Archives par mot-clé : Banque européenne d’investissement

C’EST À PEINE CROYABLE ! par François Leclerc

Billet invité.

Au fil des fuites, le mirifique plan d’investissement sur 5 ans de Jean-Claude Juncker se réduit comme une peau de chagrin. Sans attendre sa présentation au Parlement de demain, le chef du bureau du Financial Times à Bruxelles, toujours bien informé mais cette fois-ci prudent, en a donné les grandes lignes possibles. Il reposerait désormais sur l’octroi de 21 milliards d’euros de garanties de la Commission et de la Banque européenne d’investissement (BEI) à un fonds géré par cette dernière, en vue de lever sur les marchés 315 milliards d’euros auprès d’investisseurs privés. Cela représenterait un effet levier potentiel de 15, chiffre qui explique que l’objectif soit passé de 300 à 315 milliards, une fois fixé l’apport initial de 21 milliards d’euros. Derrière la magie des chiffres, l’arithmétique…

Depuis le début, il a été expliqué qu’il serait fait appel à des fonds privés aux côtés de fonds publics, mais l’on cherche en vain ces derniers dans ce montage financier – si ce n’est sous forme de garanties qui ne sont que des promesses – et l’on s’interroge sur les motivations des investisseurs à mettre au pot s’ils ne sont pas mieux et plus fortement prémunis contre les pertes, comme il en était question et comme cela pourrait revenir sur le tapis dans un second temps.

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L’IMPUISSANCE ÉRIGÉE EN RÈGLE DE CONDUITE, par François Leclerc

Billet invité

Pas un mot n’a été prononcé à voix haute à Bruxelles sur la sortie des clous de la France et de l’Italie, mais on n’y a parlé que de cela, tout se passant derrière le rideau. Pas tout à fait d’ailleurs, car Matteo Renzi a rompu tous les usages en rendant publique sur le site du ministre des finances une lettre « strictement confidentielle » du commissaire européen Jyrki Katainen relevant des prévisions budgétaires 2015-2017 s’écartant des objectifs et demandant des clarifications.

Le président du Conseil italien a mené une opération politique : « le temps d’une totale transparence est venu, je pense que les lettres secrètes appartiennent au passé. Avec l’Italie, les données seront intégralement publiques : nous voulons que tout soit clair avec Bruxelles, car c’est seulement de cette manière que les citoyens pourront tout comprendre ». François Hollande a refusé d’en faire autant, arguant du caractère « banal » du courrier qu’il a également reçu, le résumant à un acte de procédure.

De la politique, la BCE ne répugne pas non plus d’en faire. Quelle crédibilité va-t-on en effet pouvoir accorder aux résultats des stress-tests des banques et à l’examen de leurs bilans (Asset Quality Review) si, comme des fuites le laissent présager, un nombre limité de victimes expiatoires est déjà prévu pour tomber au champ du déshonneur ? Yves Mersch, membre du directoire de la BCE, clame déjà victoire : même avant l’annonce des résultats, « l’évaluation globale » (le nom officiel de l’exercice) a rempli ses objectifs, les banques ayant renforcé leurs bilans. On serait tenté de lui dire qu’il est inutile, dans ces conditions, d’en publier les résultats, et qu’il vaudrait peut-être mieux ne pas lever l’incertitude en décrochant l’épée de Damoclès !

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LE MARCHÉ, NOTRE SAUVEUR ? par François Leclerc

Billet invité.

En écoutant les grands décideurs de notre monde, on se demande parfois : « mais où vont-ils chercher tout cela ? ». Le sujet du moment qui nous vaut de nous interroger à nouveau est celui de la relance par l’investissement, le dernier thème à la mode. « Nous ne suggérons pas que la zone [euro] se dirige vers une récession, mais nous disons qu’il existe de sérieux risques que cela n’arrive si rien n’est fait », a prédit en marge de l’assemblée générale du FMI Christine Lagarde, dans une de ces déclarations balancée dont elle a le secret, associant la relance à la poursuite de « réformes structurelles potentiellement douloureuses ».

Mais faut-il privilégier l’investissement privé ou public ? et accessoirement, dans quels secteurs investir ? A la seconde question, le FMI n’apporte qu’une réponse très générale – les transports et l’énergie – tandis que la Commission et la Banque européenne d’investissement (BEI) doivent remettre en décembre prochain un rapport sur le sujet, rajoutant l’économie numérique aux secteurs identifiés par le FMI. Continuer la lecture de LE MARCHÉ, NOTRE SAUVEUR ? par François Leclerc

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