HAYEK ET L’EUROPE : « SURVEILLER ET PUNIR », par nadj popi

Billet invité.

Cet article se situe dans la ligne de ma première contribution au Blog de Paul Jorion qui avait pour titre « La fin de la contre-révolution libérale ».

Je reviens sur la question rémanente mais non moins lancinante de la théorie du capitalisme néolibéral de F. A. von Hayek dont je soutiens qu’elle repose en réalité sur la théorie de l’« hégémonie culturelle » (Gramsci) élaborée par le sociologue Alfred Schütz.

La théorie de l’hégémonie culturelle consiste en une refondation phénoménologique de l’idéal-type wébérien : c’est prosaïquement ce que Schütz appelle, dans « Der sinnhafte Aufbau der sozialen Welt. Eine Einleitung in der verstehende Soziologie » (1932), l’ordre, un concept qui sera repris par la suite par Hayek en tant que celui d’« ordre spontané ».

L’idée selon laquelle l’hégémonie culturelle modèle ou façonne les conduites humaines n’est pas une innovation doctrinale dans l’histoire des idées puisqu’on peut retrouver cette thématique chez Gramsci et plus récemment chez Foucault par le truchement du concept de « discipline » ou de « gouvernementalité », lequel est fondateur de ce que l’on peut considérer comme l’anatomie du capitalisme néolibéral (voir en particulier, M. Foucault, « La naissance de la biopolitique. Cours au Collège de France 1978-1979 », 2004).

Pour comprendre comment l’hégémonie culturelle façonne ou modèle la perception et la conduite des individus tout autant qu’elle contribue à construire les concepts et les théories, il faut s’intéresser à ce qui constitue sans doute l’ouvrage central d’Hayek : « The Sensory Order » (1952), où il définit ce qu’il perçoit comme la psychologie de l’homme, renouant avec ses toutes premières recherches, mais nourries maintenant par les travaux de Schütz.

J’écarte volontairement (j’y reviendrai dans un texte ultérieur sur l’usage idéologique de l’épistémologie hayékienne ou poppérienne ; par exemple, le mythe selon lequel l’enrichissement des plus riches peut bénéficier aux plus pauvres), l’explication relative à la formation des concepts et des théories à partir de l’hégémonie culturelle, qui renvoie aux travaux de Karl Popper.

Dans l’opus « The Sensory Order » (1952), au texte ardu pour tout profane en la matière, Hayek montre en quoi « l’hégémonie culturelle » (l’ordre), façonne (ou ordonne) nos subjectivités, nos croyances, nos perceptions ainsi que nos conduites mais aussi contribue à la construction de concepts pour la science économique.

Ainsi l’ordre spontané du marché, c’est tout simplement l’hégémonie culturelle du marché qui modèle ou « ordonne » nos conduites (Foucault, comme Gramsci, parlerait de « discipline »).

Et à l’avenant : la « main invisible du marché » de Smith n’est rien d’autre que ce que l’hégémonie culturelle ou idéologique ordonne aux conduites et perceptions des agents.

On le voit aisément, avec la théorie du prix signal d’Hayek ou théorie de la norme prix (le signal est une norme ou une règle abstraite), le système de prix est l’hégémonie culturelle qui coordonne (modèle ou façonne) la conduite des individus dans la vie quotidienne.

Cela est patent lorsqu’Hayek parle d’institution, qui n’est autre que l’hégémonie culturelle s’exprimant par le truchement des institutions : Hayek propose contre la théorie quantitative de la monnaie, une théorie qualitative (en référence à la sociologie qualitative de Schütz) de la monnaie, qui est une institution en ce sens qu’elle cristallise une vision hégémonique de la monnaie défendue par les capitalistes et les financiers (voila aussi pourquoi Hayek a défendu une dénationalisation ou une privatisation de l’émission de la monnaie ; c’est cela la théorie qualitative de la monnaie : la monnaie est un ordre, une institution en tant qu’elle porte une « vision » au sens de weltanschaung de la monnaie de la classe dominante ou possédante).

L’euro en tant que monnaie porte une vision hégémonique ou une hégémonie culturelle, qui est celle des créanciers ou des marchés financiers, caractérisée par l’austérité salariale dans la sphère réelle de l’économie et une « exubérance irrationnelle » de la sphère financière. La monnaie est donc bien une institution parce qu’elle incarne une vision du monde ou idéologie, dominante.

En fait donc, la théorie hayékienne des institutions est une théorie qualitative des institutions : les institutions véhiculent la vision du monde de la classe dominante, les institutions sont le support d’une hégémonie culturelle (Gramsci).

D’une certaine manière, à titre conclusif, le projet hayékien trouve son expression ultime dans les institutions européennes, un projet que l’on pourrait d’ailleurs résumer par la maxime foucaldienne de « surveiller et punir ».

Le néolibéralisme n’est ni la promotion, ni l’éloge de la liberté, mais plus simplement sa négation la plus éclatante.

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65 réflexions sur « HAYEK ET L’EUROPE : « SURVEILLER ET PUNIR », par nadj popi »

  1. Bonjour nadj !
    Je lirai mieux article + tard .
    Votre conclusion je la partage .. !

    En tant qu’amoureux de la langue de Goethe, je reproduis ici la phrase où vous parlez de Schultz :

    «  »Schütz appelle, dans « Der sinnhafte Aufbau der sozialen Welt. Eine Einleitung in der verstehende Soziologie » (1932), l’ordre, un concept qui sera repris par la suite par Hayek en tant que celui d’« ordre spontané ».  »

    Comment traduirais je celà ?? de mémoire ..
     » La construction censée du Monde social . Introduction à la compréhension de la sociologie  »

    y a mieux .. mais suis occupé à autre chose

    1. j’essaie avec : « La construction raisonnée de la société. Une introduction à la sociologie interprétative ».
      À défaut d’être vrai, ça a un sens.

      1. @ Didier F : sans avoir vérifié, votre traduc est mieux que la mienne ..
        Suis assez débordé en ce moment .. et des trucs à résoudre .

        Je me tiens au courant de tas de choses.
        mais pas de lecture suivie de books que j’ai ..

        Et cette planète qui s’affole .. tandis que certains citoyens sont « tétanisés, ou occupés à résoudre leurs problèmes etc ..  »
        Bon am

  2. C’est certainement dû à mon inculture sur le sujet.
    Mais je n’arrive toujours pas à comprendre comment le libéralisme se justifie de la redistribution de la richesse, dans un système de captation justement…
    Idem comment cette théorie justifie finalement la disparition de l’état, et donc l’inutilité de la fiscalité. Quand pour pouvoir s’épanouir elle a, elle même besoin de ces infrastructures.

    Bref si quelqu’un peu m’éclairer sur ces points. Car pour moi ces concepts sont un vrai paradoxe.

    1. J’ai juste lu le texte ci-dessus. Dans les limites étroites de ma compréhension, je peux tenter une interprétation. Alors Frasnel, svp, ne la prenez pas trop au sérieux. Je me lance..

      Hayek suppose une approche de la réalité dominante comme un fait naturel. En face, les individus perçoivent cette domination et s’y soumettent comme étant leur pensée, leur vision du monde, leur réalité. Ce phénomène est étendu à l’argent, à la philosophie, aux sensations, En d’autres mots, des coquilles vides (les humains) sont mis en face de réalités différentes, contradictoires et complètement bâties. Ils sont sans défense face à ces choses. Alors ils se soumettent.

      Cette soumission se fait car les coquilles vides (les humains) reconnaissent une valeur, une qualité supérieure à ces objets (culture, argent, philosophie, etc..) En l’intégrant, ils vont la transmettre à d’autres et faire perdurer cette domination.

      Si ces objets rendent riches, les intégrer vous rendent riches. Les transmettre à d’autres (indépendamment de leur volonté) équivaut à les rendre riches. J’ai là une nouvelle façon de regarder l’effet de richesse.

      Dans cette optique, les états, les institutions, les philosophies et tous ces trucs sont sans valeur ou se valent tous. La vérité n’a plus aucune importance. La notion de justice ne peut pas exister. Elle dépend d’un truc vide. Le seul critère admissible est que cela marche. Ça marche si l’on s’enrichit. S’enrichir, c’est être plus libre.

      Le droit de faire tout ce que l’on veut à condition de ne pas faire de mal est la liberté et est renforcé par une plus grande fortune. Dans l’optique du texte ci-dessus, donner les moyens à une personne de s’enrichir est la libérer. Il est possible de libérer une personne contre sa volonté. L’idée des violeurs selon laquelle il fait découvrir à sa victime des plaisirs qu’elle n’aurait jamais connus sans lui et donc lui a fait du bien entre dans cette vision de la liberté. Cet exemple extrême peut être défendu comme un acte ne faisant pas de mal à autrui. Dans le cadre de ce que j’ai compris de la liberté au sens de Hayek, c’est logique. (Si ce truc résiste à la critique logique, rationnelle, froide, menée avec des arguments philosophiques ou intellectuels et SI j’ai vraiment compris cet aspect de l’idée de liberté selon Hayek, alors j’ai le passage entre les libéraux et la violence qu’ils exercent envers le reste de l’humanité avec une bonne conscience confondante).

      Ces gens se voient donc en train de faire le bien de l’humanité. Ces gens se voient en réalistes capables de tirer le meilleur du monde. Ces gens se sentent dépourvus de toute idéologie. Ces gens ont très bonne conscience. Ces gens ont un extraordinaire désir d’entreprendre. Ces gens ont un très grand souci de leur bien-être. Ces gens savent que s’ils font le mal il en ressortira un bien.

      Vu comme ça, Hayek est un penseur puissant, enthousiasmant. Il invite ses adeptes à se surélever très au dessus de ce qui est réservé aux hommes respectant la décence entre les hommes, la solidarité, le don, la reconnaissance. Il invite ses adeptes à dépasser les limites imposées à tout humain voulant se mettre à penser par lui-même, à construire une culture, une langue, une tradition. Il invite à accepter toutes les aliénations (au sens marxiste du terme) pour en faire des forces plus grandes que les humains (c’est aussi la définition de la perversion par Sibony).

      Sur un registre encore plus personnel, Hayek ne prend pas en considération la possibilité d’un amour réciproque, l’idée de donner – recevoir – rendre lui est rigoureusement étrangère, Dieu ou tout analogue lui est au mieux une faribole utile, l’autonomie des personnes lui apparaît comme un mal.

      Hayek est un penseur plus puissant que ce que je pensais. je commence à comprendre la fascination qu’il exerce et pourquoi il a des adorateurs (allez voir le café Hayek).

      Fraanel, je pense me faire dire par des hayékiens n’avoir rien compris. Je vous rappelle que ce que j’ai écris ci-dessus est une interprétation du texte de nadj popi. Je n’ai pas de référence pour savoir si je suis dans le juste mais je pense avoir répondu à votre question. Pour ces gens, toutes ces structures s’organisent spontanément par la supériorité culturelle. Ce sera beaucoup plus efficace et fort qu’un état.

      1. « Hayek suppose une approche de la réalité dominante comme un fait naturel. »

        C’est tout à fait cela.
        Le libéralisme nous ramènera aux castes, et à leur justification entre-autres par la génétique.

        Dans l’éternelle dialectique Dieu/Diable, bien/mal, monde/individu, la pensée de Hayek et des libéraux est de pure essence satanique, sous une parure angélique comme il se doit.

    2. « Paradoxe »: très juste.
      C’est évident quand on abandonne l’interprétation philosophique.
      Il ne reste qu’un « système » de pensée tentant de justifier
      la domination d’un groupe sur l’autre.
      Hayek et ses copains= mercenaires.
      Il faut néanmoins être conscient que le travail d’ Hayek était sous tendu
      par la volonté de lutter contre la marxisation des esprits, et la soviétie.
      Lutte peut-être dictée par la peur; on a oublié la séduction « incompréhensible »
      du camp soviétique pour les classes sacrifiées …

      Les méthodes pour enfumer sont innombrables.
      « Quantitative easing » sonne bien. Et produit une multitude de travaux
      universitaires sérieux etc… « emploi de la planche à billets » permis par la
      domination du dollar est beaucoup trop trivial.

  3. En lisant cela, j’ai le sentiment qu’il y a ici des amalgames audacieux.
    La monnaie est TOUJOURS ce qui signifie à chacun la discipline des prix de revient. Donc, nécessairement les prix fonctionnent comme norme ou comme signal (plus ou moins stables, ou plus moins instables, et nécessairement travaillés par des rapports de force et par des conventions sociales – par exemple celle qui rétribue le banquier très au-dessus du guide de haute montagne).
    Je ne crois pas qu’il puisse suffire d’invoquer une « théorie qualitative » (hayekienne au demeurant) pour désigner ensuite

    une institution en ce sens qu’elle cristallise une vision hégémonique de la monnaie défendue par les capitalistes et les financiers

    La monnaie exerçait le même rôle aux autres époques.
    De quel type d’ « institution » s’agit-il? Ce n’est pas une institution portant un nom ( ex. BCE). Cela participe évidemment à « l’institution imaginaire de la société (Castoriadis), et exerce certainement des effets idéologies – au demeurant variables et instables. Mais cela n’en fait pas une institution.
    Par contre, il va de soi que cela participe du projet libertarien de la régression de l’Etat en tant qu’institution médiatrice de la société.

    Quant à

    le projet hayékien trouve son expression ultime dans les institutions européennes, un projet que l’on pourrait d’ailleurs résumer par la maxime foucaldienne de « surveiller et punir »

    je craindrais que cela soit abusif. Les institutions européennes sont actuellement très déséquilibrées au profit a) du Conseil Européen (soit l’intergouvernemental, où les Etats marchandent) et B) de la BCE, et au détriment des institutions proprement porteuses du projet européen (Commissions, Parlement, Cours de justice). Cela aboutit à un dévoiement (provisoire?) des institutions européennes. Cela ne fait pas des « institutions européennes » le porteur essentiel du « surveiller et punir ».

    Pour conclure, j’avouerai que j’ai toujours tendance à me méfier des analyses qui ne laissent pas de choix à l’histoire. Hegemon ne fait jamais des vieux os.

      1. Parce qu’is nous ont mis dedans. Ce n’est pas parce qu’une théorie est belle qu’elle est juste. Je crois même que ces gens ne voient dans la crise qu’un progrès de leur idéologie, qu’une avancée vers plus de « hayékisme ». Pour eux, la crise ne peut pas exister. Elle n’est que la marque d’une amélioration des dominations en cours se traduisant par un changement. Je pense qu’ils ne voient pas de crise en cours, juste des péripéties.
        Vous sous-estimez la puissance de ce truc quand il vous prend l’esprit. J’ai pratiquement été emporté. J’espère bien pouvoir m’appuyer sur l’idée d’une société décente, habitée par des êtres humains autonomes, munis d’une langue précise, d’une culture, d’une tradition et sachant pratiquer le don à tous les niveaux pour éviter d’être noyé dans la vision hayékienne du monde.
        Je pense donc avoir compris quelque chose de cette pensée. Si vous me lisez, faites gaffe. Il y a des tourbillons dangereux.

  4. Le Monde tend vers l’homogène…Puis vers l’hétérogène…en même temps…
    Ces apparentes contradictions sont sa respiration.
    Je crois que Stéphane Lupasco a parlé de ces concepts, de la logique du contradictoire.

  5. J’ai parcouru plusieurs fois « Vers les lumières hayekiennes » (dispo en Pdf sur le net) du très thomien Jean Petitot. Sans trop savoir qu’en penser. Si quelqu’un sur ce blog a quelques lumières…

    1. Salut .
      Je te conseille « LIBERALISME et JUSTICE SOCIALE » , etude critique et tres lucie de J.P. DUPUY (chez PLURIEL) …..de A.Smith a AYEK ..c’est clair et montre le génial de son approche et ses erreurs idéologiques … Un livre pointu , pas facile pour moi , mais qui me semble majeur .

  6. Précisément, l’« indépendance » dont est parée la BCE la fait échapper à l’interventionnisme du politique et, accessoirement, à la volonté des peuples qui sont ses mandants. La BCE est donc une institution « sui generis », qui est essentiellement indépendante à l’égard du processus démocratique. Ce qui rend recevables les remarques incisives de Nadj.

  7. D’une certaine manière, à titre conclusif, le projet « nadj popi » trouve son expression ultime dans les institutions incomprises, un projet que l’on pourrait d’ailleurs résumer par la maxime foldingue de « surveiller et punir ».

    Le néolibéralisme n’est ni sa promotion, ni son éloge de la liberté, mais plus simplement sa négation la plus éclatante de son pédantisme.

    1. Si ce n’était qu’un spectre… faudra qu’il explique ses hantises, le bougre…
      Probablement, une mauvaise nuit à la base

  8. Votre texte m’apporte un éclairage surprenant et nouveau sur la notion de liberté au sens actuel du terme. Je le résumerais par « Etre libre, c’est être supérieur ». Dominer permet de faire ce que l’on veut. Intégrer ce qui permet de dominer vous rend donc libre. Avec l’idée de la domination culturelle, i.e. l’objet est de qualité supérieure car il permet de dominer, il y a là le moyen d’accepter librement par l’usage de ses qualités personnelles supérieures le moyen de dominer. Tous les rapports de forces deviennent absolument naturels. Ils sont également jugés positifs car ils permettent de définir ce qui est valable de ce qui ne l’est pas. Infliger sa domination en devient positive car elle est un moyen très efficace d’enseigner à d’autres ces méthodes de domination qui libèrent. Vous me donnez une idée assez claire du lien entre la liberté « Le droit de faire tout ce que l’on veut à condition de ne blesser personne » qui est une façon de décrire le libéralisme culturel et le libéralisme économique (les tenants de la société de marché doivent adorer Hayek à un point que je n’imaginais même pas). J’oublie encore que vous me donnez par votre texte un aperçu hallucinant de la psychologie (façon de penser et de voir le monde) des libéraux.

    Un de mes amis considère que nous vivons un temps apocalyptique. Un de ses signes est la présence d’une abomination de la désolation. Hayek entre dans cette idée. Je vais garder mon opinion sur Hayek et voir si elle se recoupe avec d’autres observations venant d’autres sources. Je suis curieux de voir quelles contradictions à ma vision du personnage vont sortir. Parce que si j’ai raison. Satan a un autre nom : Hayek. J’espère aussi avoir tort.

    Merci pour votre texte, il a lancé ma machine à me construire une vision de la question. Les réactions de cette intensité sont rares.

    Bonne fin de soirée.

    1. Hayek ne me fascine pas du tout. Le pire c’est qu’on à l’impression que vous finissez par adopter les idées de celui que vous qualifiez finalement de Satan, in extrémis, en tout cas l’on sent bien votre fascination. Voir votre envoûtement. Votre ensorcellement, Ah déjà le pacte faustien…

      Par chance pour votre enthousiasme, je n’ai pas accès à une certaine bibliothèque en ce moment.

    2. Spinolisztfr,

      Je cherche à comprendre. Je dois donc me mettre à la place de l’autre, voir comment il voit. Si vous adoptez Hayek, il fascine. J’admets avoir été emporté. Il correspond tellement bien à ce que je vois et comprends de ce monde. Comprendre quelqu’un et l’écouter n’est pas sans dangers.

      C’est si fort que les références de ce monde ne permettent pas de s’en débarrasser. Renvoyez moi svp quelques une des références de votre bibliothèque. Je pense qu’elles vont m’intéresser.

      J’ai décris ce que j’ai compris de la pensée de Hayek visible à travers ce texte. J’ai compris pourquoi il est adoré par ses adeptes (adoré au sens le plus religieux possible). Il remplace littéralement tout dieu par sa pensée à lui. Il se met au dessus de toute pensée humaine. Il se met au dessus de ce qui domine la pensée humaine. Il le fait à l’aide de ce qui semble être la Raison. Il propose un principe unificateur pour les individus. C’est une religion dans un sens catastrophique du terme.

      J’admets le choc. J’accepte avec soulagement votre menace de doucher mon enthousiasme. Faites moi plaisir, mettez en ligne vos références. Vous me faites prendre conscience que j’ai été touché plus profondément que ce que j’imagine.

      Pas bon ça.

      1. Désolé d’être aussi compliqué. Je ne sais pas écrire simplement dans les questions que je découvre.

  9. Le capitalisme oligarchique tient en main les semences, l’énergie, les transports, mais il a besoin d’une alliance lui permettant d’occuper le terrain de façon à établir sa suprématie néo féodale .

    Dans votre précédent billet, vous écriviez

    « Or, force est de constater que les classes moyennes sont les premières victimes de cette politique menée depuis une trentaine d’année et leur lent mais sûr déclassement peut être l’une des clés de la fermeture de la parenthèse néolibérale. »

    Qu’attendre de la prolétarisation des classes moyennes ; l’appareil socialistes réformistes ne peut plus accoucher que d’une alliance avec les groupes multinationaux afin d’assurer la pérennité de sa gestion municipalisme alimentaire. Quant à la gauche extrême, croyez-vous qu’elle puisse porter un autre projet que de se vouloir propriétaire du prolétariat : « tout est à nous, rien n’est à eux ».

    Avec l’effondrement du modèle consumériste et « financiariste », ne croyez-vous pas que la conscience possible des classes moyennes soit le seul chemin permettant dénoncer la production des images faussées des rapports sociaux, telles que les spectacles holywoodien, national-socialiste nazi, stalinien et maoïste, social-démocrate, au 20H et chez Drucker, l’on produit dans sa fausse conscience aliénée. La fin des fonds de pension ça va être un choc !

    Voulons-nous les voies de la démocratie totale ou la guerre civile ?

  10. Le rouge n’est qu’une convention humaine… Pour la mouche?… nada… Cher Lisztfr, vous avez du mal avec Spinoza depuis… depuis quand déjà?… Nietzsche aussi vous agaça il y a quelque temps… Si nous devons échapper à notre minéral atavisme, prévenez-nous… Geronimo, le vrai, pensait dans le tipee… Dans le cadre pour être clair, pas le mien ni le tien, mais le cadre… La terre ne sera jamais carrée… amitiées…

  11. C’est intéressant comme idée, et je me limite à l’institution européenne : elle serait, à travers le néo-lib, l’expression économique de la recherche de la consommation maximale de la caste supérieure au détriment des classes + faibles.
    S’il est difficile de changer un paradigme celui-là s’effondrera tout seul devant la réalité, l’austérité qu’impose une non-croissance pour permettre aux + riches de continuer à profiter comme en période de croissance pèse très lourdement sur la majorité, et cette majorité le voit, et vote en conséquence.
    Il existe des moyens, comme le crédit, ou le mensonge systématique, pour retarder l’évidence en attendant un retour de la croissance, mais ça ne dure pas indéfiniment.

    En milieu de 2008 on parlait d’un crash limité aux usa, à la fin d’un gros accident mais pas très grave, finalement.
    En 2009 on parlait du retour de la croissance pour le milieu de l’année, à la fin au + tard.
    En 2010 on croyait en voir le bout de la queue, elle était là ou presque.
    En mai 2011 on n’en voit toujours rien, et la situation continue d’empirer.
    Les gens finiront bien par comprendre qu’on leur raconte des craques, quand même? Et que ce sont eux qui payent les erreurs et les mensonges pour conserver à leur élus une rente de situation.

    Mais quelles seraient les « hégémonies culturelles » pouvant prendre le relais?
    Même en dehors de celles qui n’apportent pas plusse de liberté et de démocratie, vu qu’elle s’imposera finalement sans trop nous demander notre avis, je le crains.

  12. Superbe article ; superbe démonstration d’une réalité que tout le monde peut pressentir (au prix d’un peu d’honnêteté intellectuelle) : l’Europe, entreprise de destruction des Etats nationaux (seuls cadres et outils de démocratie), est totalitaire.

    Attention cependant à la conclusion du texte en forme d’appel à la « liberté » : il me semble que c’est précisément cette référence obsessionnelle et exclusive à la liberté, tenue pour un absolu, qui permet l’émergence de ce totalitarisme financier et marchand.

    A cet égard, je termine la lecture d’un court texte de Cohn-Bendit ( ! ) en introduction au numéro 36 de la revue consacrée par « Reporters sans frontière » au photographe René Burri, qui se termine par « Jamais une démocratie n’est morte parce qu’il y avait trop de liberté » ; simplisme infantile.

    1. Attention cependant à la conclusion du texte en forme d’appel à la « liberté » : il me semble que c’est précisément cette référence obsessionnelle et exclusive à la liberté, tenue pour un absolu, qui permet l’émergence de ce totalitarisme financier et marchand.

      Mais non, c’est en ce point précisément que se trompent ceux qui prétendent s’opposer à l’idéologie dominante, à « l’hégémonie culturelle » magnifiquement récupérée par Hayek et ses semblables, en leur abandonnant le combat pour la liberté, sous prétexte qu’ils sont seuls experts pour défendre celle-ci, et exclusivement celle-ci. Il ne faut en aucun cas abandonner à ces ennemis de fait de la liberté la défense de la liberté parce qu’ils n’auraient que ce mot à la bouche et que tout le mal du néolibéralisme en découlerait.
      Lisez le texte de Petitot, Vers des Lumières hayekiennes, « De la critique du rationalisme constructiviste à un nouveau rationalisme critique », où ce philosophe épistémologue et mathématicien disciple de René Thom, en s’attaquant au paradoxe hayékien du conservatisme intrinsèque de sa vision critique néolibérale du constructivisme et de l’idéologie politique historiciste, en arrive à lui donner raison à la fois sur la vision anticipatrice de l’idéologie hayekienne quant aux « avancées », aux césures épistémologiques initiées par les neuro-sciences, les sciences cognitives, les théories du chaos ou les thèses inspirées du darwinisme social, et à la fois sur la validité, sur l’efficience des systèmes politiques « néo-rationnels » qui en découleraient – qui en découlent sous nos yeux devrais-je plutôt dire
      Bref, le « Meilleur des Mondes » ou « 1984 », dans une version prétendument anti constructiviste, anti-historiciste, anti-relativiste et anti-scientiste qui finit par être tout cela, au bout du compte, décuplée…
      La conclusion de Petitot…

      (…)

      Je défends donc la thèse qu’il existe désormais (serait-ce partiellement) une
      synthèse computationnelle et une méthode expérimentale pour les « sciences hayekiennes ».
      En y mettant le prix, comme on le fait pour l’astrophysique, les programmes spatiaux, la
      météorologie ou le séquençage du génome, on pourrait donc commencer à simuler les
      thèses hayekiennes, par exemple sur la justice sociale, et voir si les modèles lui donne
      véritablement raison .
      Cela permettrait d’intégrer ces thèses dans une rationalité naturaliste élargie et
      unifiée dépassant complètement leur conflit avec les sciences nomologiques classiques.
      De même que pour un physicien actuel il n’y a plus d’exception ontologique des systèmes
      chaotiques imprédictibles (par exemple turbulents) par rapport aux systèmes mécaniques
      classiques comme les systèmes keplériens, mais “seulement” des différences entre des
      systèmes dynamiques complètement intégrables et des systèmes dynamiques non linéaires
      présentant de fortes propriétés d’instabilité et de sensitivité aux conditions initiales; de
      même que pour un biologiste actuel il n’y a plus d’exception ontologique du vivant mais
      “seulement” un saut dans la complexité de mécanismes macromoléculaires; de même, si
      nous suivons le chemin scientifique hayekien, il n’y aura plus d’exception ontologique de
      l’humain (du mental, du symbolique, du social) mais “seulement” un autre saut dans la
      complexité des mécanismes informationnels et organisationnels.
      Cette nouvelle unité ontologique faisant des Geisteswissenschaften des
      Naturwissenschaften élargies, marque pour moi la fin du politique comme art de
      gouverner et comme lieu d’une volonté générale eschatologiquement finalisée. De même
      que la médecine comme art s’est transformée, grâce aux progrès de la biologie, en un
      immense domaine technoscientifique inséparable d’un capitalisme de pointe (thérapie
      génique, imagerie médicale, pharmacologie, etc.), de même le politique comme magie se
      transforme sous nos yeux, grâce aux progrès des sciences de la complexité cognitive et
      sociale — ce que nous avons appelé les sciences « hayekiennes » — en un nouveau
      domaine technoscientifique inséparable d’un nouveau capitalisme de pointe. Les pays qui
      auront foi en ce progrès acquerront un avantage évolutif décisif pendant que d’autres
      s’évertueront à masquer pitoyablement sous de nouveaux ordres moraux les régressions
      « progressistes » qui les feront sortir de l’histoire. L’histoire récente a magistralement
      donné raison à la dénonciation incessante par Hayek du socialisme réel. Mais la critique
      hayekienne demeure encore pleinement valable pour ses métamorphoses.

      Alors le tableau déjà brossé par Foucault avec sa « bio-politique », plus la gouvernance « techno-scientifique » passée au crible hayekien, avec des « émules-émulateurs » du genre de Petitot… elle est où la « Liberté » néo-lib hégémonique ?

      1. Je trouve très intéressant l’article dont vous donnez le lien. Merci. Je comprend à sa lecture que « le paradoxe de la “révolution conservatrice” hayekienne consiste à admettre “que l’ordre étendu du marché n’est pas le meilleur”. Cette conclusion me semble en accord avec l’idée défendue par Nadj Popi que l’hégémonie culturelle actuelle (la religion du marché) est nocive car elle ne sert qu’à renforcer la domination des « puissants » en favorisant l’adhésion volontaire des « faibles » aux mécanismes de domination. La pensée d’Hayek, avec d’autres, contribueraient donc ainsi à démasquer ce processus et donc à le détruire. Je ne sais pas si Hayek serait d’accord avec cela, en fait cela m’est plutôt égal. Ce qui m’intéresse serait de mieux comprendre les mécanismes d’émergence de la nouvelle hégémonie culturelle qui remplacera l’idéologie dépassée du marché omniscient.

    1. @ Vigneron

      Le titre de l’article est un sacré raccourci, car à ma connaissance, seule la précession géodétique a été vérifiée empiriquement à l’aide de gyroscopes qui ont bien mesuré l’effet sur le temps et l’espace des forces gravitationnelles. Enfin, c’est tout de même un élément clé.

      1. Ben quoi ? la NASA c’est pas « l’agence du raccourci astronomique » de la NSA ? Et relayée par Bloomberg en plus, alors là… 😉

      2. Les conséquences des champs de gravitation qui courbent en relativité génerale les géodésiques que parcourt un corps d’épreuve conduirent tres vite a des vérifications. La premiére fut le calcul de la précession anormale du périlie de l’orbite de Mercure que Le Vérrier ne pouvait expliquer par la mécanique de Newton; la seconde en 1919 consista à vérifier lors d’une éclipse solaire la déviation du rayon lumineux d’une étoile rasant le soleil, conformément aux calculs de la R.G..

        Si bien qu’il n’y a rien de surprenant à ce que l’on constater d’autres éffets de la R.G., comme celui posté par Vigneron .

        Je pense qu’il faille envisager un paralléle, conformément aux réflexions de Macch, entre le plan d’oscillation du pendule de Foucault qui au premier degré vérifie la rotation terrestre, et au second et troixiéme établi une fixité par rapport au centre galactique; et les effets gyroscopiques comme ceux évoqués. C’est une question passionnante et non réglée en cosmologie que de savoir par rapport à quoi tout bouge, existe t’il , est t’il concevable qu’il puisse y avoir une sorte de barycentre, en premiére approximation le centre de notre galaxie convient, car les masses extragalactiques sont lointaines, mais méme dans notre Galaxie tout bouge !

        Enfin il faut noter que les éffets, courbures riemanniennes de la R.G. sont tres faibles pour des masses planétaires communes, si bien que dans la plupart des cas la relativité restreinte demeure une bonne approximation, en particulier dans le cas de particules élementaires d’origine cosmique captées par le champ de gravitation terrestre, car étant en chute libre sur une trajectoire rectiligne dans leur référentiel la gravité est éliminée, comme Einstein l’avait fait remarquer, ce que l’on vérifie précisémment avec les Muons.

      3. Julien

        Il faut abandonner en relativité génerale le concept de force, et d’une mystérieuse action à distance qui polluait la mécanique newtonnienne, pour ne retenir que ceux de matiére énergie et d’impulsion, on ne parle plus alors de forces gravitationnelles, mais du potentiel du champ gravitationnel, car on assimile la gravitation a une accélération, c’est à dire a une courbure, la RG a une éssence géométrique. L’inertie demeure par un profond et subtil couplage avec l’énergie cinétique et ceci depuis la RR

      4. @ Bernard

        Vous avez raison, j’aurais du parler d’ondes gravitationnelles plutôt que de forces, et des variations de métrique qui en découlent.

      5. Julien
        Prudence aussi, je ne crois pas qu’elles aient été indiscutablement observées.

        La gravitation résiste aux anciens paradigmes, si ce sujet vous interresse vous pouvez lire le bouquin de Lee Smollin :  » Rien ne va plus en physique, l’échec de la théorie des cordes » édité chez Dunod

  13. Il y a quelques mois j’avais posté ici quelques extraits savoureux de l’entretien de Guy Sorman avec Hayek publié dans « Les vrais penseurs de notre temps » (1989). Petit rappel:

    « Le libéralisme, me dit Hayek, est la seule philosophie politique véritablement moderne, et c’est la seule compatible avec les sciences exactes. Elle converge avec les théories physiques, chimiques et biologiques les plus récentes, en particulier la science du chaos formalisée par Ilya Prigogine. Dans l’économie de marché comme dans la Nature, l’ordre naît du chaos : l’agencement spontané de millions de décisions et d’informations conduit non au désordre, mais à un ordre supérieur. Le premier Adam Smith, avait su pressentir cela dans « La richesse des nations », il y a deux siècles.

    Nul ne peut savoir, précise Hayek, comment planifier la croissance économique parce que nous n’en connaissons pas véritablement les mécanismes; le marché met en jeu des décisions si nombreuses qu’aucun ordinateur, aussi puissant soit-il, ne pourrait les enregistrer. Par conséquent, croire que le pouvoir politique est capable de se substituer au marché est une absurdité. […] le dirigisme ne peut fonctionner que sans une société minuscule où toutes les informations sont directement contrôlables. Le socialisme, me dit Hayek, est avant tout une nostalgie de la société archaïque, de la solidarité tribale. […] Là où l’initiative est libre, le progrès économique, social, culturel, politique est toujours supérieur aux résultats obtenus par les sociétés planifiées et centralisées. Dans la société libérale, les individus sont plus libres, plus égaux, plus prospères que dans la société planifiée.

    Mais n’existe-t-il pas une solution moyenne, de type social-démocrate? « Entre la vérité et l’erreur, réplique Hayek, il n’y a pas de voie moyenne ! »
    Le libéralisme est donc scientifiquement supérieur au socialisme, et surtout au marxisme que Hayek qualifie de superstition. […] La supériorité historique et scientifique du libéralisme, cela s’appelle, dans une formule typiquement « hayekienne » « la supériorité de l’ordre spontané sur l’ordre décrété ». Exemples concrets de cette supériorité: les grandes institutions qui marchent bien, explique-t-il, n’ont été invenées par personne. La famille ou l’économie de marché sont des produits de l’ordre spontané.[…] Hayek ajoute que ces grandes institutions de la société moderne sont fondées sur une morale. Cette morale, me dit Hayek, n’est pas naturelle, parce que spontanément – par exemple – l’homme n’est pas tenté de respecter la propriété privée ou les contrats. C’est la sélection qui, en agissant sur le comportement moral, a fait apparaître, au cours des âges, que les peuples qui respectent la propriété et les contrats devenaient plus prospères! Voilà pourquoi, selon Hayek, la société occidentale est devenue morale, et sans cette moralité fondamentale, le capitalisme ne pourrait exister. […]

    « On ne m’a jamais lu qu’aux deux tiers, le derniers tiers est trop embarrassant. » Il s’agit d’un livre intitulé « L’Ordre politique d’un peuple libre », qu’il a publié à 80 ans. De quoi est-il question? D’une critique sévère de la démocratie ! »

    Suivent trois pages et demie d’une critique extravagante de la démocratie qui débouchent sur une proposition très claire: « C’est pour retrouver l’idéal démocratique qu’il faut désormais imaginer – selon Hayek – une organisation nouvelle qui limitera le pouvoir du gouvernement. C’est ce que Hayek appelle la Démarchie: du grec « demos », le peuple, et « archein », l’autorité. »

    Vers la fin de l’interview on lit des mots qui montrent le génie prophétique de notre « économiste et philosophe célèbre dans le monde entier » selon Sorman: « D’une manière générale, Hayek estime indispensable que les « libéraux cohérents » préparent des utopies de rechange: « En cas de catastrophe, celles-ci apparaîtront comme les seules solutions réalistes et raisonnables. »

    Et les dernières lignes : « Ce que j’ai à vous dire est très important. Les intellectuels libéraux doivent être des agitateurs, pour renverser les courants d’opinion hostiles à l’économie capitaliste. La population mondiale est si nombreuse que seule l’économie capitaliste parviendra à la nourrir. Si le capitalisme s’effondre, le Tiers-Monde mourra de faim».

    1. Je voudrais defendre les idées du Chaos et de Prigogine sur ce texte :
      //////////////l’entretien de Guy Sorman avec Hayek publié dans « Les vrais penseurs de notre temps » (1989). Petit rappel:

      « Le libéralisme, me dit Hayek, est la seule philosophie politique véritablement moderne, et c’est la seule compatible avec les sciences exactes. Elle converge avec les théories physiques, chimiques et biologiques les plus récentes, en particulier la science du chaos formalisée par Ilya Prigogine. Dans l’économie de marché comme dans la Nature, l’ordre naît du chaos : l’agencement spontané de millions de décisions et d’informations conduit non au désordre, mais à un ordre supérieur. //////////////

      La theorie du Chaos , et de l’auto organisation est « LA » théorie mathématique et physique qui selon moi révolutionnera tous nos concepts .
      Mais Hayek n’a pas le droit de s’en prévaloir pour mettre en avant le modèle libéral ….parce que le libéralisme laisse l’auto-organisation (de plus tres controlée et modifiée a sa guise) s’établir qd il ne peut plus rien maitriser et APRES AVOIR LINERARISE le modèle de base .
      Si la pedodenèse forestiere fonctionne c’est qu ‘aucun intervenant exterieur n’est venu perturber de façon exogène les chaines trophiques .
      Nous avons detruit les groupes naturels en autarcie relative (villages , tribus) , pour former des mégas groupes afin de « rationaliser » et faire des « gains de productivité » La th. du Chaos EST une science exacte que l’on peut approcher , mais pour l’appliquer aux groupe humains et son économie il aurait fallu rester DANS le modèle naturel , dans sa structure morcelée , avecle minimum de linéarisation ..
      Il n’est ni certain ni probable que cette contrainte structurelle , ideale pour l’optimisation de l’individu , soit compatible avec un fort degré de modernité et de technologie , et la question à se poser est : « qui sert qui ? « , ou est notre interet , l’interet du groupe , l’interet de la civilisation et l’interet de l’espèce ……..puisque nous ne suivons plus les « rites » qui s’occupaient de ces basses contingences .

      1. @Kercoz
        //La theorie du Chaos , et de l’auto organisation est « LA » théorie mathématique et physique qui selon moi révolutionnera tous nos concepts.//
        « Tout paradigme dispose au départ d’un champ paradigmatique: celui de ses succès initiaux, D. Mais tout paradigme vit au-dessus de ses moyens intellectuels et prétend expliquer beaucoup plus que ce qu’il explique effectivement; soit D’ contenant D ce domaine des applications projetées. Pour justifier ses prétentions sur D’, le paradigme, en général, va développer un gauchissement de ses méthodes de déduction, lui permettant de rendre compte des faits répertoriés dans D’. Cette extension se fera par l’emploi de structures déductives à capacités universelles, comme la dialectique; ou par l’emploi de concepts dont la prégnance a des capacités illimitées de propagation, comme le concept d’information. Qu’on songe à l’emploi par les biologistes moléculaires du concept d’information génétique, valide au niveau de l’ADN, mais bien suspect au-delà…. » René Thom, Apologie du logos, p.466.
        Perso, concernant la théorie du chaos, je pense qu’il y a actuellement un énorme fossé entre D et D’ ! Beaucoup plus profond (et/ou large), amha, que celui qui concerne la théorie des catastrophes.
        Quant à l’auto-organisation, il faut d’abord définir ce qu’on entend par organisation car, à l’instar de l’information, ce terme est utilisé à tout bout de champ comme « mot pavillon ». Thom a, à cet effet, initié la théorie des ensembles et morphismes stratifiés. Mais, là aussi, il y a encore un énorme fossé entre D et D’.

      2. @BASIC R.
        L’auto organisation st un des caractere des systèmes chaotiques …. comme pour la TC qui selon Wiki en ferait partie …. Thom aurait plutot échoué sur la TC et comme EKLAND l’a fait il aurait du se réfugier sur la Th. du Chaos .
        Votre démo est sympa , on dirait du Castoriadis , mais elle irait plutot comme un gant au Quantique qu’au Chaos qui est un concept « fermé » , sur ce que je peux en juger .
        La Th du chaos a mauvaise presse puisqu’outre H . qui s’en prévaut , elle se voudrait transversale , universelle , ce qui gène les « expert » qui ont horreur du mélange des genres , surtout qu’on marche sur leurs plates bandes et sur un domaine qui leur est réservé . Qu »un « chimiste » , fut il prix nobel , se mèle de math , voire de philo …ça défrise les fonctionnaires des math et de la physique .
        En tant qu’exogene heterodoxe (de plus hétéro) , j’ai développé cette approche par la bande et suis surpris de retrouver ces concept chez Hayek que ne connaissais pas …
        Pour développer votre théorie D et D’ sur le Chaos , vous aurez du boulot , rien qu’avec les bifurcations et la fleche du temps , l’irreversibilité des equa (alors que meme les equa dela relativité comme le quantique le sont réversibles …)
        Il semble raiment que contrairement a ce qu’affirme Castoriadis , ce concept n’est pas un simple point de vue different , mais qu’il y ait réellement changement de paradigme.

  14. 1) Vous lisez Hayek à travers les concepts qui vous sont familiers, et que vous croyez déceler comme autant d’influences cachées (Schutz, Gramsci, etc).

    2) Par ailleurs, vous dénigrez les grands concepts de Hayek – prix, institution, marché, ordre spontané, etc – comme « n’étant rien d’autre que » X – en l’occurrence, cette « hégémonie culturelle » à laquelle vous revenez toujours.

    3) Enfin, vous en tirez diverses conclusions contre le néolibéralisme – après l’avoir assimilé à la pensée de Hayek.

    Je ne suis convaincu par aucun de vos arguments.

    1) il est commun de lire un grand auteur au prisme de telle ou telle pensée qui nous est plus familière, mais cela ne signifie pas qu’il s’agisse d’une influence réelle, ni qu’elle soit centrale, ni bien sûr qu’elle soit la seule : c’est ce que vous faites avec Schutz (auquel vous surimprimez Gramsci, puis vers la fin de votre texte, Foucault ?).

    2) Ecrire que le prix, le marché, l’ordre spontané, l’institution, etc de Hayek ne sont « rien d’autre qu’une hégémonie culturelle » – ce type d’expression revient plusieurs fois dans votre texte – c’est finalement ne rien dire du tout ! (Et, pardonnez-moi, mais c’est le niveau le plus bas de la critique en sciences sociales : en caricaturant, « le concept X de machin n’est rien d’autre que le concept Y de truc, donc le concept X de machin n’a pas d’intérêt, sous-entendu vive truc ! »).

    3) Même si Hayek est l’une des racines de l’idéologie néolibérale contemporaine, c’est une erreur d’en faire le représentant typique – Friedman conviendrait pour cela beaucoup mieux (Naomi Klein ne s’y trompe d’ailleurs pas). La pensée de Hayek est beaucoup trop riche pour ce genre de réduction politique – en vous y livrant, vous rejoignez les trivialités du genre « Marx est le père du stalinisme » ou « Platon est l’origine du totalitarisme ».

    Il n’y a pas besoin d’être néolibéral pour admirer Hayek – peut-être devriez vous le lire plus avant, par exemple « Droit, législation ou liberté » (vous y verrez que l’institution y est pensée autrement que comme simple hégémonie culturelle !) ou si vous préférez les textes courts, « The use of information in society » (qui révolutionne la conception économique du prix – et là encore cela ne se résume pas à votre « hégémonie culturelle » bien aimée !).

    1. Vous voulez rire ou quoi ? Aucun prisme déformant dans ce texte. C’est Hayek lui même qui disait vouloir faire de ses théories une idéologie hégémonique contre ce qu’il dénonçait – et admirait à la fois dans son efficacité – soit l’idéologie socialiste dominante au sein des élites intellectuelles occidentales d’alors. Et la Société du Mont Pelerin n’était et n’est rien d’autre que la maison-mère des organes de diffusion puis de conservation de la nouvelle idéologie hégémonique. R. Aron, ami de Hayek, et compagnon de combat, vous l’aurait raconté mieux que moi…

      J’aime beaucoup le « pas besoin d’être néolibéral pour admirer Hayek »… Pas besoin d’être adhérent du NSDAP non plus pour admirer Heidegger… Mais autant bien savoir avec qui l’on aime qui et ne pas l’oublier.

    2. FP,

      1) Vous lisez Hayek à travers des concepts qui ne vous sont pas familiers ? Est-ce que votre lecture de Hayek est la seule admissible ? Est-ce que vous avez détecté les influences réelles que ce Monsieur a subi ?
      Le seul cas imaginable d’auteur sans influence préalable est Dieu. Et encore, dans la religion catholique romaine, Il tient compte des humains. C’est une influence.
      Est-ce que Hayek est supérieur à Dieu ?

      2) Votre réaction « vous dénigrez les grands concepts de Hayek » marque votre soumission à ces grands concepts. Ils vous servent de références culturelles devant dominer toutes les autres pensées (cf partie 1). C’est une définition de l’hégémonie culturelle de Hayek. Elle est chez Schutz. Vous avez été emporté par cette pensée fort séduisante et réagissez comme un croyant qui voit sa foi attaquée. J’en suis un donc je sais comment je me sens quand ma foi est attaquée. Nous avons le même type de réaction.

      3) Hayek a, selon vous, une pensée « trop riche pour ce genre de réduction ». Friedmann n’était qu’économiste et ne touchait que sa branche. Il ne convient pas. Hayek touche donc les aspects politiques, psychologiques, culturels du libéralisme puisque sa pensée est trop riche. Ce qui est aussi une marque d’hégémonie culturelle.

      À vous lire, la pensée d’Hayek est appelée à dominer naturellement le monde et d’écraser toutes les autres pensées par sa supériorité. Vous vérifiez donc la justesse de la thèse de nadj popi en la récusant.

      Amusant. Vous utilisez ce que nadj popi reproche à Hayek pour refuser ce que nadj popi dit. Le reste n’est qu’une question de foi.

    3. ce ne sont pas des références cachées : Alfred Schutz a fortement influencé Hayek c’est un fait incontestable, Foucault a déconstruit le néoliberalisme sur la base des liens entre le néolibéralisme et la phénomenologie quant à Gramsci, Hayek parle lui même de « weltanschaung » et d’ordre étendu , l’ordre étant la weltanschaung.

      Tous les concepts hayékiens émanent de la Phénoménologie de Schutz : structure, ordre, signal (prix).

      Merci

  15. Après m’être documenté sur le libéralisme. Une chose relativement évidente est qu’il y a antinomie entre sont postulat de base et sont développement idéologique.
    Quand dans le postula de base on revendique la liberté individuel absolue et inaliénable.
    Et quand par la suite on dit que le droit de propriété est le droit pour chaque individu de disposer à sa guise du fruit de son activité et des richesses qu’il a créées ou acquises de façon légitime, ainsi que de s’approprier toute chose qui n’est pas déjà la propriété d’un autre individu.

    Pour moi c’est un non sens, car déjà on fait abstraction de tout les facteurs induit et nécessaire pour créer ou disposer de cette richesse. Et on oublie bien rapidement le rapport de force qui se créer naturellement entre les hommes qui possèdent et ceux qui ne possède pas.
    Allant même a la négation de l’autre, et des libertés individuel.
    Paradoxe quand on proclame « chaque être humain est seul maître de lui-même et possède des droits fondamentaux et inaliénables qui découlent de sa simple existence »

    Ce qui me choque le plus c’est cette idéologie fait totalement abstraction du plan de stabilité, visant un épanouissement humain dans sont ensemble. Faire la négation de tout collectivisme c’est se créer des chimères, car on est dans une société qui implique des échanges entre les gens. Qui dit échange implique forcément partager un certain nombre de chose. Et dans ce cadre là, le bien individuel passe également par le bien commun.

    Je suis finalement outré qu’un telle courant de penser est pu prendre une telle ampleur.
    Comment une philosophie d’une telle inconséquence et aussi irrationnel, a pu dominé la caste des plus puissant dans se monde.
    Ce courant de penser représente du coup à mes yeux une digression des valeurs fondamental nécessaire pour l’épanouissement d’une société démocratique digne de se nom.
    Même si je suis totalement pour l’individualisme politique et sociologique. L’individualisme du sens courant se doit d’être limité pour laisser suffisamment de liberté pour tout le monde.
    Du coup je regarde le libéralisme d’un autre œil, et je peu aujourd’hui facilement le comparer au communisme dans ces fondement troqué et utopique.

    1. Les libertés, celles des autorisations que l’on se donnent, ou des permissions que l’on prend … ne sont pas la Liberté …

  16. @Nadj Popi,

    Je trouve curieux que vous ne mentionnez pas l’Etat, car il ne peut y avoir « d’hégémonie culturelle » sans Etat :
    – L’hégémonie culturelle découle d’une hagiographie de l’Etat, soit l’histoire des classes dominantes où les célébrations de ses victoires (économiques ou militaires)
    – Il ne peut y avoir de capitalisme sans Etat : Le Capitaliste a besoin du concept même de « l’Etat » pour légiférer sur le temps de travail et delà légitimer sa monnaie.
    – C’est là l’erreur de tous les néo-libéraux (anarcho-capitalistes, libertariens, et autres minarchistes) de combattre ce qui les a fait naître …

  17. L’ etat n’est qu’un des outils du pouvoir. Il n’est ni necessaire ni suffisant .
    L’ hégémonie culturelle , me semble aussi la source réelle du pouvoir. Si « culture » est pris dans son sens premier (rites interactifs structurants) …. Si l’on regarde les autres especes et sous espèces animales , especes sociales , on peut référer a chacune une « culture » fixe (du moins a notre echelle historique). Il me semble que jusqu’au néolithique , nous puissions considérer notre espece dans ce modèle : l’ homme « naturellement culturel « …tant qu’il ne se dénature pas .
    L’arrivée des « civilisations » (de fait tres récente) fait naitre l' » » histoire » , listing de galères diverses et variées .
    Mais si l’on affecte le terme « culturel  » a ces périodes , il faut l’affecter a chaque civilisation et non aux individus , qui n’ont d’histoire que celle que leur époque veut bien leur donner.
    Meme si des gens comme Hayek ont eu le mérite de présentir les notions de complexité , d’extrème sensibilité des systèmes aux variables d’entrées ainsi qu’aux avantages de revenir examiner le « droit naturel » , ils se plantent en croyant qu’ un système puisse conserver les avantages de cette complexité apres avoir été élagué par le rationalisme ou le cartésianisme .

  18. Tiens, je me suis amusé à traduire un passage d’un texte de Zizek sur l’utopie libérale, pas trop éloigné du sujet (Hayek et les contradictions inhérentes à la culture hégémonique de l’ordre spontané du marché) THE MARKET MECHANISM FOR THE RACE OF DEVILS :

    « …/ L’idée régulatrice qui sous-tend la justice libérale globale actuelle n’est pas seulement de recenser tous les crimes collectifs passés (les actes qui apparaissent tels suivant les standards actuels); elle implique l’utopie Politiquement Correcte « d’indemnisation » de la violence collective passée par le paiement ou la régulation légale (payer des milliards de dollars aux noirs américains pour les conséquences de l’esclavage, etc). C’est la véritable utopie, l’idée qu’un ordre légal peut rembourser un crime fondateur, se nettoyant rétroactivement ainsi de sa culpabilité et regagnant son innocence. Ce qui est au bout de cette route, c’est l’utopie écologique d’une Humanité remboursant dans son intégralité sa dette envers la Nature de son exploitation passée.
    Il y a un problème dans la vision libérale dont est conscient chaque bon anthropologue, chaque psychanalyste ou même chaque critique social perspicace tel Fukuyama : elle ne se suffit pas à elle même (« ne s’appuie pas sur elle même »), elle est parasitique d’un forme préexistante de ce à quoi l’on se réfère couramment comme la « socialisation » qu’elle sape simultanément, coupant ainsi la branche sur laquelle elle est assise. Dans le cadre du Marché – et plus généralement, dans l’échange social fondé sur le Marché – les individus se rencontrent comme des sujets rationnels, mais de tels sujets sont les résultats d’un processus antérieur complexe qui concerne la dette symbolique, l’autorité et, au dessus de tout cela, la confiance (confiance en ce grand Autre qui régule les échanges). En d’autres termes, le domaine de l’échange n’est jamais purement symétrique : pour chaque participant, donner quelque chose sans retour est une condition à priori pour pouvoir jouer ce jeu du donner-recevoir.Pour qu’un marché d’échange puisse prendre place, il doit y avoir là un sujet qui participe dans le pacte symbolique de base et affiche sa confiance fondamentale dans le Monde. Évidemment, le Marché est le domaine de la tromperie égotiste et du mensonge; cependant, comme Jacques Lacan nous l’a dit, pour qu’un mensonge fonctionne, il doit se présenter lui même et être pris comme vérité, i.e., la dimension de la Vérité doit au préalable avoir été établie.
    Marcel Mauss, dans son « Essai sur le don » décrivit le premier la logique paradoxale du potlach, de l’échange réciproque de cadeaux. Un cadeau véritable est par définition un acte de générosité, donné sans compter sur quelque chose en retour, alors que l’échange est par définition réciproque – je donne quelque chose en comptant sur quelque chose d’autre en échange. Le mystère se trouve là : si le noyau secret du potlach est la réciprocité de l’échange, pourquoi la cette réciprocité n’est-elle pas affirmée directement, pourquoi assume-t-il la forme « mystifiante » de deux actes dont chacun est présenté comme comme un affichage libre et volontaire de générosité ? Marshall Sahlins proposa une solution, importante, saillante : la réciprocité de l’échange est totalement ambiguë – dans son fondement même, il est destructeur pour le lien social, c’est la logique de revanche, un prêté pour un rendu, « à bon chat bon rat ». Si, après réception d’un cadeau, je le rends immédiatement à l’offrant, cette circulation directe pourrait s’apparenter à un geste d’humiliation extrêmement agressif, cela signalerait que je refuse le cadeau de l’autre – rappelant ces moments embarrassants lorsque des personnes âgées oublient et nous rendent le même présent l’année suivante… Pour recouvrir cet aspect de l’échange, pour le rendre bénévole et pacifiant, on doit feindre que le cadeau de chacun de nous est gratuit et se suffit à lui même. La figure clé qui oppose le potlach à l’échange de marché direct est donc la dimension temporelle. Dans l’échange de marché direct, les intervenants immédiats retournent à leur solitude. Dans le potlach, au contraire, le temps écoulé entre moi offrant un cadeau et l’autre me le retournant crée un lien social qui dure (pour un temps, au moins) : nous sommes tous reliés ensemble par des obligations de dettes. De ce point de vue, la monnaie peut être définie comme le moyen qui nous permet d’avoir des contacts avec autrui sans entrer en relation véritable avec lui. Cette société atomisée où nous avons des contacts avec autrui sans entrer dans une relation véritable avec lui, c’est le présupposé du libéralisme. …/… »

  19. Merci pour cette traduction . Zizek m’avait impressionné par la qualité de son livre provocateur « réhabiliter l’intolérance ».

    /////: nous sommes tous reliés ensemble par des obligations de dettes. De ce point de vue, la monnaie peut être définie comme le moyen qui nous permet d’avoir des contacts avec autrui sans entrer en relation véritable avec lui. Cette société atomisée où nous avons des contacts avec autrui sans entrer dans une relation véritable avec lui, c’est le présupposé du libéralisme. ////

    Cette opportunité semble etre présentée comme positive (moyen de contacts sans relation veritable) , en fait c’est une nécessité pour accéder a l’économie d’échelle , puisque ce gain de productivité implique des groupes de taille importante et conséquemment l’impossibilité d’interelations fortes entre les acteurs . Mais cette necessité n’est pas « discutée » en tant que risque pour l’optimisation des individus qui de fait sortent de leur modèle originel .

  20. @Kercoz

    puisque ce gain de productivité implique des groupes de taille importante et conséquemment l’impossibilité d’interelations fortes entre les acteurs .

    Mais si, des « interrelation » fortes peuvent persister entre individus ou groupes d’individus intervenant sur ce marché; c’est bien ce que nous disent Jorion et d’autres et là que résident toute l’utopie, l’illusion et l’aporie du projet libéral « integriste » tel que défini et dénoncé ici par Zizek. Il nous dit précisément que l’idée libérale s’appuie sur ce qu’elle veut nier, sur ce qui lui a permis d’être et qu’elle coupe la branche sur laquelle elle est assise.
    Comme la monnaie ne peut faire disparaître tout à fait le rituel du potlach, la symbolique du don apparent instituée par le potlach. Les « obligations de dettes » persistent en sous-jacent. De la même façon que la Loi du Marché est insuffisante pour expliquer le prix. Bref le Marché ne fonctionne pas sans le mystére du potlach préexistant à lui et dont il doit préserver les derniers motifs sous peine d’effondrements récurrents. Ou encore l’échange ne peut se limiter à des colonnes de chiffres et à des textes de loi, ni des contrats formels, il doit intégrer sa dimension symbolique, politique. Toujours politique, essentiellement politique, quoiqu’en dise Herr von Hayek, qui le savait au demeurant fort bien… Envers qui sommes nous par définition toujours en dette ? Du Maitre, du Seigneur, de l’aristocrate. D’où qu’il tienne sa créance immuable, sa légitimité.

    1. ////Mais si, des « interrelation » fortes peuvent persister entre individus ou groupes d’individus intervenant sur ce marché; c’est bien ce que nous disent Jorion et d’autres et là que résident toute l’utopie, l’illusion et l’aporie du projet libéral « integriste » tel que défini et dénoncé ici par Zizek.////

      Vous avez raison , ils se trompent sur ce point .
      Selon moi , le modèle originel ne necessitait que tres peu d’échanges d’objets …le gain de productivité induit par la socialisation etant un « bien commun » . L’échange d’objets ne devait etre qu’un support d’affect plus que de nécessité . Il me semble aussi que le bilan ou économie des echanges ne peut rester equitable que s’il est limité aux seules productions d’essentiels et contraint par ces affects dans un groupe réduit . Mais il me semble qu’il faille se garder de présenter ce modèle , meme s’il est idéal parce que rodé par des millénaires , comme un paradis de fraternité et d’humanisme cooperatif …il reste appuyé sur la domination et la soumission a ts les niveau de la hierarchisation du groupe …..il peut etre idéalisé parce que c’est une aliénation totale , une soumission et acceptation du « role » , puisque la fuite ou l’évitement sont impossibles …..
      Sorti de ce groupe idéalisé ou le seul but de l’individu est la valorisation du « moi » ou « face » dans les interactions , l’individu , non seulement isolé , mais « dividé » , va errer et tenter de se regrouper ……. le nouveau système , consciemment ou de façon opportuniste va réutiliser cette recherche de valorisation et lui proposer objets et comportements parodiant la « valeur » (4×4 , blondasse hypertrophiée , rolex…) qui ne trompent personne et est resenti comme un echec …d’ou une poursuite incessante vers des leurres consuméristes ……..alors que le sauvage qui bombe le torse est reconnu car connu , et retourne satisfait a son hamac ….
      Le système ne bénéficie qu’au système .ses interets ont divergé de ceux des individus .

  21. Puisque la discussion porte sur les th de la complexité et autre Chaos ….Juste une remarque :
    Le fait que le système (en voie de globalisation) s’en prenne a des etats pour les « surveiller et les punir » en les contraignant a prendre des mesures qui ne devraient etre que « régaliennes » , peut s’apparenter , a la contrainte des etats sur les individus …. Nous sommes là ds un modèle structurel fractal …. une sorte de restructuration perverse , une dynamique qui aurait sauté a l’échelon supérieur ….une émergence d’ordre qu’essaie de remettre en place l’entropie , apres avoir changé e plateau …en laissant en chemin l’interet propre de l’espece humaine .

  22. HAYEK, « Les grands auteurs de l’économie » (Hatier, 2006)

    p 286 :

    Friedrich August von Hayek naît le 8 mai 1899 à Vienne dans une famille de scientifiques…

    L’école de Vienne : une école de pensée qui avec l’école de Lausanne de Léon Walras et l’école de Cambridge d’Alfred Marshall constitue une des branches de la théorie économique néoclassique… (cela n’augure rien de bon !)

    La valeur : n’est pas une caractéristique objective des biens, mais une appréciation portée sur les biens par les individus. (rien de nouveau)

    p 288

    La structure de la production

    Un autre apport important de l’école de Vienne à la théorie économique est le lien entre la longueur du processus de production et son efficacité (on s’amuse comme on peut…) Ainsi, Böhm-Bawek crée la notion de détour de production. Pour en illustrer la signification, il cite l’exemple devenu très célèbre, d’un paysan qui vit loin d’une source. Pour se désaltérer, il peut, à chaque fois qu’il a soif, se déplacer jusqu’à la rivière et boire. Il peut aussi prendre la décision de fabriquer un sceau pour économiser ses déplacements. Il peut enfin fabriquer une canalisation….

    (En fait c’est la notion de capital fixe de Marx il me semble …)

    « On réussit mieux en produisant des biens d’usage de manière détournée qu’en les produisant directement » (Böhm-Bawek, La théorie positive du capital, 1889).

    (En investissant dans l’outillage, l’outil de production !. On s’en serait douté…)

    P289

    L’individualisme méthodologique

    Hayek, lui aussi, considère qu’il faut partir de l’individu pour comprendre les phénomènes globaux.

    Il rejette l’holisme…

    Hayek refuse une représentation des structures sociales comme des « êtres » collectifs autonomes. Il refuse donc la macroéconomie. L’économiste ne doit pas et ne peut pas raisonner en termes d’agrégats, comme le PIB, le niveau de l’emploi ou le prix. Il peut seulement mesurer à un instant t le résultat de l’agrégation du comportement des agents …

    Il rejette ainsi le raisonnement Keynesien et l’utilisation d’outils comme la propension moyenne ou la propension marginale à consommer. Si l’économiste observe une relation statistique entre le revenu et la consommation, il ne peut en déduire que tel ou tel accroissement du revenu se traduira (…) par un accroissement de la consommation. (..) Pour lui, seuls comptent les prix individuels des biens et services (…) et les prix relatifs.

    p290

    Le comportement des individus :

    Il considère que les individus sont parfaitement rationnels et se comportent comme des homo economicus. Si des déséquilibres apparaissent dans l’économie, ils ne sont pas imputables à une incapacité des agents à correctement anticiper, mais à des chocs exogènes comme l’augmentation des crédits et de la masse monétaire…

    A partir de 1930, individualisme subjectiviste : les individus n’agissent plus seulement en fonction de ce qu’ils savent, mais aussi en fonction de ce qu’ils croient, de ce qu’ils désirent…

    Il considère que l’information des agent est toujours très imparfaite et que leurs choix sont ainsi faits à partir d’éléments plus ou moins erronés et /ou subjectifs…

    p 291

    L’ordre spontané :

    Hayek oppose deux types de systèmes sociaux : les systèmes résultant d’un ordre spontané qu’il appelle kosmos et les systèmes volontairement construits par les individus qu’il appelle taxis. Les structures, les institutions les règles de l’économie capitaliste comme le marché, la libre entreprise, la concurrence ou la propriété privée n’ont pas été mis en place ex nihilo par des hommes. Elles ne sont pas le résultat d’un besoin ni d’une volonté. Aussi, l’économie et la société libérale, à la différence de socialisme, relèvent du kosmos. Elles constituent un ordre spontané.

    Il utilise ensuite l’argument de la connaissance limité des acteurs économiques pour dire qu’on ne peu planifie l’économie (constructivisme des intellectuels marxistes). :  » Aucun esprit ne pourrait embrasser l’infinie variété des besoins divers d’individus qui se disputent les ressources disponibles et attachent une importance déterminée à chacune d’entre elles » (La route de la servitude, chp 5)

    *** l’individualisme méthodologique a bon dos… permet d’accroître indéfiniment l’idée de la complexité du système, et sous ce prétexte, le considérer comme intangible.

    En conséquence, la seule forme sociale durable et susceptible de conduire au bien être est la société capitaliste car elle est un ordre spontané.

    *** Il y a 1000 ans, le féodalisme était un ordre spontané, aurait dit le Hayek de l’époque… ou divin, peut importe.

    Hayek propose de remplacer le mot économie (gestion consciente) par celui de catallaxie qui désigne l’ordre inconscient et donc spontané engendré par l’ajustement du comportement des différents individus composant une société.

    L’ordre ou l’équilibre de l’économie et de la société ne sont pas des construits volontaires. « Les institutions sont le produit de l’action des hommes et non de leurs dessein »

    *** On remplace l’ordre divin par l’ordre de la nature, kosmos, l’ordre dit spontané. A partir de là les institutions adviennent de surcroît comme des scories de l’activité générale…

    L’action des individus engendre l’apparition d’un ordre social et, en retour, ses règles deviennent des éléments d’orientation des actions individuelles. Hayek raisonne en termes de « causalité circulaire », l’individu crée la société et la société oriente l’individu.

    *** Portée heuristique de cette hypothèse ?

    Influence de Darwin : les institutions sont sélectionnées et les meilleures conservées. La société conserve et perfectionne les institutions les mieux adaptées aux besoins des membres.

    p 293

    Une nouvelle analyse du marché

    « Droit, législation et liberté » : Thème central de la défense des marchés, avec de nouveaux arguments.

    – limites de l’analyse classique des marchés

    Les agents du marchés ne sont pas si rationels, en maximisant leur satisfaction, car les données dont ils disposent ne sont pas exogènes et objectives. Les besoins, les coût, les prix se forment par interaction entre les gens (mode, imitation….)

    Le marché est donc fondamentalement un lieu sur lequel circulent certes des produits, mais surtout des informations entre les consommateurs.

    – L’efficience des marchés

    Le prix est le medium, l’info fondamentale (offre demande, production), et permet la régulation des déséquilibres.

    Lorsqu’il y a du chômage, les entrepreneurs sont incités à remplacer du capital par du travail, et les travailleurs retrouvent le plein emploi (main invisible de Smith).

    Enfin la concurrence permet l’optimisation des moyens de production… encourage l’innovation.

    L’intervention de l’Etat est dangereuse. Les règlements faussent les signaux que reçoivent les agents, qui ne peuvent plus ajuster leurs comportements.

    P 296

    Théorie des crises

    – Les concepts de l’analyse Hayekienne.

    Il distingue les moyens de production, les facteurs de production, en fait les biens de production, « tous les biens existants à un moment quelconque qui ne sont pas des biens de consommations mais utilisés directement ou indirectement dans la production »

    – La formation des structures de production

    Hayek reprend un thème important de l’école de vienne, à savoir l’allongement du processus de production dans une économie capitaliste.

    (Il existe des graphiques pour cela. Il me semble qu’il décrit les étappes de la valeur ajoutée)

    Hayek nous montre donc que le montant des produits intermédiaires nécessaires pour réaliser une production donnée de biens de consommation augmente avec la longueur du détour de production (valeur heuristique de tout ceci ? C’est le capital fixe de Marx, non ?)

    Autrement dit, les techniques de production les plus capitalistiques (efficaces) sont aussi les plus longues à mettre en oeuvre… Donc il se produit dans un premier temps une baisse de la production de biens de consommation en faveur des biens de production etc (tout ceci n’a aucun intéret)

    – La déformation des structures de production

    L’épargne ou la création monétaire sont susceptibles de se traduire par un allongement du détour de production…

    Donc dit Hayek, supposons une augmentation de l’épargne. La demande en biens de consommation diminue, relativement aux autres biens. Le rapport entre consommation et investissement diminue.

    La production devient plus capitalistique et le détour de production s’allonge. On produit davantage de biens intermédiaires que de biens de consommation, plus rentables…

    Résultat : La baisse de la production de biens de consommation induit une déformation de la structure de production durable et l’économie n’est pas en crise. La demande et l’offre de produits intermédiaires augmente; la demande et l’offre de biens de consommation diminue.

    *** Ceci est quand-même de la pure fiction. Qui se lancerait dans la production de biens intermédiaires (de quoi ?) alors que la demande finale baisse. Comme si les producteurs n’anticipaient pas.

    (etc…)

    Le crédit provoque une déformation en faveur des biens intermédiaires, pénurie de biens de consommation d’où inflation (des prix relatifs)

    P305

    – Les conditions de l’équilibre de l’économie et la régulation des crises

    Il y a crise quand des décisions erronées en matière de production sont prises, lorsque le recours au crédit est facile… : Equilibre, celui entre les biens de consommation et ceux de production (compatibilité).

    Très éloigné de Keynes :

    La crise ne résulte pas d’une consommation insuffisante. En effet, le maintien de l’équilibre de l’économie exige que la substitution de la production de biens de production à la production de biens de consommation résulte d’une épargne volontaire des agents qui, ce faisant restreignent leurs consommations

    *** autrement dit, l’atonie de la consommation favorise l’investissement …

    Donc pour Hayek, cest une insuffisance de l’épargne, et non pas son excès comme pour Keynes, qui est à l’origine de la crise d l’économie.

    Seule la crise permet le réajustement de l’économie. Pas d’intervention étatique, qui contrarie l’autorégulation de l’économie.

    P 306

    Le libéralisme de Hayek

    – Pas de salaire minimum.

    La fixation d’un salaire minimum et l’action des syndicats sur les salaires sont analysés dans « La Constitution et la liberté (chpt 18) » comme un moyen pour exclure ceux qui ne pourraient être embauchés qu’à un salaire moindre. Le combat syndical empêche le retour à l’emploi des chômeurs : blocage de la flexibilité à la baisse des salaires, faussent l’autorégulation du marché du tavail…Les syndicats réduisent la productivité moyenne et le niveau de bien-être de la population.

    – Les effets de la fiscalité

    Elle fausse la rénumération des services… C’est pourquoi il se prononce pour un système de proportionalité de l’impôt, c’est à dire d’imposition à un taux unique, quels que soient les revenus des individus.

    P 306

    – Les effets pervers de la politique sociale

    Dans « La route de la servitude » il explique que la recherche de la justice sociale peut conduire à des effets pervers… et à la mise en danger de la liberté des individus.

    Procurer une sécurité sociale à certains conduit inévitablement à fragiliser la situation d’autres membres de la société. Par exemple, effectuer des prélèvements sur des revenus pour financer une redistribution conduit à amputer les gains de ceux dont l’activité se révèle utile pour la société. Leur motivation se trouve fragilisée.

    En outre, cet effet pervers risque de diminuer le degré de liberté des individus et de les conduire sur « la route de la servitude ». (..)

    La justice sociale conduit à une socialisation de l’économie qui débouche sur un moindre bien-être et une disparition des libertés.

    « L’Etat devrait se limiter à établir des règles adaptées aux conditions générales, aux situations-types et garantir à l’individu la liberté d’action dans toutes les circonstances spécifiques, car seul l’individu peut connaitre parfaitement ces circonstances pariculières et régler sa conduite en conséquences » (RDLS, chp 6).

    P310

    La monnaie dans l’économie.

    (..)

    – Le rôle de la monnaie dans l’économie

    Les Keynesiens sont inflationistes (proposent d’augmenter la masse monétaire….)

    Bref.

    Il propose la mise en place de systèmes monétaires privés et concurrentiels. En effet pour que la monnaie soit véritablement neutre il ne faut pas qu’elle puisse être manipulée par le pouvoir politique.(..) Il faut supprimer le monopole de l’émission et du contrôle de la masse monétaire. Il faut dénationaliser la monnaie, c’est à dire permettre son émission par des agents privés.

    – Postérité et influence

    Hayek est à la fois l’un des plus grands acteurs et des plus grands théoriciens du libéralisme en général et du renouveau libéral de cette fin de XXè siècle en particulier.

    Ses idées sont à l’origine de ce que l’on appelle les révolutions conservatrices et /ou libérales des Etats-Unis et du Royaume-Unis ainsi que des politiques économiques dites de l’offres fondées sur le recul de l’Etat-providence, les privatisations ou la dérégulation.

    *** Sans commentaires car il y auraient trop de choses à reprendre… pour le moment.

    1. Vous faites bien de poster cela Lisztfr

      Contrairement à tant d’idées reçues ce sont surtout les premiers fossoyeurs au monde de l’économie comme de la liberté humaine sur tous les plans,

      Un jour peut-être je me donnerais un peu plus la peine de vous en faire part autrement, pas étonnant d’ailleurs que les choses deviennent autant bloqués.

      A travers tout ce que je vois et je vis, j’aimerais tant parfois mieux coller à la réalité des meilleurs économistes autrichiens de l’histoire,

      Sans doute que mon propos au sujet de la crise ne relève pas encore sérieusement d’un meilleur concept de théorie économique, qui donc alors me donnera des cours du soir pour rattraper autant de temps perdu.

      N’est-il pas vrai de dire que l’entrepreneur nouveau, que le nouveau gadget à la mode n’a jamais autant déformé le monde depuis bien longtemps, c’est le kosmos, vous imaginez alors la suite pour demain, mon Dieu, mon Dieu mais quel plus grand marché de dupes.

      Peu leur importe d’ailleurs si cela déforme davantage l’esprit du genre humain, le principal n’est-ce pas avant tout de savoir toujours mieux parler de la seule évolution économique ou marchande des êtres.

      Comme si d’ailleurs la seule source d’innovation humaine devait toujours se cantonner qu’à une seule notion de vente et de commerce supplémentaire, comme il y aurait tant de choses
      à dire à ce sujet, mais là voyez-vous je préfère m’arrêter ça me torture déjà un peu trop l’esprit comme ça.

    2. L’intervention des autres est toujours dangereuse par le biais de telle ou telle vieille institution mais la notre à travers telle ou telle nouvelle marque supplémentaire dans l’esprit humain jamais bien évidemment dangereuse en quoi que ce soit.

      La belle mentalité irréprochable des meilleurs économistes Autrichiens de l’histoire.

    3. Merci pour cette analyse .
      Pourtant :
      //////Influence de Darwin : les institutions sont sélectionnées et les meilleures conservées. La société conserve et perfectionne les institutions les mieux adaptées aux besoins des membres. /////////
      Ca n’est pas logique , La société conserve et perfectionne les institutions les plus adaptées a SES INTERETS …. Dans une civilisation il y a déconnexion entre l’interet de l’individu et l’interet du système ..c’est ce qui permet a la société d’évoluer (pour la notre évolution technologique) .

      1. Là vous avec raison de réintroduire une vision dualiste des choses (la dialectique est une pensée totalement absente chez Hayek, qui se prévaut d’origines scientifiques..), mais pour Hayek justement il n’y a pas de conflit, d’autant plus que le principal est l’individu, la société n’existe pas.. c’est pourquoi M Tatcher peut dire que seul compte l’individu ! La société est conçue comme lieu de transaction, neutre… les institutions sont créées inconsciemment, spontanément, de l’ordre naturel des choses… Enfin voilà, ce qu’il faut déplorer c’est que ce genre de vision est devenu la vision du monde largement partagée par nos élites, et qu’ils font feu de ce salmigondi pour gouverner.

        La politique de l’offre, tu parles ! Quels que soient les paramètres du capitalisme n’importe quelle productivité, etc…

        Bizarrement malgré l’injonction catégorique de ne pas intervenir, de la part de Hayek, on est intervenu pour sauver les banques ! Quels mauvais (faux) signaux vont résulter de cela pour les marchés ! c’est une hérésie complètement quant à la doctrine !!!

        Jorion est un peu la bombe aérosol de l’anti-capitalisme, l’effet de souffle nettoie tout. Lordon est le coureur cycliste, infatigable, il ne s’arrête jamais. Je mets juste le doigt là où ça fait mal… si je peux me citer dans cette affaire 🙂

      2. Dans un monde devenant de plus en plus marchand comment l’homme pourrait-il être réellement lui-même ?

        Bien sur que dans la pensée d’Hayek il y a autant de conflits que dans celle d’un autre, sinon tous les meilleurs écrits de la pensée économique autrichienne n’auraient pas systématiquement été écrits de la même manière bien dualiste à l’égard du socialisme,

        Dans un commerce, dans une société, à travers même un plus grand nombre de marques
        sur terre, comment l’homme pourrait-il d’ailleurs montrer réellement le visage premier de l’humanité, car si la société n’existe pas surtout dans un tel monde alors forcément aucune grande marque de ce monde n’en fait pas mieux sur le terrain,

        La société marchande est surtout conçue grâce à davantage de petits maîtres chanteurs, surtout que l’individu dans un tel monde ne fait que davantage diffuser le propre conditionnement marchand des êtres, c’est l’individu, le pantin, la marionnette, la mécanique, la technique, dans un tel monde la politique de l’offre et de la demande, devrait surtout davantage se conformer et se plier à l’esprit bien dominant et premier de nos élites mondiales.

        Malheureusement une plus grande dualité des êtres ne fait pas mieux avancer les choses.

    4. ///////L’ordre spontané :

      Hayek oppose deux types de systèmes sociaux : les systèmes résultant d’un ordre spontané qu’il appelle kosmos et les systèmes volontairement construits par les individus qu’il appelle taxis. Les structures, les institutions les règles de l’économie capitaliste comme le marché, la libre entreprise, la concurrence ou la propriété privée n’ont pas été mis en place ex nihilo par des hommes//////////////
      C’est là , l’erreur , la bifurcation , qui faussent toutes les réflexions ultérieures .
      Hayek prend comme ordre « spontané » ou droit naturel , un système déja dévoyé , déja dénaturé ……..Il me semble que l’ordre naturel n’existe qu’avant la rupture du système tribal ……L’extension des interrelations entre groupes , apres les spécialisations induites par l’agriculture , rend possible un système centralisé qui vient se greffer sur l’ancien système parcellisé , en le parasitant sans le détruire . La difficulté de communication contraint le modèle et l’empèche de trop se pervertir …C’est l’acces a l’energie qui , en boostant la perversité structurelle en germe , révèle actuellement que le modèle est voué a l’échec .
      L’ordre spontané , pour fonctionner , aurait du conserver sa structure fractale : l’individu n’esxistant pas , c’est son groupe initial qui est la plus petite cellule .

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