Archives par mot-clé : Antonio Gramsci

« L’amalgame est hétérogène et solide ». Nouvelles extrêmes droites amalgamées, par Sophie Wahnich

Billet invité.

Symptômes

  1. Un ministre de la République française, femme, noire, d’origine guyanaise ayant porté, dans un gouvernement socialiste, le projet de mariage pour tous permettant à un couple de même sexe de pouvoir se marier, a reçu des insultes racistes répétées : le 20 octobre 2013, le prêtre de Saint-Nicolas-du-Chardonnet a entonné dans une manifestation Civitas « y’a bon Banania, y’a pas bon Taubira ». Le 25 octobre à Angers, supposée douce ville, une enfant de 12 ans interpelle la ministre, elle brandit une peau de banane et crie « la guenon mange ta banane ». Dans la même séquence temporelle, une ardennaise frontiste, compare publiquement Taubira à un singe.

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Le capitalisme : un socialisme utopique scientifique à l’intention de la classe des rentiers, par Nadir (Nadj Popi)

Billet invité.

On peut voir ici l’entretien de Friedrich von Hayek (1899 – 1992) avec Leo Rosten dans lequel l’intellectuel autrichien reconnaît en Walther Rathenau (1867 – 1922) une influence majeure. Fait confirmé dans le livre de Robert Leeson : Hayek : A collaborative biography (Palgrave Macmillan 2013).

Rathenau influença également Ludwig von Mises (1881 – 1973) : ses écrits sur le socialisme et le libéralisme au début des années 20 correspondent à la diffusion des œuvres de Rathenau sur le nouveau socialisme qu’il appelle de ses vœux.

Le révisionnisme historique opéré par von Mises vise donc à séparer, comme le fit von Hayek , le libéralisme de sa tradition socialiste et donc de la logique de classe inhérente au néolibéralisme. Le libéralisme est donc un socialisme utopique scientifique : un programme de transformation radicale de la société.

Il existe sur ce plan un révisionnisme historique consistant à considérer von Mises comme la figure tutélaire de von Hayek alors qu’ils furent , ensemble, façonnés par les écrits de Walther Rathenau. À cet égard la thèse de Serge Audier dans Néo-libéralisme(s) – Une archéologie intellectuelle, (Grasset 2012) sur la nécessité de déshomogénéiser le néolibéralisme s’apparente beaucoup au révisionnisme néolibéral qui vise à désolidariser le néolibéralisme de sa tradition socialiste.

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HAYEK ET L’EUROPE : « SURVEILLER ET PUNIR », par nadj popi

Billet invité.

Cet article se situe dans la ligne de ma première contribution au Blog de Paul Jorion qui avait pour titre « La fin de la contre-révolution libérale ».

Je reviens sur la question rémanente mais non moins lancinante de la théorie du capitalisme néolibéral de F. A. von Hayek dont je soutiens qu’elle repose en réalité sur la théorie de l’« hégémonie culturelle » (Gramsci) élaborée par le sociologue Alfred Schütz.

La théorie de l’hégémonie culturelle consiste en une refondation phénoménologique de l’idéal-type wébérien : c’est prosaïquement ce que Schütz appelle, dans « Der sinnhafte Aufbau der sozialen Welt. Eine Einleitung in der verstehende Soziologie » (1932), l’ordre, un concept qui sera repris par la suite par Hayek en tant que celui d’« ordre spontané ».

L’idée selon laquelle l’hégémonie culturelle modèle ou façonne les conduites humaines n’est pas une innovation doctrinale dans l’histoire des idées puisqu’on peut retrouver cette thématique chez Gramsci et plus récemment chez Foucault par le truchement du concept de « discipline » ou de « gouvernementalité », lequel est fondateur de ce que l’on peut considérer comme l’anatomie du capitalisme néolibéral (voir en particulier, M. Foucault, « La naissance de la biopolitique. Cours au Collège de France 1978-1979 », 2004).

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