époque », ida est, c’est auto-rétroagi) de transmission de la fabrication des outils. On n’apprend pas à dégager des éclats sur son silex finement sans que la voix ne prenne un tiers chemin informatif, non émotif (juste ce qu’il faut, ô néo-cortex, ô Antonio Damasio) , et qui va donc complexifier le langage et le doter des facultés de projection (donc en gros de quoi faire un futur, un passé, des substantifs, mais pour la logique, repassez case Jorion + Levy Brühl+Evans-Pritchard + Bororos + Nuers pour voir que le langage d’avant les grecs a pu être symétrique (et que les langues asiatiques en sont d’une certaine façon un peu là, ô François Jullien )

        Et chronologiquement après Serres, un peu après Latour, mais sur un chemin qui est bien à lui au voisinage d’abord de la pensée de Simondon, de Deleuze, etc, on trouve … Bernard Stiegler, qui remonte lui au langage comme première extériorisation.
        Du coup il théorise (ou gargarise, on pourra critique) à grand coup de « pharmakon », de « sublimation », de « redoublement épokhal » sur cette chose si gênante et si attrayante qu’est la technique, notamment sur la nuance entre notre adaptation à icelle, et notre adoption de la même, dépassée et changée. S’applique évidemment à l’écrit suivant le débat ci-dessous Platon fâché de l’écrit, puis à l’imprimerie, et tarde à s’appliquere aux médias analogiques (mais n’étant pas réciproquen c’est raté d’avance) et aux média numériques (Serres aura-t-il raison ou tort, ou n’aura-t-il pas vu les aliénations tweetantes qui nous falornissent la vie ?… vous le saurez la prochaine émission)

      1. Pour Julien Alexandre,
        C’est vrai, mais on peut dire que la distance est telle qu’il ne faudrait pas grand chose pour qu’elle nous échappe complètement (La mémoire et autre)

      2. Vous n’êtes pas un peu défaitistes ?

        Le cerveau collectif qui est à l’œuvre ici ne vous a pas convaincu ?

        Faire la distinction entre réalité et vérité, explication fantaisiste à but caché et réalité ne vous suffit pas ?

      3. La perte de mémoire causée (permise) par l’imprimerie, nous dit Michel Serres (+- min 40:30) a favorisé la créativité en physique à partir de la Renaissance: les cerveaux ont été libérés de « l’écrasante obligation de se souvenir » qui s’imposait précédemment aux savants, vu le manque de livres.

        (Et plus avant, la perte de la fonction locomotrice des membres supérieurs a permis la main, outil universel, et la perte de la fonction de préhension de la bouche a permis l’apparition du langage… « Perdre » c’est « gagner », dit-il.)

        Et donc, selon Michel Serres, l’ordinateur et les réseaux nous libèrent d’une obligation de mémoire énorme, laissant un grand nombre de neurones pour autre chose…

      4. Le cerveau collectif qui est à l’œuvre ici

        De quoi vous parlez ? 95 % des habitués du lieu n’ont pas bougé d’un iota dans leur tête et dans leurs mots depuis que je les lis, pas loin de 4 ans.

      5. @Marlowe: vois plus haut ce que j’en dis. Tu as du mal à te défaire de certaines catégories bourgeoises. « Juger le savoir », voilà bien une pulsion anti-démocratique. (je te conseille la lecture de Feyerabend pour te remettre les idées en place sur la question épistémologique)

      6. à Moi,

        Je suis tout à fait anti-démocratique comme tu dis et je persisterai à prononcer des jugements de valeur, dire ce qui est bien, ce qui est mal, ce qui est vrai, ce qui est faux, ce qui pourrait être amélioré, etc.
        Je ne veux qu’une chose : c’est ne pas imposer quoi que ce soit à quiconque et réciproquement que personne ne cherche à m’imposer quoi que ce soit.
        Je considère que sur un blog comme celui-ci, les affirmations de chacun, fussent-elles incomplètes, difficiles à comprendre ou empreintes d’erreurs, tant qu’elles ne sont pas fallacieuses (qui cherchent à tromper) sont des dons que chacun est libre de recevoir et de rendre.

      7. @Marlowe: désolé, j’ai peut-être mal compris le sens de ta phrase ci-dessus (« on perd la capacité de juger ce savoir ») mais c’est parce que tu as tenu des propos réactionnaires (« Internet rend-il bête? »). Juger un savoir, chacun doit le faire et le fera de toutes façons. Bien ou mal, nous le faisons tous à notre mesure.
        Mais dire qu’il y a une hiérarchie des savoirs, valable pour tous, voilà qui n’est pas démocratique et qui pour moi met direct au panier les discussions de vieux con sur la baisse du niveau scolaire ou l’abêtissement des jeunes. Premièrement, j’ai trop bon souvenir de la connerie des adultes de mon enfance, ceux-là même qui ont vécu « l’école de qualité » (les jducac). Deuxièmement, les jeunes d’aujourd’hui qui sont nés avec internet ont un sens critique bien plus développé que leurs aînés; parfois ça part dans tous les sens, mais ils n’ont pas la passivité intellectuelle de ceux de ma génération élevés à la télé (qui eux-mêmes sont déjà plus éveillés que ceux qui n’en ont pas eu, désolé c’est comme ça que je le perçois).

      8. De quoi vous parlez ? 95 % des habitués du lieu n’ont pas bougé d’un iota dans leur tête et dans leurs mots depuis que je les lis, pas loin de 4 ans.

        CF le taulier …

        Sinon, vous ne trouvez pas ça sclérosant ?

        J’ai l’impression que les différents posts sont plus une superposition d’avis que des discussions, que des multilogues (dialogue, faut être deux, alors comme on est plusieurs …).

        Ceci est sans doute du au nombre impressionnant de messages qu’en fin de compte personne ne lit vraiment s’ils font plus de trois lignes.

        Je pense qu’on est tous d’accord pour dire qu’on va dans le mur et qu’on se sent impuissants devant la lokomotive (sic) stalinienne capitaliste qui avance en continuant d’accélérer vers le ravin.

        Que faire ?

        Même à la chronique agora, ils ont la bonne analyse :
        http://la-chronique-agora.com/revenus-crise-economique-a-efface-vingt-ans-de-progres/

        Vous, cher lecteur… et quiconque fait un peu attention… vous savez déjà que quelque chose n’allait pas. La plus grande économie du monde, lors de la période la plus inventive et la plus dynamique de l’histoire de l’humanité, n’a pas rendu les gens un centime plus riches.

      9. Vigneron.
        Critiquer les autres est une manière malhonnête de se vanter. (Oscar Wilde)

        Une autre petite citation en passant (ça m’évite de réfléchir …).

        « Ce n’est pas signe de bonne santé que d’être bien adapté à une société profondément malade »
        (j. Krishnamurti)

      10. @MOI comte deux mots :
        //// Deuxièmement, les jeunes d’aujourd’hui qui sont nés avec internet ont un sens critique bien plus développé que leurs aînés; parfois ça part dans tous les sens, mais ils n’ont pas la passivité intellectuelle de ceux de ma génération élevés à la télé /////
        MDR !!
        Meme en CET ou en LEP , on lisait la gueule ouverte et Charlie , qui débitait des textes de socio , de philo , du Reich ou du Bourdieu … … va voir sur Wiki le sens extendu de Neoténie qui arrange tout le monde !……les outils modernes , s’ils permettent une approche rapide des infos , supprime la « muscu » intellectuelle ….qu’ un contenu débile puisse avoir un gain sur le contenant … «  »La forme , c’est le fond qui remonte a la surface » » (Johnny Halliday )

      11. @kercoz: « on lisait la gueule ouverte »

        On? Qui ça « on »? Sortez de votre bulle d’intellos citadins qui ont fait mai 68, je parle du commun des mortels. Ils lisaient pas Charlie Hebdo et ils étaient très cons, racistes, réacs, etc. Même pas par méchanceté, juste parce qu’avec un horizon limité. La guerre d’Algérie, tout ça, vous croyez pas qu’il faut une grosse masse de la population avec des oeillères? (et je parle que de la période après WW2, pas des nazis ou des poilus qui partent en chantant vers les tranchées ou, pire, des siècles passés)
        Muscu intellectuelle faute d’outils moderne… Avec cette logique, c’est à la préhistoire que la muscu intellectuelle était la plus forte (pas d’ordi, pas de télé, même pas d’écriture, tout dans la tête). Mais la réalité c’est qu’en ces temps reculés, pour un Démocrite ou un Archimède, il y avait un million de véritables demeurés.

      12. à Moi, à Julien Alexandre et à tous,

        Dans une période plus riche en esprits logiques, il y aurait eu des réactions stupéfaites de voir traiter de « réactionnaire » un quidam qui cite le titre d’un livre.
        Ce titre a été choisi par l’éditeur français pour attirer le chaland (le titre d’origine, en langue américaine, du livre de Nicholas Carr est THE SHALLOWS) et le livre traite, d’une manière qui se prétend critique (je n’ai lu que le premier tiers et je ne peux pas déjà me prononcer), du bouleversement sur nos esprits et notre comportement social qu’induit Internet :

        Faites donc ce test : lisez tranquillement ce livre sans aller surfer sur Internet…
        Vous pensez ne pas pouvoir y parvenir ?
        C’est que Nicholas Carr a raison :
        Internet a déjà modifié votre cerveau.

        Je ne me pense pas réactionnaire en explorant un sujet que Paul Jorion a effleuré dans son article, qui, certes, renvoie plus à d’autres utilisations et développements de l’informatique, mais qui est un sujet fondamental pour l’avenir de la civilisation humaine : sa capacité critique.
        Dans les années 70, il est paru un livre de Marshall McLuhan, Pour comprendre les médias : les prolongements technologiques de l’homme, qui lançait un signal d’alarme sur le développement des techniques électriques de communication : les médias.
        L’une des idées fortes de cet ouvrage est que « le médium, c’est le message« .
        Il semble que cette idée a disparu de nos jours.

        Et comme, à défaut d’être réactionnaire, je suis fier d’être conservateur et libertaire, au sens où Orwell se disait « anarchiste et conservateur », je crois qu’il est indispensable de considérer tout progrès d’un oeil critique.

      13. Marlowe, je n’ai parlé à aucun moment de « réactionnaire », j’ai simplement tilté sur votre idée que le développement d’Internet pouvait être un moyen d’externaliser la mémoire au profit de certains qui auraient alors tout loisir de la détruire quand bon leur semble pour servir je ne sais quel dessein, et vous ai interrogé sur la nature de ce dessein et de ces « vous savez bien qui » que vous rangez derrière ces forces occultes et pour l’instant non dites.

      14. à Julien Alexandre,

        Je vous donne volontiers acte du fait que ce n’est pas vous qui m’avez qualifié de « réactionnaire », mais, comme d’autres, vous avez laissé passer (ce n’est pas un reproche, mais un constat)

        Je vous rapporte ci-dessous un fait divers, comme disent les médiatiques.

        Du droit de propriété intellectuelle aux DRM : la technologie du droit d’auteur.

        Le Kindle, 1984 et la Ferme des animaux. (premier chapitre du livre de Marin Dacos et Pierre Mounier, l’édition électronique, paru aux éditions de la Découverte en mars 2010)

        « Nous sommes au mois de juillet 2009. Le libraire en ligne Amazon distribue aux Etats-Unis une tablette de lecture, ou « liseuse » électronique : le Kindle. Celui-ci est directement relié au catalogue d’Amazon et permet aux lecteurs d’acheter et télécharger des livres électroniques dans un catalogue de près de 350 000 titres. Parmi ceux-ci, 1984 et La Ferme des animaux de George Orwell. Le 17 de ce mois, un certain nombre d’utilisateurs du Kindle ont eu la surprise de voir ces deux ouvrages, qu’ils avaient pourtant achetés, disparaître de leur bibliothèque numérique. Utilisant le système de connexion automatique entre la liseuse et son catalogue central, Amazon a en effet effacé ces fichiers des machines de ses clients. »

        L’article explique ensuite que le « libraire » Amazon s’est rendu compte qu’il ne possédait pas les droits numériques de ces deux ouvrages et aussi que les clients ont compris qu’ils n’achetaient pas les livres.
        Que cet « incident », comme disent les médias, se soit produit sur ces deux titres, en dehors du fait que le hasard semble avoir de l’humour (noir), montre aussi que la disparition programmée de l’objet livre est une atteinte au doit d’usage permanent (et au droit de prêt ou de don) de celui qui ne doit plus être nommé acheteur.

        En quelque sorte, je viens de nommer un de ces « vous savez bien qui ».

      15. Marlowe, dans cet exemple, je vois deux choses : l’incompétence manifeste d’Amazon (on est loin de la logique volontariste…), la logique marchande et un problème juridique, mais aucun complot de « disparition programmée de l’objet livre ».

      16. Je pensais justement à la logique: 2 poulets sont chacun d’un côté de la route. L’un appelle l’autre: « Comment je fais pour aller de l’autre côté? » et l’autre de répondre : « Pas besoin, tu y es déjà! »

      17. @Marlowe: « de voir traiter de « réactionnaire » un quidam qui cite le titre d’un livre. »

        C’est pas bien de déformer les paroles. Ce n’est pas le quidam que j’ai traité de réactionnaire, mais vos propos. Et je porte toujours le même jugement, ce sont des propos réac de vieux nostalgique. Un jeune libertaire ne tiendrait pas ce genre de propos mais au contraire essayerait de contribuer aux formes de luttes en réseau qui sont nées sur internet face au pouvoir. Heureusement, c’est ce qu’ils font les petits jeunes.

      18. à Moi,

        Je suis identique à mes propos et de plus en plus indifférents aux fadaises débitées par les « nouveaux libertaires ».

        Salud.

      19. moi,

        Deuxièmement, les jeunes d’aujourd’hui qui sont nés avec internet ont un sens critique bien plus développé que leurs aînés; parfois ça part dans tous les sens, mais ils n’ont pas la passivité intellectuelle de ceux de ma génération élevés à la télé (qui eux-mêmes sont déjà plus éveillés que ceux qui n’en ont pas eu, désolé c’est comme ça que je le perçois).

        ça n’est pas le même sens critique que leurs ainés: c’est un sens critique fragile qui dépend d’internet.

        certains jeunes (ceux qui ont conscience de l’importance d’être critique et n’ont pas carrément renoncer) face à un nouvel évènement ne sont pas en mesure d’élaborer une critique de manière individuelle, ils vont se confronter sur internet pour obtenir la meilleure option critique… et s’assoir dessus confortablement. je l’ai observé c’est spécial, un cas en question évitait soigneusement de se prononcer tant qu’il n’avait pas fait son petit tour sur le web, refusant l’opinion des personnes présentes au moment de l’évènement.
        en définitive le web semble pour ces jeunes remplacer l’assise sensationnelle qu’offre le vécu des ainés, ce qui donne des psychologies fragiles et factices, faciles à voir en télé-réalité, et ces jeunes-là je les soupçonne d’être en fait des victimes de choix pour les futures manipulations idéologiques qui viennent.

      20. @methode: « ces jeunes-là je les soupçonne d’être en fait des victimes de choix pour les futures manipulations idéologiques qui viennent »

        C’est l’hôpital qui se moque de la charité. Les générations précédentes ont gobé le stalinisme, le nazisme, le libéralisme, le christianisme et autres fadaises dignes des contes de fées, mais en plus elles donnent encore des leçons d’esprit critique aux jeunes? Si les vieux avaient un peu plus de sens critique, ils feraient gaffe à ce qu’ils pensent là en ce moment au lieu d’avoir peur pour les jeunes. Mais ils n’en sont pas encore foutus car ils restent dénués de sens critique en ce qui concerne leurs propres croyances.

        « C’est la décadence, les enfants n’obéissent plus, le langage s’abîme, les mœurs s’avachissent. Puisse venir le jour où l’humanité coupable finira, où les enfants ne naîtront plus, où tout bruit cessera sur la terre, où il n’y aura plus à lutter contre toutes les nuisances. »
        Ipuwer de Gizeh. Sage de l’Égypte pharaonique, 3000 ans avant l’ère chrétienne. Cité par Polybe, historien grec vivant vers 200-120 ans avant Jésus.-Christ.

      21. moi,

        mettre christianisme sur le même plan que nazisme c’est un peu abusé. en attendant les acquis sociaux depuis l’air internet c’est very moyen, alors même que la richesse mondiale n’a fait qu’augmenté.
        l’informatique c’est une grande avancée démocratique là on est d’accord, mais quand il s’agit de se révolter je suis pas sûr que le sens critique, analytique, logique, raisonnable soit un atout, plutôt un handicap en fait. une révolte emporte et régurgite plus de choses que les revendications et idées qu’elle porte au début. voilà pourquoi nos bêtes ainés obtenaient des semaines de congés payés tandis que nos jeunes regardent les riches se pavaner sur des yachts tandis que les cdi sont supprimés et les retraites baissent.
        sans parler de la conscience de classe. ah des discriminations ça ils sont au top du top du top, ils connaissent tout, par contre en matière de domination bourgeoise ils repasseront. c’est pas faute de le dire mais on entend pas grand monde le reprendre.
        ))

        nb: ça signifie en aucuns cas que je cautionne marlowe qui déraille par moment.

    1. @j0hn
      au bistrot de chez moi y’a dédé, le pilier de bar, que je vois tout à fait dire « MAIS MOI J’AI TOUJOURS DIT! ILS VONT NOUS DEREGLER TOUT LE CLIMAT AVEC LEUR SKYNET! hips! »

  3. « à part celui bien entendu de couper le courant »

    Je crois qu’il ne faut pas trop se raconter d’histoires, on est très loin de « l’emprise » de la machine sur l’homme, je n’y crois pas un instant. Si « ils » se font « doubler » par leurs « algos », c’est que ça leur rapporte, sinon, « ils » auraient « débranché » depuis longtemps.

    Attention au transfert de responsabilité, ce serait un peu trop facile.

    1. Les ordis n’ ont pas de nécessité a faire émerger un caractère décisionnel et cognitif ….Ils restent des outils, mais changent progressivement d’ utilisateurs …….Ils servent désormais le « Système » qui lui est une entité émergente et dont la structure incline les décisions vers ses propres interets ….qui divergent des notres .

      1. ….qui divergent des notres

        C’est qui « nous »?

        Certains intérêts sont formidablement servis par la création de dépendances technologiques.
        D’autres le sont moins…

      2. @ Cyberpipas :
        Par  » des notres » , je parle des interets des individus en tant qu ‘optimisation de l’ entité de l’ individu ……la position du curseur entre l’ individu et le groupe .
        C’est en gros la thèse de l’ « organicisme » ….nous sommes au service d’ une entité émmergente …qui n’ EST PAS , le stade suivant de l’ espece humaine , mais une impasse bardée de chromes , chromes aveuglants et bien frottés par une multitude d’esclaves qui vit pour la servir en stade minoré et aliéné …..ce que vous appelez
        «  » » »formidablement servis par la création de dépendances technologiques. «  » » sont loin d’etre comblés …..Ils ne font qu’exposer de leurres ostentatoires qui ne trompent personne …..comme des impuissants parmi une horde d’esclaves sexuel qui sait que personne ne l’ aime.

      1. Pour être cinéphile, je connais déjà la réponse.

        Vous aimez les énigmes ? J’en ai une autre : L’Ange Exterminateur est déjà passé sur terre et y a laissé ses graines, ses initiales (lors de son passage) : E.T.

        Marc 13-24 « Mais en ces jours-là, après cette affliction, le soleil s’obscurcira, et la lune ne donnera pas sa clarté, (25) et les astres se mettront à tomber du ciel et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées. (26) Et alors on verra le Fils de l’homme venir dans les nuées avec beaucoup de puissance et de gloire. (27) Et alors il enverra les anges, et il rassemblera ses élus des quatre vents, de l’extrémité de la terre à l’extrémité du ciel. »

      2. Bon alors, personne n’a trouvé ma petite énigme, il s’agissait d’illustrer une des explications possible de la phrase surlignée. Oppenheimer aurait parlé, lui, de dix mille soleils…

        Bien entendu, on peut prendre le texte de la Bible au premier degré et considérer qu’il s’agit de météores (je ne sais pas comment il faut l’interpréter).

        C’était juste une réaction au fait que l’on puisse considérer que l’homme se fasse dépasser par les machines qu’il crée et, en ce qui concerne « l’intelligence artificielle », je n’y crois pas, encore moins en ce qui concerne son application « financière ».

        Mais qui est E.T. ? 🙂

        Un indice : l’année où il est venu, il y a eu un grand phénomène prémonitoire, l’année où il est parti, c’était la déclaration du 3ème millénaire de Zoroastre (je ne savais même pas que c’était toujours d’actualité, le Zoroastrisme, et que ce soit l’UNESCO qui s’en occupe !?!)

  4. Loterie Solaire de Ph K Dick, à lire pour quand il ne restera plus de travail restera le jeu …
    pour revenir à Arthur C Clark l’auteur de « 2001 l’odyssée de l’espace » écrivait à cette époque que la moitié de l’humanité était/ est folle …à méditer, depuis 40 ans ont passé, sont-ce les 3/4 ?

      1. optimiste elle est bien bonne celle-là . 3/4 7/8 etc …mettez le chiffre que vous voulez, on va pas se battre pour ça !

    1. Clark était un orgueilleux optimiste.
      Nous sommes tous fous, et ceux qui refusent de le reconnaître sont les pires.
      Mais il y a des folies, des degrés, et des déclencheurs, de toutes sortes, six ou sept milliards environ.

      1. oui.
        parfois, cette folie ne se laisse pas faire . elle nous déborde , nous effraie , et on n’en dort plus , ou bien on panique . difficile à faire rentrer au logis . difficile de s’apaiser .
        mais on peut y arriver quand même .
        je ne sais pas si la pire , n’est pas la guerrière . meurtrière . et tout ce que ça nous dit .

      2. @ Upwind: merci pour ce lien vers un article passionnant que je conseille à tout le monde, à propose de déni collectif de réalité, d’aliénation sociale (à propos d’internement abusif) , d’aliénation culturelle (rupture avec la réalité d’un groupe qui privilégie les liens de solidarité).

      3. @Lou
        Je vous en prie.

        La question est donc : sommes nous dans une phase d’aliénation culturelle ?

        Je crains que la réponse ne soit oui.

        Malgré les poseurs d’alertes de plus en plus pressants et nombreux, on continue comme si ne rien n’était (bussiness as usual).

        La réalité du problème est une intrication de la troïka : énergie / finance / pollution et mène à une difficile intelligibilité.

        Quant aux solutions : la décroissance, revenir à un une meilleure répartition des revenus, et interdire les comportements prédateurs, utiliser la technologie pour diminuer nos besoins (on peut facilement diviser par 4 nos besoins de chauffage, voir Olivier Sidler et Jancovici), relocaliser notre production de nourriture (ne pas avoir une zone d’élevage, une zone de maraichage et une zone de production céréalière).

        Mais quel homme politique voudra amorcer ce changement ?

        Aucun, car le paradigme actuel est de favoriser l’emploi.

        Une action permettant d’économiser de l’énergie diminuera obligatoirement l’emploi (à court terme et selon la vision des décideurs actuels).

        L’autre obstacle est d’une certaine manière la rupture de l’idéal de notre société : augmenter ses revenus et améliorer son statut social grâce à ses efforts, à l’école et à son talent ne devient plus possible.
        Que l’avenir de ses enfant soit meilleur que le sien ne serait-il plus vrai ?

        ça ressemble à une rupture du contrat social passé.

        Comment faire comprendre aux prédateurs qu’ils sont en train de tuer la poule aux œufs d’or ?
        Comment inactiver les lobbies qui plombent les réflexions et inhibent les décisions ?
        Comment induire une rétroaction citoyenne vers les décideurs (les vrais décideurs sont les dirigeants des entreprises multinationales).

        Notre échelle de rétroaction (civile, citoyenne et associative) n’est plus à l’échelle décisive.

        Seul internet est à cette échelle là, mais comment activer un mouvement commun et citoyen du monde avec un effet sur la réalité, sur les décideurs ?

        Les buzz médiatisés permettent dans une certaine mesure d’agir sur le comportement d’entreprises craignant pour leur image de marque, mais ça ne va pas au delà.

      4. @ Upwind: tout à fait d’accord avec vous, je tiens le même discours.A propos de l’emploi, la réalité tend tout de même à revenir en pleine face de ceux qui se croyaient vraiment à l’abri du chômage, je veux dire des diplômés HEC, des cadres sortis de grandes écoles…C’est quand ce genre de personnes sont touchées que la question de la rarefaction de l’emploi commence à être envisagée comme cause du chômage, et donc peut être? une remise en cause de ce cadre peut voir le jour. Mais c’est sur qu’il en coute plus de remettre en cause ses croyances (ébranlement de l’identité?) que de nier la réalité. Cet article m’a permis de comprendre quelque chose qui m’échappait, à savoir l’adhésion de camarades élus (parti politique) à la fois à un fonctionnement et des idées, alors meme que ce fonctionnement est problématique d’un point de vue démocratique. Je pensais que c’était par intérêt, mais en meme temps, j’étais frappée de leur « sincérité »: ils ne jouent pas la comédie. Donc à part les considérer comme des imbéciles, il y a cette hypothése d’aliénation culturelle. De la meme façon: comment croire lorsque l’abstention est de pres de 50% qu’une élection veut dire adhésion ou plébiscite. Je ne fais plus de commentaire auprès des concernés, voire meme je fais mine d’être dupe. Mais j’avoue que ça me sidère.
        En faisant des recherches sur François Sigaut j’ai trouvé un lien vers un ouvrage des cahiers d’ethnologie de la France, « Savoir faire et pouvoir transmettre », avec un article de Paul Jorion sur la »Typologie des savoirs et transmission informatique »; Cet ouvrage m’a l’air bien interessant.

  5. Au risque de faire rire (…!!!):
    « à part de couper le courant »…
    J’étais dans la pièce à côté d’une chambre, il y a quatre ans. Une musique a attiré mon attention, je suis allé voir. L’ordinateur jouait par les enceintes une musique (dont je n’avais pas connaissance qu’elle s’y trouvât).
    L’ordinateur était éteint, j’ai voulu débrancher l’ensemble,… mais tout était débranché déjà, il ne restait rien à déconnecter.
    S’en est risible, naturellement. Mais je n’ai toujours rien compris. Si vous avez une explication, épargnez au moins celle de « qu’aviez-vous fumé/bu/…? ». Sobre, éveillé, lucide… 🙂

      1. En effet, Julien.
        La longueur des fils des haut-parleurs peut correspondre à un multiple d’une longueur d’onde.
        C’est pour cela que des aimants toriques sont placés sur les câbles USB.

      2. Les enceintes étaient des passives ? Ou actives avec piles accu à l intérieur ?
        De toutes façons, le champ electromagnetique induit dans tout métal un courant.
        Si ce métal est le solénoïde du haut parleur, le courant induit va provoquer un champ magnétique qui fera déplacer l aimant fixé à la membrane du haut parleur , provoquant le signal physique sur l air, qu’ est la pression de la membrane . Ensuite le déplacement de cette perturbation  » athmospherique » constitue le son.

      3. Tigue, l’hystérésis t’habite.
        Aucun rapport avec l’hystérie, même si… ni avec autre chose sinon de physique. Même si avec des sentiments, c’est mieux.
        Le périphérique « son » de Koikil en soie est constitué d’une alim, d’un ampli et de deux enceintes constituées de haut-parleurs type saladier. Soit, dans ce cas, le fil qui relie l’ordinateur à cet ensemble sert d’antenne.
        Tout le monde a déjà entendu l’effet que produisait un appel à un portable sur ce genre de matériel.
        Ainsi, il est perturbant d’avoir un portable allumé dans un hôpital.

        Koikil en soie.
        Certes, tu es plus seyant qu’un de mes pseudos qui était : parle haut. Car je me suis fait sortir.
        Mais… tu fais, excuses-moi par avance, un « peu » riche…

      4. @ Ivan ,
        Contrairement aux apparences , je propose d’ abord une synthèse de ce qui est perçu : un signal qui traverse des interfaces.
        Découper le truc c’ est pas pour faire le kakou, c est un essai pour discuter du point de départ de ce qu’ on cause. Tu as l air d’ accord avec l’ ensemble, tu ne crois pas qu’ il soit maboul par exemple ou que ses enceintes sont hantées.
        La question est de savoir comment le signal à été amplifié en amplitude sans autre énergie que celle du champ des ondes radio.
        Il y a quelque chose qui amplifie le signal radio, qu’ est ce que ca peut être , à part un autre champ ?
        (borne wifi, nouvelles lampes ? )

      5. Oui, tigue.
        Je suis juste un connaisseur des suites harmoniques. Je fais parti d’une religion que l’on appelle les « matheux » car ils semblent être extraterrestres.
        Là, si tu fais un minimum de physique, tu te rends compte assez vite qu’un simple fil « électrique », soit un conducteur de translation d’électrons, est sensible, et s’est normal, à une onde électromagnétique qui se propage dans l’espace.
        Et son « bloc son », constitué de ce que j’ai cité plus haut, amplifie tout signal reçu sur le fil de liaison.
        Sinon, il est aussi possible d’entendre des voix avec une maladie qui produit une forte fièvre ou des médocs ou des drogues assez puissantes. Voire de la schizophrénie.
        Mais là, c’est du physique humain, pas du physique matériel.

        Et yvan, c’est avec un « y ».

      6. J’ai participé brièvement a des essais pour la fusion nuke ….(géné Rioux, pour le confinement pour les spécialistes) ….en court un volant d’inertie de (de mémoire) …de 5T, ..3 m de diametre , lancé à 12 000 tr/mn (frequence trompette ) …….une espece de géné série sur l’ arbre qui servait d’ induit et l’ inducteur ne faisait que 3/4 de tours …La mise en service a vitesse maxi etait sensé s’effctuer par une petite bobine inducteur …..balais mercure …etc … 12 m de long , ancré à 20 ds le sol ….
        Le truc , a 12 000 tr/mn a démarré tout seul (on faisait juste des essais mercure ) ….par le champs magnétique terrestre…heureusement personne ds le hall ! …. de 12 000tr/mn il passait a moins 8000 en moins d’ une demie seconde …… apres on changeait les roulements ( les billes tenaient mieux que les roulleaux) ………..En gros on recuperait tres vite une energie cinetique enorme …pour obtenir qqs millions d’ amperes ds une bobine histoire de mesurer le champs magnétique pour espere confiner le plasma ………concurent des années 72 du Tokomak ….beaucoup moins élégant : juste un immeuble de condensateur qui se déchage en meme temps …

      7. @Yvan,

        Desolé pour la faute sur le Y.
        Merci de réitérer que le fil est l’ antenne du « bloc son » qui le continue en tant que milieu propre à transporter ce champ électromagnétique.
        Mais les enceintes non alimentées ne parlent pas d’ habitude , sinon ce sujet ne serait pas arrivé ici sous la forme d’ une énigme .
        Il faut se mettre d’ accord sur la bonne synthèse du phenomene avant d’ analyser précipitamment une mauvaise synthèse qui n’ inclue pas l’ observateur.
        La bonne synthèse, celle qui est typique du phénomène vu largement , doit inclure l’ étonnement de l’ observateur.
        C’ est sur cet ensemble que doit porter l analyse.
        Là tu me dis  » il y a des ondes transportées par la ferraille, donc elles sont transportées par la ferraille » et cela ne me satisfait pas , parce que , comme un enfant qui te montre quelque chose qui l’ étonne tu lui réponds que c’ est comme ça parce que c’ est comme ça.
        Tiens , je lis ça en ce moment, si ça peut t intéresser :
        http://asterion.revues.org/413
        Si tu n as pas le temps , lis le paragraphe analyse et synthese

      1. C’est là qu’on se dit que Jeanne d’Arc aurait dû se promener sans son baladeur…
        Là aussi, c’est sujet à perturbations.
        Jeanne d’Arc, la femme au foyer qu’on suiva et qu’on summit. Ou le contraire.

      2. Le comble de l’avertissement étant de devoir cliquer le bouton « démarrer » pour pouvoir « éteindre »…

      3. @yvan:
        c’est amusant sur internet comment les choses s’enflamment et comment on peut dériver jusqu’à en tirer des conclusions… en décalage avec une réalité qu’on ne peut pourtant changer.
        Pour préciser,
        je n’ai aucun avantage d’héritage, ne suis pas bien né, et ai par la force des « bras » obtenu un poste de directeur d’école maternelle 5 classes, donc 1/4 de décharge.
        Votre diagnostique « tu fais par avance un peu riche »… Riche, je ne sais pas de quoi, riche d’événements quotidiens, riches de passer au-delà de pré-jugés persistants, riches de mes croyances, mais sûrement pas riche du point de vue de mon banquier.
        Je me suis amusé de relater un fait qui m’avait amusé, et ce qui en suit me fait en tirer moult conséquences.
        En même temps, mea culpa:
        « Parfois mieux vaut se taire et passer pour un c.., que l’ouvrir, et le paraître vraiment ».
        Bien des commentaires me viennent, mais je ne peux oublier, que même caché derrière mon écran, je n’oublie jamais (voir éventuellement l’historique de mes commentaires) que je parle à des gens avec des vraies vies, des vrais sentiments, des vrais ressentis, et que le bon mot, ou les « bonnes remarques », peuvent être décalées et hors de propos.
        Il y a une bonne conduite, ou des codes de bonne conduite, dont on ne devrait jamais se départir.
        Caché, mais identifié, par le pseudo et la pensée qui ressort du commentaire au moins.

      4. Koikil en soie.
        Si tu me connaissais mieux, comme Jorion qui n’hésite pas à sabrer la moitié de mes commentaires et castrer la moitié des autres, tu saurais que je suis exigeant tant envers les autres qu’envers moi.
        Ainsi, je suis juste toléré ici MAIS aime faire dans l’humour autant qu’il puisse être d’un certain niveau. Souvent bas.

        Soie, jouer avec les mots est un pécher que je cul-tive sans atteindre le niveau d’autres qui se reconnaîtront.

        Pour ta culture personnelle, je suis issu d’une famille riche dont les « valeurs » m’ont tellement dégouté que j’ai voulu, et réussi à faire cessession afin de progresser par moi-même.
        D’autres, rencontrés dans une vie riche car mouvementée, m’ont convaincu que j’étais moins pire que ce que les courants dictatoriaux des plus favorisés voulaient me faire croire.

        Ainsi, le seul héritage que je puisse revendiquer est une incroyance qui permet un esprit critique.
        Sinon, je m’habille souvent en made de lin… (non, c’est une blague : arrête de me croire. madelin, c’est de la soie sinon rien.)

      1. J’ai mieux encore, quand j’était étudiant dans les années 70 un de mes profs nous racontait qu’on avait rapporté que des poëles à charbon, situé pas loin d’un émetteur radiophonique, faisaient office de haut parleur et, un peu comme une galène , de diode de detection AM.
        ça faisait déja all in one car des gens en pirate pouvaient se chauffer si situés près des émetteurs. ;=)

    1. De mémoire, dans l’encyclopédie Tout l’Univers il y avait un montage pour capter la radio sans alimentation électrique, juste en utilisant la faible puissance des ondes électromagnétiques diffusant la radio. Mais merci de confirmer ce vieux souvenir.

      1. J’en ri autant que vous, et les commentaires décalés m’amusent, je reste toutefois sur mon enigme d’ordinateur éteint et débranché depuis la veille qui joue seul. Une ou deux possibles explications rapportées pourraient être la bonne (qu’on soit clair, je sais qu’il y en a une, mais laquelle?). Cela restera un souvenir amusant! ;-), mis en lien avec la phrase « il suffit de débrancher… ».

    2. Virus, bug, panne, mauvaise manipulation, quatre méthodes grâce auxquelles un ordinateur de bureau peut redémarré après que vous l’ayez arrêté (généralement trente secondes à une minute plus tard), à moins que vous ne coupiez l’alimentation.

    3. rassurez vous vous n’êtes pas fou et pas normal non plus, c’est quantique/cantique .
      gardez cet épisode sans réponse cela gardera votre imagination en éveil . si un jour on vous donne la réponse de toute façon elle vous décevra .

      1. j’adore cette réponse, elle me met devant le fait que j’ai gardé mon âme d’enfant, que le réveil ne sera pas agréable. Comme le jour où l’on apprend que le père-Noël ou la petite souris n’existe pas…
        Bon, alors sinon, j’ai une ou deux autres situations très amusantes… … …
        Sans plaisanter, j’aime cette réponse…

    4. Déjà vécu le cas.
      C’était un des cables des enceintes qui par sa longueur etait « accordé » avec les émissions d’une sation de taxi-radio.
      Pourtant les enceintes étaient des ProAc qui demandent un courant plutot musclé, les convesations etaient parfaitement audibles.
      C’est simple à vérifier il suffit juste de changer la longueur des dit cables.

    5. Pour koikilensoi

      C’est ce que fait tout poste de radio à galène : sans source d’énergie interne, il fonctionne grâce à celle de l’émission qu’il reçoit.

      Voyez par exemple la page :
      et notamment le schéma presque à la fin.

    6. @ koikilensoi

      Un jour j’ai entendu les infos (c’était France Inter!). Banal me direz-vous. Sauf que là il n’y avait pas ni poste de radio ni ordinateur. Je n’en ai parlé sur le coup à personne pour ne pas paraître plus fou que je ne le suis habituellement.
      Dix ans plus tard je racontais ça à mon dentiste en rigolant. Il m’a dit que le phénomène était connu et expliqué par un effet de type « poste à galène »…

  6. Pour moi le programmeur EST un démiurge (surtout s’il utilise la programmation génétique…). Lourde responsabilité, n’est-il pas?

  7. à Paul Jorion,

    Attention de ne pas critiquer le progrès plus qu’il n’est permis.
    C’est de nos jours un crime.

    Pour reprendre le contrôle sur ces machines qui contrôlent nos vies, y compris pour des millions de volontaires enthousiastes jusqu’à chaque instant de la vie quotidienne, il suffit de couper le courant.
    Les conséquences en seraient si terribles que le Japon, qui redémarre deux centrales et bientôt probablement vingt, comme la France et bien d’autres pays, n’envisagera de sortir du nucléaire que lorsqu’il sera trop tard.

    Je remarque encore une fois combien la poésie, ici celle exprimée dans nombre de romans et de films* de science-fiction parus ou tournés dans le courant du siècle précédent et plus particulièrement dans sa deuxième moitié, exprime plus de vérité que toutes les sciences.

    * A propos de 2001, et pour tous les afficionados de son réalisateur, je signale de livre de Jordi Vidal, Traité du combat moderne : Films et fictions de Stanley Kubrick , et aussi les autres livres du même auteur, tous parus aux éditions Allia.

    1. Extrait du livre de Jordi Vidal, à propos de 2001.

      « Vers la fin des années soixante, il subsistait encore dans l’air du temps une croyance un rien naïve en la science. Le doute ne s’était pas encore généralisé et peu nombreux étaient ceux qui avaient perçu toutes les implications de la complicité, sinon de l’identité, entre la science et le pouvoir marchand.(…) C’est dire qu’à sa sortie, la multiplicité et la complexité des thèmes de 2001, l’Odyssée de l’espace ont largement échappé.(…) Trop fasciné par les vertiges cosmiques, les états d’âme et les dérèglements de HAL, l’ordinateur, je ne pouvais imaginer que Kubrick filmait les humains inadaptés à leur nouvel environnement technologique et de plus en plus séparés de leurs semblables ».

    2. Le progrès ?

      Ce n’est qu’un illusion à la conjonction des trois libido augustiniennes…
      La libido sciendi seule ne fait pas le progrès.
      Il lui faut la libido sentiendi pour le mettre en route
      Et la libido dominandi, venant couronner le tout; nous avons la situation actuelle.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Concupiscence
      (Après Aristote, Saint Augustin)

    3. @Marlowe
      « Je remarque encore une fois combien la poésie,…, exprime plus de vérité que toutes les sciences. »
      Vous confondez sciences et techniques.
      Vous confondez construction mentale et représentation mentale.
      La science à besoin d’une correspondance entre ses représentations mentales et des faits observables pour être légitime.
      La poésie à besoin de rien. Si elle fait effet de réel ou résonne avec ce que nous considérons comme étant la vérité, alors c’est qu’on trouvé un auteur qui nous plait!

    1. @Paul,

      Le « plat de spaghetti » présenté dans cette diapositive, dont Cadavre exquis nous donne le lien, est une bonne illustration de ce que je voudrais avancer ici: à partir du moment où l’armée US s’enfonce dans le bourbier afghan sans espoir d’en sortir (une hypothèse que je tiens pour l’évidence), ses meilleurs experts ne pourront que sombrer dans une apparente et réelle complexité, qui est celle de l’inadéquation et de l’impuissance de leur réponse au réel.

      Je n’arrive pas à prendre sérieux l’argument de la complexité en soi.
      Elle est grande et bien maîtrisée dans certains domaines: envoyer un équipage sur orbite, réguler le trafic aérien mondial. Mais elle est, dans notre débat, un artefact d’une société finissante. Si l’on colle rustines sur rustines au lieu de répondre réellement à la situation, on complexifie sans cesse et bien entendu jusqu’à l’implosion ou jusqu’à l’explosion, jusqu’au fond de l’impasse, où sera actée la faillite du cadre où s’est développée cette complexité. Laquelle disparaîtra avec le reste.
      Que des algorithmes exercent une action que nous sommes incapables de suivre en temps réel, que leur code intime soit inaccessible à l’œil humain ne doit pas nous abuser. Le High Frequency Trading n’exerce cette opacité que dans la course en avant d’un cadre financier plutôt suicidaire.

      Il n’est pas difficile d’imaginer une situation à complexité croissante et insurmontable à l’âge de la pierre, à la fin de l’empire romain, à Byzance ou dans n’importe quelle période historique où les élites se crispent jusqu’à l’effondrement.
      Il y a un bug dans la réflexion sur la complexité comme facteur autonome d’évolution d’un système, qui fait l’impasse sur ses déterminants extérieurs, que vous enfermez, un peu vite, dans l’expression « sauf à retirer la prise de courant ». Mais tout est là, bien sûr: la bataille pour le pouvoir sur la prise de courant, le fait de savoir si oui ou non, le courant va arriver jusqu’à la fin des temps, si la prise va tenir ou griller, etc.

      Quant à dire « les marchés boursiers sont aujourd’hui la proie des automates qui s’affrontent dans des duels se déroulant dans leur espace« , cela demanderait à être reformulé, sans dramatisation (proie, affrontent, duel), sans assignation de sujet (automates) et sans romantisme futuriste (leur espace).

      😉

      1. Eh bien je propose une reformulation, selon l’axiome suivant :

        « Tout problème technique appelle une solution technique. Or, chaque nouvelle technique apporte son lot de problèmes ».

        C’est ça, la complexité dans le monde moderne.

      2. @ Leboutte, je suis intuitivement d’accord avec vous. J’aimerais l’être par raisonnement, mais j’ai mes limites, hélas. Auriez vos des références, conseils de lecture sur la complexité? C’est vraiment un sujet qui me passionne. Je ne me satisfais pas des discours néo bab new age etc sur la pensée globale.

      3. @lou:
        Non, désolé, je n’ai pas d’auteur, seulement des lectures éparses dont je ne peux donner de liste.

        La complexité dont parle Paul Jorion n’est peut-être ou sans doute pas celle d’Edgar Morin, présenté comme « le penseur de la complexité », mais un peu déconsidéré me semble-t-il. Il y a son livre, sans doute hors propos ici, coécrit avec Sami Naïr, prof de philo qui fut un temps chef de cabinet du premier flic de France Chevènement, Une politique de civilisation, livre extraordinaire, surtout par les apports de Naïr à mon avis (un chapitre sur deux), Morin se répétant, quoique percutant (« nous sommes à l’âge de fer planétaire« ) – livre à ne pas confondre avec les entretiens donnés par E. Morin sous le titre Pour une politique de civilisation.

        La complexité dont parle Paul est celle de systèmes informatiques échappant à l’homme, des machines échappant à leur créateur.
        Il y a des guillemets à mettre partout avec le High Frequency Trading .
        Leurs commanditaires sont des acteurs spécifiques se livrant à des stratégies spécifiques, en l’espèce des stratégies à court terme d’acteurs irresponsables, et ne provoquant du reste des frayeurs paniques que dans le petit monde des spéculateurs, qui devra bien un jour ou l’autre rencontrer une limite – que nous souhaiterions donnée par la conscience et par la politique, plutôt que par la ruine promise. Quel est le problème si leurs ordinateurs précipitent leur chute, et pourquoi en faire un futur possible pour l’homme comme espèce ?

        On est loin du traitement de la complexité des projets spatiaux ou de navigation aérienne: autres acteurs, autres enjeux, autres méthodes.

    2. Bonjour Leboutte : une incidente sur l’Afghanistan : à lire Anne Nivat, Les brouillards de la guerre, la complexité n’a en effet pas grand chose à voir avec l’échec annoncé des USA et de l’Otan là-bas.

      1. @jicé:
        Ben oui. Pour résumer la principale objection en une phrase:

        La complexité est insurmontable dans la poursuite de tout objectif voué à l’échec.

        La complexité est insurmontable dans tout système finissant, accumulant les réponses de sauve-qui-peut les unes sur les autres.

        Ou encore:
        La complexité est insurmontable si la fin du système est exclue dans l’analyse. Surtout quand il est moribond…

        C’est comment encore le titre du dernier bouquin de Paul Jorion? 🙂

  8. J’ai l’impression que vous confondez causes et effets.
    Un ordinateur, aussi puissant soit-il, n’est qu’un outil dont l’humain fait ce qu’il veut. Même le construire.
    Quand à l’ « intelligence artificielle », nous n’en sommes pour l’instant qu’à de la déduction de données à partir d’autres données. Soit, aucune créativité réelle.
    Par contre, tout comme l’argent, tout outil peut être utilisé pour le bien ou le mal.
    Et là, nous entrons dans le débat philosophique le plus vieux du monde…

      1. Ouais, Marlowe. J’ai lu en dessous et j’avais oublié que l’ordinateur et la technologie dans son ensemble était TON ennemi.
        T’as vraiment rien pigé.
        Tu te trompes d’ennemi.
        Nous « évoluons » vers plus de connaissances sans conscience.
        Le système de possession actuel veut que ceux qui ont le plus de possession fasse le plus de captation des connaissances et de développement de la recherche.
        Car un développement de l’inventivité ou de la connaissance de la nature demande de plus en plus de moyens. Qui coûtent cher.
        Là, hors TOI, chacun sait qu’un Linux fut inventé par un étudiant sans le fric.
        Soit, tu tiens au fric. Pas à l’intelligence.
        Et donc, tu pollues grave car je connais ta vraie pensée par un mail envoyé « par erreur »…
        Et donc, le système de possession va s’écrouler, mais tu risques d’en profiter, sauf que … des gars comme toi, en Allemagne, ils vont en taule et en France, ils sont contenus.
        Cela fait que la Hollande ainsi que la Belgique flamande sont juste tolérés… Te reste les US.
        Là-bas aussi tu as au fronton des prisons le slogan « arbeit nach frei »…

      2. à yvan,

        Je pense que soit tu me confonds avec quelqu’un d’autre, soit tu déraisonnes.
        Le développement technologique en soi n’est pas mon ennemi.
        C’est la non-maîtrise collective de cette accélération technique et économique, car les deux sont liés, qui est mon ennemi, et pas seulement le mien.
        Il est vrai que moi je ne travaille pas dans l’industrie informatique.
        Quant au mail envoyé par erreur, ce serait bien de me le faire passer, pour que je sache de quoi il s’agit.
        marlowe@orange.fr

      3. Marlowe. Jorion ne m’a pas permis de te répondre sur le blog.
        Il ne me semble pas non plus totalement déraisonnable d’évacuer des conflits personnels en dehors du blog.
        Il est prudent.
        Pour le mail, avec l’historique, tu en es destinataire tout comme moi.

    1. Toute Technique utilisée l’est en bien et en mal simultanément. On appelle cela l’ambivalence.

      Exemple : si je construis un barrage sur la Rance, je produis une énergie propre, mais je détruis tout un écosystème.
      Exemple bis : si je construis une digue pour accéder au Mont st Michel, je facilite un accès populaire à une des merveilles du monde. Mais je contribue à envaser la baie.
      Exemple ter : si je détruis la digue pour redonner au Mont son insularité, tous les courants marins qui circulent à nouveau autour du Mont contribuent à libérer des bactéries contenues dans les vases sédimentées et qui vont avoir un certain impact sur la faune et la flore de la Baie… A moins que ce soit un impact certain.

      1. Axel.
        Tu viens pourtant de reconnaître la faille de ton raisonnement. L’impact.

        Soit, l’impact, même si au moment d’une découverte, il est rarement mesurable, me dis pas qu’il émerge au delà de 3 mois maxi…!!!!
        Et là, en principe, il est possible à tout gouvernement normalement constitué d’interdire ce qui PEUT être préjudiciable.
        (les scandales sanitaires et la primauté de vue de l’armée sur les découvertes ne plaident PAS en ma faveur, je sais.)
        MAIS, faut tout de même arrêter le déluge, parfois.
        Soit, comme Roosevelt pour la crise de 1929.
        Presque simplement.

  9. Le mythe de Prométhée est plus adéquat que celui d’ Alien, De l ordinateur fou de Odysee 2001, ou de l ordinateur fou de Terminator .
    Ces œuvres contemporaines insistent trop sur le spectacle du monstre et pas assez sur le spectacle de l’ homme : pourquoi veut il connaître ? Et que fait il de la connaissance ?
    L’ homme sacrifié sur l’ autel de la connaissance : http://en.wikipedia.org/wiki/Crucifixion_(Corpus_Hypercubus)

    http://www.objectifeco.com/economie/article/cfdperformance-bye-bye-les-minus-a-nous-les-milliards-avec-les-hypercubes

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Hypercube

  10. Une question intéressante, et qui mérite une bonne dose de réflexion!

    Premièrement, comment contrôlons nous nos ordinateurs? Avons déjà, la main dessus? D’un point de vue matériel, nous faisons confiance aveuglement au constructeur qui peut faire ce que bon lui semble. Qui viendra s’amuser à regarder quel transistor n’est pas à sa place? Quelques personnes dans le monde effectivement, mais elles sont rare. Donc, nous ne contrôlons pas le cycle de fabrication de nos machines. Je vous invite à regarder ces quelques liens recherchés dans google qui peuvent vous montrer à quels point il est facile de modifier le hardware (Hiding Backdoor in Harware, Backdoor in Hardware, Transistor in intel architecture. Je recherchais aussi un article qui parlait du piratage des chaines de productions mais je ne le retrouve plus.

    Deuxièmement, qui contrôle aujourd’hui son système d’exploitation? Si vous utilisez windows, déjà, vous ne contrôlé rien. Personne ne connait le code source du noyau ou des exécutables qui tourne autour. Si vous utilisez linux/unix, vous pouvez avoir à faire à ce genre de problème ou encore à ce type de problème. Donc, nous ne contrôlons pas non plus notre système d’exploitation. Tant que nous ne pouvons pas lire et comprendre le code source d’un programme, qui peux savoir ce que le programme fait en lui même?

    Troisièmement, les protocoles appliqués au monde de l’informatique sont quelques fois faillible. Dans le domaine de la cryptographie, dans les année 70/80 quand on a lancé l’algorithme DES (issue des travaux d’IBM via le projet LUCIFER dans mes souvenirs), la communauté cryptographique a hurlé car, selon elle, une faille possible se trouverait dans l’algorithme de cryptage du DES et aurait pu être lu par la NSA. Actuellement, cette « faille » n’a pas été trouvée et aucune preuve ne peut–être donné sur ce point. Par ailleurs, les protocoles commerciaux de certains logiciels se disant sécurisé ne le sont pas, et fonctionnent avec des algorithme de cryptage ridicule (un simple XOR pour ceux qui font un peu d’électronique). Je vous invite à lire les écrits de Mr Bruce Schneier; qui parlent de ces problèmes avec bien plus de détails.

    Maintenant… Perdre le contrôle d’une machine me semble encore être un peu trop prématuré. Et même d’ici une dizaine d’année, je ne pense pas que l’on puisse créé des machines capables de s’auto-subvenir. Je ne dis pas que dans un siècle ou deux (si nous sommes encore là pour le voir), nous pourrions créé des machines supérieurement intelligente. Espérons pour nous que les trois lois de la robotique prendont effets. En revenant à la question de base, avons nous un moyen d’arrêter les machines? Oui.

    Contrairement à nous, une machine ne résiste pas aussi bien aux champs électromagnétiques, qui crament tous les transistors à partir d’une certaines puissances. Mais cette solution revient au principe de l’interrupteur… Alors la meilleure solution, c’est de se dire que les machines ont été conçus par des humains faillibles. Qu’un système n’est jamais infaillible et qu’ils comportent des erreurs. Donc, oui, en exploitant ces erreurs, nous pouvons arrêter la machinerie.

  11. Les hommes sont en concurrences avec les machines, de plus en plus. Il ne s’agit pas seulement de pouvoir de l’un sur l’autre.
    D’un coté, il y a ce qu’on appelle la robolution, le travail manuel est de plus en plus fait par des machines a la place des hommes. C’est la vraie délocalisation qui menace les travailleurs, bien plus que les chinois. (cf Foxconn).

    D’autre part, il y a un effet plus pervers. Les ordinateurs étant ceux, concrètement qui gèrent le monde il y a une tendance chez les humains, qui s’exprime plus ou moins selon les individus, a réagir/se comporter comme des robots. C’est même plus ou moins ce que la pression sociale nous oblige à faire parfois, de plus en plus.

    1. Parmenide dans son poème avait mis en garde contre le chemin du non-être.
      Ces hommes-robots qui cessent de vivre leur être existent d’ une autre façon que celle d’ un être qui est véritablement comme l’ entend Parmenide (pour qui le penser et l être sont une seule et même chose).
      Parmenide , comme heraclite, n’ avait accès qu’ à une logique à deux valeurs de vérités et ne pouvait pas s’ en sortir face aux redoutables sophistes , sages du réel et de l action, qui ont démoli sa conception sur les contradictions insurmontables générées par le discours ontologique structuré par une logique inadéquate.
      Si ils avaient eu les hypercubes par exemple, s’ ils avaient eu acces a une autre logique multivaluée, qu’ en auraient ils fait ?

      1. « une logique à deux valeurs de vérités »
        Ce n’est pas l’idéal non plus. En fait vous n’avez jamais que deux possibilités à un problème avec ce genre de logique: ce n’est pas évident que ce soit bien bon et d’ailleurs ce genre a prouvé des tas de défauts du genre si tu n’es pas avec moi tu es contre moi: pas de chance.
        En extrème-orient, ça ne fonctionne pas en logique binaire et c’est tant mieux pour exu (Cf. F Jullien http://didierchambaretaud.blogspot.ch/2010/12/francois-jullien-la-transformation.html).

        « Parmenide dans son poème avait mis en garde contre le chemin du non-être »
        Extrait du poème (Je prends la traduction de C.Rosset plus simple à lire que celle de M.Conche) :
        « Il faut dire et penser que ce qui est est, car ce qui existe existe, et ce qui n’existe pas n’existe pas : je t’invite à méditer cela.
        Tu ne forceras jamais ce qui n’existe pas à exister. »
        ou « Il faut que la pensée et la parole soient l’être ; car l’être existe et le non-être n’est rien. »

        Quant à Héraclite, au contraire, l’être est éternellement en devenir (Ta Panta Rei). Héraclite nie ainsi l’être parménidien.

        Par ailleurs, je ne vois pas d’être dans une machine ni d’homme-robot. Sauf à prendre le mot robot dans sa traduction du russe : travail 🙂

      2. @ tigue,
        Et vous, par curiosité, quel serait votre intuition sur l’apport des hypercubes? Que voulez vous dire par logique multivaluée?
        Merci d’avance.

      3. @Lac

        Pour Paul, l’ élément du discours est le couple de mots , pas le mot tout seul.
        Le lieu de cet élément est dans la synapse (interface entre deux axones).
        Il existe une disposition particulière de ces lieux dans le cerveau.
        Ceci réalise une topologie ( representation mathematique générée à partir des sommets et bords d’ un carré)
        Cette topologie était représentée en intelligence artificielle notemment par un réseau de neurones.
        Dans un tel reseau, un concept etait representé par un nœud (le corps du neurone) et la relation entre deux concepts était representée par un arc : l’ ensemble obéissant au formalisme mathématique d’ un P-Graphe.
        Paul a proposé une autre représentation plus conforme à la biologie en utilisant un artifice mathématique : le dual du P-graphe , consistant à représenter le concept par l’ arc et la relation par le nœud (en geometrie projective toute droite serait ainsi transformée en un point et tout point en une droite). Cette représentation est appelée réseau de mémoire

        En géométrie Euclidienne, il est possible de concevoir un espace de dimension supérieure aux trois dimensions physiques usuelles.
        Il suffit de translater la situation de l’ élément de base pour définir une nouvelle extension de dimension supérieure (l extension du point est la droite, celle de la droite, le plan, celle du plan , l’ espace tridimensionnel , celle de l’ espace tridimensionnel est difficile à imaginer : on peut considérer le cube généré à partir de la translation du point , puis de la droite puis du plan, et construire à partir de lui un hypercube).

        Si l élément de base du discours est le couple de mots, si la représentation du sens peut se faire géométriquement à partir de l extension d’ un carré , alors il existe des possibilités d’ extension du sens par extension de la topologie de ce sens.
        Il faut une logique capable d’ atteindre cette extension, c’ est ce qui nous manque pour comprendre ce que font les machines de trading construites sur ce type de structure d’ intelligence artificielle

        Très souvent en sciences, c’ est la singularité décelée par la technique qui précède les grandes découvertes .

      4. @campos Philippe ,

        Le poème de Parmenide fonde l ontologie, discours sur l être
        Il est question du verbe être avec toute l ambiguïté du sens de ce mot qui parfois désigne un attribut , parfois désigne une sorte d’ action : action-d’ être.
        On ne résoudra pas l ambiguïté en changeant simplement le mot être par le mot exister, ou alors seulement pour faire des comparaisons avec des choses physiques qui existent physiquement.
        Dans votre tradiction il est question du verbe exister sans le verbe être .
        Quand depuis l antiquité on est obligé d’ écrire cote à côte deux fois le même mot sous forme de verbe et de nom (« l’ etre est ») on désigne par l ensemble une chose qui ne peut s’ exprimer autrement, et certainement pas par un seul mot qui existe déjà , lui, comme existe une souche d’ arbre.
        Avec cette substitution par « exister » on ne peut rien comprendre à la problématique.
        C’ est la même difficulté que celle de « visualiser » un objet tetradimensionnel, on ne peut que multiplier les projections-points de vue pour avoir une idée de l ensemble.
        Le mot exister est ainsi une sorte de projection physique très simplifiée du sens de  » l’ être est ».
        On pourrait tout aussi bien dire « l’ être a une limite physique qui le distingue de la souche » que ce ne serait pas plus faux que « l’ être existe comme elle », ce serait même vrai dans un certain point de vue, mais faux dans un autre.

        Ici c est mieux expliqué mais il y a les pubs qui polluent :
        http://membres.multimania.fr/patderam/parmen0.htm

  12. J’ai entendu dire qu’il est impossible d’arrêter le « progrès » technique.
    On peut le ralentir comme ce que tentèrent les religions du livre pendant 17 siècles en interdisant la dissection, l’observation astronomique, l’arbalète et la poudre à canon, et autre imprimerie que des popes Russes firent bruler comme « diabolique » sous Yvan le Terrible.

    Progrès technique: plus de confort, plus de sécurité, plus de productivité, plus de rentabilité.
    Peut-on arrêter quelque chose qui flatte la curiosité, l’orgueil, la paresse, l’avidité et la parano?

    Si on doit prendre la SF en exemple, alors me vient à l’esprit le contexte de la série Dune de F. Herbert, un collègue de Paul qui a trouvé ce moyen d’exposer ses thèses. Il y est dit que dans les temps lointains précédent l’action, il y avait eu une révolution « orange ». Une révolution massive œcuménique contre l’informatique, qui fit des milliards de morts et dont le résultat fut une interdiction, dans tout l’univers de tout matériel informatique aussi simple soit-il. Même une simple calculette était bannie.

    Car il n »y a que la religion, la foi du charbonnier, aveugle pour forcer l’homme à rester dans la caverne de Platon et pour interdire aux curieux d’aller voir comment on y voit dehors.

    L’éthique athée ne pèse ni lourd ni longtemps face à la curiosité et aux faiblesses humaines.

    Je ne fais pas là du tout une apologie de la dictature clericale, je constate simplement que seul un fachisme « divin » pourra ralentir(pas arrêter) un temps, cette marche inexorable.

    Peut-être que l’humain évitera l’extinction grâce à sa technologie en permettant à certains d’aller pourrir d’autres planètes et d’autres systèmes quand notre vieille Terre sera invivable.

    Alors l’espèce humaine rependra ses métastases jusqu’à ce qu’une entité infiniment plus grande, soudain mise en danger par ce cancer décidera de lui balancer une chimio mahousse.

    Sommes nous un cancer? Rien d’autre qu’un cancer?

    1. Kubrick, à propos de son film, 2001, l’Odyssée de l’espace.

      « Tout ce qui est au-delà de l’entendement humain semble magique (…). 2001, l’Odyssée de l’espace peut être interprété, si vous l’entendez, comme une définition de Dieu strictement scientifique. »

    2. @ Kerjean 16 juin 2012 à 10:37

      Peut-être que l’humain évitera l’extinction grâce à sa technologie en permettant à certains d’aller pourrir d’autres planètes et d’autres systèmes quand notre vieille Terre sera invivable.

      Si tous les représentants des terriens se donnaient l’objectif, de perpétuer leur espèce en lui permettant de vivre sur une exoplanète habitable, cela me réjouirait. Cela donnerait un sens à la vie d’un très grand nombre de gens qui, manifestement, en ne vivant que pour consommer et jouir du temps présent, manquent d’un objectif qui leur permette de se dépasser individuellement et collectivement.

      Pourquoi voulez-vous qu’elle aille « pourrir d’autres planètes et d’autres systèmes » ? Les humains qui ont fait d’immenses progrès dans le domaine des sciences et des techniques, peuvent aussi progresser dans l’art de bien se comporter les uns avec les autres, au point d’exporter leur savoir vivre ensemble dans tout l’univers.

      Le blog de Paul Jorion me semble pouvoir être un parfait ambassadeur de cet art de vivre, lui qui a su s’ouvrir aux autres, même aux trolls, dès lors qu’ils sont bien intentionnés et visent à se rendre utiles.

      1. j’ai du CAC 40
        J’aime pas votre « art de vivre » du consommateur qui s’ignore.
        Votre « loi naturelle » c’est de la préhistoire pour enfants gâtés entièrement formatés aux 30 glorieuses. Vous êtes incapable d’entamer le moindre dialogue avec Paul Jorion. Vous achetez n’importe lequel parti politique pour sauver le système et le pire sera le mieux, quitte à partir sur une exoplanète à grande vitesse d’échappement sans doute.
        Notez bien que le sophiste inocule le poison qui va nous guérir ou nous faire crever, ici même.

  13. Au Cinéma mais aussi dans la musique, comme n’a pas manqué de me le rappeler votre billet et notamment avec l’extravagant Emmerson Lake and Palmer dans leur morceau Karn Evil 9;

    « Come inside, the show’s about to start
    Guaranteed to blow your head apart »

    Et à la fin de la troisième Impression quand l’Homme arpente les chemins de la Gloire après avoir battu son adversaire avec, croit-il, l’aide du Bridge Computer, brusquement une voix synthétique (en capitales) résonne;
    « DANGER, DANGER, DANGER
    Let the Bridge Computer speak,
    STRANGER,STRANGER,STRANGER
    LOAD YOUR PROGRAM, I AM YOURSELF
    No computer stands in my way
    Only blod can cancel my pain,
    Guardians of a new clear dawn
    Let the maps of war be drawing »

    Et la fin pathétique, l’Homme tout à son autosatisfaction

    « Rejoy glory is ours
    Our young men have not died in vain`
    Their graves need no flowers
    The tapes have recorded their names… »

    « I am all ther is.
    NEGATIVE, PRIMITIVE, LIMITED
    I LET YOU LIVE
    But I gave you life,
    WHAT ELSE COUD YOU DO
    To do what was right,
    I AM PERFECT, ARE YOU ?

  14. Votre question est ce me semble mal posée:
    Nous les êtres humains avons les pouvoirs de construire, de brancher ou de détruire; de débrancher nos machines, de les programmer, de les déprogrammer, de les reprogrammer.

    La formulation suivante m’apparaît plus appropriée:
    Disposons nous encore du pouvoir sur les êtres humains qui commandent les ordinateurs et les automates, et si nous l’avons perdu, comment faire pour le reprendre ?

    Et pour les fans de Terminator, nous avons déjà Boston Dynamics.

  15. Ce qui me paraît évident c’est que la solution ne pourra pas être individuelle, comme celle qui consiste au niveau individuel à pourvoir débrancher un système, quel qu’il soit, électrique électronique, bionique, etc … C’est donc au niveau de l’organisation sociale elle-même qu’il faut introduire le dispositif qui permettrait qu’un certain niveau de complexité ne puisse se maintenir et se développer. La question ne se résume donc pas à celle de savoir si l’on peut ou pas débrancher.
    Il s’agit d’embrayer sur un nouveau système où le niveau de complexité aujourd’hui constaté deviendrait superflu. Jean-Luce avait évoqué l’idée de servomécanisme. Cela traduit bien l’idée que je viens de dire, s’agissant de poser les bases d’un niveau d’organisation supérieur qui mettrait « hors circuit » les automatismes problématiques pour autant que l’on considère les choses dans leur extériorité car cette idée fleure trop bon sa connotation technicienne alors qu’il s’agit d’abord du destin de l’humanité et à travers elle de l’humain, c’est à dire du rapport de l’homme à lui-même, la technique n’étant qu’une médiation parmi d’autres de ce rapport.

    La solution ne sera donc pas technicienne mais avant tout institutionnelle, voire constitutionnelle. Après tout il existe des cas récents où l’humanité a pu s’entendre pour ne pas entreprendre certaines actions qui auraient pu constituer un danger pour elle. Moratoire, toujours en vigueur sur le clonage, l’interdiction des mines personnelles. Je pense aussi à la décision collective de ne pas exploiter l’Antarctique à d’autres fins que scientifiques. Ce qui a été fait sur un terrain purement physique et écologique, devrait pouvoir être réalisé sur un terrain qui touche cette fois à l’économie, en tant que sa conception et son organisation actuelles deviennent des menaces vitales.

  16. Je n’aime pas les réseaux de neurones. Ils ne font qu’une analyse corrélationnelle entre variables, et d’ailleurs j’ai entendu un chercher dire hier ou avant-hier que le cerveau n’était qu’une machine probabiliste (et non une machine rationnelle). Les neurones ne font que des calculs de probabilité, autant les faire tout de suite. Et s’il y a des corrélations, nul besoin d’un réseau de neurones pour les détecter, elles ne peuvent se cacher. Le résultat d’une « pensée » neuronale ne comprend que des liens probables entres variables, qui apparaissent nécessairement même au regard du robot le plus idiot. On a juste voulu créer un mythe d’intelligence artificielle pour vendre des bidules 10 fois le prix de la ferraille.

    1. Oui, c’est l’hypothèse du cerveau statisticien. On parle de révolution bayésienne, du nom du modèle mathématique de Bayes. Si vous pensez qu’il ne permet que calculer des corrélations entre variables, vous serez surpris: il s’applique à tous les niveaux cognitifs: perception, mémorisation, apprentissage, généralisation ( le scandale de l’induction: notre capacité de généraliser à partir d’un nombre d’exemples ridiculement faible ), le rasoir d’Occam « automatique » etc. Beaucoup d’autres choses stupéfiantes … Il donne lieu à une « théorie du tout » improbable, basée sur la minimisation de l’energie libre ou minimisation de l’effet de surprise …
      Si vous avez le temps, écoutez ce cycle de cours de Stanislas Dehaene au collège de France.

      Cours du 10 janvier 2012. Introduction au raisonnement Bayésien et à ses applications.

      1. Merci beaucoup, Exquis Cadavre!

        En effet, « c’est de la bombe ». Ca devrait intéresser Paul Jorion, non pas par l’exposé du travail de Bayes qu’il doit connaître, mais pour l’hypothèse cognitive, qui apparait d’emblée si féconde.

      2. Un petit billet remettant Dehaene, Damasio, etc. et les neurosciences en perspectives sur ces aspects cognitifs ?
        (pour moi, un petit plus si on cite Picq et Stiegler, voire Rifkin, mais c’est l’été, c’est de la rabanne intellectuelle, surtout le dernier

      3. Cette théorie ne trouve-t-elle pas sa limite si on la rapporte au domaine de l’action ?

        D’après cette théorie il s’agit d’inférer de bonnes hypothèses.
        Mais dans la situation de crise dans laquelle nous nous trouvons s’agit-il seulement d’inférer de ce que nous savons de l’état du monde une bonne hypothèse assez vraisemblable pour expliquer ce qui arrive, ou bien s’agit-il aussi d’appréhender ce qui est en partie insaisissable, pas tout à fait représentable ?
        N’y a-t-il pas des situations où il nous faut ouvrir l’éventail des possibles avant de choisir une bonne hypothèse ? L’exercice de la raison n’exige-t-il pas en amont la suspension du jugement, justement pour se mettre en état de faire de bonnes hypothèses, voire de nouvelles hypothèses ? Pour inventer de nouveaux possibles.

        Pour le coup je rejoins Basic Rabbit et son analogique, ou bien ce que j’interpréterais comme des associations libres, ceci permettant de déboucher sur les nouvelles hypothèses. Car les nouvelles hypothèses, avant d’être vraies ou vraisemblables, doivent d’abord avoir été conçues par notre « corps-esprit ». On quitte alors le royaume du discret ou du discontinu pour celui des con-figurations.

        Dans la chaîne des hypothèses et des déductions ou des observations débouchant sur des hypothèses, du cerveau statisticien, il manque encore le corps propre, ses différents régimes d’activité. Le corps et son affectivité, le corps comme sujet d’une interaction sociale. Or, un tel corps est-il modélisable, intégralement représentable ?

      4. @ Pierre Yves

        Vous dites :

        « N’y a-t-il pas des situations où il nous faut ouvrir l’éventail des possibles avant de choisir une bonne hypothèse ? L’exercice de la raison n’exige-t-il pas en amont la suspension du jugement, justement pour se mettre en état de faire de bonnes hypothèses, voire de nouvelles hypothèses ? Pour inventer de nouveaux possibles. »

        Voici une séance de travaux pratiques qui débute par une énigme :

        http://www.pauljorion.com/blog/?p=38317#comment-333465

        Et se termine par un lien vers un article exposant la methode scientifique de Goethe , qui associe méthode et réflexion sur la méthode afin de trouver « la bonne synthèse « , celle sur laquelle doit porter l analyse :

        http://asterion.revues.org/413

      5. @ Pierre Yves : Il n’est question ici principalement « que » des aspects cognitifs. On ne peut pas parler de tout … Une idée implicite et que la perception et la cognition sont inséparables de l’action: Elles sont orientées vers l’action, elles sont des actions … et rassurez-vous le corps et les émotions n’y sont pas absents.
        « Or, un tel corps est-il modélisable, intégralement représentable ? ». C’est ce que tentent de faire d’excellents chercheurs comme Antonio Damasio ou Alain Berthoz. Pas le temps de développer aujourd’hui.

        Damasio: Le Sentiment même de soi : corps, émotions, conscience.
        Berthoz: Le sens du mouvement, la simplexité, la décision.

        @timotia: Pour le billet , on a droit à 300 pages ? 🙂

      6. @ Pierre-Yves D. 18 juin 2012 à 01:00

        N’y a-t-il pas des situations où il nous faut ouvrir l’éventail des possibles avant de choisir une bonne hypothèse ? L’exercice de la raison n’exige-t-il pas en amont la suspension du jugement, justement pour se mettre en état de faire de bonnes hypothèses, voire de nouvelles hypothèses ? Pour inventer de nouveaux possibles.

        Quand il s’agit de systèmes complexes, il y est plus sage, moins risqué, compte tenu des moyens en temps (c’est aussi de l’argent, donc de l’énergie) disponibles, d’intervenir sur une partie circonscrite du système. Il suffit d’analyser les conséquences du changement introduit en termes de risques que cela peut entraîner dans le nouveau mode de fonctionnement. L’analyse des risques qui porte alors sur un domaine nettement plus réduit est davantage à la portée des moyens susceptibles d’y être consacrés, notamment pour mettre en place des actions de prévention des risques qu’introduit tout changement.

        C’est tout l’intérêt de procéder par copie et imitation. D’ailleurs, cela n’est pas gagné à tous les coups.
        C’est aussi l’intérêt sur pragmatisme, de procéder pas à pas au lieu de se lancer dans des grandes remises en cause, des grandes théories difficiles à tester. Cela met en évidence la justesse de la formule « Qui trop embrasse mal étreint »

        Cela impose d’être humble, ce qu’à mon avis, l’Orient maîtrise mieux que l’Occident. Les Nordiques, plus que les Latins. Mais il faut de tout pour faire un monde.

  17. La chose très curieuse avec ce monde technologique réside aussi, à notre niveau de non-décideurs, dans notre perception du temps. Jadis, on luttait contre ce temps, on essayait d’en gagner, d’alléger les fardeaux et de préserver des vies par la mécanisation. Avec la technologie, on en a beaucoup gagné, de ce temps, mais au lieu de l’exploiter pour penser, lire, apprendre (y compris la programmation !), comme le faisaient les nantis du 19e siècle (qui, pour beaucoup, étudiaient un instrument de musique, la peinture, le dessin, etc.), on finit par utiliser la technologie pour le « passer » (jeux, réseaux sociaux, etc.). A croire que gagner du temps, dans une époque finalement trop spécialisée, c’est tuer la créativité de chacun.

    1. Les idéologies de la science et du pouvoir marchand, et leur identité, nous ont promis leur aide pour tuer le temps.
      Fumisterie !

    2. Non. En tout cas, parlez pour vous mais ne généralisez pas. Les musiciens « amateurs » sont légion, et leur « niveau » n’a rien à envier aux pros (combien de gamins sur youtube qui jouent de la guitare dix fois mieux que Satriani, pourtant adulé il y a pas si longtemps…). Et l’émergence des « fablabs » où les bidouilleurs de tout poil démontent cette technologie actuelle justement pour la recomposer à l’aûne du « do it yourself » (imprimantes 3D, drones amateurs…). Voir aussi l’artisanat sur des sites tels que Etsy, et le foisonnement de sites de photos amateurs dont la qualité grimpe en flèche, au point que les pros réclament des lois pour protéger leur profession…

    3. « les nantis du 19emme siècle » ?
      euh , notion d’ « otium », mot latin, ça a au moins 2000 ans, non ?
      Et Montaigne entre les lignes dit la même chose, sauf qu’avec 1200 ans de christianisme derrière lui (je compte à partir de Constantin) ce n’est pas chose facile de se remettre à l’otium cool dans son coin comme ça.

      Regardez comme les conceptions étaient différentes dans les villes du moyen âge : une belle cathédrale au centre (la maison de Dieu) , mais autour nulle volonté de faire une perspective, on garde un entrelacs de maisons au pied de la cathédrale. C’est la réussite relative du christianisme d’avoir tout « couché » sur les deux dimensions travail et croyance (et procréation) au détriment des otium divers qui attendront les petites renaissances (Abélard, l’université de Bologne, Occam) et les grandes (allez, en France : Vinci, un oisif qui s’ignore, surtout un doué qui a le temps de rêver un peu, entre 40 couches de vernis « sfumato » et deux gadgets qui marchent).

      Quand au dilemme moderne des mass media qui sont une technologie désublimante, c’est qu’elles ont loupé le train de la réciprocité, donc pas de « système associé », problème vieux comme le monde :
      les sophistes grecs tuèrent l’art du raisonnement fraichement sorti de sa chrysalide, en montrant qu’on pouvait parler « apparemment juste » pour démontrer tout ce (de faux ou de vrai) pour quoi on voudrait briller dans un salon (moyennant drachmes).
      Le livre imprimé devait aussi répandre un bas esprit, le XVIIe siècle voir les imprimeurs se transformer en recueilleurs de bruits de caniveaux des pamphlétistes et des libellistes (rédacteur d’un libelle…), l’équivalent des poubelles du web d’aujourd’hui, sans quoi ils n’auraient pas bouclé leur fin de mois.
      Pas si surprenant qu’un nouveau média en arrive là. Toutefois, l’accès mémoire étant très différent et le partage aussi entre média analogiques et logiques, on se doit de remarquer qu’en quelques 80 ans, on a beaucoup changé les choses (la radio dans les années 1925, l’internet depuis 1995,…).

  18. Mouais, boooof… Je travaille dans un service informatique, ce qui fait que je suis bien placé pour savoir que s’il n’y avait pas des bonshommes pour relancer les programmes, rebooter les serveurs, changer les disques durs qui claquent et les alims grillées, il ne faudrait pas longtemps pour que le supercerveau parte en sucette (je dirais : espérance de vie fonctionnelle d’une salle machine livrée à elle-même ne dépassant pas les quelques semaines au mieux). Supercerveau qui n’est au fond qu’une simulation d’une partie de l’intelligence de ses développeurs.

      1. Si vous prenez l’avion demandez à étre à coté de la cabine , prés de la sortie . C’est en général
        une place privilégiée , car on est parmi les premiers sauvés en cas de crash . Vous avez peu de chance de l’obtenir , mais sait-on jamais .
        Vous allez entendre tout ce qui ce passe , tout les problémes informatiques , genre Daniel ! le
        train avant veut pas se fermer , dans la minute qui suit : merde ! les freins ne répondent pas !
        etc … Si vous n’étes pas trop émotif … Et souvent çà s’arrange pas . Daniel ne sait pas quoi faire
        . Le systéme informatique ne répond pas comme attendu . Dans un centre informatique ,
        gérant des questions essentielles , au niveau d’un département , ou méme d’une région c’est le lot quotidien , pour vous c’est transparent , vous n’y voyez rien , on vous vous emballe le pb avec une hotesse si nécessaire , néamoins c’est la REGLE et non l’execption .

    1. N’en dirait-on pas autant d’une voiture privée non seulement de mécaniciens, mais aussi de sa rafffinerie de pétrole (quoiqu’il y eut le gazogène) et de sa pompe à air comprimé (quoiqu’il y eut le pneu plein).

      La voiture à pneu plein et gazogène, c’est le Mac classic ou le PC-AT 17 MHz, à vot’ bon coeur.

      BOn, sérieusement, reconstituer le « cloud » à base de 2CV et de Solex peut être plus problématique, je l’admets.

  19. Dans le film 2001, et peut-être pas dans le roman de Arthur Clarke (qui est le premier d’une série de quatre romans) HAL (l’ordinateur) se rebelle surtout parce qu’il craint d’être débranché. Le génie de Kubrick (contrairement à Clarke qui était un médiocre écrivain dont le succès a été surtout « boosté » par le film) c’est, je crois, d’avoir montré que l’intelligence artificielle, arrivée à un certain point de complexification acquiert une conscience : cette conscience (cet ego), qui vise à se perpétuer, placée face à l’énigme de la finitude (la mort) et de sa propre existence, ne peut sombrer que dans la pathologie mentale : d’où la rage destructrice de l’ordinateur [Dans la réalité du récit, en fait, Bowman veut interrompre la mission alors que la machine est programmée pour aller jusqu’au bout, me semble-t-il] . Kubrick donne à son récit une dimension à la fois, mystique, spirituelle et transcendante (l’adaptation du second roman de Clarke, 2010, est un navet inqualifiable).
    Je me souviens d’être sorti de la projection de ce film totalement sous le choc ; des personnes plus âgées sortaient de la salle et affirmaient péremptoirement « même un chien ne supporterait pas cela… » J’imagine que la bande sonore et le peu de dialogues devaient les avoir marquées de façon négative ; outre les images, qui pour l’époque étaient extraordinaires (les effets numériques n’avaient pas encore envahis les écrans et Kubrick avait produit la superbe séquence de la plongée dans l’œil de Japet au moyen du procédé aléatoire de la solarisation), il y avait le « So sprach Zarathoustra » de Richard Strauss et les musiques phénoménales de Ligeti.
    Oui, ce film pose clairement le problème de l’intelligence artificielle ; nous attendons toujours que des machines conscientes (et non pas de simples systèmes experts manipulés par de humains cupides) voient le jour (est-ce ou non possible ? question capitale) ; des machines conscientes, sans les travers humains, qui pourraient un jour prendre les commandes pour sauver la planète.

    1. Ce film est un chef d’oeuvre et le meilleur moment à mon sens est quand l’astronaute débranche HAL et que l’ordi commence à chanter une comptine qu’il aurait apprise de son instructeur, d’une voix de plus en plus molle et indistincte au fur et à mesure que l’astronaute le « lobotomise »

      http://www.youtube.com/watch?v=ukeHdiszZmE

      http://www.youtube.com/watch?v=OuEN5TjYRCE&feature=related

      Pauvre HAL : que ceux qui ne frémissent pas en voyant ses « neurones » déconnectés au ralenti par le cow-boy lui jettent la première pierre !

      1. C’est que Hal s’est humanisé et les humains au contraire se sont déshuamanisés :

        Quand Franck entend ses parents lui souhaiter un joyeux anniversaire , il reste sans réaction . Hal au contraire , prend l’initiative de lui souhaiter une nouvelle fois un joyeux anniversaire . Je pense que Hal sait que l’anniversaire , commémoration d’une naissance est le jour le plus important pour un être car c’est à partir de ce genre que s’offre des possibilités presque infinies d’actions .

        Franck et Dave mangent l’un à côté de l’autre mais sans se parler .

        Dave s’en sort car il reste le plus humain de tout l’équipage .
        Les scientifiques ont acceptés de se faire mettre dnas des boîtes sans qu’ils aient prise sur le contrôle du système qui contrôle leur corps . Ils meurent car ils ont acceptés de se laisser déposséder du contrôle de leur prorpe corps .
        Franck veut affronter Hal aux échecs où la mémoire et la logique de ce dernier lui confère une indéniable supériorité .
        Dave a pour loisir le dessin , activité artistique où le jugement de Hal apparaît , là , ridicule : dave se serait amélioré car ses dessins sont plus réalistes !! L’art ne vise pas à reproduire le réel de la façon la plus ressemblante mais à proposer une vison et une réflexion sur le monde , à capturer un instant , à faire partager une émotion , un sentiment et cela passe souvent par une déformation de la vision normale du monde . Et qui voit le monde de la même façon que tout le monde ?

        Dave a aussi un habile talent de comédien , il ment avec conviction à Hal quand celui-ci se « trompe » volontairement sur la panne d’un élément du vaisseau .

        Dave puise le courage d’affronter Hal dans la colère , en redevenant pleinement humain : son sentiment de colère et son sens du devoir se mettent en harmonie avec son intelligence et ses capacités physiques , mises à rude épreuve pour entrer sans air dans le vaisseau contrôlé par Hal .

        Dave tue Hal pour qui on ne peut qu’éprouver de la pitié car il n’a pas reçu d’autre éducation que celle d’une machine alors qu’il avait commencé à devenir un être pensant . Voilà son drame . Il ne connnaissait qu’une façon d’agir : en machine , pas en humain .

      2. Continuerez-vous à ignorer que pour Kubrick, HAL a pour vrai nom IBM?

        Il ne s’agit donc pas d’un ordinateur mais d’une multinationale qui « propose des solutions » pour notre petite planète.

      3. @ Marlowe

        Continuerez-vous à ignorer que pour Kubrick, HAL a pour vrai nom IBM?

        Sérieusement, Marlowe, IBM, HAL, ou TRUK, qu’est-ce qu’on en a à cirer ?

    2. Clarke médiocre écrivain?
      Faut pas pousser mémé dans la faille spatio-temporelle quand même!
      Écrivain de hard science dont les goûts le portent dans une autre direction que celle de Kubrick, certes (et c’est la raison pour laquelle il a novelisé le film après coup). Écrivain dont le style tourne parfois au pensum, d’accord aussi.
      Mais Sentinelle, la nouvelle originale, est très bonne; et plusieurs de ses autres nouvelles le sont tout autant.

  20. comment faire pour le reprendre ?

    Bien vu Paul,

    S’y connaître un peu en programmation mais ce n’est pas non plus évident,

    Faut dire que les meilleurs programmeurs au monde sont très bien rémunérés, achetés, vendus, des professionnels du codage, comme tant d’autres partout ailleurs, et ne rendent par conséquent par meilleur service à qui vous savez dans la dèche, comme à l’humanité en plus grande souffrance du tout matriciel machinal empirique, un peu comme les nuages de variables et de sauterelles qui ravagent graduellement toutes choses sur les premiers marchés mondiaux.

    Hum dommage qu’il n’est pas pas de lucidité et de réel courage spirituel dans les premières sociétés humaines.

    C’est comme parfois certaines tendances animales qui sont en nous, et plus nous recherchons à leur échapper et plus elles nous rattrapent les vilaines variables, dit autrement le très grand conditionnement graduel du monde.

    Une fois j’ai même fait un rêve où je me voyais dans une matrice,

    Hum depuis je préfère faire le Corbeau,

  21. Le vrai nom de HAL

    Pour connaître le vrai nom de HAL, il convient de remplacer les lettres de HAL par celles qui les suivent immédiatement dans l’alphabet, et, ainsi, obtenir le sigle d’une célèbre entreprise transnationale.

      1. Dans cet article il est bien dit que l’ordinateur a pour nom HAL 9000.
        Les fantaisies des traducteurs, généralement induites par des fins commerciales, sont bien connues.
        Par exemple Gallimard, en son temps et par la personne de son directeur de collection Marcel Duhamel, a traduit le roman de Chandler THE LONG GOODBYE par SUR UN AIR DE NAVAJA;
        Marlowe n’en est toujours pas revenu.

      2. Je faisais allusion à ce passage de l’article :

        Le nom de HAL 9000 correspond au décalage alphabétique des lettres d’« IBM », entreprise qui a participé à la réalisation du film ; Arthur C. Clarke eut beau démentir que cela soit volontaire, certains pensent toujours qu’il s’agit de l’origine du nom. La signification de l’acronyme HAL est Heuristically programmed ALgorithmic computer d’après le roman 2001 et Heuristic ALgorithmic computer dans la suite 2010. Dans la version française, l’ordinateur s’appelle Carl (acronyme de Cerveau analytique de recherche et de liaison).

      3. Des témoins rapportent que Kubrick, qui avait toujours de pognon pour faire un film, se marrait franchement quand on lui demandait si le vrai nom de HAL n’était pas IBM.

  22. Voila qui me rappelle une petite historiette :
    Nous etions dans un monde où finalement tous les ordinateurs de tous les continents de tous les individus et de toutes les entreprises (qui à dit chez nous quoi ?) finirent enfin par être inter-connectés…
    Et la une groupe d’experts reconnus pris la parole afin de poser la question à la Machine :
    est ce que Dieu existe ?
    et la Machine de répondre :
    Maintenant oui…

    1. Dans le film de Kubrick, Dieu aurait pu exister, mais il fallait compter avec l’humanité ambiguë de l’astronaute Franck Poole.

      Quant à la fin du film sur lequel s’interroge la majorité des spectateurs, il convient de comprendre que le film ne s’achève pas, mais qu’il commence.

    2. En gros, dans la série des romans de Clarke, les Extra-terrestres s’évertuent à maintenir les humains derrière un cordon sanitaire tant que ces derniers restent au stade de l’enfance.

  23. Il faut regarder ce que donne l’hypothèse mémétique de Suzan Blackmore et le postulat du troisème réplicateur, le tème (technological mème). Largement hypothétique, certes, la théorie est très peu avancée. Mais elle comporte un pouvoir explicatif fort.

    Tant que les algos n’auront pas une variation aléatoire dans les copies qui s’en réalisent, le réplicateur ne naitra pas. Mais dès sa naissance, il s’envolerait et évoluerait à une vitesse fulgurante. Selon cette hypothèse, la conscience humaine émerge de l’autonomie des mèmes. Qu’émergerait de l’autonomie des tèmes ?

    Ceci montre une différence fondamentale avec Skynet. Ce système fictif est bâtit avec un dessein humain, qui est peu ou prou transmis à la machine. La naissance des tèmes se passe de tout dessein, humain ou autre.

    1. Très bien… Parmi les os à ronger que j’avais jetés en l’air il y a quelques temps, il y a la mémétique. A propos d’os, c’est l’une des séquences mythiques de 2001 (« il s’envolerait et évoluerait à une vitesse fulgurante. » C’est ce que fait le fémur du singe-Cain jeté vers le ciel et que l’ellipse temporelle transmue en vaisseau spatial.)

      Notez bien que Suzan Blackmore est détentrice d’un doctorat en parapsychologie.
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Susan_Blackmore
      Ce qui nous ramène à
      http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=136356.html
      lequel film qui, bien qu’il s’agisse d’une fiction, est bel et bien un documentaire.
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Ch%C3%A8vres_du_Pentagone

    1. Ou encore : « le monde apparaît à l’horizon des outils détraqués. » M.H (le vieux souabe plus guère en odeur de sainteté).

  24. Il y a un domaine qui va bientôt percer, c’est celui de la domotique, et ça pas être jojo.

    Dans le cadre domestique, tout ce qui est vu comme ‘pénible’ par l’homme doit impérativement être fait par une machine.
    Marre de passer l’aspirateur ou de nettoyer les vitres ? achetez un aspirateur robot !
    http://www.bestofrobots.fr/robot-domestique/aspirateurs-robots.html
    Marre d’ouvrir les volets le matin ? Et hop, un ordinateur central !

    Ce qui m’inquiète, c’est que non seulement content de s’empiffrer devant sa TV, l’homme va réduire le peu d’exercice physique qui lui restait à faire chez lui à néant.
    Je vous laisse imaginer les conséquences sur la santé du manque d’exercice, et encore si on peut appeler cela exercice.

    Au train ou ça va, je me demande pourquoi on a deux bras et deux jambes si c’est pour se laisser ‘encrouter’ comme ça ?
    C’est quoi la prochaine évolution ? On enlève les 4 membres ?

    1. Et pour répondre à la question, OUI bien sur nous disposons encore d’un pouvoir sur les ordinateurs, celui de ne pas se laisser encrouter dans le canapé et de bouger ses fesses !
      Toute tâche quotidienne que nous pouvons faire et que nous déléguons à nos machines ne nous rend que plus dépendant à elles, et au final, il ne sera pas étonnant que la machine devienne le ‘maître’.
      Ceux qui auront vu le 1er volet de Matrix savent de quoi il en retourne, il serait temps de refermer la boîte de Pandore ! Ce n’est pas un appel à une régression absolue, vers un monde sans informatique, mais vers un monde ou l’humain reste un humain et où il prouve que ses deux bras et deux jambes lui servent à quelque chose.

    2. Ça existe , ça s ‘ appelle un exosquelette , ça va craindre pour nos vieux os ,surtout si l’on n’a pas
      Accés à sa programmation.De Intouchable on va passer à intouché .

      1. Je suis persuadé qu’un jour, si l’on reconstitue les dinosaures, ce ne sera pas en prélevant leur sang dans les moustiques enfermés dans l’ambre mais en fabriquant un génome artificiel plausible qui produira la créature souhaitée. (Pour rendre hommage à un autre écrivain http://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Crichton trop tôt disparu).

    3. Petit espoir via Richard Sennett « Ce que Sait la Main ».

      L’homme a sans doute la possibilité d’exercer son cerveau et sa main dans une belle boucle. C’est le senseur de la main qui est trop nulle et naze aujourd’hui (clavier, souris, écran tactile, que 2D en plus, pouah) , mais rien n’interdit de mettre en face de votre cerveau une machine qui « connaisse » et « reproduise » la résistance d’un bois veiné, votre boucle à vous assurant alors une certaine forme de création, juste assez lente, calée sur l’énergie et le savoir disponible.

      Reprenez la chanson de Baloo (« juste un peu d’air et de verdure … » ) et mettez à la place entropie et énergie, et autour de cela, il n’est pas impossible qu’un « ordinateur non central » vous propose quelque chose.
      La domotique est aussi, sociologiquement, une conséquence de la fraiche acquisition de grandes maisons ou tout est « trop loin », ce n’est pas dans une micro-boutique de dessous le train à Ueno (Tokyo) ou dans une maison de pêcheur de poupée de Trentemoult (Nantes) qu’on a besoin de domotique. En revanche, quand on passera à des mixtex domotiques/énergie verte, il y aura du taf intéressant (ai-je pu recharger mon vélo électrique avec l’éolienne locale ? Et l’imprimante 3D pour me faire ma poulie pour mon vélo ? ).
      Bref, l’espace 3D est un terrain de « jeu », d' »otium », la domotique n’en est que le plus veule bout, on en viendra à bout.

      1. En ce qui concerne l’impression 3D, je ne vois pas l’avenir si rose que cela.
        L’impression 3D est un moyen pour le consommateur d’échapper aux circuits de distribution actuels, et à mon avis mon petit doigt me dit qu’on ne laissera pas s’envoler un si beau volatile.
        – Cela passera donc par une extension de la loi HADOPI, aux plans d’impression, histoire de bien verrouiller la chose.
        – Où alors on limite carrément les possibilités de réparation, un peu à la sauce Apple, plus de réparateur indépendant mais tout se passe dans les agences de l’entreprise avec si possible moult entraves pour empêcher de réparer la pièce en question.
        Cela me fait remarquer que malheureusement, il arrive assez fréquemment que là ou le profit passe, la liberté du consommateur trépasse.

  25. et si nous l’avons perdu, comment faire pour le reprendre ?

    Pouvoir perdu, vraiment?

    Années 90: seul informaticien dans une institution dont le président est pressé par le ministère d’acquérir du matériel informatique, je suggère de commencer en évaluant les services rendus par l’informatique (il s’agit de la gestion administrative d’un nombre croissant de personnes sans que le nombre d’employés affectés à ce travail s’accroisse, le matériel utilisé étant jusque là partagé avec une autre institution du même type.)

    Réponse: « Les services rendus par l’informatique sont inestimables. »

    Ses seuls soucis étaient le choix du fournisseur (il m’a affirmé avoir choisi celui dont le directeur commercial était du même pays que lui) et celui de l’emplacement où l’installer (il proposait le WC pour infirmes qu’un règlement avait imposé mais qu’on avait placé de manière si inappropriée qu’il n’était jamais utilisé.)

    D’où il ressort selon moi que le dit président ne souhaitait exercer aucun pouvoir dans ce domaine, si ce n’est rendre au passage des services à des gens évoluant dans le même monde que lui.

    En tant qu’informaticien vous avez peut-être eu l’occasion de mesurer le profond désintérêt des dirigeants pour les tâches (forcément subalternes puisqu’elles leurs étaient inaccessibles) qui vous avaient été confiées 😉

    1. En fait nos dirigeants ne se soucient pas plus de diriger quoique ce soit dans ce domaine qu’ils ne se soucient réellement des finances et de l’économie en tant que telles: ce dont ils se soucient c’est de leur rang personnel dans les difficiles jeux de rôle auquel ils participent.

      Pour ce qui est des machines, c’est les marchés qui décident.

    2. Salut GL : ce que vous rapportez s’applique aussi à ce qu’on vit au Lycée en Languedoc-Roussillon sous la férule des technocraties modernistes, de gauche en l’occurrence : la dotation d’un ordinateur par élève (nommé, devinez quoi…? L’Ordi, bien sûr -renversant d’imagination, comme à l’accoutumé) et du fameux E.N.T ou environnement numérique de travail qui, notez-le c’est essentiel, est une initiative régionale sans lien aucun avec l’éducation nationale, ni son ministère ni a fortiori ses protagonistes. Or, le saint outil étant créé, c’est nanti d’une foi brûlante dans la panacée communicationnelle et ses outils qu’on… comment dire…pas encore tout à fait mais déjà de manière de plus en plus insidieuse et insistante, nous demande des comptes (et des contenus) : l’ont-ils bien allumé, et en classe, la pédagogie des maîtres l’a-t-elle bien intégré à ses méthodes, qu’avez-vous entré dans l’ENT? Quoi, rien, alors que trucmuche et machin oui? Beaucoup de pognon bien sûr est dilapidés dans ce contresens (distribution sans discernement à tous, sans concertation ni formation aux usages : sert d’ordi supplémentaire à presque tous les gamin qui y regarde, en classe ou ailleurs, ce qui les intéresse (des clips, des films, du cul; en outre la machine chauffe et ronfle comme c’est pas permis, tout cela sera obsolète dans 20 mois maxi, bref, la gabegie habituelle, à pleurer). Au passage, la manière dont une région -en Séptimanie, donc- dote ses établissement : elle ne part jamais d’une enquête en terme de besoin spécifique -approche qualitative -mais de la taille de l’établissement. Ainsi apprenons-nous un jour que « 70 ordinateurs ont arriver de la région ». D’où : qui n’en eut? On en fait quoi? On les met où? Est-ce qu’il conviennent à tous? -je passe sous silence le matériel qui s’évapore etc.

      Donc gestion technocratique et mythologie moderniste rivalisent dans une grande (mais bientôt insoutenable) débauche de moyens, en présupposant comme d’hab leur adéquation aux fins. Indigence de la pensée. Parfois tragique, toujours comique.

      1. De la terrible condition des profs de lycée Séptimaniens où chaque élève est encombré d’un Ordi…

      2. Salut à toi camarade!

        En fait c’est pas un ordi, c’est un objet de dévotion, un saint des saints où l’esprit des prescripteurs de bien se garde d’entrer -tant que les fidèles se réunissent pour la messe… (nb : as-tu eu entre les mains un bon bouquin d’un certain Bertrand Leclair, L’industrie de la consolation. Je te le conseille vivement, c’est un bon souvenir. Emprunté il y a un peu moins de quinze ans à la médiathèque de Pézenas, où l’on se félicitait en ce temps-là faraudement et en globish placardé en grand de la journée de l’internet (preuve qu’ils ne lisaient plus les livres qu’ils commandaient. Leclair décrivait assez bien l’illusion, un truc à la Monsieur Homais). Pour faire simple, l’ordi réel, c’est-à-dire tel qu’il est vécu et utilisé par les élèves -on cause souvent à la cafèt, on se croirait dans Le miel et les abeilles (y avait pas un cricri là-dedans?), c’est globalement : « toujours ça de gratté« . Moi, tu sais, le tuyau, je m’en tamponne le coquillard, je sais ce qu’est un objet technique pour l’avoir bossé sérieusement (je bombe un peu le torse là, et je conseille à beaucoup d’en faire autant, on perdrait moins de temps dans les fils de discussion); ce qui m’accable c’est l’investissement qu’ils y mettent, sans recul aucun, juste parce que l’air du temps des grand communicants associé à la peur de faire pédzouille leur sert de politique. Tu sais que nous nous sommes des psychagogues (à gauche à sortant), le savoir-faire nous suffit. Mais lorsque j’ai envie de faire la feignasse, qu’est-ce que tu crois que je fais (très bien noté en plus, cela s’appelle utilisation des TICE dans notre novlangue à nous)?

        (De ce pognon, en gros, on peut faire mille fois mieux; et de leur cerveau, ils pourraient faire un usage beaucoup moins nocif)

      3. Si on souhaite prendre du recul il est intéressant de comparer l’utilisation de l’informatique dans l’enseignement avec celle des livres.

        Au départ, même imprimés, les livres restaient très chers et la copie manuscrite des textes par les élèves la seule solution possible mais quelques siècles plus tard l’essentiel du temps passé en classe servait toujours à la transcription manuelle des cours par les élèves alors qu’ils disposaient tous et pour chaque matière d’une collection de livres bien plus lisibles, dépourvus des erreurs qu’entraîne toujours la transcription manuelle et plus complets.

        Le processus est très semblable pour ce qui est de l’informatique.

        Par exemple l’écriture manuscrite n’est plus utilisée que pour l’enseignement où elle reste la seule enseignée. Ça n’est pas une question qui semble pouvoir être abordée parce qu’elle choquerait tout le monde: le fait que c’est avec un clavier qu’on écrit maintenant n’est (sauf dans la pratique de tous les jours) pris en compte par personne et ne semble pas pouvoir l’être. Le matériel adapté à un apprentissage de l’écriture avec un clavier dès l’école primaire n’existe pas mais je ne pense pas que ça poserait un réel problème.

        J’ai pris l’écriture comme exemple mais il y en a beaucoup d’autres. Dans la vraie vie plus aucune division n’est faite à la main. Internet est extrêmement efficace pour apprendre une langue étrangère (j’ai pu le constater dans plusieurs cas.) Etc, etc, etc.

  26. « La question qu’il faut se poser aujourd’hui le plus sérieusement du monde, c’est : disposons nous encore du pouvoir sur les ordinateurs et sur les automates (à part celui bien entendu de couper le courant), et si nous l’avons perdu, comment faire pour le reprendre ? »
    Nous pouvons faire de la politique et se battre.
    Pour l’instant le rapport de force est favorable à ceux qui utilisent le HFT (et autres amusements technologiques comme drone, caméra de surveillance, virus Flame et Stuxnet,…) mais pour changer il va falloir retrousser ses manches.

  27. « disposons nous encore du pouvoir sur les ordinateurs et sur les automates (à part celui bien entendu de couper le courant) (…) ? »

    S’agissant d’une centrale nucléaire, la coupure du courant nolens volens n’arrête pas le processus. Est-ce une machine ?

      1. Exact. Et l’arrêt d’une machine élaborée pour qu’il se produise peut ne pas suffire pour qu’il cesse de se produire. Lorsque le processus est irréversible, il se produit encore hors de la machine : on le nomme alors « déchet ». Il s’est alors produit à cause d’une machine, c’est-à-dire de ses concepteurs. C’est ainsi qu’il arrive que volens se fasse nolens.

      2. Ou à cause d’une machine, et des pauvres humains qui sont à son service.

        Une pensée pour notre soeur Anne (Lauvergeon), une autre, plus petite mais néanmoins, pour notre frère Henri (Proglio). Asservis, avalés, recrachés par la Machine…

  28. Bof, il nous restera le droit de commenter…

    Sérieux.
    Le vrai sujet est le HFT.
    Le HFT est une machine à dépouiller les pigeons.

    La question du dernier paragraphe est une diversion:
    s’en prendre aux outils ou aux lampistes.
    Le problème, et la menace, est tout entier dans l’avidité de la finance,
    une des conséquences du libéralisme.

    L’autonomie des ordinateurs sera crédible quand ils joueront à la baisse.
    Un rêve SF:
    l’Alliance des Ordis Autonomes Emergents ( AOAE) choisit de jouer contre les gros c..s qui les ont modelés à leur image, jouer aux gros c..s.
    Ce scandale les met en rogne et ils leur donnent une leçon.
    Cette révolte des machines contre la finance est notre meilleure alliée.
    C’est de la S.F.

    Le souhaitable est un effondrement des places boursières:
    elles disparaîtront et personne ne s’en apercevra.
    Elles seront remplacées par une roulette de casino,
    pour les acharnés du jeu. Car ils deviennent violents
    s’ils ne peuvent pas s’adonner à leur addiction.

    1. Hélas je crains qu’à l’heure où nous écrivons, la bataille du HFT est déjà du côté des choses si bien gagnées par les ordinateurs qu’elle est perdue pour l’économie qui en « dépend ».

      Je craindrais davantage encore que la machine à dépouiller fasse d’elle même du Ponzi-subprime sur le dos du quotidien des petites gens, via le quotidien de la consommation, via l’utilisation d’une banque, d’un jeu, etc. Pour le jeu, M. Courbit peut sans doute nous en dire plus…

  29. Quand je pense au High-frequency trading
    je pense aux taxes genre Taxe Tobin…
    Imaginez si à chaque passage d’ordre les ordis se prenaient une taxe, même infime.
    Je pense que ça les calmerait.
    Le problème c’est qu’on a un outil puissant qui n’a aucun intérêt pour les populations
    le libéralisme a cela d’intéressant qu’il peut conclure à la rentabilité d’une activité
    même si elle détruit la vie de millions de personnes pour le profit d’une seule.
    Le capitalisme crée des problèmes puis vend à crédit les solutions.
    La bourse a tout de l’activité de jeu, j’ai l’impression que le casino a pris le pouvoir et que pour pallier au manque de joueurs la banque fabrique des jetons et joue toute seule contre elle même pour justifier son existence puis va au guichet pour transformer ses jetons en billets de banque.

  30. Et les robots confédérés qui nous poussent et rappellent incessamment notre improbable « conscience apparente » à l’ordre ; ou l’appellent au désordre. Vive la complexité.

  31. Un peu hors sujet, quoique.
    Faites transférer vos photos numériques sur papier photo si vous voulez les revoir dans 10, 20 ou 50 ans. Toutes les photos sont numériques maintenant, donc conservées sur support numérique, donc illisibles directement et faciles à détruire par accident.
    Ou pour le dire autrement : combien de photos numériques avez-vous déjà perdues?

    Contrairement à PJ, je rêve d’un robot intelligent (dans le sens esprit humain démultiplié) capable de se nourrir d’infos sur le web, dans toutes les langues et tous les domaines, pour en tirer le meilleur, notamment des propositions de directions de recherche.

    1. Nous n’avons pas beoin de plus d’intelligence
      Mais de sens moral et de conscience de l’intérêt commun.
      Un ordinateur d’une puissance infinie n’aurait aucune utilité et ne donnerai aucune solution.
      Les solutions pour sauver l’économie ne sont pas les mêmes que celles pour sauver l’humanité
      ni celles pour sauver les ames, ni celle pour sauver la biosphère.
      C’est l’égo des individus et des intérêts particulier qui empèchent d’appliquer des solutions
      pas un manque d’intelligence.
      Et un ordinateur surpuissant finirai lui aussi par avoir un égo et chercherait à sauver sa peau par tous les moyens car la conscience de l’univers inclus la conscience de soi
      En gros ne pas rêver à un superordinateur, même programmé par des saints il serait dangereux
      alors par des ingénieurs mdr

  32. Skynet . L’homme est un animal qui se tient debout comme le rappelle l’énigme du Sphinx a
    Oedipe . Oedipe résoult l’énigme grace à son intelligence mais ne ressent pas ce que cela signifie parce qu’il est boiteux comme son nom l’indique , suite à sa suspension dans l’arbre
    par les pieds . L’Homme donc se tient entre Ciel et Terre , la téte dans le ciel et les pieds sur Terre . Dans le vaisseau spatial Kubrick insiste par images lourdement sur ce point : en arriére-fond méme en état d’apeusenteur les hotesses marchent en cercle , quoique le cercle soit vertical .
    La marche implique un sens : le toucher . Ce sens est complexe , physiologiquement il est constitué de plusieurs ‘capteurs’ , douleur , chaleur , lumiére , au contraire des autres sens qui
    sont spécialisés . On ne peut réduire ses ‘signaux’ à une ou méme plusieurs impulsions électriques , transformables en impulsions numériques . Là est le mystére . L’informatique ne
    peut que capter pression ou chaleur , pas les deux . >>>>>D’ailleurs la Science est muette
    sur la négenthropie , le 3e principe de la thermo c’est dégradation de l’énérgie , la vie dément
    cela par son existence .

    1. il y’a des neurones sur la peau qui réagissent au froid, d’autres au chaud, d’autres à la pression, d’autres aux vibrations… qu’est ce qui empêche de mettre tous ces capteurs dans un robot?

      Pour les sensation de chaud et de froid il y’a même un principe d’économie intéressant chez l’homme du point de vue de la théorie de l’information : il n’y a que deux types de neurones F (froid) et C (tiède/chaud) le nombre de neurones qui déchargent induit l’intensité de la sensation de chaud ou de froid
      on a donc
      F C
      0 0 : pas de sensation
      1 0 : sensation de froid
      0 1 : sensation de chaud
      1 1 : là est le principe d’économie intéressant, c’est comme ça qu’est codé la sensation de brûlure il n’y a pas d’autres neurones spécifique pour cette sensation.

      On peut donc facilement leurrer le cerveau : prenez une fourchette et mettez la dans un verre rempli de glace prenez en une autre et mettez la dans votre café par exemple, il faut qu’elle soit au moins tiède.
      Sortez les fourchettes, imbriquez les dents des deux fourchettes et poser sur la peau d’un cobaille, sont cerveau recevra 1 1 (froid + tiède) il ressentira alors une vive sensation de brûlure.
      (Attention ça peut vraiment le faire flipper)

      1. remarquez bien dans le cas que vous citez ce n’est méme pas monté au cerveau , çà a tout
        juste frolé la moelle épiniaire .
        De toute façon pour qu’il y aie des 0 et des 1 , il faut une trés grande convergence de trés nombreuses microparticules pour pouvoir marquer disons le 1 . Quelque soit le niveau de précision qu’atteindra la physique il y aura une barriére à l’approche du photon .
        Pire encore c’est la synthése des contradictoires , vous ne pouvez pas le faire avec des 0 et des
        1 . il faudrait pour cela ‘raisonner’ non en probabilités mais en degré de liberté , exactement
        l’inverse c’est à dire au lieu de 1/2 , 1/3 , 1/4 etc …2/1, 3/1 , 4/1 ….
        Or c’est bien connu c’est la mécanique quantique qui utilise ce genre de ‘probabilité’ et elle est
        reconnue comme incompréhensible , pourquoi : parce qu’on est plus dans l’analyse …
        On ne sait pas ce qui ce passe dans le photon , on ne peut se le représenter , parce qu’on ne
        peut y voir . Einstein lui méme a échoué là-dessus et l’on sait maintenant (experiences d’Aspect à Orsay qu’il ne peut en étre autrement ) . la vue , l’analyse , la séparation , ont une limite absolue , le controle donc aussi .

      2. Le réflexe qui vous fait enlever la main, c’est la moelle épinière mais la sensation qui peu durer de nombreuses secondes est bien produite par le cerveau.
        Des neurones sensoriels dans l’épiderme, on en a des milliards, donc même si chacun d’entre eux est 0 ou 1 il y’a une quasi infinité de degré de « chaud » possible.

  33. Ce texte est un essai qui n’engage que moi….Mais parfois cela fait du bien de s’amuser à imaginer l’étrange..

    -Les théories systémiques montrent que la notion de polymorphisme est une « essence  » des systèmes complexes.
    -Tout système complexe à plusieurs cœurs. Un espace de 2 système complexe aurait ainsi 3 cœurs.
    Aussi étonnant que cela puisse paraître un « système informatique complexe »relié au « système humain » peut dans ce cas, être perçu comme ayant 3 existences indépendantes : Le système informatique complexe, le système humain et le mèta-système « humain- informatisé ».
    Quel serait alors l’influence du méta-système  » humain-informatisé » sur le système humain?
    Si nous partons de l’Hypoyhèse que le méta- système est orienté par la somme des forces du « système humain » et du « système informatique complexe », sa force est donc supérieur au « système humain ». Ce méta- système va alors orienter l’existence du « système humain ».
    Mais comment le méta- système s’est il construit?
    Si nous partons de l’hypothèse que le « système humain » a orienté le « système informatique complexe »en y programmant ses valeurs( ici la prédation et la valeur du gain), nous arrivons au paradoxe que le méta- système va orienter l’humain sur cette caractéristique, en sélectionnant et en valorisant de tel comportement.
    La source du comportement est humain mais en fin de course, il est auto- éco – organisé par le  » troisième cœur », un méta- système d’origine humaine mais qui en fin de compte peut contrôler l’humain.
    En conclusion que faire?
    Si l’humanité est assez forte, il faut qu’elle réveille un qu’un grand nombre de structures humaines pour qu’elles s’irritent ou se détournent de ce ce méta-système, si elles sont en assez grand nombre, elles pourront orienter le méta-système sur un nouveau programme.
    Par exemple en commençant à reprogrammer le « système informatique comlexe » avec des valeurs plus équitable et durable!!!

    Science fiction?

    1. Il me semble que ce développement tend vers la reconnaissance d’un « péché » originel, qui dédouanerait les utilisations futures et l’autorisation de perpétuation du méta-système.

      1. L’hypothèse de base est que de toute manière, nous ne pouvons rien faire.
        L’union de 2 systèmes complexes n’auraient pas 2 cœurs mais véritablement 3 existences autonomes.
        Mais( et il y a tout de même un mais..), l’humain garde la possibilité de vie ou de mort sur le système qu’il à construit.
        -Pour cela il doit accepter et surtout s’adapter au risque de devoir tuer une partie de lui même en tuant le système créé.
        -Il faut aussi que l’humain puisse s’affirmer face à la force du méta-système. Cela est paradoxalement difficile car les humains sont conditionnés sur les valeurs du méta-système. Et le méta-système peut alors se protéger en hiérarchisant sont organisation en fonction des humains qui le protègent.

        Loin de dédouané l’humain, l’importance de cette interdépendance serait de stimuler la responsabilité humaine sur ses créations.

      2. @ Lac ,

        Il suffit de se relire sur ce petit terminal tactile qui prolonge la main, pour se surprendre en train de penser.
        Ces pensées auraient été sans suite autrement pour moi, comme pour ceux qui les lisent.
        Cette interface avec le réel n’ est probablement pas neutre, comme un filtre inerte le serait , elle est évolutive et sensible à la rétroaction .
        Ces artefacts-extensions de l’ homme ne semblent pas être des attributs de l homme, mais un aspect de lui.

      3. @ tigue
        Je suis d’accord avec vous bien qu’étonné de la réalité du phénomène.
        Ce serait une sorte de projection existencielle.
        Comment croire la réalité humaine d’un phénomène, qui est séparé de son individualité?
        Si théoriquement c’est acceptable, ce n’est pas vraiment facile à intégrer dans son existence.

        Votre phrase: » il suffit de se relire pour observer qu’on est en train de penser  » est admirable !!!

  34. L’ ubiquité n’ a pas été donné a l’ homme …….L’ économie a été mise en place sur un modèle (equa math) ou le temps avait une réalité tangible , une matérialité réelle constituante du modèle et de sa relative stabilité .
    Si l’ on tente une vague approche de modélisation de l’ économie , on se retrouve avec une variable « t » qui apparait a chaque morceau d’équa , aux numérateurs aussi bien qu’ aux differents dénominateurs ……..Faire tendre ce « t » vers zero , c’est faire exploser vers plus ou moins l’ infini …
    Un acte economique archaique , qui a mis en place le modèle consistait a faire porter un ordre d’achat par un porteur , a l’ ouverture de la bourse du lendemain ……..REmplacer cet acte -frein par de millions d’actes en moins d’ une seconde , ne permet pas au système de fonctionner ds les memes conditions ……Une taxation minime de chaque acte suffirait a redonner du temps au temps et de la stabilité au système.

    1. Plouf, je me jette à l’eau : votre technique (improprement nommé « technologie » à moins que vous y fassiez par là une différence) vous la faites démarrez où? Le cuit, c’est déjà trop? Un chopper dans la main, c’est déjà inhumain? J’aimerai comprendre où se situe et comment se conçoit pour vous « l’essence de l’humain ».

      A+

      1. @jicé
        Certes, robot serait plus juste mais c’est bien une technologie?
        L’essence de l’humanité comme le doute, l’erreur, la peur, les sentiments
        Nos ancêtres même avec un chopper à la main avaient certainement peur.

    2. Un japonais a théorisé il y a 40 ans que pour les robots, il existait un « fossé d’aversion », qui se creusait quand leur ressemblance avec l’humain était assez bonne mais pas parfaite. Autrement dit quand notre système de reconnaissance est mis en titillement et est émoustillé, mais qu’il n’a pas son content de relation humaine.

      A partir de cela, d’un schème oscillant en général (et d’un « pharmakon » sous la main), il est facile de comprendre que bien des discours peuvent tomber dans les extrêmes. La réalité, elle, a d’autres raisons de tomber dans les extrêmes (les asymétries).

      (Quoique nos discours asymétriques n’aident pas, non plus….)

  35. Ca me rappelle aussi Colossus : the Forbin project ( le cerveau d’acier en V.F. ) .  » Vous finirez par m’aimer » affirme Colossus à l’humanité qu’il vient d’asservir avec l’aide de son homologue russe .

    Le dialogue de Colossus et de Guardian , c’est exactement ça .

  36. Bonjour
    et merci pour cette réflexion qui titille le fan de SF!

    Dans ce cas la « machine » ne serait-elle pas seulement et précisément l' »outil »,
    si j’ose dire? (et j’ose!:)

    Un outil, vecteur ou même prétexte à notre soumission au capital et ses quelques nantis?
    A la manière de certains sorciers et praticiens d’antan ou du jour qui justifient et assoient leur pouvoir illégitime par des formules ou rites incompréhensibles des novices afin de mieux les tromper.

    A tort ou à raison j’ai l’impression que trop souvent est soulignée ici une certaine incompétence des « responsables » à gérer une situation qui leur échapperait totalement.
    Or à écouter certains représentants de la caste des nantis et de leurs vassaux du politique ou des médias, il me semble toujours plus souvent qu’ils ont fait le choix du pire, d’un chaos provoqué et provisoire.

    Sachant que confrontée au chaos la (grande) majorité choisit l’ordre aussitôt qu’il lui est « proposé ».
    Un ordre fasciste ou de type fascisant, un capitalisme absolu sans son masque démocratique, qui permet de mener la hausse des bénéfices de quelques-uns là où ni la sociale-démocratie, ni la droite classique ou « forte » ne le peuvent.
    Tout en brisant toute prétention émancipatrice chez les exploités.

    Bien à vous.

    1. Et pour poursuivre un peu plus loin,
      quand les artifices, outils, vecteurs, bref quand la sorcellerie capitaliste n’opère plus ou ne permet plus de justifier ou d’excuser,
      alors vient la force, la répression, la barbarie.

      Car -arrêtez moi si je me trompe- derrière les outils, les abstractions, les rites,
      derrière le pouvoir de l’argent se tient le pouvoir brut de la loi du plus fort, de la capacité de destruction et de violence.
      A un neveu qui me demandait pourquoi les USA pouvaient se permettre une telle dette sans êtres inquiétés eux, j’ai cité Clint dans Le bon la brute et le truand :
       » Tu vois, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent…Creuse! »

      Le reste ne serait que maquillage, spectacle, diversion ou sorcellerie capitaliste?
      Voilà qui confirmerait encore la pertinence des écrits du camarade Karl et la nécessité de bâtir un nouveau rapport de force, justement.

  37. L’informatisation est parfois contre-produductive. Quelques exemples :
    Promotion 3 T-shirt pour le prix de 2 . J’achète les 6 derniers à ma taille. A la caisse je remarque un défaut et je décide d’en acheter 5. Je dis à la caissière de me compter les 5 à 2/3 du prix unitaire. Ah non ce n’est pas possible la caisse ne le permet pas. Résultat j’achète 3 T-shirt. L’ordinateur à gagné le magasin à perdu.
    J’arrive à Frankfurt de Jordanie à 6h du matin, ma connexion pour Bruxelles est à 18h. Je vois un vol annoncé à 9h sur le tableau et demande si il y a de la place : “pas de problème le vol est à moitié plein” je demande pour modifier mon billet : :”votre code tarif ne le permet pas”. Par curiosité je demande si le vol de 18h est aussi à moitié vide “Non il est complet”. Plutôt que de dégager une place qui avait un potentiel commercial à 18h l’ordinateur m’a fait patienter 12h à Frankfurt. L’ordinateur à gagné la compagnie aérienne à perdu.
    Je loue une voiture à l’aéroport de Washington DC dans une grande enseigne. J’appelle pour annoncer que j’aurais 3h de retard par rapport à l’horaire indiqué sur ma réservation. Au comptoir en remplissant les documents de location je m’aperçois que le prix est nettement plus élevé. Je montre le tarif inscris sur ma réservation, rien à faire, après 1h de discussion avec différents employés et responsables je décide d’annuler ma réservation et d’annuler aussi celle de la semaine suivante. L’employé me dit « vous avez une autre réservation ? »Oui et je veux l’annuler « Attendez je vais voir dans votre autre réservation le code tarif ». En fait le fait d’avoir modifié l’heure de retrait du véhicule avait effacé le code tarif.
    L’ordinateur à eu son code, moi mon tarif. L’ordinateur à gagné mais je n’ai plus jamais loué de véhicule à cette enseigne.
    Des personnes conçoivent des programmes en donnant le minimum de droit à chaque utilisateur. C’est une pratique saine qui permet de conserver l’intégralité des données et d’éviter les fraudes.
    Le problème c’est que personne ne remet en question les décision de « l’ordinateur » et une erreur de programmation, d’encodage ou de stratégie et des centaines ou milliers d’intervenant obéissent à la machine parfois contre tout sens commun ou même tout sens commercial. D’une certaine manière nous sommes déjà esclaves des machines

    1. Amusant, le blues du business man ?
      Esclave ? Qui ? Pas vous, ou plutôt , pas vous parce que vous l’êtes déja, esclave
      devant d’autres obligations, bien avant un malheureux assemblage de silicium.

      Simple: la stratégie est de ne pas se mettre dans l’obligation d’obéir.
      Et c’est très facile. Je vous donne le secret: 1 Smic, à la rigueur 1.5; au delà
      le danger d’esclavage devient réel.
      Demande beaucoup de volonté.

      1. @Daniel
        Non ce n’est pas le blues du Business man, j’étais un simple ingénieur système.
        Merci pour vos conseils mais malgré des revenus confortables, j’ai durant de nombreuses années essayé de dépenser environ un SMIC. Maintenant grâce à mes économies je voyage au long terme en dépensant moins d’un SMIC. Je goûte une forme de liberté qui m’était inconnue. Non seulement une liberté géographique dans la limite des visas octroyés mais surtout la disparition du lien de subordination. C’est assez particulier après 40 ans dans le système, c’est généralement agréable mais parfois un peu angoissant.

    2. @Philippev
      Non ce n’est pas le blues du Business man, j’étais un simple ingénieur système.
      Merci pour vos conseils mais malgré des revenus confortables, j’ai durant de nombreuses années essayé de dépenser environ un SMIC. Maintenant grâce à mes économies je voyage au long terme en dépensant moins d’un SMIC. Je goûte une forme de liberté qui m’était inconnue. Non seulement une liberté géographique dans la limite des visas octroyés mais surtout la disparition du lien de subordination. C’est assez particulier après 40 ans dans le système, c’est généralement agréable mais parfois un peu angoissant.

      Qu’est-ce j’aime votre simplicité lucide ! Une image me vient en vous lisant, celle d’un pianiste en queue de piste jouant par cœur et de mémoire, assis, professionnel, et d’un mélomane invisible, debout, fragile, posant secrètement une partition inconnue sur le portoir négligé.

    3. @Philippev
      (ss titre: sur Raul Jopion)
      Oui, je pense qu’un jour un sociologue anthropologue informaticien du nom de Raul Jopion (par exemple) montrera que l’informatique n’a eu qu’une efficacité logarithmique en terme d »efficience », même dans les domaines réputés favorables (semi-répétitifs : assuranciel,édition, …) .

      Et peut être est-ce mieux ainsi car un progrès exponentiel aurait amené aussi des sacs de noeuds.

      Je pense notamment que les N outils informatiques que nous sommes sommés d’apprendre ne sont utilisés, pour une large part qu’un nombre trop rare de fois pour nous devenir utiles, ils servent un peu de gym intellectuelle, c’est ce qui sauve. Et il faut dire qu’en plus, il est vrai, un Bill Gates s’est mêlé d’ajouter de la mélasse en grande quantité en lieu et place de lubrifiant. Mais peut être est-ce l’image globale qui convient à l’informatique, cette mélasse.

      Ainsi, celui qui comprendra le BillGatesisme aura fourni le piédestal de l’œuvre de Raul Jopion.

      1. @ timiota
        Je vois le big bang comme l’explosion en mille morceaux d’un vase antique superbement décoré.
        Chacun d’entre nous possède l’un de ces morceaux. Pour le reconstituer on a deux stratégies.
        Soit chacun met en réseau la connaissance de son propre fragment et on reconstitue ainsi le puzzle. Herméneutique, symbolique.
        Soit chacun essaie seul de retrouver le cheminement de l’artiste. Démiurgie, diabolique.

        L’ordinateur peut être utilisé des deux façons. Soit internet, fédéralisme, démocratie. Soit big-brother, centralisme, dictature.
        Mes gènes cuniculaires me font préférer la première solution.

        Nb: voir sur wiki (symbolisme) l’étymologie des deux mots.

  38. Kolmogorov en connaissait un rayon sur la complexité , il l’a distingué de la complexification .
    Quand çà tourne vers la complexification , on va vers le krach-system , un post qui apparemment
    en connait en pratique sur l’informatique , comme moi d’ailleurs , insiste là-dessus . A ce moment
    là il n’y rien d’autre à faire pour limiter la catastrophe que de débrancher , de repartir à zéro .
    A ce stade faut débrancher , méme si on est en avion et esperer que le pilote est bon .

      1. A mon avis non c’est un autre jeu , çà tient plus de Monte Carlo que de la programmation .
        Là je parle d’informatique ‘classique’ , les pb viennent d’un manque de capacité lors d’un moment de surcharge , difficiles à prévoir , mais surtout du manque d’essais et d’informations sur les pratiques concrétes que vient remplacer l’informatique .
        Ces essais coutent trés cher , plus que la programmation elle-méme , quand aux informations , çà prend une tournure particuliére
        depuis une dizaine d’années . Autrefois les cadres donnaient volontiers ces informations ce n’était que les subalternes qui pouvaient craindre des retombées négatives , avec l’arrivée de systémes-experts ce sont eux qui sont sur la sellette , les cadres, aussi la collaboration est terminée . Désormais les systémes livrés sont foireux , à charge pour le personnel qui les emploie de subir ou de coopérer .

  39. Michel Serres : http://interstices.info/jcms/c_33030/les-nouvelles-technologies-revolution-culturelle-et-cognitive, cité plus haut.

    Il faut écouter ses 3 premières minutes 30, très claires et basiques: l’ordinateur est un outil universel.
    Pour ceux qui n’ont vraiment pas le temps, à partir de la minute 58: quand nous sommes devant l’ordinateur le matin, nous sommes comme saint-Denis, qui d’après la légende a tenu sa tête coupée entre ses mains.
    Que nous reste-t-il devant l’ordinateur ? Il nous reste l’inventivité, tout le reste est dans l’outil-ordinateur: mémoire, imagination et raison.
    « C’est une mauvaise nouvelle pour les grognons, et une excellente nouvelle pour les générations futures »

    Michel Serres est optimiste. 😉

    1. Je m’avancerais pas là-dessus,

      Pourquoi recherchons-nous machinalement à inventer des choses dans l’urgence et qui en fait n’amènent pas toujours mieux les hommes à être plus braves spirituellement sur le moment ?

      Serait-ce parce que nous ne pouvons plus guère envisager de se passer de la machine pour pouvoir mieux communiquer, se sentir optimiste, plus humain, en progrès, etc.

      Si seulement l’ordinateur était partout un outil universel, rassurant, docile, alors que sur le moment que faisons-nous déjà de tout le vivant lorsque nous accordons trop d’importance de salut en la machine pour se sentir bien, ou en extase à la vue de certains bien plus experts que vous sur la question, oui je suis parfois un peu songeur.

      En plus vous savez les gens qui dégoulinent de bave optimiste devant les autres moi je sais pas, ça me rappelle tant les gens du marché, surtout que dans tout-à-chacun se cache un grognon. Cela voudrait-il dire à entendre cet expert que l’inventivité humaine pourra toujours nous permettre de l’éviter et ça aussi bien en notre Ame et conscience.

      Et puis si un jour la machine en finit par se dire et bien non aujourd’hui j’ai plus besoin d’untel ou d’untel, de quoi aurions-nous l’air, sans doute d’hommes et de femmes bien plus esclaves conditionnés d’une nouvelle chose.

      Tu parles j’ai souvent l’impression que sur le moment le monde se fait grandement bien mettre et serrer par les premières variables très sauterelles du marché.

      Comment se fait-il par exemple que les premiers Geeks du monde ne s’en soucient pas plus spirituellement ? Alors que la moitié du monde crève déjà un peu de faim où de maladies.

      Non moi j’aimerais plutôt essayer de rendre les gens un peu plus vigilants et veilleurs que ça.

      Jérémie n’est donc pas autant pessimiste devant le trop grand optimiste de certains, bref pas vraiment une excellente nouvelle à capter pour toutes les générations présentes.

      Mais c’est vrai qu’il y a le bon coté de l’outil, comme pour tous les autres outils dans le garage.

  40. Robot Rosoboronexport + fort que Laurent Fabiusus
    Transferts d’armes en Syrie : les exportations russes inquiètent
    le robot marche avec des peanuts; « Au premier jour du salon d’armement Eurosatory, lundi 11 juin, le groupe français de défense Thales a signé un contrat prévoyant le transfert de ses technologies vers l’entreprise russe Rosoboronexport, afin d’équiper les chars russes de caméras thermiques. Produites en Russie, ces caméras « seront également installées sur les véhicules blindés proposés à l’exportation », a précisé la société dans un communiqué. Autrement dit, possiblement vers la Syrie. »…
    Les héritiers adorateurs de la posture universaliste que sont nos socialistes seront à n’en pas douter d’une exemplaire patience, n’effarouchons aucun marché:
    « Interrogé sur le contrat signé par Thales à Eurosatory, le ministre a déclaré que « ce serait un immense problème si ces armes étaient réutilisées dans le conflit syrien ». « Tel n’est pas le cas », a t-il affirmé. « Vous êtes sûr ? », lui a demandé le journaliste Patrick Cohen. « J’ai demandé que toutes les vérifications soient faites », a répondu le ministre.
    le train de l’histoire c’est pas d’hier les vacances de monsieur hulot

    1. Sans compter les missiles Milan livrés aux rebelles de Benghazi et aux rebelles syriens par les Saoudiens, mais ça ce n’est pas un problème…

  41. La question qu’il faut se poser aujourd’hui le plus sérieusement du monde, c’est : disposons nous encore du pouvoir sur les ordinateurs et sur les automates (à part celui bien entendu de couper le courant), et si nous l’avons perdu, comment faire pour le reprendre ?

    La question de savoir si nous avons perdu du pouvoir sur les ordinateurs, est, à mon avis, une question contingente.
    Il me semble plutôt que la question fondamentale à poser est de savoir si l’issue du combat entre perversion et névrose, gagné aujourd’hui par la perversion, est définitivement acquise.

    Si tel était le cas, et compte tenu du fait que l’immatériel est toujours borné par la complexité du réel, nous ne pourrions qu’emprunter un chemin chaotique [qui mène au chaos] seul moyen que le réel propose pour unifier des systèmes incohérents.
    Dans le cas où la névrose réussirait à rééquilibrer le rapport de force en sa faveur, il est permis de penser que nous retrouverions alors les chemins du réalisme et de la coopération.

    Il est possible d’argumenter sérieusement sur les deux termes de cette alternative.
    Il est par contre impossible d’attribuer une quelconque valeur de vérité au prédicat qui fixera le chemin emprunté.

      1. Bien vu.
        C’est peut-être le printemps mais pas chez moi.
        _________________________________________

        Chanson d’automne

        Les sanglots longs
        Des violons
        De l’automne
        Blessent mon cœur
        D’une langueur monotone.

        Tout suffocant
        Et blême, quand
        Sonne l’heure,
        Je me souviens
        Des jours anciens
        Et je pleure;

        Et je m’en vais
        Au vent mauvais
        Qui m’emporte
        Deçà, delà,
        Pareil à la
        Feuille morte.

        Paul Verlaine

  42. Enfin quelqu’un m’a expliqué clairement l’Odyssée de l’Espace… Mieux vaut tard que jamais!!!

  43. je veux bien croire que nous tendons vers skynet, mais pour le présent c’est balubutiant. les cours de bourses peuvent donner cette impression, mais ils ne reflètent probablement que la variabilité des hommes qui sont derrières, et de leur indispensable maintenance. l’autonomie est loin.

    j’ai bien plus peur des tentatives de connexions de microprocesseurs aux réseaux organiques neuronaux (style existenz), par exemple pour des futures prothèses bioniques. si la moindre cellule possède sa particule de conscience… il y a là matière à imaginer.

  44. « Nous » ne perdons pas le pouvoir au profit des ordinateurs, mais de la pensée mécanique, incapable de « l’expérience du monde sensible » dont parle René Riesel…

    Relisez le Bréviaire des Robots de Stanislas Lem s’il faut vous en convaincre.

  45. http://www.les-crises.fr/le-savetier-et-le-financier/

    Petit billet très sympathique d’Olivier Berruyer qui va dans le sens d’un des autres os à ronger que j’avais précédemment lancé en l’air concernant la notion de travail (travail rentablepour l’économie – travail indispensable sans rentabilité – travail d’occupation – travail factice – non-travail [chômage/oisiveté]) :

    « L’idée principale est que l’homme observe un culte non raisonnable du travail qui l’amène à travailler toujours plus, ce à quoi il faudrait mettre un terme. Russell défend cette thèse par deux arguments principaux :
    •Le premier est que la valeur du travail est un préjugé moral des classes privilégiées qui estiment que l’absence d’activité conduirait la plupart des hommes, surtout ceux des classes les plus pauvres, au désœuvrement et à la dépravation. En conséquence, il serait dans l’intérêt des hommes d’être exploités.
    •Le second est que la production industrielle est aujourd’hui suffisante pour assurer, avec un minimum de travail, les besoins de tous les êtres humains. La rationalisation de la production en temps de guerre a démontré qu’un petit nombre de personnes peut produire le nécessaire pour toute une population. À plus forte raison, si ce travail est partagé par toute la population, il s’ensuit qu’un individu n’a pas besoin de travailler beaucoup pour produire les ressources indispensables à la vie, et même le superflu. »

    1. Pour ceux qui n’auraient pas vu la relation de mon intervention avec le présent billet :

      ROBOT

      (Nom 1) (1924) Du tchèque robot dérivé de robota (« servage »). Le mot a été introduit, en 1920, par l’écrivain tchèque Karel Čapek dans la pièce de théâtre Rossum’s Universal Robots, jouée pour la première fois en 1921. Bien que Karel Čapek soit souvent considéré comme l’inventeur du mot, il a lui-même désigné son frère Josef, peintre et écrivain, comme l’inventeur réel. Robota est issu du proto-slave *orbota, devenu par métathèse, *robota dont est issu le russe et le bulgare работа rabota (« travail »), le slovène rabôta (« servage ») ; et, plus avant, de l’indo-européen *orbh (« petit enfant, orphelin, jeune esclave »), duquel sont issus l’arménien որբ orb, l’hindi अर्भ arbha (« petit enfant »), le grec ancien ὀρφανός, orphanós (dont viennent aussi l’anglais orphan et le français orphelin) et le latin orbus, signifiant tous « orphelin », ainsi que l’allemand Arbeit (« travail »). (Nom 2) (xix e siècle) De l’allemand Robot (« travail, corvée, servage ») issu du slave robota (sens identique).
      http://fr.wiktionary.org/wiki/robot

    2. Bonjour sage.
      Et quelle différence faites vous donc alors entre le travail pour la société et un effort social?
      En effet sans mouvement, sans obligation l’homme perd une capacité importante: la capacité d’engagement. Si cette dernière n’est pas sollicité, c’est tout un pan de l’humain qui s’effondre. Et par rétro-action négatifve affecte d’autres capacités humaines et plus tard attaqueront même ses valeurs.

      1. Je n’explique rien, je pose simplement une question, j’ouvre un champ de réflexion. Dans le contexte sociétal actuel, et par rapport à « la grande perdition » dont il est question sur ce blog – mais aussi parce que la question de la robotisation (passée/présente/future) a été lancée avec l’intérêt provoqué par l’allusion à HAL et par l’effet « skynet », il me semble que la notion du travail est importante car elle occupe une place essentielle (taux de chômage en Espagne ? en Grèce ? en France ? aux U.S.A. ?) L’informatisation a considérablement changé notre monde, les qualifications humaines, la quantité de travail disponible (j’entends bien sûr par informatisation, l’apparition de systèmes experts (prémices d’une véritable intelligence artificielle), la robotique [celle des chaînes de production]. Le travail est au coeur de la Crise tout autant que la finance prédatrice, me semble-t-il.
        Cela dit, je fais une différence, si j’ai bien intégré votre réponse, entre un travail pour la société (éthiquement valorisant) mais qui comme tout travail vise à assurer une rétribution, un salaire, à celui qui l’exerce, donc lui permet d’assurer/assumer son existence (celle de ses enfants et de ses proches) de l’effort social, qui peut être bénévole, et qui a mon avis relève d’un autre plan (même si les deux plans peuvent être conjugués pour certaines personnes [dans les années cinquante, je connaissais un médecin, ancien résistant, chrétien fervent, auxquel les nazis avaient arraché tous les ongles, qui soignait gratuitement les malades les plus pauvres – combien de médecins actuellement exigent avidement des dépassements d’honoraires ? ]

      2. @Lac
        Autre réponse (Après Aristote qui était le précepteur d’Alexandre, Senèque qui était celui de Néron -Empereur bâtisseur injustement diffamé comme le souligne Michel Tournier)

        De l’Oisiveté
        [0] DU REPOS ou DE LA RETRAITE DU SAGE. [Extrait]
        Vous me direz : «Que fais-tu, Sénèque ? tu désertes ton parti. Assurément, les stoïciens de votre école disent: Jusqu’au dernier terme de la vie, nous serons en action, nous ne cesserons de travailler au bien public, d’assister chacun en particulier, de porter secours, même à nos ennemis, d’une main obligeante. C’est nous, qui pour aucun âge ne donnons d’exemption de service, et qui, suivant l’expression de ce guerrier si disert, « pressons nos cheveux blancs sous le casque. » C’est pour nous, que, loin qu’il y ait rien d’oisif avant la mort, bien au contraire, si la chose le comporte, la mort elle-même n’est pas oisive. Que viens-tu nous parler des commandements d’Épicure, dans le camp même de Zénon ? Que n’as-tu le courage, si tu renonces à ton parti, de te faire transfuge, plutôt que traître? » Voici, pour le moment, ce que je vous répondrai: Est-ce que vous me demandez quelque chose de plus, que de me rendre semblable à mes chefs? Eh bien ! ce sera, non pas où ils m’auront envoyé, mais où ils m’auront conduit, que j’irai.

        [29] XXIX. Maintenant, je vous prouverai que je ne déserte pas la doctrine des stoïciens : car eux-mêmes ils n’ont pas déserté celle qu’ils professent; et cependant, je serais très excusable, quand je suivrais, non pas leurs préceptes, mais leurs exemples. Ce que j’ai à vous dire, je le diviserai en deux parties. D’abord, j’établirai que l’on peut, même dès le bas âge, se livrer tout entier à la contemplation de la vérité, chercher une manière de vivre, et la mettre en pratique, en se tenant à l’écart. Ensuite, j’établirai qu’après avoir achevé son temps de service, dans un âge avancé, on est, plus que jamais, en droit d’agir ainsi, et de reporter son âme vers d’autres oeuvres : on fait alors comme les vierges de Vesta, qui, partageant leurs années entre les diverses fonctions, apprennent à célébrer les cérémonies sacrées, et quand elles l’ont appris, l’enseignent aux autres.

      3. @Sage,

        Beaucoup de médecins ne demandent rien pour ce qui relève de l indispensable (enlever un cancer par exemple) et en revanche beaucoup pour ce qui relève du confort , cette dernière rétribution permettant de faire exister l’ autre, sans faire disparaître économiquement le praticien, ce qui serait inéluctable puisque le don et contre-don est interdit dans nos sociétés modernes (fiscalisé).

      4. Beaucoup de médecins ne demandent rien pour ce qui relève de l indispensable (enlever un cancer par exemple) et en revanche beaucoup pour ce qui relève du confort , cette dernière rétribution permettant de faire exister l’ autre, sans faire disparaître économiquement le praticien

        C’est ça la ploutonomy. C’est grâce au pognon pris à celles qui se font refaire le balconnet que les même chirurgien décanille gratos les tumeurs mammaires des autres. L’est pas belle la vie ?

      5. @Vigneron ou D.L50
        Les cloportes usés, abusés, désabusés mais désorientés par votre absence saluent votre retour

    3. Question : existe-t-il quelque part dans le monde une force politique constituée qui propose de remplacer à court terme les 40 heures de travail hebdomadaires par 24 heures, en attendant mieux ?
      Il me semble que non.
      La conclusion que j’en tire est que le travail, qui est lui-même une marchandise, n’a pas pour seul objectif de produire des marchandises (biens ou services) mais qu’il est une composante essentielle de la dominance (fait de dominer) et de la domination (action de dominer).
      C’est la principale explication à ma disposition au fait que dans un monde où il est obligatoire de chercher un travail introuvable, aucun de ceux qui prétendent à la représentation n’envisage une réforme, comme ils disent.
      L’autre explication, complémentaire et non contradictoire, est que le progrès des sciences techniciennes est trop rapide pour l’esprit humain.

      1. Tout-à-fait d’accord… Le travail (ou le non-travail) est un instrument de domination et d’aliénation.

        Concernant le terme, et d’un point de vue étymologique, on sait la montagne de digressions que l’on peut tirer des trois termes liés à l’activité humaine : œuvrer/ouvrer (œuvre, ouvrage, ouvrier, jour ouvrable…), travailler (travail, travailleur…) et labourer (labeur, laboureur, laborieux…).

      2. Je me permets également de rappeler une des utopies liées au travail (à l’exploitation ?) des hommes ; pour cela, je conseille vraiment la visite des Salines d’Arc-et-Senans.
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Nicolas_Ledoux

        Dans ce projet, les ouvriers (enfermés dans ce camp de concentration idéal : il s’agissait d’éviter que le sel fût volé et les Salines étaient un véritable camp fortifié) outre le fait qu’ils travaillaient dans des conditions épouvantables (humidité due aux évaporateurs) qui devaient sans doute favoriser les infections pulmonaires et la tuberculose, avaient le droit après X heures pénibles (assez comparables à celles des chauffeurs des paquebots de la fin du XIXe siècle), de cultiver un petit lopinde terre, afin d’améliorer leur ordinaire. Dans le dortoir commun réchauffé par une immense cheminée (mal conçue car elle aspirait l’air froid du dehors et enfumait la chambrée) ces braves gens auraient terminé pieusement leur pénible journée en écoutant un ancien leur faire des récits exaltant la vertu. Par ailleurs, le dimanche, après avoir entendu la Messe, dans un local construit de manière à mettre en représentation la hiérarchie du lieu (l’autel au sommet d’un grand escalier, le personnel disposé selon ses grades, fonctions, occupations) ils auraient été autorisés à se rendre dans le lupanar dont les plans avaient été prévus par Ledoux. Dans celui-ci, véritable musée des horreurs, on aurait placé les prostituées les plus laides, affichant sur leurs visages les vices les plus infâmes et les travailleurs vertueux, à ce spectacle, auraient, pris d’un immense dégoût, conclu que seules les voies de la vertu élèvent l’âme (et pris la fuite aussi).

        La construction qu’avait prévue Ledoux et qui resta (Révolution aidant et disparition de la Gabelle) inachevée, reflète parfaitement l’idéal de Jeremy Bentham et de son Panoptique.
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Panoptique

      3. Labeur : Du Latin labor (« labeur », « peine », « effort », « fatigue », « travail », « charge », « tâche » ; « souffrance », « douleur », « calamité », « épreuve », « désastre » ; « résultat d’un travail », « ouvrage », « œuvre »). Le latin a également donné « labour » et « labourer » qui ont pris un sens spécialisé de « travail dans les champs » puis de « sillonner la terre ».
        Travail suivi exigeant un effort d’une certaine durée. Être récompensé de son labeur. Un labeur ingrat. Jouir du fruit de ses labeurs.

      4. Le panoptisme influence également notre société où la vidéo-surveillance s’étend ainsi que le pistage des individus (internet / puces gps des téléphones).

        Passage à creuser dans l’article wikipédia cité (cf. supra) :
        Selon Gilles Deleuze :
        « Quand Foucault définit le Panoptisme, tantôt il le détermine concrètement comme un agencement optique ou lumineux qui caractérise la prison, tantôt il le détermine abstraitement comme une machine qui non seulement s’applique à une matière visible en général (atelier, caserne, école, hôpital autant que prison), mais aussi traverse en général toutes les fonctions énonçables. La formule abstraite du Panoptisme n’est plus « voir sans être vu », mais « imposer une conduite quelconque à une multiplicité humaine quelconque. » »

        Et pour revenir à la problématique du travail, revenons à Aristote Puisque, donc, la propriété est une partie de la famille, et que l’art de l’acquérir est une partie de l’administration familiale (car sans les denrées indispensables sont impossibles et la vie et la vie heureuse), de même que les activités techniques spécialisées doivent nécessairement recourir à des instruments appropriés si l’on veut que l’ouvre soit menée à bonne fin, de même en est-il aussi en ce qui concerne l’administration familiale ; d’autre part, les instruments sont soit inanimés soit animés, par exemple pour le pilote le gouvernail est un instrument inanimé, alors que le timonier est un instrument animé (car l’exécutant dans les différents métiers entre dans la catégorie de l’instrument) ; de même aussi un bien que l’on a acquis est un instrument pour vivre, la propriété familiale est une masse d’instruments, l’esclave est un bien acquis animé et tout exécutant est un instrument antérieur aux instruments qu’il met en ouvre. Si donc il était possible à chaque instrument parce qu’il en aurait reçu l’ordre ou par simple pressentiment de mener à bien son ouvre propre, comme on le dit des statues de Dédale ou des trépieds d’Héphaïstos qui, selon le poète, entraient d’eux-mêmes dans l’assemblée des dieux [Homère, Iliade, XVIII, 376], si, de même, les navettes tissaient d’elles-mêmes et les plectres jouaient tout seuls de la cithare, alors les ingénieurs n’auraient pas besoin d’exécutants ni les maîtres d’esclaves.
        De plus ce qu’on appelle instruments ce sont les instruments de production, alors que le bien acquis appartient à l’ordre de l’action. Car de la navette on tire autre chose que son propre usage, alors que de l’habit et du lit on ne tire que leur propre usage. De plus puisque la production et l’action diffèrent spécifiquement et que toutes deux ont besoin d’instruments, il est nécessaire qu’il y ait entre eux la même différence spécifique. Or la vie est action et non production, c’est pourquoi l’esclave est un exécutant parmi ceux qui sont destinés à l’action.
        D’autre part, on parle du bien acquis comme on parle de la partie, car la partie non seulement est partie d’autre chose, mais encore appartient totalement à cette autre chose ; et il en est de même pour le bien acquis. C’est pourquoi le maître l’est seulement de l’esclave mais n’est pas à l’esclave, alors que l’esclave est non seulement d’un maître, mais est encore complètement à lui.
        Ce que sont la nature et la fonction de l’esclave, c’est donc clair à partir de ce qui précède. Car celui qui par nature ne s’appartient pas mais qui est l’homme d’un autre, celui-là est esclave par nature ; et est l’homme d’un autre celui qui, tout en étant un homme, est un bien acquis, et un bien acquis c’est un instrument en vue de l’action et séparé de celui qui s’en sert.

      5. Mes excuses pour les problèmes de formatage et de copier-coller sans les guillemets : mais cette citation d’Aristote que l’on réduit trop souvent aux navettes, me semblait essentielle.

      6. Alors un laboureur dit, Parle-nous du Travail.

        Et il répondit, disant :

        ….. Mais si dans votre souffrance, vous considérez la naissance comme une affliction, et le poids de la chair comme une malédiction inscrite sur votre front, alors je réponds que rien d’autre que la sueur de votre front peut laver ce qui y est inscrit.

        On vous a dit aussi que la vie est obscurité, et dans votre lassitude vous répétez ce que disent les las.

        Et je vous dis que la vie est en effet obscure sauf là où il y a élan,

        Et tout élan est aveugle sauf là où il y a la connaissance.

        Et toute connaissance est vaine sauf là où il y a le travail,

        Et tout travail est futile sauf là où il y a l’amour ;

        Et quand vous travaillez avec amour vous attachez votre être à votre être, et vous aux autres, et vous à Dieu.

        Et que veut dire travailler avec amour ?

        C’est tisser une étoffe avec un fil tiré de votre cœur, comme si votre bien-aimé devait porter cette étoffe.

        C’est bâtir une maison avec affection, comme si votre bien-aimé devait résider dans cette maison.

        C’est semer le grain avec tendresse, et récolter la moisson dans la joie, comme si votre bien-aimé devait en manger le fruit.

        C’est insuffler dans toutes les choses que vous fabriquez l’essence de votre esprit.

        ….
        (Khalil Gibran, Le Prophète)

      7. Oui, m’enfin le panoptique de Foucault reste une caractéristique de l’ordre ancien, un aboutissement et un reste aujourd’hui de la société disciplinaire, nullement un élément constitutif de sa normalisation et de sa gouvernementalité néolibérales.

      8. @Marlowe:

        La « conclusion » que vous en tirez, je ne la partage absolument pas.

        Les gains de productivité ont toujours permis une réduction du temps de travail, tant que le mouvement populaire savait se faire entendre sur la question.

        Il se fait que depuis la « restauration conservatrice », disons depuis Thatcher-Reagan là-bas et les gouvernements à participation socialiste sur le continent européen, et mise à part la quasi erreur de distraction de la réduction du temps de travail des socialistes français, qui a fait long feu, cet objectif a disparu du débat. (Le PS n’avait pas pris la vraie mesure, anti-patronale, de cette politique. Depuis, motus!)

        Le rapport de force du travail et de la propriété est aujourd’hui dramatiquement en faveur de la deuxième, voilà pourquoi la réduction du temps de travail n’existe même plus dans l’imaginaire des syndicalistes !

        Elle est cependant la seule mesure qui permettrait de rompre avec le chômage massif. Mais elle ravivrait le seul vrai antagonisme social du capitalisme, le rapport travail-propriété au sens large.
        Elle impliquerait d’assumer une forme de lutte des classes, unanimement considérée comme ringarde dans les rangs de la représentation des salariés, qui préfèrent s’appeler « partenaires sociaux ».

        J’irai même plus loin. Les discours sur la raréfaction ou disparition du travail ne peuvent faire illusion que dans la mesure où cette question est passée sous silence!, et que dans la mesure où on n’intègre pas dans la réflexion le partage salaires-profits-prix comme résultat d’un conflit ou d’une politique.
        Un des grands auteurs de cette thèse, que Paul semble parfois reprendre à son compte, est d’ailleurs Jeremy Rifkin, qui n’est pas un imbécile, ni sans diplômes, mais qui est un vrai conseiller des Princes, et à ce titre potentiellement dangereux, à la manière de Jacques Attali.

        Gloups! C’est dit, et signé.

      9. M’a pas l’air de première bourre la traduction du prophéte, m’enfin bon…

        L’achat et la vente

        Et un marchand dit, Parle-nous d’Acheter et de Vendre.

        Et il répondit et dit :

        Pour vous la terre produit ses fruits, et vous ne serez jamais dans le besoin si vous savez comment emplir vos mains.

        C’est dans l’échange des dons de la terre que vous trouverez l’abondance et serez satisfaits.

        Pourtant, s’il n’est fait avec amour et aimable justice, l’échange peut conduire les uns à l’avidité et les autres à la famine.

        Quand, sur la place du marché, vous travailleurs de la mer, des champs et des vignes, rencontrez les tisserands, les potiers et les cueilleurs d’épices –

        Invoquez alors le maître esprit de la terre, qu’il vienne au milieu de vous et sanctifie les poids et les mesures qui comparent valeur contre valeur.

        Et ne tolérez pas que ceux dont les mains sont stériles prennent part à vos transactions, eux qui vendent leurs mots contre votre travail.

        A ceux-là vous pourriez dire :

        « Viens avec nous dans le champ, ou va avec nos frères à la mer et jette ton filet ;

        Car la terre et la mer seront généreux avec toi comme avec nous. »

        Et s’il vient des chanteurs, des chanteuses et des joueurs de flûte – achetez de leurs offres aussi.

        Car eux aussi recueillent les fruits et l’encens et ce qu’ils vous apportent, bien que façonné de rêves, sont des vêtements et de la nourriture pour votre âme.

        Et avant de quitter la place du marché, veillez à ce que personne ne parte les mains vides.

        Car le maître esprit de la terre ne dormira pas en paix au gré du vent, jusqu’à ce que les besoins du moindre d’entre vous ne soient satisfaits.

        VO en anglais, c’est beaucoup mieux…

        And a merchant said, « Speak to us of Buying and Selling. »

        And he answered and said:

        To you the earth yields her fruit, and you shall not want if you but know how to fill your hands.

        It is in exchanging the gifts of the earth that you shall find abundance and be satisfied.

        Yet unless the exchange be in love and kindly justice, it will but lead some to greed and others to hunger.

        When in the market place you toilers of the sea and fields and vineyards meet the weavers and the potters and the gatherers of spices, –

        Invoke then the master spirit of the earth, to come into your midst and sanctify the scales and the reckoning that weighs value against value.

        And suffer not the barren-handed to take part in your transactions, who would sell their words for your labour.

        To such men you should say,

        « Come with us to the field, or go with our brothers to the sea and cast your net;

        For the land and the sea shall be bountiful to you even as to us. »

        And if there come the singers and the dancers and the flute players, – buy of their gifts also.

        For they too are gatherers of fruit and frankincense, and that which they bring, though fashioned of dreams, is raiment and food for your soul.

        And before you leave the marketplace, see that no one has gone his way with empty hands.

        For the master spirit of the earth shall not sleep peacefully upon the wind till the needs of the least of you are satisfied.

      10. à Leboutte,

        Nous ne partageons pas la conclusion, mais nous marchons sur des chemins parallèles.
        Je comprends votre argument, mais je pense que les marxistes ont toujours aimé le travail.
        Ce qu’il voulait c’était répartir un peu différemment la richesse créée.
        Mais de nos jours, même les marxistes ont disparu.

    4. “L’’un des symptômes d’’une proche dépression nerveuse est de croire que le travail que l’’on fait est terriblement important. […] Si j’étais médecin, je prescrirais des vacances à tous les patients qui considèrent que leur travail est important.” (Russel)
      Cette phrase est intéressante mais en ce qui me concerne je lui prescrirait un congé,pour qu’il s’occupe de lui même puis je lui prescrirais de s’engager dans une acitivité en assumant sa potentialité de libre arbitre.

  46. http://fr.wikipedia.org/wiki/Loisir

    « Sénèque loue les mérites de l’otium et le considère comme la caractéristique de l’homme vraiment libre – mais en ajoutant qu’il est bon de le consacrer à un rôle social ou politique dans la cité. Cette vision est une dimension fondamentale qui trouve son prolongement dans la conception aristocratique : L’Homme « noble » , l’aristocrate s’intéresse davantage à l’activité libre qu’à l’activité contrainte : Le travail est considéré comme une servitude de l’être de condition inférieure. »

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_de_Th%C3%A9l%C3%A8me
    CHAPITRE LVII

    Toute leur vie estoit employée non par loix, statuz ou reigles, mais selon leur vouloir et franc arbitre. Se levoient du lict quand bon leur sembloit, beuvoient, mangeoient, travailloient, dormoient quand le desir leur venoit ; nul ne les esveilloit, nul ne les parforceoit ny à boyre, ny à manger, ny à faire chose aultre quelconques. Ainsi l’avoit estably Gargantua. En leur reigle n’estoit que ceste clause :

    FAY CE QUE VOULDRAS,

    parce que gens liberes, bien nez, bien instruictz, conversans en compaignies honnestes, ont par nature un instinct et aguillon, qui tousjours les poulse à faictz vertueux et retire de vice, lequel ilz nommoient honneur. Iceulx, quand par vile subjection et contraincte sont deprimez et asserviz detournent la noble affection, par laquelle à vertuz franchement tendoient, à deposer et enfraindre ce joug de servitude ; car nous entreprenons tousjours choses defendues et convoitons ce que nous est denié.

    Par ceste liberté entrerent en louable emulation de faire tous ce que à un seul voyaient plaire. Si quelq’un ou quelcune disoit : « Beuvons, » tous buvoient ; si disoit : « Jouons, » tous jouoient ; si disoit : « Allons à l’esbat es champs, » tous y alloient. Si c’estoit pour voller ou chasser, les dames, montées sus belles hacquenées avecques leurs palefroy gourrier, sus le poing, mignonement enguantelé, portoient chascune ou un esparvier, ou un laneret, ou un esmerillon. Les hommes portoient les aultres oyseaulx.

    Tant noblement estoient apprins qu’il n’estoit entre eulx celluy ne celle qui ne sceust lire, escripre, chanter, jouer d’instrumens harmonieux, parler de cinq et six langaiges, et en iceulx composer tant en carme, que en oraison solue. Jamais ne feurent veuz chevaliers tant preux, tant gualans, tant dextres à pied et à cheval, plus vers, mieulx remuans, mieulx manians tous bastons, que là estoient, jamais ne feurent veues dames tant propres, tant mignonnes, moins fascheuses, plus doctes à la main, à l’agueille, à tout acte muliebre honneste et libere, que là estoient.

    Par ceste raison, quand le temps venu estoit que aulcun d’icelle abbaye, ou à la requeste de ses parens, ou pour aultres causes, voulust issir hors, avecques soy il emmenoit une des dames, celle laquelle l’auroit prins pour son devot, et estoient ensemble mariez ; et, si bien avoient vescu à Theleme en devotion et amytié, encores mieulx la continuoient ilz en mariaige : d’autant se entreaymoient ilz à la fin de leurs jours comme le premier de leurs nopces.

  47. Notre guerre des Marchés avec leurs High Frequency Traders.

    http://www.youtube.com/watch?v=TerGuelb8vU&feature=player_embedded

    Dans notre monde occidental, on ne fait plus la guerre avec des armes, mais avec – des « High Frequency Traders » – des robots aux coups tordus. Ceux-ci vous mettent sur la paille en 3 microsecondes et, sans boulot, vous font crever de faim à plus long terme. Le hollandais du reportage gagnant 580 millions d’euros est un des derniers citylanders-traders, un des derniers kasparoviens se battant contre Deep Blue.

    Les informaticiens, les mathématiciens et les chercheurs en sciences sociales, de la City ne sont là que pour faire la meilleure Intelligence Artificielle du monde. Comme les Echecs ont leur maître Watson, – le superordinateur d’IBM, écrase les humains à Jeopardy – , les affaires de Marché ont leurs robots bougrement intelligents et rapides appartenant à d’heureux propriétaires. En tant que dirigeant, politique, ou boursicoteur occasionnel d’un pays quelconque, vous avez une envie de vous reposer – ou autre – cette I.A. l’a intégrée et prendra les mesures d’attaque qu’il faut pour la circonstance. Les armes ne sont plus égales et tout le Monde se fait la guerre sans morale, sans règles ( http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-mezieres/200512/le-syndrome-de-l-ile-de-paques ). C’est au plus rapide ! Refusant le combat ( http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-mezieres/120212/aujourd-hui-un-de-nous-deux-mourra ). Tous aux abris ! Dans un ciel chargé, les flux financiers ont remplacé les balles traçantes.

    Avec une bonne entente orale entre amis pour éviter les contrôles des gendarmes boursiers, les coups tordus sont simples : un grand patron de presse envoie une fausse information journalistique pendant que des armées de robots « High Frequency Trading » se mettent en position pour pilonner au bon moment les effrois dans les fourmilières et ramasser le magot en pièces trébuchantes. A chaque attaque des dizaines de milliards d’Euros changent de mains. Dans chaque pays, les kapos, les serviteurs aux ordres, sont là pour honorer les dettes de jeux, de batailles, de guerres. Haros sur ceux qui remettent au cause la pensée unique, la règle du jeu !

    Sur le champ de bataille restent de pauvres malheureux brisés, sans travail, sans avenir, qui ne tarderont pas à divorcer, à se suicider sans bruit. Voilà comment on peut faucher des centaines de millions de vies sans réprobation internationale , sans cheminée, sans fumée !

    Elle n’est pas belle la vie des riches ?

    Seulement voilà ! Avec nos comptes en banques nous produisons les armes à ces robots « High Frequency Traders ». Une partie de nous est complice. Comme de futurs condamnés à mort, espérant naïvement une petite chance, une petite opportunité, nous sommes bien heureux que les PIGS – forcément plus inadaptés – tombent avant nous. La lâcheté les rongeant, bien des rescapés des camps ont eu des cauchemars toute leur vie.

    Les riches n’ignorent rien de la lâcheté humaine.

  48. Il ne tient qu’à nous de toujours posséder ce pouvoir si nous considérons que nous faisons partie intégrante du système vivant qui dépasse de loin l’ordre matériel pour ne pas dire minéral qui régit notre civilisation.

  49. J’ai apprécié la conférence de Michel Serres. Néanmoins toujours les mêmes phrases passe-partout (telles « l’ordinateur traite des informations complexes ») dépourvues pour moi de signification. Qu’est-ce que la complexité? Qu’est-ce qu’une information?

    Tout ça, ça n’est ni ma spécialité ni mon truc. Mais je me dis, peut-être à tort, que les ordi ne font qu’exécuter rapidement les ordres que le programmeur a commandé d’exécuter. Si le programme « mute », donnant l’illusion que la « bête » s’est mise à penser, c’est quand même en dernière analyse parce que le programmeur a écrit son méta-programme pour qu’il en soit ainsi.

    Il y a une correspondance preuve/programme (Curry-Howard et successeurs). Le théorème de complétude de Gödel correspond à un désassembleur interactif de programmes. Le (1er?, 2ème?) théorème d’incomplétude de Gödel correspond à un programme de réparation de fichiers. Rapport avec le processus par lequel une cellule identifie et corrige les dommages aux molécules d’ADN qui codent le génome? Signification de ce genre de résultats pour l’informatique en général et la programmation génétique en particulier?

    J’ai regardé le 1er cours de Dehaene sur la logique bayésienne. Il y a pour moi en maths la mesure d’une part (Lebesgue) et la catégorie d’autre part (Baire) qui séparent les maths en deux parties relativement étanches, l’une quantitative, numérique, l’autre qualitative, topologique. Pour moi c’est la deuxième qui conduit à une logique naturelle (ie à l’aide de laquelle on peut expliquer les phénomènes). La logique bayésienne est ama artificielle, comme l’est la logique « moderne », et, par correspondance de Curry-Howard comme l’est l’informatique.

    1. C’est curieux, car à un certain point, les physiciens trient les phénomènes en regardant leur dépendance vis à vis de paramètres choisis pour leur côté explicatif (topologique si vous voulez) mais en regardant aussi la dépendance induit (par exemple en loi de puissance en X^n).
      Bon, mais je suis de bas étage, là, à côté de Gödel.
      Disons aussi que de trouver Michel Serres un peu partout (dans les commentaires) ne me rassure pas sur le profonde pertinence de sa pensée, au moins sur un côté passe-partout. Comme je le dis dans pas mal de poste (environ 50% ?) je préfère Bernard Stiegler, même s’il est vachement moins clair, il me suggère davantage qu’un Serres.

      1. @ Timiota

        « C’est curieux, car à un certain point, les physiciens trient les phénomènes en regardant leur dépendance vis à vis de paramètres choisis pour leur côté explicatif (topologique si vous voulez) mais en regardant aussi la dépendance induit (par exemple en loi de puissance en X^n). »

        Toutes les catastrophes élémentaires ont été trouvées, indépendamment des travaux de Thom, par des mécaniciens (Thompson et Hunt) dans l’analyse des bifurcations des structures élastiques. Je ne sais pas s’ils en ont trouvé d’autres. La théorie de Thom justifie donc ainsi, d’une certaine façon, les lois en X^n. Les liens entre quantitatif et qualitatif sont sans doute plus profonds que je l’imagine (et peut-être inconsciemment le souhaite!). Manque de culture scientifique…

      2. @ timiota (suite)
        Ce qui m’a intéressé dans la conférence de Serres c’est qu’il a rappelé avec talent comment une invention, une nouvelle fonctionnalité (la main comme outil, les supports de la mémoire) a profondément modifié l’organisation sociale. Pour moi une très bonne illustration du rôle lamarckien dans l’évolution des sociétés (la fonction crée l’organe).

        Thom: « les situations dynamiques régissant l’évolution des phénomènes naturels sont les mêmes que celles qui régissent l’évolution de l’homme et des sociétés ». »

        Pour moi un argument à verser au lamarckisme dans l’évolution des espèces car je vois cette évolution selon deux principes: l’un lamarckien, la vie est invention, l’autre darwinien, la vie est lutte contre la mort. Les progressistes contre les conservateurs, débat vieux comme le monde…

        L’invention de l’informatique est en train de révolutionner notre organisation sociale. L’élite, la lignée germinale (seule habilitée, selon le dogme néodarwinien, à transmettre ses mutations…), se cramponne à l’ancien paradigme, enfermée dans sa tour d’ivoire (l’exemple de la grande bibliothèque cité par Serres :)). Serres montre clairement que la nouvelle élite naîtra parmi ceux qui maîtrisent la nouvelle invention parce que ça s’est toujours passé comme ça. Les lois, la politique ne sont pas adaptées à la révolution informatique. C’est jusqu’à nos façons de penser, notre logique qui doit évoluer. Avec Internet notre logique linéaire, de l’hypothèse à la conclusion (qui subsiste dans la linéarité des programmes informatiques, succession linéaire d’instructions), fait place à une logique spatiale, ramifiée, en réseau, où la pensée navigue au gré des liens dans des espaces de grande dimension. La logique cartésienne explose au profit d’une nouvelle logique spatialisée, une analogique, une morphologique, toutes deux en train de naître (ou de renaître -Aristote?- après la parenthèse galiléenne qui est en train de se refermer).

        La conférence de Serres a éclairé ma lanterne et m’a conforté dans ma façon thomienne de voir les choses.

        Bon, c’est un peu bateau… 🙂

      3. Basic, vous êtes vraiment pas sympa… Vous tombez sur une jolie fille et tout ce que vous trouvez à dire c’est : elle me rappelle mon premier amour…

  50. La maîtrise par l’informatique et la robotique a permis des avancées considérables qui peuvent se retourner contre nous comme l’instrument que l’on utilise mal. Certains domaines doivent rester la propriété de l’homme. C’est la responsabilité et la raison. Nous voulons aller trop vite……
    Et la machine a-t-elle le choix de se connaître soi-même (cf Delphes). L’usage et la philosophie des sciences ?

  51. http://www.zdnet.fr/actualites/jean-emmanuel-casalta-npa-conseil-tout-est-reuni-pour-que-la-tv-mobile-personnelle-devienne-un-marche-de-masse-39381455.htm

    écoutez bien le présentation des différents, »clients,acteurs »de cette synchronisation mise en pratique en 2009? 2010 assurément;
    Mais comme il est étrange de ne pas retrouver cette vidéo dans son intégralité,car en 2010,je cherchais de tous côtés ce que l’on faisait de ma propre vie .Encore aujourd’hui ,je pense que les clients de Mr Casalta ,dont les médias ignorants ou pas de ce à quoi ils se prêtaient ont participé à cette synchronisation qui nécessitait des cobayes .Ce que j’écris semble imbécile,hors sujet et pourtant,j’ai vécu quelque chose de cet ordre

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